La connerie étant le seul chemin susceptible de nous faire entrevoir une parcelle de vérité, utilisons la par des moyens de communication efficaces. Le temps qu'on remplisse nos verres.
30 août 2015
29 août 2015
Quelle assurance !
Jeudi matin, je reçois un appel téléphonique. C’était mon
assureur qui voulait que je passe le voir pour le régler, comme tous les ans
depuis 1999. Le fait qu’il m’appelle est néanmoins nouveau. Les années
précédentes, il m’envoyait des recommandés. Il faut dire qu’elle arrive à terme
fin juillet mais, il est fermé en août, sauf cette année, visiblement, et je ne
pense à payer qu’en septembre. Je pourrais payer par téléphone mais, fin
connaisseur des moyens de paiement moderne, je me refuse à donner mon numéro de
carte au téléphone. Enfin, par le téléphone ou avec le téléphone. Mon modeste
appareil ne fait rien de numéro de carte.
Il faut que je vous raconte mon histoire avec mon assurance.
J’étais auparavant à cette assurance réservée aux enseignants et, plus
précisément, à la filiale pour leurs enfants et leurs proches. Fin 1996, j’ai
eu de gros problèmes financiers et les prélèvements ne passaient plus. J’avais
réglé mes problèmes tout cela grâce au bon dieu ce qui m’a coûté 18,5% mais
oublié les arriérés d’assurance. Ces braves gens m’avaient appelé pour rétablir
la situation mais ils exigeaient que je passe les voir à Saint Brieuc. J’avais
tenté de leur expliquer que cela ne m’arrangeait pas vraiment et ils m’avaient
répondu que c’était comme ça, ils voulaient me voir. Je raconte cette anecdote
à un copain assureur qui m’a dit : laisse tomber, viens chez moi et envoie
les chier. Je l’ai donc fait et il a eu sa commission que nous avons bue par la
suite.
Je réponds donc au téléphone et je lui dit : « oui
vous m’avez déjà appelé en début de mois et je vous ai répondu que je passerai
cette semaine ; vous m’avez aussi appelé lundi, ça commence à bien faire. »
Jeudi, vers 17 heures, je me décide à aller le voir. C’est à
deux pas de chez moi mais un peu chiant : il faut que je traverse la
nationale 7 ce qui me fait remonter jusqu’à la place de la Comète. Je suis donc
obligé de boire un coup. D’ailleurs j’étais parti de chez moi à midi.
Je rentre. Le type me dit : « on peut quelque
chose pour vous ? » Je ne lui ai pas répondu qu’il était tout seul et
n’avait pas à dire « on ». Je ne lui ai pas répondu que j’étais
client de son honorable compagnie depuis 16 ans et 6 mois. Je lui ai répondu
que j’étais Monsieur Jégou et qu’il m’avait appelé. Il m’a alors dit qu’il
aurait préféré ne pas avoir à m’appeler et je suis resté aimable.
Il m’a aussi dit qu’il voulait me voir pour le paiement de l’assurance
de l’appartement. Je lui ai répondu qu’il y avait aussi la voiture. Il m’a dit « non,
vous n’êtes pas assuré pour la voiture. »
Ses propos ne sont pas spécialement illogiques vu que je n’ai pas de
voiture. Il n’empêche que quand je me suis séparé de la voiture, il y a plus de
deux ans, je suis resté assuré un an, pour bénéficier du bonus de 50% si j’en
reprenais une. Ce n’est que l’an dernier, en septembre (mais plus de 40 jours
en retard, ce qui fut une erreur), que j’ai dit au prédécesseur du monsieur que
je n’avais plus de voiture. Il m’a dit « payez quand même, c’est parti
chez les huissiers, vous allez être emmerdés. Vous allez m’apporter le papier
de la préfecture et je vais vous rembourser. » Je ne l’ai évidemment pas
fait, cela me permettait de garder mon bonus un an de plus. Et pendant un an, j’ai
oublié (il me fallait passer à la préfecture). C’est donc jeudi dernier que j’ai
découvert que mon assureur avait résilié mon assurance sans aucune instruction
écrite de ma part tout en me faisant payer un an de cotisation. J’étais
stupéfait.
Je lui donne ma carte pour payer les 340 euros pour l’assurance
de l’appartement non sans afficher une certaine mauvaise humeur. Il tape le
numéro et c’est alors qu’il me dit « rassurez-vous, monsieur, le paiement
est passé. » comme s’il était habituel, chez moi, que les paiements ne
passent pas. En d’autres termes, comme si j’étais une racaille de banlieue qui
magouillait avec ses assurances.
Le recommandé pour la maison mère est prêt. 16 ans à payer
plus de 1000 euros par an sans déclarer le moindre sinistre, sans le moindre
petit accident mais avec un mois de retard pour le paiement tous ans parce que
l’agence est fermée en août.
28 août 2015
25 août 2015
La conne de l'immeuble
Tout d'abord, ma petite fille, on ne fait pas deux fêtes de suite ou, plus précisément, on ne l'annonce pas. Si tu veux passer pour une chieuse, tu as gagner. Bravo.
Par ailleurs, tu peux être sûre que vu mes ronflements, le bruit te poussera à quitter l'immeuble avant moi.
Enfin, tu peux rédiger des notes en croyant faire de l'humour mais on s'en fout. Je vais te montrer comment faire une note pour éviter de passer pour une connasse qui veut faire croire qu'elle est sympathique, gentiment, sans grossièreté :
Chers voisins, pour mon anniversaire j'organise une petite fête chez moi samedi soir. Je vous prie de m'excuser par avance de la gêne occasionnée par le bruit.
Voilà. Simple. De toute manière, la gêne, on s'en fout. Il n'est pas improbable que je rentre saoul comme un terrain de manœuvre et il en faudrait plus pour me déranger.
Cela étant tu préfères t'afficher comme une grosse casse couilles.
22 août 2015
Maintenance informatique
Dominique est un copain d'enfance. Un
vrai. On se connaît depuis septembre 1977. Avec Gilles, connu un an
plus tard, on forme une bande indéboulonnable sauf par forte tempête
faut pas déconner non plus. Il a parfois les boulons de la tête,
justement, qui ne s'alignent pas nécessairement selon les souhaits
de l'académie de médecine mais les médecins sont méritants. Je
savais par Gilles que sa grosse était partie et que la séparation
ne s'est pas déroulée dans des conditions parfaitement parfaites.
Hier après-midi, Dominique m'appelle :
"Pourrais-tu passer à la maison ? L'ordinateur ne fonctionne
plus et elle a changé de mot de passe." Nous prenons
rendez-vous pour cette après-midi. J'arrive donc à 14h15. J'allume
son PC. Il commence à incrémenter doucement un nombre au milieu de
l'écran. Je comprends rapidement qu'il s'agit d'octets et je suppose
que le PC en question (sous XP, il a a priori plus de 6 ou 7 ans)
vérifie la mémoire. Je le laisse faire. Au bout d'un quart d'heure,
le machin me pose une question en anglais. Dominique m'avoue que
c'est là qu'il n'avait pas su répondre. Moi non plus, évidemment,
mais j'ai cliqué au hasard pour montrer que j'étais un spécialiste.
Le machin a démarré normalement. J'ai cliqué sur "Internet
Explorer". Le machin m'a dit que la version était obsolète et
que les certificats branlaient un peu du manche. J'ai répondu
"basta, continuons". La page d'accueil était celle de son
opérateur (que je ne connaissais pas, honte sur moi). Je clique.
Nous accédons à sa messagerie. Tout
va bien. Son ex-grosse n'avait pas changé les mots de passe. J'ai
actionné les boulons de ma tête à moi et je les ai changés
moi-même, ce qui m'a fait rigoler en imaginant la tête qu'elle
ferait en découvrant qu'elle ne pourrait plus espionner les mails de
son lascars.
Parmi les mails non lus, il y en avait
un certain nombre de publicitaires. Je les ai effacé et j'ai regardé
avec lui les mails personnels (à la campagne, les conversations ne
sont pas franchement personnelles. D'ailleurs, les mails, on les
imprime et on les accroche aux murs pour les lire plus tard). Et il
restait un mail : la facture de son opérateur. Je clique : elle
était à son nom à elle mais avec ses adresses (mails et
"physique") à lui. Il me confirme que l'abonnement est à
son nom à elle et que c'est elle qui paye l'abonnement. Je lui dis :
"allons bon, elle s'est tirée en emportant sa peur de meubles
et continue à payer les abonnements de la maison ?" Ben oui.
Nous concluons tous les deux qu'il ne serait pas inutile qu'il
reprenne l'abonnement à son nom, ne serait-ce qu'au cas où la
séparation ne soit pas si amiable que ça. Je lui dis donc de réunir
les documents nécessaires (RIB, carte d'identité, facture EDF pour
justifier le domicile et tout ça) et de passer à l'agence Orange du
coin.
Il me dit : "non. Allons-y
maintenant." "Ah non, tu rigoles, c'est à Pontivy".
"C'est à dix minutes". Bon d'accord. Tu as bien tous les
papiers ? Carte d'identité ? La voila. RIB ? Le voila. Facture EDF ?
Le voila. Facture de l'ancien opérateur ? Ah non, je ne l'ai pas.
Andouille, je viens de l'imprimer. Et nous voila parti pour Pontivy,
avec ma voiture (ou plus exactement avec celle de ma mère, histoire
d'ajouter du sel à l'histoire). Je me rappelle alors que je n'avais
pas mes papiers. Tant pis.
A l'agence Orange, la petite dame de
l'accueil prend nos noms et mon numéro de téléphone : vous pouvez
poursuivre vos courses, je vous envoie un SMS dès qu'un commercial
est disponible. Mais on n'a pas de courses à faire, on est là pour
prendre un abonnement. Tant pis, c'est comme ça. Nous allons prendre
un café au bistro du coin puis un deuxième et le SMS tant attendu
est arrivé. Nous rentrons à la boutique et patientons encore une
dizaine de minutes avant qu'un commercial noir nous reçoive. La
couleur a peu d'importance mais, en Centre Bretagne, il est très
rare qu'un commercial dans les télécoms ne soit pas totalement issu
du coin ce qui fait que Dominique était légèrement désappointé,
surtout quand nous avons abordé le sujet de la sodomie avec le
monsieur.
On lui explique nos besoins. Pardon. Je
lui explique les besoins de Dominique sans prendre de gants : sa
grosse est partie mais l'abonnement était à son nom alors que la
maison est à lui. Le gars comprend et commence les démarches. Il
nous explique : "vous devrez commencer par résilier l'ancien
abonnement." Je lui dis : "oui, mais il n'est pas à son
nom et ne peut pas le faire et qu'est-ce qu'on en a à foutre, c'est
elle qui paye ?". Nous voilà pliés de rire. Lui : "si
vous voulez, je me connecte au serveur de l'opérateur et je prends
pour 200 euros d'options mensuelles".Ha ha ha... Notons au passage que le commercial ne connaissais pas l'opérateur en question (après recherche, c'est une entreprise qui revendait des forfaits SFR...).
Bref... Je vous passe la suite des
procédures, le choix du forfait et tout ça. Dominique me demande :
« bon, tu sauras le brancher ? » « Je m'en
fous, je rentre à Paris lundi et l'abonnement ne sera pas encore
activé. » Il demande au vendeur : « c'est facile à
brancher ? » « Oui, vous branchez les câbles, si ça
ne rentre pas, c'est que ce n'est pas le bon trou. » Moi,
évidemment : « ah oui, c'est comme la sodomie. »
Voila mon commercial noir plié de rire et Dominique se demandant de
la gueule duquel des deux je me foutais...
De fil en aiguille, je suis rentré à
19 heures à la maison alors que j'étais parti pour réparer un
ordinateur en panne à 14h15, ordinateur qui n'était pas en panne.
20 août 2015
La paix du Golfe
Ce que j'aime à Baden, c'est aussi ce
calme qui règne le matin. Le silence n'est pas absolu. Les oiseaux
(moineaux, mouettes voire coucous) s'en donnent à cœur joie et on
entend quelques moteurs de bateaux sur le golfe du Morbihan,
probablement quelques pêcheurs qui vont remonter les filets et les
casiers, voire quelques vedettes promenant les touristes de Vannes à
Auray, via l'Ile aux Moines, Locmariaquer et Port Navalo.
Cela fait quelques années, quelques
décennies, que les haies des voisins, les arbres, poussant
irrémédiablement nous ont pris la vue... imprenable que nous avions
sur l'entrée du Golfe et la Rivière d'Auray, sans compter les
maisons construites soit par des gens du coins, des Vannetais en
quête de tranquillité ou des touristes Parisien se croyant chez
eux. Nous avions cette maison au cœur de la campagne, à 200 mètres
de la mer, à une époque où les vacanciers préféraient acquérir
des studios à Damgan, Carnac voire La Baule.
Quand nous étions petits, nous
n'aimions pas vraiment ce calme qui se traduit par l'absence de vent,
nous empêchant de sauter sur nos dériveurs ou nos planches à
voile. 30 ou 40 ans après, je préfère presque ces matinées, en
terrasse, à tapoter des âneries sur un clavier en écoutant
l'absence de silence.
Un petit avion de tourisme vient de
nous passer au dessus de la tête. Peut-être le pilote veut-il aussi
profiter du calme ? Je ne sais pas d'où il est parti ?
D'un petit aérodrome vers Quiberon ? Le bruit qu'il peut faire
ne dérange pas. Ce type est peinard, là-haut, probablement aussi
seul dans son monde que moi à ma terrasse, attendant le retour de la
voiture pour aller faire mon tour : un rapide passage près de
la grève, un tour dans la campagne, un passage à Larmor-Baden, à
Port-Blanc et une pause à Arradon. On y voit les touristes ou les
andouilles comme moi qui préparent leur journée, nettoyant les
bateaux, les mettant à l'eau,...
Les écoles de voiles ont commencé
plus tôt. Les Optimiste seront sur l'eau avec des mômes heureux de
jouer au capitaine. Ces fourbes moniteurs et parents profitent de
l'absence de vent pour leur enseigner les rudiments de la voile, le
comble. Peut-être espèrent-ils en faire des marins célèbres ou,
plus simplement, leur apprendre le meilleur loisir qui soit après un
séjour au comptoir : rester sur l'eau, naviguer au gré du
vent ?
L'après-midi, tout change. Le vent se
lève. Le soleil devient moins supportable, à la maison (pas
aujourd'hui, probablement, la météo n'est pas avec nous). Les
familles amènent les gamins à la plage où ils commencent à
brailler en faisant des châteaux de sable sans intérêt. La mer est
haute, ce matin. Cette après-midi elle sera basse, les ados ne
pourront plus naviguer sur le golfe sans porter leurs engins pendant
une centaine de mètres sur la vase. Quelle frustration quand nous
étions plus jeunes ! Des journées gâchées à cause de cette
imbécile de lune qui n'a pas compris qu'elle pourrait baser son
rythme de rotation pour que la marée basse tombe quand il n'y a pas
de vent.
Depuis 25 ou 30 ans, je ne fais plus de
voile, je n'ai plus ces loisirs d'eau salée. Ce n'est pas qu'une
question d'âge mais les vacances sont courtes : un bateau et
l'équipement s'entretiennent... Parfois, je me mets à rêver que la
bande de gamins que nous étions se reconstitue, que l'un sorte son
bateau et que nous foncions sur l'eau mais peut-être se passe-t-il
quelque chose vers 22 ou 23 ans, quand on se rend compte que cette
liberté presque totale que nous avons sur une planche à voile est
éphémère, qu'il faudra bien rentrer à la maison, laver les
voiles, ranger le matériel et reprendre le travail, le métro,...
C'est peut-être, pourtant, ce que je
recherche, en enfourchant la voiture et en faisant le tour des
plages, des embarcadères,... Retrouver cette liberté offerte par la
voile, la seule contrainte étant de ne pas se laisser entraîner
dans des galères comme des courants fréquents dans le golfe ou le
vent qui refuse immodérément de vous laisser rentrer, le bonheur
étant de découvrir des havres de paix, fréquentés par des braves
gens qui ne pensent qu'à se faire des souvenirs, ceux que vous
gardez de votre jeunesse.
18 août 2015
Imbéciles automobilistes
Dans les Côtes d'Armor, il y a une
tradition de dire que les braves gens du Morbihan conduisent comme
des cochons. C'est de bonne guerre mais je ne rentrerais pas dans ces
considérations proches de la xénophobie, du nationalisme, voire du
pétainisme. Il n'empêche que je peux affirmer suite à une
constatation personnelle : dans le Morbihan, les gens, quelles
que soient leurs origines, hein ! Pas de racisme, conduisent
comme des cochons. C'est un peu comme si à la frontière entre la
France et l'Angleterre, les gens se mettaient à conduire à gauche.
Cela n'a rien à voir avec le sang, c'est purement une question de
sol.
Hier, à Baud, je m'élançais dans la
quatre voies pour Hennebont (en gros, c'est celle qui va de Rennes à
Lorient mais je n'étais pas à Rennes et je n'ai rien à cirer de
Lorient). Me voilà à suivre un 4x4 Volkswagen. Déjà pour acheter
ce genre de caisse, il faut être un peu tordu. En plus, il était
marron. Vous imaginez une voiture marron en 2015 ? Non, bien
sûr.
La vitesse était limitée à 110 et il
roulait à 110. Vous vous dites qu'on pourrait le féliciter. Non. Il
roulait toujours à 110. Moi, avec la Twingo, j'aime bien faire des
pointes à 115 ou 120 dans les bas des descentes pour avoir de l'élan
pour monter. Je sais, je fais des infractions, c'est mal, mais tant
que je ne bois pas plus que les gendarmes, hein ! Je fais très
peu d'infractions, néanmoins, mais quand il y a une montée, je
prends de l'élan. Cela évite de se retrouver à 70 en haut...
Je me permets donc d'avoir
l'outrecuidance de pousser un pointe de vitesse à 116 pour le
doubler dans le bas de la descente. Arrivé à la moitié de la côte,
mon élan était mort et mon ralentissement était notoire au point
que Michel Sapin aurait du mal à l'expliquer. Le type me double. La
routine. Puis il se met lui-même à ralentir, comme s'il avait peur
de me semer. Sur la portion plate, après la montée, il roulait à
105 et je le suivais. Comme c'est limité à 110, cela me gonflait,
j'ai donc essayé de le doubler. J'ai accéléré. Lui aussi. Il ne
pouvait probablement pas supporter qu'un type avec une petite voiture
puisse le narguer comme si j'en avait quelque chose à cirer.
Dans la descente suivante, je voyais un
côte arriver, j'ai donc par réflexe tenter de prendre un peu d'élan
mais l'andouille a continuer à accélérer. Nous montons et nous
retrouvons à nouveau dans du plat. Comme cela me gonflait de suivre
depuis une vingtaine de kilomètres le même type avec une vitesse
irrégulière et grotesque, j'ai décidé de le doubler réellement.
J'accélère donc. Il repère mon manège et accélère à nouveau.
Alors j'ai continué. C'est mon côté joueur. Ne le dites pas à la
police mais, à un moment, on a dépassé le 130 et lui continuait à
accélérer pour m'empêcher de passer.
Voyant le compteur, je dis : ah
merde ! Et je ralentis, jusqu'à un peu plus de 110. Pris par
son élan, il m'a mis quelques centaines de mètres dans la vue. Il
lui semblait probablement avoir gagné une large victoire, lui avec
son gros 4x4 allemand et moi ma misérable Twingo 1,2l. Je m'en
foutais, je n'avais plus personne devant qui m'emmerdait (ben oui,
respecter les distances de sécurité et tout ça n'est pas facile
quand vous avez un type qui a une vitesse non régulière et que,
vous-mêmes, vous tirez la langue quand ça monte).
Je ne sais pas ce qui est passé dans
le cerveau de cette crevure mais il a commencé à rouler à moins de
110. Je l'ai rattrapé.
Il a de ces cons.
Arrivé à Hennebont, je change
« d'autoroute » pour aller vers Auray, et me voilà à
suivre une voiture rouge avec un « A » derrière.
Sans la moindre méchanceté, je me dis que ce type était un jeune
conducteur dont la vitesse était limitée à 90. En sortant de la
voie d'accélération, je me mets donc sur la file de gauche et
j'accélère. Lui aussi. Je dis : ah, encore un... Du coup,
j'ai recommencé à jouer, comme avec l'autre. Je vous assurer qu'on
a fait Hennebont – Auray l'un derrière l'autre, avec une vitesse
que je choisissais tout en étant derrière, entre 105 et 125.
A Auray, je sors, et je tombe sur un
petit vieux qui ne savait pas où il allait et qui ne savait pas
prendre un rond point.
Bref. Ils m'ont énervé.
15 août 2015
Quel Connelly !
Force est de constater que si je lis
beaucoup de publications politiques et de cochonneries pour le
travail, je ne consacre qu'un temps absolument dérisoire à ce qui
pourrait ressembler, de loin, à de la littérature. Je crois bien
que j'en fais un billet tous les mois d'août quand j'ai le loisir de
me replonger dans ce que l'on pourrait appeler bêtement des livres.
J'étais un gros lecteur jusqu'au moment où les réseaux sociaux ont
accaparé mon temps de loisir à la maison et les jeux sur iPhone mon
temps de transport en commun.
Dans ce billet annuel, je parle
généralement de Michaël Connelly et je vais donc recommencer. Cela
vous apprendra si vous ne lisez qu'un de mes billets par an. Connelly
a été rendu célèbre quand un de ses livres, Créance de sang, a
été adapté pour le cinéma mais je le connaissais avant, un
collègue et néanmoins ami me l'avait recommandé au début des
années 2000. Pire ! Il m'avait presque obligé à lire quand il
a constaté que je lisais plusieurs polars par semaine. Je m'y suis
donc mis. L'appétit vient en mangeant et, à l'époque, j'ai tout lu
et me suis mis, d'ailleurs, à d'autres auteurs chez le même
éditeur.
Les bouquins de Connelly ont un
personnage principal : Harry – Jheronimus – Bosch. Je dis
souvent que c'est le seul héros de roman policier qui vieillisse. On
lit sa vie qui se déroule...
Comme beaucoup d'auteurs de polars,
Connelly fait entrer la vie privée de son personnage dans le roman
mais il le fait remarquablement bien. En le lisant, on ne devient pas
le héros, on n'entre pas dans son petit monde même s'il y a parfois
une dose d'intimité. C'est autre chose, d'autant que ses proches
entrent dans l'aventure (dans un tome, sa propre fille est enlevée
par des triades chinoises) que cette aventure, cette action, complète
une enquête policière difficilement menée, à base d'indices, de
filatures, d'interrogatoires, de ruses,... tout ce qui fait le job,
celui que l'on lit dans les romans.
On ne devient pas Bosch, c'est Bosch
qui devient nous.
Tenez ! Créance de sang (où
Bosch n'est pas le personnage principal, je ne sais même plus s'il y
est figurant) a comme principal interprète Clint Eastwood, déjà
vieux. On est nombreux à admirer le lascar, à s'imaginer « le
bon » dans un western... A « vénérer » un héros.
Avec Bosch, c'est presque l'inverse.
Quand Bosch s'arrête pour manger un pain de viande au milieu d'une
enquête terrible, parce
qu'il faut bien manger et qu'une salade ne ferait pas l'affaire, je
me vois quitter le bureau pour aller boire une bière, parce qu'il
faut bien boire et qu'un verre d'eau ne ferait pas l'affaire.
C'est
grand.
Samedi dernier, j'errais à la gare de la Part Dieu. J'avais cinq ou six heures de voyages. Les jeux de l'iPhone n'auraient pas suffit à me divertir. J'ai décidé d'acheter un livre. Le dernier Connelly. Je n'ai pas pu le lire dans le train (trop de bordel). Finalement, je l'ai commencé lundi. Mardi, il était fini. Hier, j'en ai fini un autre, que j'avais à la maison. Je finirai le troisième, demain.
C'est ça, aussi Connelly. Ca se lit vite, intensément mais sans une passion idiote qui nous scotche dans un fauteuil pour le terminer rapidement, pour en finir avec les rebondissements, le suspens,... On y entre. On en ressort pour l'apéro (ou toute autre activité, mais plus utile, en été, je ne vois pas). On marque la page, on ferme le livre, on oublie. Et on y entre à fond, à la première occasion.
14 août 2015
Bruine
Bien reposé au bout de ces deux semaines de vacances, je me lève vers 8h30. Ma mère se préparait à aller faire les courses. Nous discutons vaguement et elle me dit "il bruine un peu". Je regarde par la fenêtre et, effectivement, ce n'est pas la lueur du soleil qui risquait de nous faire du mal, aujourd'hui. Je finis mon café, elle s'en va. Avant de faire mes ablutions qui se traduiront par une heure dans la baignoire à relire Echo Park de Connelly, je me décide à aller sur le pas de la porte mesurer le niveau de la bruine en question.
Cela confirme la notion toute relative du temps qu'il fait de la part des Bretons : la "bruine un peu" semble le dernier niveau avant "la bruine beaucoup" qui se traduirait par "le déluge" dans tout ancien testament digne de ce nom.
Inscription à :
Articles (Atom)




