02 avril 2021

Le jeu de la dame

 


« Cette fiction suit Elisabeth Harmon, une prodige des échecs orpheline, de huit à vingt-deux ans, dans sa quête pour devenir la meilleure joueuse d'échecs du monde, tout en luttant contre des problèmes émotionnels et une dépendance aux drogues et à l'alcool. L'histoire commence au milieu des années 1950 et se poursuit dans les années 1960. »

Elle commence surtout assez mal, non pas parce que celle dont on sait qu’elle deviendra l’héroïne perd sa mère, mais parce qu’elle est casée  dans une vieil orphelinat et on a peur que notre histoire devienne un espèce de mélodrame tournant autour de la pauvre petite fille perdue dans l’institution avec la méchante directrice qui ne comprend rien aux enfants et les méchants éducateurs patati patata sans compter les méchants autres mômes qui refusent toute intégration ! On continue quand même à regarder parce que de sympathiques internautes vous ont conseillé la série et parce que vous ne pensez pas qu’ils pourraient se complaire dans un funeste remake du Candy de notre enfance (notamment ceux qui sont nés en avril 1966, le 23, pour être précis, au cas où vous souhaiterez me faire un cadeau auquel cas, d’ailleurs, il vaut mieux me prévenir à l’avance pour que je puisse recevoir le livreur de bonne humeur).

Ensuite, vous être confrontés aux relations entre la fillette et le gardien de l’orphelinat, quinquagénaire bourru dont au sujet duquel on a l’envie de penser qu’il aime bien le produit de la vigne et qu’il préfère les petites filles sans culotte plutôt qu’avec la tenue de la pension alors qu’il se contente d’être un excellent joueur d’échec et qu’il transmettra sa passion à la petite !

Alors ces généralités ne sont traitées que pour mettre un fond d’ambiance avec les parties d’échec dans la cave de l’institution. On se prend au jeu quand Harmon le découvre (le jeu) et commence à imaginer des parties dans sa tête, comme si elle jouait sur un échiquier, sur le plafond de la pièce… Elle y prépare ses coups à l’avance, analyse les résultats… et on comprend très vite comment elle « fonctionne » (surtout si, comme moi, on a tripatouillé les jetons sur un damier rétréci au fil de l’adolescence).

Et on y est… Bientôt sont oubliées toutes les craintes sur ce que pourrait devenir la fiction (rien qu’en lisant le résumé Wikipédia, ci-dessus, on s’imagine dans une sordide histoire de joueuse dépravée, ne pouvant agir que défoncée alors qu’il n’en est rien). On y jusqu’à la dernière partie du dernier épisode, là où on devine dès le début qu’elle sera opposée à un grand maître et on espère si fort qu’elle va gagner qu’on se prend d’admiration pour le grand maître en question, le sublimant plus que tout, lui a tout pour effrayer celle que l’on a connu petite fille, une quinzaine d’années plus tôt.

 

Chapeau aux auteurs et réalisateurs qui ont su rendre passionnante cette saga au sujet d’un jeu qui n’est pas vraiment grand public. Notons que cette série a battu tous les records de Netflix. Je crois savoir pourquoi.

8 commentaires:

  1. C'est vrai que ce n'était pas mal fait du tout, cette série. Et puis, bonus non négligeable, j'ai trouvé que la jeune actrice principale avait un charme tout à fait particulier, "hors normes".

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    1. Oui, elle est magnifique. Belle comme un coeur comme on dit. Avec de l'élégance ou de la noblesse dans la posture.

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    2. Dans un autre genre, si vous aimez les ambiances à la fois classieuses et horrifiques, je vous conseille vivement les deux premières saisons (la troisième est ratée) de la série anglaise qui s'intitule Penny Dreadful.

      Ça se passe dans le Londres du XIXe siècle… et Éva Green y est sublime !

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    3. Visiblement plus au catalogue.

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    4. Réflexion faite, elle ne l'a peut-être bien jamais été : je dois me mélanger les pinceaux avec ma collec' de blourets…

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  2. Une amie qui a été plusieurs championne de France d’échec m’a dit que cette série est fantastique.

    J’avais suivi, par son papa (qui m’a recruté et qui est un deuxième papa) m’a m’avait « obligé », au boulot, de suivre sur internet un match d’échec de sa fille aux championnat du monde.
    Ben c’est passionnant de suivre un match avec un passionné qui connaît.

    Je regarderai ;)

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