05 mai 2017

Mon pote, le vieux Joël !

J'y pense, ce soir, encore plus que tous les soirs (on ne peut pas oublier 10 ans de fermeture de bistro ensemble) parce qu'un ancien serveur de la Comète est passé et qu'il y avait un concert à la Comète. 

Le vieux Joel et moi nous sommes fâchés en janvier l'an dernier et il est mort d'un cancer en avril alors que j'ignorais à quel point il était malade. 

On s'est fâchés un soir de concert, justement. Le patron avait fait circuler une corbeille pour récupérer des sous pour le chanteur. J'avais refusé de donner. Il a insisté. J'ai donné un centime. Joël, qui avait été intermittent du spectacle, n'avait pas aimé. 

On se rappelle des conneries quand on se fâche avec des copains. Je me rappelle des additions réciproque. Le vieux Joel avait bu pour quatorze euros. Moi pour soixante quatorze et j'avais fait venir des potes, notamment le vieux Jacques. Mes souvenirs sont confus. Toujours est-il que je n'avais pas jugé utile de donner des sous pour le chanteur. Mais j'avais fait la connerie de donner vingt centimes à la quête ce qui m'avait fait  me prendre pour un gros con alors que ce n'était qu'une vanne idiote. 

Il ne m'a jamais laissé l'occasion de lui expliquer. Dès le lendemain, il refusait de me parler. Un peu plus d'un an après, je suis toujours triste, d'autant qu'il n'avait "donc" plus de copain intime pour parler de sa maladie. 

On a passé quelques mois au comptoir (deux ?) sans se parler après dix ans de complicité, d'amitié. 

Je suis toujours triste, un an après. Et les souvenirs me reviennent. Ce soir. 

Mehdi, l'ancien serveur, est passé ce soir. Par hasard. Il m'a reconnu. On a discuté. Je lui ai rappelé qu'il connaissait deux clients au comptoir (Odette et Tonnégrande)d. Alors je lui ai tout dit. Y compris ses anciens clients. Dont les morts. 

Et je suis triste. Un loupé. 


19 mars 2017

Drame de la solitude

À la Comète, ils passent du Chuck Berry en boucle. Vive ce bistro. 

Pendant ce temps je discutais avec la "vieille Monique". Celle que le gros Loïc sautait à l'occasion. Elle habite à 100m de la Comète. Moi aussi mais à 200m d'elle. Deux facettes d'un même quartier. J'habite du côté riche. 

Elle m'a parlé de sa vie. Ses parents sont morts. Sa sœur aussi. Du coup, il n'a plus qu'un neveu comme "héritier". Elle pleurait parce qu'il ne l'appelle jamais. 

Elle m'a dit qu'elle allait au bistro pour voir des gens (ça fait vingt ans que je la connais, elle est chiante mais ce n'est pas une pochetronne). Sinon elle ne voit personne. Remarque ! Je suis un peu pareil. Mais j'ai des potes, pas elle. 

Misère.

18 mars 2017

Aimez vous les uns les autres

Figurez vous que je suis allé au Auchan pour acheter un câble d'iPhone (il en faut un par mois, ça me coûte plus cher en câbles qu'en iphone) et des chaussettes (je préfère en acheter des neuves que me faire chier à refaire des paire). En sortant, je me suis dit : "tiens ! Et si j'appelais ma mère ?" plutôt que d'attendre le traditionnel appel dominical du dimanche. Je le fais. 

J'arrive au niveau de la sortie du parking et je passe sans faire gaffe car j'avais l'appareil à l'oreille. Un type s'arrête en pilant (ou vice versa). Il ouvre la fenêtre de sa voiture (un gros 4x4) et m'engueule. À mon avis, il était originaire du nord de l'Afrique. Je n'irai pas jusqu'à dire qu'il était Arabe, je ne veux pas stigmatiser ces pauvres gens que l'on a colonisé. Ses propos étaient peu aimables. 

Je lui ai donc dit, à raison (ben oui, j'étais au téléphone avec ma mère et j'ai fait une "faute d'inattention), : ta gueule connard. C'était la seule réponse appropriée. Il a continué à m'engueuler et moi à l'insulter pendant que je continuais à discuter avec ma mère. 

Je m'attendais à ce que con sorte de sa voiture pour me casser la gueule (j'attendais réellement, je n'avais que ça à faire en continuant à téléphoner). Nous nous insultions de plus en plus fort mais il me semble que ces conducteurs de 4x4 d'origine, disons-le, je connais mon quartier, algérienne, mais je vais passer pour un raciste, aient quelques réticences à sortir de leurs grosses voitures pour se battre avec un type de 110 kg. 

Le plus drôle est que ma mère ne s'est rendu compte de rien. Je continuais à lui répondre gentiment tout engueulant le lâche.

19 février 2017

Vive les bistros, leurs histoires, leurs Histoires !

Il y a un nouveau serveur à la Comète. Jeune et tout maigrichon. Il me rappelle Lelio, il y a pas loin de 15 ans. Je me demande qui il remplace. Lelio, qui s'appelait Jim à l'époque, c'était le Gros David, je crois. Suivre les bistros sur le long terme est passionnant. 

Ca me fait penser que je n'ai pas de nouvelle de Jim depuis longtemps. A femme était enceinte, il y a un an, je suppose qu'elle a mis bas. 

C'est dingue, en fait, le nombre de salariés de cet établissement dont je n'ai aucune nouvelle. À ma connaissance, Brigitte et Gérard sont morts. Du temps de Martine et Jean, je me rappelle de Sophie, Nadine, le gros David. Apres, comme patrons, on a eu Patrick et Patricia. À part Jim, je ne me rappelle plus des employés. Ensuite, Bruno et Jérôme. Je me rappelle de quelques employés comme Seb et Nicolas. Des cons. J'ai bien aimé Yannick, Karima (qui a démissionné pour mettre le voile alors qu'elle jouait le rôle de la cochonne au comptoir) et deux cuisinier (Youssef, je crois, et Camille). 

Il y en a eu tant d'autres que je n'arrive pas à suivre. 

Après, on a eu Nelly et le Gros dont j'ai oublié le prénom (ce qui est d'autant plus con qu'on est potes et qu'il habite le quartier). Ca va me revenir. Ils avaient comme serveur un tas de gens mais je ne me rappelle que de Clémence et Yannick. 

Ca va faire deux ans que Francois tient la boutique. Je pense qu'il n'a embauché que Fatima. Et le petit nouveau. Eric, Fred, Christian, Roger et Pascal et "Suri"

Si, il a embauché la doublure de "Suri", "Bas". Vive la phonétique. Ca me fait penser que j'appelle "Suri" "la branlette", comme Jim. 

Je me rappelle aussi de Guillaume et Vira. Mais je ne sais plus quand. Sans doute du temps de Nelly et Mathieu. Tiens ! Je me rappelle de son prénom. 

La vie passe. Les serveurs trépassent.

27 novembre 2016

@fhollande : fonce !


Cher François,

Ils sont tous devenus fous, y compris dans ce que l'on pourrait appeler un parti socialiste mesuré si on avait confiance en ces crétins. 

Mme Pinel se présente. Ton premier ministre aussi. Ils n'ont aucune chance. Ils sont fous. 

Ta stratégie est parfaite : tu vas laisser Valls couler Montebourg dont au sujet duquel tous les électeurs savent qu'il n'arrivera pas au second tour à cause d'andouilles comme moi qui, dans un moment de colère pourraient très bien voter Macron. 

Tu vas donc annoncer que tu ne seras pas candidat à la primaire. Peu importe qui la gagnera. Le bordel sera tellement énorme à gauche, que, quand tu annonceras ta candidature à ta propre succession, en mars, le vainqueur de la primaire sera obligé de se désister, ce que fera également Macron que tu as envoyé en franc-tireur. 

Devant une droite encore plus bête que la gauche vu qu'elle fera tout pour faire monter Marine Le Pen en droitisant un discours ce qui la fera baisser tout comme si ma tante en avait, tu arriveras au second tour et tu gagneras haut la main avec 50,001% des voix. 

Chapeau, l'artiste ! 

Ton dévoué. 
Nicolas. 

26 novembre 2016

Gros Loïc

Nous n'avions pas eu de nouvelles de cette andouille depuis plusieurs mois. Figure de Bicêtre, il avait fini par rentrer dans sa campagne.  Châteauroux ou un truc comme ça. 

Il a toujours été gros mais, compte tenu de ma propre corpulence, je ne vais pas lui jeter la pierre. La dernière fois qu'il est venu à Bicêtre, nous étions surpris. Il mesurait 1m70 et faisait 130 kg. Pour ma part, je suis plutôt demi genre à faire 1m75 (avec le tassement dû à l'âge) et 115 kg, ce qui mérite le respect. 

D'après mon informateur, il dépasse maintenant 150kg. C'est trop. Il ne peut plus bouger. 

22 octobre 2016

Des condoléances ? Ça s'arrose au bistro '

La mère de ma concierge - pardon, ma gardienne - est morte (ce qui touchera certainement mes lecteurs...). Je l'ai appris parce qu'une affiche avait été mise sur la porte de l'immeuble pour organiser une collecte pour des fleurs (c'est normal, ses proches, les membres du conseil machin, n'avaient pas d'autres moyens de procéder. Le problème est que je passe toujours par le sous-sol et pas par le hall). J'ai vu l'affiche jeudi matin (je suis passé par le hall parce que je discutais avec un voisin) mais, la tête dans le cul, je ne m'en suis rappelé ce matin (le samedi, je passe par le Hall, c'est plus simple pour aller à l'Amandine).

J'ai donc envoyé ce midi un SMS de condoléances. Ce n'est pas facile. Nous sommes dans un monde moderne. On ne peut plus glisser une carte dans une boîte à lettres. Je n'ai pas son adresse mail et je n'allais pas sonner chez elle ou attendre de la voir pour lui présenter mes condoléances. De toute manière, c'est faux cul. Présenter des condoléances alors qu'on ne connaît pas le mort de son vivant...

Cela me rappelle la mort - oups le décès - du père de ma chef. Quand elle est revenu, je lui avais glissé une parole. "Mes condoléances". Ca ne veut rien dire. C'est étrange. Enfin, si, ça veut dire quelque chose mais ceux qui présentent des condoléances essaient souvent de faire croire qu'ils partagent la douleur alors qu'ils ne veulent que montrer un geste de sympathie... Je ne sais pas. 

Ma cheffe avait été surprise. Réellement. Comme si elle ne comprenait pas mes quelques mots ou si j'avais été le seul. 

En écrivant ce SMS à ma concierge, j'étais ému. C'est pourtant un geste froid. Une obligation que l'on remplit parce qu'il le faut. Combien de fois ai-je présenté des condoléances ? Des parents de copains, par exemple. J'ai 50 ans. C'est l'âge d'avoir des copains qui perdent leurs parents. Je n'ai jamais été ému. J'ai toujours agi par réflexe. 

J'ai même organisé des collectes. Pour la mort de proches, c'est normal. Pour la mort de parents de proches, je me demande. C'est forcément mais pas dramatiquement faux-cul. 

Alors, je me suis rendu compte pourquoi j'étais ému. Ça fait 22 ans que j'habite là. 22 ans que je connais la gardienne. Insidieusement, c'est devenu une amie. Comment définir ce qu'est une amie ? Je vous laisse à la psychologie de comptoir, lieu que je ne fréquente jamais. 

Mais, en rédigeant ce billet, en discutant avec Tonnégrande en buvant l'apéro (mon côté multi-taches), je me suis rappelé d'un truc. Mi-octobre 1996, j'ai fait une espèce de dépression. Peu importent les raisons et le fait que ca soit une vraie dépression. Mon toubib m'a prescrit du Prozac et 15 jours d'arrêt. Jusqu'au 28 octobre 1996. 

Ça va faire 20 ans. J'ai repris le boulot le 29. Des dates restent marquées. Le 29, je sors du métro après ma première journée. Je me dis : "connard, si tu n'as aucune vie sociale à Paris, tu vas finir vraiment dépressif". Je suis donc entre dans le premier et seul bistro entre le métro et chez moi. 

C'était la Comète. 

10 octobre 2016

Du nouveau sur ce blog

Il a changé de nom, de forme et d'URL. Cette image ne sera néanmoins peut-être pas bon pour ma réputation.