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21 juillet 2020

Vu de ma fenêtre


J’habite un quartier vieux qui date d’une soixantaine d’années. L’impasse a cinq maisons de chaque côté ce qui fait un total de dix vu qu’il y a deux côtés. Parmi les « primo-occupants », trois sont encore en vie et ont toujours leurs maisons mais n’habitent plus là (deux placées pour dégénérescences diverses plus ma mère, par raison). Toutes les autres maisons ont été vendues, dont une a un couple avec de jeunes enfants. Parmi les six autres, deux ont des acheteurs morts depuis et ont été revendues dont une à un couple de soixantenaires qui rénove la maison pour un de leurs enfants qui n’a visiblement pas envie d’habiter là et je le comprends. Une des maisons a été entièrement rénovée et transformée en appartements (elle appartenait à un menuisier qui avait son magasin et son atelier en bas ; de fait la maison était très grande). Une est habitée par une famille avec des grands enfants, une par des gens de plus de 80 ans, deux par des couples de 70 ans…

Les deux maisons en face de la fenêtre de la pièce où je bosse ne sont plus occupées (ce sont celles des deux « dégénérées »). Le jardin de l’une, celle dont le fils est évêque (véridique, évidemment), est un peu à l’abandon. Je pense qu’une entreprise vient deux ou trois fois par an. L’autre a son jardin entretenu par le genre de propriétaire qui y tient un potager. Hier, il m’a offert trois courgettes. Celle à sa droite est occupée par un des deux couples dont je parlais, tout comme celle d’en face (à côté de celle de ma mère, donc). Les deux hommes cultivent également des potagers, vaguement aidés par leurs épouses.

Ce qui me fait rigoler est que dès que je vois quelque chose, je le raconte à ma mère. Par exemple, des cinq maisons dont la façade donne sur l’impasse, quatre ont reçu des poubelles neuves, quatre jours consécutifs. Elle vient de me répondre que je ferai une bonne concierge ! Elle n’a pas tort…

La fenêtre en question est celle de la pièce qui est ma chambre depuis 54 ans quand je suis à Loudéac. C’est la plus grande de la maison (on la partageait avec mon frère) et elle a toujours le bureau où je faisais (nous faisions…) nos devoirs. Elle est plein sud ou presque. Et ce bureau est à côté de la fenêtre.

Mercredi, j’ai acheté un fauteuil de bureau à roulette ! Il me suffit d’un mouvement de jambe pour regarder par la fenêtre… Et comme je passe des heures au téléphone, je passe une partie de mes journées à regarder ce qui se passe dans la ruelle.

Confidence pour confidence, ce nouveau fauteuil est en simili cuire contrairement à ceux que j’utilisais auparavant. Comme tous les télétravailleurs, j’allume mes outils de travail (ou de blogage, pour les week-ends) dès le réveil. Je prends mon petit déjeuner ensuite et je commence immédiatement à travailler. C’est dans la matinée, quand j’ai fini toutes les corvées, que je vais faire ma toilette… Et dès que j’ai fini cette dernière, je retourne à mon bureau pour regarder les mails au cas où il y aurait une urgence. Et je n’ai plus besoin de me lever avant d’aller préparer le repas.

Je passe donc une partie de mes matinées à poil à regarder par cette fenêtre.

Ne le dites pas aux voisins d’autant qu’il m’arrive assez souvent de papoter avec eux… par cette fenêtre.

20 juillet 2020

Des poubelles (et des consignes...) neuves !

Passation de pouvoir

Ah ben on a reçu les nouvelles poubelles. Une jaune, une marron. Elles sont deux fois plus petites que les précédentes et seront ramassées deux fois moins souvent. Ces andouilles n’ont pas pensé aux types non motorisés ne pouvant pas aller à la déchetterie pour virer les gros cartons et les machins comme ça. Il va falloir tasser.

Les explications sont très claires et je n’ai enfin absolument pas compris le principe du recyclage. Les trucs en verre sont à déposer dans des containers spéciaux (qu’on n’a pas ce qui, au fond, est un peu dommage). Les déchets compostables (épluchures, restes, marc de café, coquilles d’œufs et essuie tout) doivent aller dans le compost, dans le jardin. Ca va faire plaisir aux gens qui n’ont pas de jardin (où aux imbéciles comme moi qui ne compostent rien mais si je travaille dans une filiale d’une filiale de La Poste, ou, surtout, n’utilisent pas le compost vu qu’ils ne jardinent pas).

C’est après que ça se complique. Dans les poubelles jaunes où je ne mettais que les trucs en carton et les récipients et plastique, il faudra que je les accompagne des emballages métalliques, de tous les emballages en plastique, des sacs, filmes et tubes en plastiques souples de même que les couvercles des trucs en métal.

Pour la bouteille de whisky, je ne sais pas s’il faut enlever le machin en métal qui tient le bouchon qu’on visse.

Il reste la poubelle normale dite « des ordures ménagères ». Apparemment, il ne faut rien mettre dedans ou presque sauf si on ne sait pas où mettre des trucs. Ils préconisent par exemple d’y mettre le papier toilette. Pour ma part, j’ai une fâcheuse tendance à le mettre dans les chiottes. Ils disent qu’il faut y mettre aussi les essuie-tout mais qu’il faut mettre les essuie-tout dans le compost. Les consignes sont les consignes. Par exemple, les restes alimentaires se mettent dans les ordures ménagères et les restes des repas dans le compost ! Je n’intente rien.

Il va se poser un problème d’organisation dans les maisons qui ne sont pas de plain-pied, comme la nôtre (j’entends par là, les maisons où ma cuisine n’est pas juste à côté du garage où sont stockées les poubelles).

Sérieusement, pour ce qui me concerne, ce n’était pas ma maison donc je faisais un peu n’importe quoi (pas trop, hein ! Les cartons et les emballages en plastique propres, dans la jaune, les épluchures et le café dans le compost, le verre, dans un truc dédié… et tout le reste dans les ordures ménagères). Avec le télétravail qui va sans doute s’accroître dans les prochains mois, je me suis senti obligé de lire la notice (avant je m’en foutais réellement, je faisais largement moins « d’infractions » qu’un type qui est à la maison en permanence.

C’est donc la première fois que je lis la notice et avec la nouvelle organisation, les déchets à recycler deviennent plus nombreux que les déchets ménagers. Avant, la poubelle marron était à côté de la cuisine, dehors, en plein nord ce qui évite de puer quand on y met du poisson ou des épluchures de crustacés (ce qui ne semble pas préoccuper les gens des ordures en Centre-Bretagne). La poubelle jaune était dans le garage et nous y apportions les cartons en sortant ce qui était bien pratique.

Il va falloir trouver une autre organisation dans l’arrière-cuisine. Je vais convoquer le conseil de famille.

16 juillet 2020

Vive le télétravail durable !


Épinglé sur banque image production écrit cp-ce1Mon installation pour le télétravail se poursuit par petites touches. C’est plus long que je ne le pensais mais, en fin de compte, tout est normal. Dans le blog politique, je compte les jours mais c’est plus pour me foutre de la gueule des fanatiques du jour d’après que par réel intérêt : ce qui compte, pour mon télétravail, c’est mon jour d’après à moi et cela n’a d’ailleurs rien à faire sur le blog politique.

Alors, parlons de moi. Si vous être sages, je mettrai une photo de moi pour illustrer ce billet. J’ai déjà raconté que je suis en télétravail jusqu’au 21 septembre. Il était prévu que ma boîte déménage en juin mais les travaux n’ont pas pu être faits dans nos nouveaux locaux à cause de la crise sanitaire.

En fin de semaine dernière, on a reçu une invitation pour une formation d’une heure et demie sur le télétravail (en visioconférence). Je me suis donc posé une double question : pourquoi au bout de quatre mois et pourquoi en plein juillet alors qu’un bon tiers des troupes est en congés ? Je me suis donc inscrit pour avoir des réponses à ces questions mais aussi pour savoir ce qu’on pouvait bien nous dire.

La formation était peu intéressante, elle était plus orientée sur la santé et la psychologie, le droit à la  déconnexion, les techniques de concentration, l’art de ne pas répondre aux mails ou au téléphone même pendant les heures de bureau,… Ca m’a amusé vu que j’ai été confiné chez moi (de l’annonce de Macron à la réouverture des bistros) pendant une dizaine de semaines et je pense que la psychologie du confiné, notamment au début, est plus difficile à gérer que celle du télétravailleur ! Tant pis…

En début de séance, notre Directrice des Ressources Humaines a fait un rapide speech qui m’a laissé entendre que nous pourrions faire du télétravail très souvent à partir du 21 septembre… Ce qui me va très bien.

Hier, j’avais profité des soldes pour acheter un fauteuil de bureau. Il faut dire que j’avais cassé deux chaises au cours des cinq ou six semaines que j’ai passées en Bretagne : les chaises que les parents avaient achetées quand on était mômes ne supportaient mon changement de carrure… D’ailleurs, au cours des trente dernières années, on a du changer deux fois les chaises de la cuisine, celles de bureaux ne servaient plus avant le télétravail !

Voila une publication que j’ai faite dans Facebook, ce matin : « Hier, j’ai donc acheté un fauteuil en simili cuir et c’est très bien. Attention, cette publication est à moitié pornographique. Ce matin, je me lève, je déjeune et relève mes mails puis je vais faire ma toilette. Comme je suis sorti du bain après 9h30, il était temps que je vérifie à nouveau mais mails ce que j’ai fait en sortant du bain. J’ai commencé à travailler, j’ai été appelé par un commercial, des ouvriers de la commune sont passés (sans doute pour les poubelles) mais ils ont vu que j’étais en ligne et m’ont fait un grand signe pour dire qu’ils passeraient plus tard.
Ensuite, j’avais une réunion téléphonique avec mon N+1 et ma N+2.
Je viens de me rendre compte que je bossais entièrement à poil depuis deux heures (le tout en discutant avec des gens). Vive le simili-cuir, les chaises en toile ne le permettaient pas ! »

Quand je disais que je m’installais pour le télétravail…

Parmi les acquisitions de ces cinq ou six semaines, il y a un casque pour les audios (il est très bien mais parfois il déconne) et un « répétiteur wifi » qui me permet d’avoir une connexion dans toute la maison. J’ai également acheté une tablette avec un clavier, la moins cher du marché vu que je ne comptais pas en avoir un grand usage. C’était simplement un truc de facilité (la maison est grande, j’aurais pu la laisser dans un coin pour faire des visios, des mails ou des billets de blogs sans avoir à prendre un portable). Elle n’aura aucun usage : le clavier est en Qwerty et n’a pas les majuscules accentuées. Avant le confinement, j’avais déjà acheté un écran 29 pouces (il ne restait plus de 27 dans le commerce) pour y connecter le PC portable du bureau.

Il ne me reste plus qu’à aménager le bureau pour prendre en compte le bordel courant et les câbles qui vont avec. Ne boudons pas notre plaisir : deux PC portables, un écran 29 pouces, un casque avec un câble, des câbles pour charger deux téléphones (un pro et un perso), une tablette inutile, un clavier de tablette encore plus inutile, deux batteries se secours pour portable, celle du vélo… Tous les connecteurs étant différents, j’ai un peu de mal à me retrouver… Tiens ! Ce n’est pas le même chargeur pour la tablette que pour son clavier alors qu’ils sont vendus ensemble.

Joli programme pour ce week-end en plus du jardin…

Sinon, j’ai aussi dit dans Facebook : « Je viens de laisser Enedis changer de compteur et mettre un Linky. Je n'ai pas manifesté. Je n'ai pas fait de grève de la faim. Je n'ai pas saisi la justice. Je suis un collabo. »

08 juillet 2020

Le secret des pommes de terre au beurre et des billets de blog


Avec le confinement, ayant du temps, j’ai essayé de relancer ce blog bistro mais l’échec fut là. Cela n’était pas la première fois et ne sera pas la dernière, vu que je vais retenter mais sans parler de bistro. Je vais parler de rien sauf au cours de cette introduction pompeuse (tant pis si ça donne envie à certaines), introduction pompeuse qui durera jusqu’à la fin du billet, je n’ai pas que ça à foutre, non plus. En quinze ans de blog, j’ai appris une chose : de toute manière, les andouilles ne lisent pas jusqu’à la fin, il faut tout dire dans le début. J’ai donc décidé de faire un début très long.

Figurez-vous que je suis en train de manger un reste de rôti de porc avec de la mayonnaise toute faite par Monsieur Amora. Il est évident que la mayonnaise faite maison est largement meilleure mais il faut absolument la refuser quand il s’agit d’accompagner un plat qui se suffit en lui-même. Vous mangez un rôti de porc froid, en principe, il est bon. Ce n’est pas la peine d’avoir une mayonnaise exceptionnelle ! C’est un peu comme avec les fruits de mer : les gens qui mangent des fruits de mer avec de la mayonnaise faite maison sont des gens qui n’aiment pas les fruits de mer : ils préfèrent les masquer avec de la bonne mayonnaise pour le plaisir de dire que c’est quand même meilleur avec une mayonnaise maison. Réservez votre mayonnaise maison à des plats qui sont là pour sublimer la mayonnaise comme les œufs mayonnaise, le thon mayonnaise voire la mayonnaise à la mayonnaise.

Toujours est-il qu’un vieux con dans les commentaires de mon avant dernier blog politique me disait que je n’étais pas un bon blogueur vu que je refusais de traiter certains sujets (ce qui est faux mais je ne peux pas tout traiter ! Je veux bien de parler de la guerre au proche orient si mon billet de blog pouvait la faire cesser mais j’ai arrêté d’y croire). J’en ai fait un autre billet sur le blog politique mais il ne l’a pas lu, vu qu’il a commenté le précédent en disant que je ne tenais pas un blog vu que je n’y connaissais rien.

Loin de moi de vouloir me justifier. A la limite, si j’avais une justification à produire c’est la présence de reste de rôti de porc chez moi alors que j’ai la réputation d’être assez viandard. C’est assez volontaire. Hier, j’ai emprunté la voiture d’un pote et j’en ai profité pour faire des courses. J’ai donc acheté un rôti d’un kilo trois car je n’avais aucun risque de remplir les sacoches à vélo en me disant que j’allais faire trois repas avec.

Le rôti était excellent. J’avais fait revenir des oignons dans du beurre dans une grande poêle puis j’ai ajouté le rôti à dorer avec un tas d’épices. J’ai ajouté quinze centilitres de vin blanc et j’ai laissé une dizaine de minutes. J’ai alors tout mis dans le four et laissé une heure.

Pour continuer, ça me fait penser qu’il faut encore que je redéfinisse pour le vieux con ce qu’est un blog : c’est un espace ou le taulier dit ce qu’il veut et il doit se foutre totalement du nombre de lecteurs, tant il y a d’abrutis à bavasser dans les réseaux sociaux. Ca me fait penser à une anecdote. Hier, j’étais au bistro, en terrasse, quand j’entends un type à côté de moi dire : ma tante fait les meilleures pommes de terre au beurre du monde. Ah mais quel con ! Cela étant, je ne sais pas comment mes tantes font des pommes de terre au beurre. Celles de ma mère sont parfaites mais je le dis tout sec : les miennes sont sublimes. On notera en tout premier lieu qu’il est impossible de manger des bonnes pommes de terre au beurre au restaurant.

Je vais vous donner le secret pour réussir des pommes de terre au beurre. Il repose sur le diamètre de la casserole, de la cocotte, de la sauteuse que vous allez utiliser. Peu importe le matériau à la base du récipient : ce n’est pas lui que vous mangez. Prenez un truc pas trop chiant à nettoyer et qui n’attache pas trop. Le seul critère est le diamètre. C’est le secret. Et le beurre, évidemment, mais, à la limite, il faudrait que j’essaie avec de l’huile. Il faut, à la cuisson, que pas plus d’un quart de vos patates ne touche le fond de la marmite. Vous commencez à feu relativement vif car c’est moins chiant, vous mélangez souvent pour éviter que ça brûle et pour bien répartir les dorures sur toutes les pommes de terre. Au bout d’une quinzaine de minutes, vous réduisez le feu, vous couvrez et vous continuez à remuer de temps en temps pour éviter que ça brule. Quand la température a baissé, vous pouvez aller au bistro une bonne demi-heure voire une heure. Les pommes de terre finiront de cuire, toute imbibées de beurre mais peu en contact avec le fond.

Je répète : le critère est la hauteur pour que toutes les patates ne touchent pas le sol et puissent cuire dans le beurre environnant en hauteur.

Voila un vrai billet de blog : le taulier raconte ce qu’il veut. Il prendra soin de faire un joli titre comme « la vraie recette des billets de blog et des pommes de terre au beurre » qu’il ne faudra d’ailleurs pas confondre avec les pommes de terre sautées mais si la marge est réduite.

Ainsi va la vie et le blogage. Ce midi, j’avais accompagné mon rôti de porc avec une poêlée de pommes de terres et de champignons (la recette de la poêlée est similaires à celle des pommes de terre au beurre : une fois que les pommes de terre sont un peu dorée, vous ajoutez les champignons, vous réduisez le feu et vous allez au bistro).

Demain midi, je vais me cuisiner le reste de rôti de porc : je vais faire comme une espèce de risotto aux courgettes et oignon puis ajouter le rôti avant de commencer à mettre le bouillon.

Ca pourrait faire l’objet d’un billet dans mon blog politique.