27 juillet 2016

Mon jour des morts !

Ça fait deux ou trois jours que j'y pense. Généralement, fin juillet je suis épuisé mais, cette annee, j'ai pris une semaine de vacances en début de mois. 

J'étais épuisé, le 28 juillet 2011 (ou 2010, peu importe), quand le fils de Jean-Louis, le Coucou, m'a téléphoné pour m'apprendre la mort de son perd, la veille. Je me rappelle avoir appelé Sylvie, ce matin là. Sans doute la première fois que je l'appelais et elle papotait sans ce rendre compte que j'avais un truc à dire... Et je lui ai dit "stop ! Il faut que je parle". Jean-Louis est mort. 

J'étais épuisé le 27 juillet 1996. J'étais avec Gaël qui était mon adjoint alors que je dirigeais un centre de vacances. Mon copain Christophe était venu nous aider à ramasser le camp avant de partir. L'orage a pointé son nez. J'ai demandé à tout le monde d'accélérer. Sinon, il aurait fallu que nous rangions les tentes humides et aurions eu beaucoup de difficultés à les faire sécher de retour en Bretagne. Son cœur a lâché. Il avait quarante ans. J'en avais trente. J'en ai cinquante. Responsable mais pas coupable. 

J'étais fatigué le 27 juillet 1992. J'étais parti en centre de vacances, comme directeur adjoint. Mon père était malade. Mon frère m'avait appelé la veille. Il faut que tu rentres. Papa va mourir, sans doute cette nuit. On n'avait pas de portables à l'époque. Du coup, il avait appelé les voisins que j'avais prévenus : je risque d'être appelé pour... Le centre de vacances se terminait et on avait une fête avec les gamins. La voisine est venue me chercher. J'ai répondu au téléphone. Papa ne passera pas la nuit. 

Et je suis revenu au camp, la fêté continuait. J'avais les horaires de train, mon billet était reservé. Les gamins me réclamaient. J'étais revenu. The show must go on. 

On avait convenu avec deux copains qu'ils m'ameraient à la gare de Toulouse, le matin, départ vers 5 heures. Deux heures de route. J'étais fatigué. A la gare, j'ai appelé la maison. Mon père était mort la veille. J'avais loupé une étape. 

Quand le Coucou est mort, j'étais fatigué, très. Comme il déprimait suite à la mort de sa femme, j'avais prévu de passer mes vacances avec lui après une visite à mes copains du Gard, comme Falconhill. Mon pote était mort et mes vacances étaient foutues. J'étais très épuisé et je ne savais même plus pourquoi je pleurais. 

Alors j'ai fait du 27 juillet mon jour des morts, même si mon père a trépassé la veille. Excusons-le. Il ne pouvait pas savoir qu'entre le 26 et le 27, il ne ferait pas la majorité. 

Vivement demain. 

Avec une pensée pour les autres copains qui sont morts plutôt que de décéder, notamment Olivier et Philippe. S'il y en a d'autres, ils me pardonneront l'oubli. Moi pas. 

6 commentaires:

  1. câlins !

    Au plus on avance au plus on tire de morts avec soi… Je repense à Le Coucou souvent, ça m'a choqué sa mort, tu le sais. Je me demande ce qu'il écrirait sur la situation du moment…
    Faudra qu'on aille boire un verre avant que l'un de nous deux ne meure ! :-)

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    1. J'espère que j'en boirais encore des centaines ! Et toi des dizaines...

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  2. Tu as écrit aussi un bel hommage et tu as choisi la bonne conclusion : Vivement demain.

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  3. Heureusement, c'est pas un concours de bière ou de bière ! ;-)

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    1. Tant qu'on maîtrise les mises en bière.

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