15 octobre 2022

[Séries] Shooter, tireur d'élite

 


« Bob Lee Swagger, un ancien tireur d'élite au sein des US Marines, est contacté pour son expérience afin de déjouer une tentative d'assassinat à l'encontre du président des États-Unis. Mais lorsque le président ukrainien accompagnant ce dernier est assassiné et que Swagger se retrouve accusé du crime, il va devoir se servir de tout ce qu'il a appris au cours de sa carrière pour retrouver les vrais coupables et protéger sa famille de ceux qui l'ont piégé. »

Avant de continuer la description et en essayant de ne pas trop pomper Wikipedia, je vais faire un aveu. Voila une huitaine de jours que j’ai commencé à regarder la série et, sans aucun rapport (du moins j’espère), j’ai été pris d’un gros rhume à partir de lundi qui a miraculeusement disparu vendredi matin. Pendant toute cette période, j’ai très mal dormi la nuit en partie à cause de mon poumon d’acier (le machin qui m’aide à respirer en évitant l’apnée du sommeil). Enervé, presque excité, avec mes difficultés respiratoires, je tournais et tournais dans mon lit jusqu’à ce que la vie me pousse dans les draps de Morphée mais jamais pour plus d’une demi-heure. De rage, j’allais devant mon Netflix pour regarder la série et finissais par m’endormir au bout d’un quart d’heure pour une demi-heure, suite à laquelle je retournais me coucher mais n’arrivais à rien. Je retournais sur mon canapé et « rembobinais » afin de revoir la partie que j’avais loupée à cause ma sieste intempestive…

En d’autres termes du deux ou troisième épisode de la deuxième saison de Shooter, tireur d’élite, jusqu’au trois ou quatrième de la troisième, je n’ai pas compris grand-chose et je me demande si cette partie n’était pas tout bonnement nulle à chier. A noter qu’entre temps, je finissais le visionnage de la dernière série dont j’ai parlé ici, Inventing Anna, et j’ai eu le même comportement sur la fin (mais la série est beaucoup plus simple et mes rembobinages plus efficaces !).

Tout cela explique par ailleurs pourquoi je vais être assez imprécis pour les saisons deux et trois, ci-après.

 

Wikipedia nous a décrit le fond de la première saison mais je vais aller plus loin. Emprisonné, Bob Lee s’échappe et se met à la recherche des vrais coupables alors que tout le monde est persuadé que c’est lui, mais qu’il visait en fait le président des Etats-Unis et non pas le président Ukrainien. Avec l’actualité du moment et les personnages de la série, on finit d’ailleurs par se demander, avant d’en savoir plus, si ce n’est pas un coup des Russes. Dans cette recherche, il se trouve confronté à des membres d’agences fédérales (FBI, Secret Services, CIA…) à la solde de l’ennemi…

On se doute que l’auteur ou le producteur est influencé par des grands auteurs de polars et de romans d’espionnages américains, tels Ludnum, Clancy : notre brave héro est seul face à des membres de ces agences, relativement proches du sommet mais à la solde « de l’ennemi ». C’est un genre qui me passionnait dans les années 1990 et je dois avouer que je m’y suis replongé avec plaisir dans cet esprit, celui de la première saison, proche d’ailleurs de celui de la troisième. La petite vingtaine d’épisodes pas gâchés par mes ronflements m’ont passionnés même si c’est parfois un peu neuneu ou cousu de fil blanc, avec plein de clichés et un suspens très américain : on sait que le héro ne mourra pas, qu’il vaincra ce qu’il a à vaincre mais qu’un de ses proches sera parmi les victimes, c’est bien triste ma pauvre dame.

 

Je vais parler plus précisément de la première saison et des tous premiers épisodes. C’est son ancien chef, Isaac Johnson, qui le contacte pour qu’il reprenne le service. Boby Lee avait quitté l’armée suite à la mort, en service, de son « binôme » vu qu’il se sentait plus ou moins responsable. Il vit maintenant dans une espèce de chalet dans la forte avec sa femme, bonne, et sa fille de cinq ou six ans. Ils forment une magnifique famille et je vous prie de sortir les violons. Il est jeune, la trentaine un peu passée et tout va bien, jusqu’à la visite de l’ancien chef, dans le meilleur des mondes. La femme, Julie, et la fille jouent un rôle très important, d’autant que les méchants les utilisent pour faire pression sur lui à plusieurs reprises par des menaces non voilées et plus si affinités.

Il accepte sa nouvelle mission. Les services secrets savent où aura lieu l’attentat, officiellement contre le président des Etats-Unis, et qu’il sera opéré par un tireur d’élite. Le rôle de Bob Lee est de deviner, grâce à son expérience, l’endroit d’où tirera… le tireur. En fait, il va se tromper et, quand il s’en rendra compte, rapidement mais trop tard, il va courir vers le nouvel endroit présumé où il trouve l’arme du crime mais est « intercepté » par un méchant qui joue le rôle d’un gentil puis par une agente du FBI, Nadine Memphis, qui l’arrête.

Même s’il n’est plus vraiment proche de Johnson, ce dernier, Memphis et Swagger seront très liés pour la suite des aventures.

Après son évasion, il va retrouver la balle et remonter jusqu’à l’arme pour se discuter (je ne fais pas du spoilage mais il y a plusieurs saisons : vous vous doutez bien qu’il va réussir).

 


En début de la deuxième saison, il se rend à Berlin, avec sa grosse, Julie, pour une cérémonie avec une remise de médaille à un ancien militaire, avec qui il taffait avant la retraite. Un attentat se produit alors et ils ne tardent pas à penser que c’est à toute l’ancienne unité que les méchants en veulent et camouflent donc les assassinats en attentat terroriste. On finit par se douter que les marines ont été témoin de quelques scènes qu’il faudrait oublier et la recherche de la vérité et l’élimination des coupables forment la trame de cette saison.

Pour la troisième, il y a deux événements liés. Tout d’abord Swagger comprend que son père n’est pas mort, une petite trentaine d’années auparavant, d’une vulgaire escarmouche avec une sombre andouille mais a bel et bien été assassiné, l’escarmouche étant là pour masquer le crime. Il va donc enquêter. En parallèle, il finit par comprendre, avec Memphis et Johnson, qu’il existe un petit groupe d’hommes, Alpha, proches des agences gouvernementales mais aussi du gouvernement et du président, qui agissent dans l’ombre pour ce qu’ils pensent être le bien, la grande Amérique, la liberté et tout ça mais qui sont en fait de sombres fumiers. Ils comprennent que le père de Bob Lee en a fait partie, du temps où il était lui-même militaire, pendant la guerre du Vietnam…

Et nous voila reparti pour de captivantes aventures avec des rencontres avec l’aimable président de ce grand pays qui a décidé de mettre fin aux activités louches d’Alpha, malgré le chantage et tout ça.

 

C’est le genre de série qui me plait bien. Je ne donne aucun jugement pour vous convaincre, pour des raisons exposées en préambule : je ne sais pas si la série est bonne ou mauvaise.

C’est con. Mais je ne vais pas craquer devant un shooter.


N.B. : contrairement aux habitudes, cette série est appelée couramment par son nom québécois, que je reprends en titre. Si vous faites des recherches Google, utilisez bien le nom complet et... ne confondez pas avec le film de même nom, qui inspira la série. 

14 octobre 2022

[Séries] Inventing Anna

 


Vivan, journaliste dans une grande revue américaine, comme Metropolitan, et enceinte jusqu’aux oreilles prépare un reportage sur Anna, en prison (en attente du procès), qui a réussi à escroquer des jeunes Newyorkais, des gens plus riches et des entreprises. Elle se fait passer pour une très riche héritière d’un milliardaire Allemand (venant de Russie où il s’était bien enrichi après la chute de l’URSS).

Elle est par exemple hébergée dans des gros hôtels où elle réussit « au bluff » à avoir une chambre, arrivant à faire croire que, si sa carte de paiement ne passe pas, c’est à cause d’une erreur de la banque, d’un virement qui n’est pas passé, de son père qui lui fait momentanément la gueule, de son pognon qui est bloqué dans des fonds en Allemagne et qu’elle n’arrive pas à rapatrier… Elle arrive à voler ses propres copines, qui profitent de ses largesses puisqu’elles croient aux erreurs, en les poussant à avancer le pognon de quelques sorties ou de restaurants où sa carte ne passe pas puis trouve des prétextes pour retarder le remboursement.

Anna cherche à monter une fondation, autour de l’art (qu’elle connaît très bien, elle est d’une intelligence exceptionnelle), et, en fin de compte, à obtenir un prêt de quarante millions pour la lancer. Elle doit donc entourlouper l’avocat qui l’aide, les banques, les promoteurs, les assurances…

 

La série est rythmée par le travail de Vivan qui mène son enquête en se procurant des documents, en interrogeant Anna, ses copines, ses partenaires en affaires, en étudiant les réseaux sociaux, notamment Instagram… Chaque récit qu’elle récupère est traduit, à l’écran, par de nombreux flashbacks comme si les séquences de la série décrivaient ce que voyaient chacun des différentes aventures d’Anna, le tout en respectant une séquentialité.

Le  début de la série semble un peu neuneu, peut-être parce qu’on a du mal à se rendre compte de l’ampleur de l’anarque et qu’on assimile Anna à une vulgaire instagrammeuse, toujours souriantes à faire des selfies avec des copines qu’elle se fait grâce à son pognon mais c’est au fil des épisodes qu’on se prend vraiment au jeu, qu’Anna nous devient sympathique, comme une espèce de mythomanes qui lutte dans un milieu pourri sous fond de rêve américain.

La vie de Vivan est également passionnante : elle doit se battre avec ses patrons pour pouvoir travailler sur son article qui, elle en est sûre, connaitra un vrai sujet. Elle se fait aider par trois collègues, son mari futur père de l’enfant qu’elle porte. Elle doit visiter Anna en prison, inciter les différents acteurs à se confier…

 

Vous pouvez voir… Ca demande une certaine concentration mais ça ne fatigue pas le cerveau.


En marge, et c'est un sujet qu'on a évoqué récemment avec un gros commentateur de ce blog, lui-même émérite blogueur, on se demande parfois où on a déjà vu Anna ou, du moins, l'actrice qui joue son rôle. Et la lumière se fait progressivement : c'est un des personnages principaux d'une série que j'ai beaucoup aimée, Ozark.

Tant qu'on fait dans le people, Inventing Anna a été créée et produite par Shonda Rhimes, également à l'origine de Grey's Anatomy : au moins, elle sait faire des séries qui intéressent le public.

13 octobre 2022

La panne de mes blogs et les noms de domaine

 

Mon blog politique est resté dans le cirage pendant un jour ou deux et celui-ci pendant plusieurs heures. Du moins, ils n’étaient plus accessibles avec leurs noms de domaine personnalisés réciproques mais restaient disponibles, la plupart du temps, avec leurs anciennes adresses chez Blogspot, site propriété de Google, spécialisé dans l’hébergement des blogs Blogger, de la même boutique : jegpol.blogspot.com et jegper.blogspot.com, adresses franchement débiles, j’en conviens.

Les noms de domaines, jegoun.com et aubistro.fr, respectivement, avaient été acquis, par mes soins, auprès de la société OVH, plus connue pour ses solutions d’hébergement et, maintenant, ses offres Cloud. A noter que, s’ils sont bons dans leurs domaines, ce n’est pas une société « grand public » et il faut avoir un minimum de connaissances pour paramétrer tout cela : vous vous douterez que pour que, lorsque vous taper « jegoun.com », votre demande aboutisse chez « blogspot.com » et que, « sur place », il trouve le bon blog, ce n’est pas si simple. Et je dois avouer que, si je suis assez bon, généralement dans tous ces machins informatiques, ceux que je ne maîtrise pas ont tendance à me déconcerter, d’où une certaine panique, persuadé que je n’en tirerai jamais voire que je ferai des conneries… Je vais un peu vous décrire cela ce qui me rappellera le temps de mon blog geek…

Ce n’est pas moi qui avais fait le paramétrage, à l’origine, vu que j’étais perdu mais un camarade lyonnais pâle. Et si cela ne fonctionnait plus, c’est que je n’avais pas payé la redevance annuelle pour le nom de domaine : à force de reporter au lendemain ce qu’on peut faire le jour même, n’est-ce pas…

 

Comme nous le dit Google, le nom de domaine est « de la dénomination rattachée à votre adresse IP qui redirige les visiteurs sur votre site. » L’adresse IP est aux réseaux informatiques, en gros, ce que le numéro de téléphone est aux réseaux téléphoniques…  L’adresse IP permet ainsi à tous les systèmes informatiques du monde connectés à Internet de se joindre.

En déclarant ou « achetant » un nom de domaine a une société spécialisée, OVH, pour moi, cela permet tout d’abord de s’attribuer la propriété intellectuelle du nom (toutes les adresses dont la première partie finit par jegoun.com et aubistro.fr m’appartienne).

Ensuite, il faut que j’associe, chez OVH, le nom de domaine à une adresse IP (qui m’est gracieusement communiquée par Blogger/Blogspot) et, le couple « nom de domaine/adresse IP » va être diffusé ou propagé, par OVH auprès des serveurs DNS (Domain Name System) afin de permettre au réseau de diriger vos liens vers le bon serveur. Le DNS est un peu comme un central téléphonique grâce à qui le réseau peut transmettre un appel vers le bon destinataire.

 

Grâce à l’IP associées aux noms de domaine, jegoun.com et aubistro.fr, en l’occurrence, Blogspot va recevoir les « appels » pour ses blogs. En regardant le nom précis qu’il a reçu (jegoun.com ou aubistro.fr, donc), il va savoir qu’il doit activer les serveurs avec jegpol.blogspot.com et jegper.blogspot.com. C’est une peu comme si Jegoun.com et aubistro.fr avaient la même adresse IP que blogspot.com (ce n’est pas le cas, mais pour le principe on y est : il y a, en fait, une démultiplication des adresses IP pour éviter de charger les serveurs qui font le tri). C’est le nom détaillé qui va permettre d’activer, en quelque sorte, la bonne application au bout, celle avec le paramétrage de jegoun.com ou de aubistro.fr.

 

Vous connaissez peut-être des applications de type « whois ». Google est votre ami mais vous pouvez essayer pour jegoun.com. Vous y trouverez un tas d’informations liées au nom de domaine, dont une adresse IP, ici 213.251.188.146 qui va renvoyer vers un serveur OVH qui lui-même fera la relation entre les deux (c’est plus compliqué que ce que je disais, il y a plusieurs niveaux de serveurs donc des adresses IP qui font le lien entre elles). A noter que le site whois dont je vous donne l’adresse (il y en a plein) communique des informations de natures différentes pour mes deux blogs (j’ignore pourquoi). Vous noterez que l’adresse 213.251.machin est attribuée à plusieurs noms de domaine mais est liée, elle-même, à un jeu d’adresses chez OVH.

Que ces braves gens se débrouillent pour communiquer entre eux. Pendant ce temps-là, on peut écrire nos conneries.

 

Pour associer un nom de domaine à un blog blogger, il y a deux solutions. Vous pouvez soit acheter un nom de domaine à Blogger (ou une autre filiale de Google) soit acheter un nom de domaine via une autre site (ce qui est mon cas vu que Blogger ne proposait pas l’option, à l’époque). La première solution est la plus simple, évidemment, l’éminente compagnie se chargeant de tout. Dans l’autre cas, il vous faudra mettre les mains dans le cambouis et saisir les paramètres chez votre fournisseur. Quand vous saisirez votre adresse personnalisée, Google vous communiquera des informations à donner à votre fournisseur et c’est un peu là que c’est compliqué…

 

Je laisse à mes honorables lecteurs rectifier les erreurs que j’aurais pu connaître…

10 octobre 2022

[Séries] Knightfall

 


« L’ordre du Temple est un ordre religieux et militaire issu de la chevalerie chrétienne du Moyen Âge, dont les membres sont appelés les Templiers » créé au début du 12ème siècle, ce qui ne nous rajeunit pas. Parmi ses missions, « il œuvra pendant les xiie et xiiie siècles à l'accompagnement et à la protection des pèlerins pour Jérusalem, dans le contexte de la guerre sainte et des croisades » et pendant qu’ils faisaient ça, ils n’étaient pas au bistro. « Jusqu'à la chute de la ville en 1291, Saint-Jean-d'Acre est un grand centre intellectuel, non seulement chrétien mais aussi juif. En effet, de nombreux Juifs, fuyant les persécutions en Occident, se rendent en Terre sainte. Le rabbin Yehiel de Paris y fonde une Yechiva qui sera connue au-delà de la Terre Sainte. Nahmanide, grand kabbaliste d'Espagne le remplacera. La reconquête de la ville en 1291 par le sultan d'Égypte al-Malik al-Ashraf met fin à la présence des Européens en Terre sainte et clôt la période des croisades. »

Je ne rechigne devant rien pour votre culture et je vais reprendre un langage normal : cette défaite, qui marque le début de notre série, fut un beau bordel et les templiers, qui deviendraient nos héros, ont perdu le Graal lorsqu’un de leur navire a sombré lors de la dernière bataille. Nos templiers revinrent en France et gérèrent tout le pognon amassé…

 


La série Knigthfall a deux saisons. Au cours de la première, notre personnage principal, Landry du Lauzon, se fourrait la grosse de Philippe Le Bel, ayant un tantinet trahi son vœu de chasteté ce qui est d’autant plus bête qu’il est pote avec le roi en question, dit Philippe IV, qu’il finit par mettre en cloque, pas le roi, mais la pouffe, la reine Jeanne. Ces braves gens ont fini par apprendre que le Graal aurait été sauvé et se retrouve en France. Ils se mettent tous à le chercher dans tous les sens. Parmi, les tous, il y a plein de monde et on ne sait pas qui fait appel à qui pour foutre sur la gueule des autres, entre les templiers, le Roi, le Pape et les Sarrazins… avec l’aimable participation de type de Navarre vu que la Reine Jeanne était la fille du roi du coin.

La grossesse, plus le bébé, la quête du Graal, les intrigues de la royauté, les bisbilles avec la Navarre… forment la trame de cette saison, la seconde étant plus consacrée à la lutte du Roi contre les Templiers, prouvant, faussement, leur hérésie et les traquant partout. Des hérétiques sont brulés, les lascars se massacrent à coups de grosses épées…

 

Il y a un fond historique, avec même un résumé de l’histoire de la Tour de Nesle, mais tout est largement romancé (avec quelques erreurs : il me semble par exemple qu’on voit, à un moment, Notre Dame non seulement terminée mais, en plus, avec la flèche actuelle, du moins celle qui existait avant le récent incendie).

Ce n’est pas la meilleure série disponible mais je l’ai trouvée assez plaisante à regarder.

Voila les Templiers réhabilités et Philippe le Bel réduit au statut de sombre enflure.


01 octobre 2022

Ces vieux



 Mon ascenseur s’est arrêté au premier étage quand je faisais route vers le bistro. Un couple de personnes âgées (85 ans ?) est monté. Je les connais depuis que j’habite là (1994) et on a vaguement sympathisé. Monsieur semblait triste en entrant. Il ne m'avait jamais fait cette impression. Il tenait Madame par la main. « Tirait » serait plus exact. Elle semblait apeurée par ma présence, semblant ne pas me reconnaître. J’ai souri bêtement pour essayer de montrer ma bonhomie, pour la rassurer, peut-être. Rapidement (forcément : descendre d’un étage…), elle a commencé à montré le visage d’une femme heureuse, contente d’être avec son homme et moi…

La machine s’est ouverte. Monsieur a ouvert la porte du sas où se trouvent les boites à lettres. Madame, toujours tenue par la main, l’a suivi, puis moi. Il a ouvert sa boite et a dit qu’il n’y avait rien. J’ai ouvert la porte extérieure puis l’ai tenue. Je les ai regardés en les attendant. Je n’avais rien de mieux à faire. Elle me regardait souriant de plus en plus. Il nous a dit, tout triste : « on ne va pas plus loin ». Elle s’est renfrogné a^rès m'avoir observé, comme si elle était admiratrice.
J’ignore de quelle maladie elle souffre. Son époux l’a sortie jusqu’à la boîte à lettres sans lui lâcher la main. Il semblait lui-même incapable d’en faire plus.

30 septembre 2022

Ces bistros qu'on n'aime pas


 

Il y a des bistros que l’on n’aime pas pour des mauvaises raisons. Par exemple, le KB, en bas de chez moi, que je devrais chérir compte tenu de ses horaires, me sort par les trous de nez depuis toujours. L’ancien patron n’était pas sympathique. Un jour, il m’avait reconnu vu que La Comète est à moins de 100 mètres et m’avait invité à boire une bière après avoir papoté deux minutes sur le trottoir. J’avais accepté (par politesse, hein !) et j’en avais commandé une autre (par savoir-vivre, hein !). Il m’avait facturé les deux…

Le patron a changé et j’y suis allé une fois parce que mes fiefs étaient fermés : le serveur s’était trompé, largement en sa défaveur, au moment de l’addition (il m’avait compté la pinte – et je n’en ai pas bu qu’une – au prix du demi). Malgré mon insistance, il avait… insisté. Je ne peux pas supporter un bistro où les serveurs jouent contre le commerce. Je n’y ai plus jamais remis les pieds.

En outre, tout comme un autre pas très loin, rue Carnot, je crois, il s’est monté récemment et j’ai toujours considéré qu’il faisait une concurrence peu sympathique à la Comète, ce qui est complètement con, venant de moi, vu que je défends, dans mon blog politique, la libre installation des commerces…

Plus loin sur l’Avenue, vers Paris, il y a chez Pierre. Le patron trainait beaucoup dans un de mes fiefs de l’époque, les Monts d’Aubrac, juste en face, et j’avais fini par atterrir chez lui, faisant des allers-retours en travers de la Nationale 7. Un jour, son bail n’a pas été renouvelé par la propriétaire et j’ai toujours considéré cela comme une injustice même s’il est probable que les raisons de la dame soient bonnes (un peu de tapage nocturne dans le quartier et un chiffre d’affaires en baisse, je suppose). Depuis, j’ai boycotté l’affaire ce qui est d’autant plus ballot qu’une partie de mes potes étaient restés avec le remplaçant, voire ne venait plus aux Monts d’Aubrac. Or, j’ai horreur des infidélités aux bistros… Peut-être une sorte de jalousie ?

 

Entre les deux, il y a le PMU. J’adore les patrons mais j’ai pris le café en grippe pour des raisons que j’ai du mal à analyser. J’y ai peu de potes et donc y suis souvent seul mais, généralement, ça ne me dérange pas. C’est comme en face, le Jean-Bart : le personnel est agréable mais je n’aime pas du tout le cadre, très vieillissant, alors je fuis… Pourtant, « l’obsolescence » du PMU n’entre pas du tout dans mes raisons de de désertion.

Beaucoup plus loin, il y a le Petit Relais que j’ai beaucoup fréquenté mais des successions d’événements font que je me suis complètement détourné ce qui fait que, maintenant, j’ai presque peur d’y aller, comme si je m’imaginais que le patron, qui « fut » un excellent copain (y compris pendant les périodes de Covid où les bistros étaient fermés : il trainait souvent dans mon coin), allait me détester…

Je pourrais parler d’autres bistros, des bars-tabacs, comme le Jean-Bart, qui font franchement sales : le Marigny, le Brazza… avec un service qui m’a toujours paru hors du temps : il est hors de question que j’y mette les pieds. Sauf si on m’y invite ou si les autres rades sont fermés, évidemment.

Entre le Brazza et l’Amandine, il y avait un bar PMU où j’allais à l’occasion. Le théâtre, je crois, qu’il s’appelait. Il est fermé, maintenant. Il parait qu’on y mangeait bien. Tous les clients étaient tournés vers les écrans du Rapido et du PMU. On avait l’impression que tout l’entourage était branché sur les jeux et ne s’intéressaient pas aux autres clients… A fuir…

 


Pour en revenir à Chez Pierre, les patrons ont changé plusieurs fois, je crois. Le nouveau est là depuis longtemps. Pendant beaucoup de temps, le bouche à oreille m’a dit qu’il n’y avait personne mais d’autres bouches ou d’autres oreilles me disent que la bouffe est très bonne, ce que semblent confirmer les photos mises sur Facebook. Toujours est-il que cette image de bistro moderne avec une bonne bouffe vue sur « la page » tout comme les avis positifs de certaines connaissances m’ont fait prendre en grippe, toujours, cette brasserie, sans que les raisons soient fondées.

Le pire est qu’ils ont maintenant une affiche montrant qu’ils sont au Gault et Millau ce qui est très surprenant pour une petite brasserie de banlieue. Chez Pierre n’est pas référencé sur le site web de l’honorable maison. On se demandait si ce n’était pas un faux et, je me demande, si elle n’a pas des « sous-marques » plus ou moins régionales. Ce macaron me met hors de moi… Les patrons de bistros qui pensent se faire de la publicité se trompent souvent. L’image ne se construit pas sur ce genre de détail.

 

A ce sujet, certains semblent très attachés aux avis donnés par les utilisateurs, notamment dans Google Maps mais cela me semble surréaliste. D’ailleurs, quand on va voir les avis en question, ils ressemblent à n’importe quoi et sont contradictoires. C’est logique si vous allez en terrasse de la Comète un long soir d’été, vous n’aurez pas le même sentiment que si vous déjeuner alors qu’il pleut. Et outre, la plupart des avis donnés à tous les restaurants, même ceux à chier (qui, de toute manière, ne sont fréquentés que par des habitués), sont positifs. C’est ridicule. D’ailleurs, on se demande souvent s’ils ne sont pas rédigés par des copains des patrons. Et les quelques commentaires négatifs que j’ai pu lire dans mes bistros préférés sont purement conjoncturels : il peut arriver que la viande ne soit pas cuite comme on veut ou que le serveur soit dans le jus au point de se mélanger les pinceaux.

Pour ma part, la meilleure solution qu’aurait une brasserie, dans un quartier que je ne connais pas, pour m’attirer, serait d’avoir un menu affiché à l’extérieur, évidemment donnant appétit mais surtout parfaitement lisible. Le KB, dont je parlais, a un vague A4 scotché sur une ardoise : il faut se pencher pour deviner ce qu’il y à manger. C’est évidemment très con mais, surtout, cela donne une très mauvaise image du bistro, comme un lieu qui ne sait pas se rendre attractif au quotidien et donc très peu commercial… Haïssable.

 

J’ai parlé de bistro que je n’aime pas pour de mauvaises raisons (c’est le thème du billet) mais tout cela est un peu aléatoire. Par exemple, si j’habitais à côté de chez Pierre, j’y serais probablement tout le temps fourré. Et j’ai dit que je n’aimais pas des bars parce que le serveur n’était pas sympa, qu’ils faisaient vieux ou sales, mais si le hasard m’y poussait, par exemple parce que des copains s’y regroupaient ou parce que j’avais sympathisé pour une raison ou une autre avec le loufiat, mon avis pourrait changer assez rapidement.

On est peu de chose. Par contre, dans l’autre sens, je n’ai jamais déserté un bistro où j’étais vraiment habitué sauf pour des raisons géographiques (chez Pierre que je n’aime pas et le Petit Relais que j’aime bien sont assez loin de chez moi dans le sens où il y a d’autres troquets sur la route, tout comme « chez Y » que j’ai bien connu à une époque mais je pense surtout à ceux qui étaient près d’un de mes appartements ou de mes lieux de travail) sauf une fois (le bar avait néanmoins changé de nom et traité par-dessus la jambe les anciens clients afin de changer l’ambiance : il n’a pas tenu un an).

Je n’étais client du PMU que lorsque la Comète était fermée le samedi et que c’était le seul bistro ouvert après 20h le dimanche. Je suis client du 1880 depuis près de 40 ans (très fidèle depuis une vingtaine d’années mais moins souvent présent depuis que j’ai eu des problèmes de santé). Dans un mois, cela fera vingt-sept ans que je suis client de la Comète depuis vingt-sept ans. Je fréquente beaucoup l’Amandine depuis janvier 2008 vu que la Comète fermait tôt, avec de nouveaux patrons, et plus souvent encore, maintenant, que mon fief est fermé le week-end. Cela fait une grosse vingtaine d’années que je suis un client épisodique de l’Aéro (très épisodique, maintenant, vu qu’il ferme souvent de très bonne heure et que, la Comète fermant le week-end, je n’ai plus l’occasion de passer devant).

 


Je ne suis pas vraiment hors sujet car, autant je suis fidèle, autant la légèreté de certains potes me sidère, d’autant plus qu’ils disent « maintenant » qu’ils n’aiment plus les bistros où l’on a passé tant de temps ensemble ou, du moins, en voisins de comptoir. Le pire que j’ai vu, c’est peut-être « chez Y », dont je parlais dans une parenthèse, plus haut. Ma bande de potes a arrêté de le fréquenter assez subitement en expliquant qu’on y mangeait mal, que les patrons n’étaient pas sympa ou que sais-je alors que rien n’avait changé, à part la fréquentation, justement (la foule attire la foule et le désert n’est pas prometteur…).

Alors, ils ont tous des mauvaises raisons. Je pense à la Comète qui a changé de propriétaire, comme je le disais, fin 2007 (et de nombreuses fois depuis). Une partie des clients disait que La Comète n’était plus la Comète sans son patron historique. D’autres expliquaient que les tarifs avaient augmentés (certes, les verres de rouge étaient passé de 1€30 pour de la Côtes-du-Rhône de comptoir à 2€60 pour un vin de meilleure qualité… en oubliant que la dose était passée de 7 à 14 cl).

C’est à peu près valable dans tous les bistros pour tous les clients ou presque. A l’Amandine, par exemple, j’y vois très souvent des anciens clients du PMU, partis pour d’obscures raisons.

On est peu de choses mais je l’ai déjà dit.

Ce billet serait incomplet si je n'évoquais pas les bistros où j'avais toujours refusé d'aller, encore une fois pour des raisons qui m'échappent, comme l'Etalon Noir ou la Place Rouge...

22 septembre 2022

[Séries] The Last Kingdom


 

On peut difficilement évoquer « The Last Kingdom » sans faire le rapprochement avec « Vikings » et « Vikings Valhalla » vu que cela se passe à peu près à la même époque (il y a un millier d’années), peut-être un peu avant (même si Ragnar est cité) et il s’agit essentiellement de Vikings (plus exactement, pour TLK, des Danois installés dans ce qui deviendra le Royaume-Uni) et des futurs Anglais… The Last Kingom est basé sur un roman et évoque des personnages à peu près réels alors que Vikings est beaucoup plus issu de l’imagination des réalisateurs, avec des personnages inventés mais à partir de réels. Peu importe, on s’en fout, on est devant le poste.

Vikings Valhalla est basé sur l’histoire de la Norvège alors que TLK part de celle des Iles Britanniques, ce qui fait que nos « préférés » ne sont pas les mêmes. A part ceux qui meurent, les personnages de TLK accompagnent la série tout au long (d’ailleurs le principal ne change pas, contrairement à Vikings). TLK est beaucoup plus structuré : chaque épisode et chaque saison se suffisent à eux-mêmes alors que, pour Vikings, on a parfois l’impression que chaque partie est coupée au bout de 50 minutes pour répondre aux exigences des réalisateurs…  

 

Tu préfères ton père ou ta mère ? On s’en fout. Après réflexion, je suis incapable de dire si une série et meilleure que l’autre mais je trouve TLK beaucoup plus facile à suivre vu qu’il y a beaucoup moins de personnage… Mais ils ont quand même des noms à la con ce qui fait qu’on a quand même quelques doutes…

Malgré les différences citées, on a quand même des abrutis chevelus et des andouilles propres sur elles qui se foutent sur la gueule à coup de grosses épées et d’haches, avec du sang qui gicle partout, c’est rigolo.

 

« À la fin du ixe siècle, ce qu'on appelle aujourd'hui l'Angleterre est constituée de plusieurs royaumes. Les terres anglo-saxonnes sont attaquées et régies par les Danois. Uhtred de Bebbanburg est le fils orphelin d'un noble saxon. Kidnappé par les Scandinaves et élevé parmi eux, il doit sans cesse choisir entre le royaume de ses origines et le peuple qui l'a vu grandir. » Toute l’histoire est centrée sur Uhtred. Au fil des conflits entre les « pays » anglosaxons ou avec les Danois, il tente de satisfaire tout le monde, en fonction de ses propres convictions, des engagements et autres allégeances… Le roi machin a mis sa fille sur le trône de tel pays mais elle est abattue et tel ou tel noble cherche à marier son arrière petits fils avec une nouvelle poufiasse qui pourra hériter du trône mais il faut s’allier avec des voisins, pendre des connards en otage et tout ça et notre brave Uthred fait le tri pour savoir quels débiles on peut massacrer tout en étant félicités par les dieux ou par un dieu selon qu’on est danois à Thor ou à raison ou fan absolu d’un monoïdéisme chrétien.

J’aime bien, moi. Je vais bientôt finir la cinquième saison. Il y a des gonzesses égorgées, des moines émasculés, le tout dans une très grande bonne humeur.

15 septembre 2022

[Séries] Vikings Valhalla

 


Vikings Valhalla, courte série, est la suite de Vikings dont je parlais encore pas plus tard qu'hier. Elle se passe 100 ans plus tard et est donc à peu près autonome d'autant qu'on est à peu près débarrasser des fantômes de Ragnar... Si vous avez aimé Vikings, vous pouvez regarder sans crainte : je pense que la qualité est à peu près identique.

Un défaut néanmoins : il y a trop de personnage, tous d'affreux barbus, et vous finissez par vous perdre dans l'histoire... Je vais résumer, quand même : dans la première série, des Vikings ont réussi à s'installer en rosbiferie dans la paix mais le nouveau roi des ancêtre de nos ennemis héréditaires décide de massacrer tout le monde pendant la nuit de la Saint Brice ce qui déplait les locdus restés en scandinaverie qui vont revenir venger tout ça... 


Il faut dire qu'avec notre Saint Barthélémy, on est des petits joueurs. Ces anglais officiels savaient massacrer.

14 septembre 2022

[Séries] Vickings [à partir de la saison 3]

Délicate jeune fille

 

Le 24 août, je faisais un billet au sujet de la série Vickings alors que je n’avais vu que deux saisons, tant j’étais persuadé ne pas tenir jusqu’au bout. J’ai tenu alors je vais parler – très rapidement – de la suite. Contrairement à beaucoup de séries, il n’y a pas de baisse de qualité mais, tout au plus, une vague lassitude devant les efforts des producteurs pour varier les plaisirs qu’ils nous offrent. Cela étant, les héros vieillissent, certains meurent, d’autres sont increvables… La descendance de Ragnar Lothbrok ne nous fatigue pas. Certains sont exaspérants, d’autres attachants, voire les deux selon l’humeur du jour.

La troisième saison porte en grande partie sur la bataille de Paris et, en fait, on n’arrête pas de voyager, avec des détours – improbables – vers la Russie dont la capitale est Kiev et, bien évidemment, vers l’Angleterre qui ne s’appelait pas encore franchement ainsi.

Cette proximité avec Kiev et les origines de la royauté anglaise nous rapprochent de l’actualité et toute l’histoire (au sens du récit – romancé – des événements du passé) de cette époque, presque à l’origine de la construction du monde moderne, est passionnante. Pour ma part, j’ai presque passé plus de temps dans les dictionnaires à vérifier certains points qu’à regarder la série.

Par exemple, pour notre propre histoire, on connait nos ancêtres les gaulois puis Clovis puis Charlemagne mais il faut bien reconnaître qu’on a un gros trou jusqu’à Hugues Capet…

A voir, donc ! Sans compter que l’histoire est haletante (comme dans toutes les séries, il y a trop de personnages et on s’y perd parfois).


L'autre raison qui me pousse à faire ce billet sans savoir quoi mettre dedans est que j'ai commencé à regardé l'espèce de spin-off qui suit... et qu'il me faudra bien évoquer ici.

08 septembre 2022

Comparaison n'est pas raison

 

Elisabeth II est en fonction depuis 70 ans, 7 mois et 2 jours. Louis XIV tient le record mondial absolu avec un règne de 72 ans, 3 mois et 18 jours soit une différence de 14 mois et demi. Vers le 20 novembre 2023, il nous faudra affiner nos calculs, voire compter en heures. 

Ceci était mon billet patriotique et royaliste de la semaine.