N’oublions pas la vocation première de ce blog : il faut traiter du sujet des bistros. Les bistros sont concernés par les tickets restaurants or :
Petit 1 : une loi vient de sortir pour autoriser le paiement des fruits et légumes avec des tickets restaurants et autres chèques déjeuners.
Petit 2 : le blog politique est déjà encombré par trois billets.
Je vais donc raconter mes conneries ici. Ca vous apprendra. Dans le blog politique, j’évoque vaguement cette histoire de tickets restaurants en sous-entendant que l’amendement voté cette nuit est une connerie dans la mesure où on peut déjà acheter de la bouffe en supermarché avec. Bon. Mettons que ça va sauvegarder les commerces de proximité.
Il n’empêche que ces tickets restaurants sont une vaste connerie. Ca permet aux salariés ne bénéficiant pas d’une cantine d’entreprise de bénéficier de quelques avantages financiers en contre partie.
Imaginons un salarié qui a des tickets restaurants d’une valeur de 6€50 dont 3€50 à la charge de l’entreprise. Pour un mois de 21 jours ouvrés, on va lui retirer de son salaire net 63 euros (21 fois 3) puis lui donner 136€50 de tickets restaurants. Il gagne donc 73€50 (équivalent à 21 fois 3,5).
On ne m’ôtera de l’esprit qu’il serait plus simple de lui rajouter à son salaire net 73€50. Ca éviterait à un pool de secrétaires de se faire chier à faire des paquets de 18, 19, 20 ou 21 tickets restaurants selon le nombre de jours ouvrés, de les ajouter aux bulletins de paye qu’elles doivent intercepter ou de donner les tickets aux salariés, puis d’ajuster en août et en décembre pour tenir compte des congés. Ca évitera aussi aux patrons de bistro de faire une avance de trésorerie, de gérer les merdiers lors des changements d’années, de se faire chier à se déplacer pour les encaisser.
Ca évitera aussi des frais divers qui sont payés aux organismes privés en charge de la gestion de ces machins.
Les andouilles technocratiques qui ont conçu ces machins-là ont très certainement eu de très bonnes pensées sociales mais n’ont pas pensé aux dommages collatéraux. Sans compter que ces pensées sociales sont faciles à détourner : il m’est déjà arrivé de racheter des tickets restaurants à des collègues qui n’arrivaient pas à finir les leurs (je bossais dans un métier où on avait des tickets restaurants mais on bouffait « plein tarif » dans les cantines des clients et on n’utilisait donc pas les tickets restaurants pour payer la bouffe du midi).
Supprimez-moi ces usines à gaz !