07 juillet 2015

La cantine

Dans notre tour, à La Défense, nous n'avions pas de cantine. Que dis-je ? De RIE. Du coup ma boîte avait passé un contrat avec une cantine d'une autre boîte mais le cadre ne me plaisait pas. Il fallait marcher 3 ou 400 mètres. Je préférais faire la même distance pour aller  au bistro. 

Depuis le 1er juillet nous avons une cantine dans la tour. A 5€ entrée-plat-dessert sans les contraintes, je ne peux pas résister. Encore, il y aurait un bistro en face, je pourrais hésiter mais pour aller au bistro le plus proche, cela prend du temps. 

J'essaie donc de manger à la cantine. L'intérêt est que cela me fait manger avec des collègues et que j'apprends à les connaître. Mais...

1. Je m'en fous. C'est mal, je sais. 
2. Je ne comprends pas les types qui traînent à table sous prétexte qu'il faut une coupure. Je ne déconne pas. On a un boulot à faire pendant en gros huit heures plus en moyenne deux fois une heure de transport en commun. Pourquoi perdre une demi-heure le midi ?
3. Par extension, je ne comprends pas ceux qui vont prendre le café à l'extérieur ou vont se promener aux Quatre-Temps ou au CNIT (deux fois dix minutes de marche) alors qu'ils pourraient faire leurs emplettes le soir, c'est sur leur route. 

4. Surtout, je me fous totalement de leur vie privée. Je veux bien parler boulot en déjeunant si cela permet d'avancer et de ne pas avoir à le faire après. Mais la colo des enfants des autres ou l'enterrement de leurs belles-mères m'emmerdent, tout comme Wimbledon et l'avis des autres sur le Tour de France. 

Avec la cantine, j'ai gagné une heure de pause perdue, si je puis me permettre. Au lieu d'en faire une d'une heure quinze, je pourrais en faire une d'un quart d'heure, le temps nécessaire et suffisant pour manger dans une cantine. Il faut dire que quand je suis au bistro pour déjeuner je traine. Et donc partir une heure plus tôt le soir (ou bloguer une heure de plus, ce que je faisais de 2004 à 2008). 

Sans compter le fait que les RH nous incitent à faire une vraie pause le midi (sans mesurer les conséquences que raccourcir la pause permet de diminuer l'amplitude des plages horaires consacrées au travail, avec les temps de transport, phénomène que connaissent mal les provinciaux mais, à Paris, pour bosser 8 heures, il en faut 11. Tu pars de chez toi à 8h, tu rentres à 19 si tu t'arrêtes pas à la Comète).  

Et les discussions avec les collègues m'emmerdent. Non pas que je ne les aime pas, ils sont charmants, mais le côté "convenu" de la chose est exaspérant. 

Ce midi, pour ma troisième expérience, j'ai poussé la discussion vers le boulot, le seul sujet qui nous unisse. Ils ont apprécié. 

Les morts absurdes

















Mes condoléances à la famille et aux proches.

05 juillet 2015

Qui peut expliquer à Claude Guéant ?

Orage

Ce matin, il faisait chaud, très chaud. Une ambiance lourde sans commune mesure avec les jours précédents alors qu’il faisait plus chaud, je crois, n’ayant pas un thermomètre rivé au corps. Je suppose que c’était l’orage. Cela a d’ailleurs commencé hier. Quand je suis arrivé au bistro pour l’apéro du midi, j’étais oppressé comme si mon palpitant allait lâcher. Il m'a fallu trois Ricard pour revenir à un état normal.

J’y avais rendez-vous vers midi avec ce vieux con de Roger et Corinne. Aussi, à midi vingt, après avoir glandé toute la matinée, j’ai pris ma douche. En sortant de la salle de bain, il y avait un tel bruit qui je croyais avoir oublié de fermer la douche. Je suis donc allé vérifier : rien… Je me suis alors rendu compte que cela venait dehors. Il pleuvait comme vache qui pisse. Je n’avais jamais vu une telle densité d’eau.

J’ai eu un moment de « panique » : il ne m’était possible d’aller au bistro. La situation était grave. J’ai quand même mis un tee-shirt, un caleçon et un jean et je suis descendu, résigné à attendre dans la fraîche cave de la résidence. Je suis arrivé en bas et j’ai mis un nez dehors : il fait beau.


Cet orage délirant n’avait duré que moins de cinq minutes.

30 juin 2015

Le bistro parfait : le bar des sports, à Ivry-sur-Seine

De 2003 à 2008, je bossais à Ivry-sur-Seine (les jours où je n’étais pas à Brest). Dans une rue où il y a le campement de Roms qui fait parler de lui à l’occasion. Un immeuble ultra moderne au sein d’une zone un peu louche, près de la cité Gagarine… Du coup, j’y connais un peu les commerces du coin mais je les fréquentais peu, par réticence (en français : dans mon précédent poste, j’allais souvent au bistro dans le quartier, le soir, et j’arrivais à des heures peu croyables à Bicêtre, j’avais donc mis un gros stop. Depuis mon dernier changement, par contre, je traine beaucoup dans les bistros à côté du bureau). La cantine de la boite était très bien donc j’y mangeais tous les jours. J’arrivais en voiture, je mangeais là, je repartais en voiture. Je ne fréquentais donc qu’occasionnellement les bistros du coin.

En 2008, j’ai été muté à la Défense, puis dans le 15ème puis à nouveau à la Défense. Depuis hier, je suis en stage là-bas. Ca me faisait chier d’ailler bouffer à la cantine (les autres stagiaires bossent là et bouffent avec leurs collègues). Il n’y a rien de plus chiant que de bouffer tout seul dans une cantine alors que dans un bistro, c’est le bonheur.

Je suis donc parti à la recherche d’un bistro que je connaissais vaguement mais il ne faisait pas à manger. C’est ainsi que j’ai déboulé par hasard dans le « bar des sports » à Ivry-sur-Seine. Hier, je n’avais pas trop le choix, faute de temps. Il y avait des travaux dans la rue (les gars refaisaient le goudron), c’était l’enfer. Il n’empêche que j’ai été immédiatement séduite par ce bistro, le pire ou presque de tous ceux que j’ai fréquentés mais avec un patron et un patronne, portugais, d’un gentillesse et d’une sympathie hors du commun. A cause du bruit, j’étais le seul client. Les rideaux étaient fermés pour empêcher les rayons de soleil d’entrer sournoisement. Je me suis trouvé figé comme si j’étais bloqué dans les années 60… Je demande s’ils font des sandwiches (la patron était au comptoir, la patronne – je ne savais pas qu’elle l’était – mangeait en salle). La patron me dit oui et me demande ce que je veux. Il appelle sa femme pour tenir le comptoir et est parti dans une boulangerie voisine acheter du pain. « Comme ça il est toujours frais », qu’il m’explique. La patronne va me le remplir de pâté (2/3 de la baguette !). Elle revient. Le patron va, à son tour, déjeuner (vous en connaissez beaucoup des patrons de bistros qui mangent à 12h30 ?) et je reste avec la patronne mais en discutant très peu, car nous n’avions rien à dire et qu’il y avait le bruit des travaux.

Pour l’anecdote, pour cette formation, nous étions, hier, dans une salle sans climatisation. C’était l’enfer. Le formateur nous a donc laissé deux heures pour manger. Aujourd’hui, nous avions une salle « normale » mais qu’un heure, pour rattraper le retard. Je choisis donc d’aller dans le même bistro (les travaux devaient être finis) et de prendre la même chose.

Même chose, d’ailleurs. Le patron qui appelle sa femme pour tenir le comptoir pendant qu’il allait acheter du pain. Il y avait plus de clients (4 ou 5 ?) qui parlaient un peu fort. La vraie ambiance de comptoir.

La patronne m’apporte le sandwich. Elle avait mis des cornichons. J’ai horreur des cornichons et, en plus, ça masque le goût du pâté. Le cornichon dans un sandwich est une hérésie, tout comme la moutarde avec le pot-au-feu. Je les enlève.

Le patron (José Da Silva, pour vous dire qu’il est Portugais), va manger. La patronne reste au comptoir et nous échangeons trois mots. Pas plus. Je mange. Bois mon demi. Un deuxième. Et un café. Je paye. Elle constate alors que j’avais mis les cornichons dans l’assiette et présente ses excuses pour s’être trompée. Je pardonne : « Pas grave, madame ». Elle me remercie chaleureusement pour ma mansuétude alors que 90% des bistros parisiens m’auraient engueulé pour pouvoir me facturer les cornichons.


Ma formation est finie. Je regrette. La prochaine fois où j’irai dans le quartier, les patrons seront en retraite, je suppose. L’affaire aura été vendue. Ou pas. Sera à l’abandon. Comme le coiffeur, juste à côté, que je fréquentais à l’occasion.

29 juin 2015

J'ai rencontré Charles Pasqua

J´ai fait mon service militaire au Mont Valérien. Le 11 novembre 1988 (les 70 ans !), nous avions été réquisitionnés pour servir un banquet d'anciens combattants dans la cantine ("l'ordinaire"). La cérémonie était présidée par Charles Pasqua, ...président du Conseil Général et ancien ministre de l'intérieur. 

Ce sont les conversations au bistro qui me rappellent cet épisode. Chaque bidasse avait en charge une tablée de 16 personnes. J'avais donc un tas de vieux avec leurs épouses qui ne buvaient pas. En plus de l'apéro et du mousseux, j'avais servi 17 bouteilles de rouge. Ils étaient tous ivres morts. Un bonheur. 

A un moment, les gars de la table présidentielle se sont trouvés débordés. Je suis allé leur filer un coup de main qui avait consisté à servir le dessert à Charles. 

Le soir, j'avais dit a mes collègues que j'avais servi un type qui ressemblait à Fernandel mais en tout petit. 

Ils m'avaient répondu : t'es con, c'était Pasqua. 

28 juin 2015

Innovation post mortem

Le colombarium de Bicêtre est presque plein et, paraît-il, très moche, triste,... Préférons les colombarium gai que nos morts rient. Ils en ont donc construit un nouveau, plus tendance, en forme d'hélice avec des coins pour mettre des fleurs, l'urne, une plaque. 

Faites pas chier : je raconte ce qu'on m'a dit. 

L'urne de Marcel devait être mis dans l'ancien colombarium mais Miranda, sa veuve, a négocié pour qu'elle soit mise dans le nouveau. Cela va se faire. Il ne reste plus qu'à faire la plaque. 

Toujours est-il, mesdames, messieurs et les autres, que j'ai l'honneur de vous informer qu'un des personnages de ce blog va inaugurer le nouveau colombarium de Bicètre. 

Ne plaisantons pas avec l'innovation numérique.