05 avril 2021

Homeland (premières saisons)

 


« Après une confidence de l'un de ses informateurs, Carrie Mathison, agent de la Central Intelligence Agency (CIA) souffrant secrètement d'un trouble bipolaire, est la seule persuadée que Nicholas Brody, marine américain libéré lors d'une opération commando en 2011 au terme de huit ans de détention par Al-Qaïda, est radicalisé et représente un risque pour la sécurité nationale américaine. Sa persévérance pour suivre le comportement du soldat, qui vire à l'obsession maladive, va l'amener à déterminer si le traumatisme de Brody est réel, ou s'il participe à une conspiration visant les États-Unis. »

Ma propre intelligence centrale me dit que le rédacteur de Wikipedia, sur ce coup, avait un sacré poil dans la main ! Cette description s’applique aux premières saisons. Carrie est le personnage central des huit alors que l’histoire de Brody ne traverse que les trois premières. D’ailleurs, en commençant la quatrième (où je suis toujours), je me demandais comment ils allaient pouvoir broder autour de ce personnage ! J’ai vite compris : Carrie allait pouvoir avoir d’autres aventures.

Carrie est analyste à la CIA (et se présente comme agent de liaison, soit recruteur « d’indics ») : son métier est de réfléchir aux différents événements pour tenter de comprendre la situation. Ainsi, un informateur lui a dit qu’un soldat américain serait retourné par les islamistes, elle a fait le rapprochement quand Brody et lui alors que toute la CIA l’accueillait en héros. Contre l’avis de la maison mère, elle se met à espionner le marine ce qui nous permet de rentrer dans son univers, son retour avec sa femme et ses deux enfants, la reprise d’une activité… et les prières en cachette dans le garage, heureusement tourné vers La Mecque.

On se prend donc d’affection pour ce type et on devine qu’il ne sera pas entièrement mauvais. Il est tiraillé entre sa proximité avec Al Qaida, sa très forte amitié avec un des chefs, d’un côté et son pays, sa famille, de l’autre. Les différents rebondissements sont haletants.

 

Il y a bientôt trente ans, j’étais passionné de romans d’espionnage comme ceux de Tom Clancy, notamment les premiers, avec Jack Ryan jeune analyste à la CIA, ou ceux de Robert Ludnum et c’est dans ces univers que j’avais presque oubliés que je me suis retrouvé dès les premiers épisodes. Brody est comme un Jason Bourne, ne sachant pas trop qui il est, isolé par rapport à son camp… Bourne et Ryan sont surtout connus par le grand public avec les films dont ils sont les héros mais ils sont bien, à la base, des personnages de romans et c’est bien dans les romans qu’on se trouve happés (les films sont plus des films d’action alors les films qui en sont issus sont plus des films d’aventure avec des héros cinégéniques pour faire mouiller les adolescentes et représenter les boutonneux).

Homeland : du grand roman d’espionnage ! En plein dans le rêve américain mais sans complaisance avec les institutions, farouchement opposé à l’islamisme mais avec beaucoup de tendresse pour le monde musulman, victime des barbares des deux bords.

 

Edit : j'ai vu aussi les épisodes suivants et j'en parle.

6 commentaires:

  1. une très grande série en effet, comme tu le dis on se prend d'affection pour des personnages tant ils sont bien interprétés. Et ça décrit très bien la complexité du moyen-orient.

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  2. Une "très grande" série ? Non, tout de même pas ! Une bonne série dans ses trois premières saisons, oui. Et bonne malgré l'actrice principale qui, elle, ne l'est pas (trop "grimaceuse").

    Après, ça court assez paresseusement sur son erre, m'a-t-il semblé. Mais il est vrai que je ne suis pas allé au-delà de la saison 4, l'ennui m'ayant assez rapidement gagné.

    Une bien meilleure série d'espionnage : The Americans. Malheureusement, Netflisque l'a retirée de son catalogue…

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    1. Dagrouik ayant la même maladie que la dame, il peut juger que c'est une très grande série. Pour ma part, j'ai dit que c'était du grand roman d'espionnage après m'en être expliqué (cette série, contrairement aux films, reprend les éléments de grand romans d'espionnage). Cela étant, je conçois que l'on peut être exaspéré par les rebondissements.

      J'ai bien aimé la saison 4 mais c'est vrai que l'actrice est trop présente par rapport à l'histoire des trois premières saison où l'histoire était partagée avec deux autres héros : Brody et sa fille.

      On me dit que la dernière saison est géniale, je vais donc continuer.

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  3. Ah, je me souviens brusquement que l'une des raisons de mon abandon était que la blondasse accouche et se transforme en "serial mother", avec toute la pénible niaiserie que cela implique dans les séries américaines.

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    1. La niaiserie américaine apparaît sans cela ("au contraire" même, elle semble être une mère indigne). Par exemple, tous les pavillons sont quasiment identiques avec des pièces gigantesques. Notre héroïne a par ailleurs un chalet au bord d'un lac... Je parle de "rêve américain" dans mon billet pour rigoler. Il y a un tas de petites incohérences dans le scénarios (comme le rouquin qui a les cheveux très long à sa libération alors qu'il les avait court au moment où où le gamin est mort bombardé, le même rouquin est surpris par sa fille en train de prier alors qu'il prenait toujours soin de fermer sa porte à clé).

      Au moins Carry abandonne sa fille à sa soeur et ne s'en occuper qu'au cours de la quatrième saison (de mémoire) qui est encore plus remplie de clichés (les Allemands qui vont au travail à vélo). Et notre héroïne qui devient pieuse avec deux scènes à l'église "sans intérêt dans l'histoire"... Je passe la mère qui découvre la mort du père par hasard dans les avis d'obsèques. Côté opérationnel, on a les gadgets électroniques utilisés qui ne tiennent pas la route, les drones qui restent des heures en l'air tout en ayant des bombes ou missiles à bord : un sommet de la niaiserie américaine ("on est les meilleurs et on se gausse des règles de la physique").

      Bref... Tout cela n'est qu'annexe.

      Je disais par ailleurs dans Facebook que les séries étaient assez proches des livres dans la mesure où il faut quand même généralement plusieurs heures pour les lire, que ça ne se faisait pas sur une journée. Les passages "non narratifs" des livres (les réflexions de l'auteur ou du narrateur...) étaient remplacées dans les séries par des longueurs comme, ici, des niaiseries natalistes et ses longueurs sont soporifiques. Sauf dans Homeland : je me suis endormi beaucoup moins souvent que dans les autres.

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