15 février 2015

Bistro for ever

Je bois un Ricard à la Comète. Le gros Yvon arrive. Il commande une 1664. Je dis à Roger : c'est pour moi, ça fait longtemps que je ne t'ai pas vu Yvon. 

Yvon n'avait rien à dire. Moi non plus. C'est ce que j'aime chez lui. Je replonge dans mon iPhone. 

Je décide de manger au comptoir et au bout de quelques minutes, je commande : un verre de rouge du mois et un "mixed grill avec des pommes de terre gratinées et de la sauce barbecue", le plat du jour. Et de la veille. 

Yvon demande combien il doit. Roger dit : rien, Nicolas a payé ton verre. Yvon commence à transpirer et me demande : tu rebois un verre ? Moi : bah non mon verre de rouge est plein, t'as qu'à le payer. 

Mon plat du jour arrive. C'était du travers de porc avec des frites et de la sauce au poivre. La veille, j'avais commandé un mixed grill et j'avais eu du travers de porc avec de la sauce au poivre et des frites. 

J'aime bien le travers de porc mais c'est devenu un truc de branché. Toutes les brasseries en font. J'en suis à adorer et conchier le travers de porc en même temps. 

Il n'empêche : deux jours de suite sans avoir ce que j'avais commandé, je gueule, tout en sachant que c'est de la gentillesse de la part du cuisinier qui sait que j'aime le porc et les frites. Manger du travers de porc avec de la sauce au poivre deux jours de suite sans en vouloir, c'était trop. Roger et Xavier voient que je suis de mauvaise humeur et s'inquiètent : ce n'est pas souvent que je gueuse. C'est même jamais. Finalement, je calme le jeu et garde mon plat mais fais changer de sauce. Deux jours de suite avec de la sauce au poivre et du travers de porc, c'est trop. Ca ne va pas ensemble. 

Pendant ce temps, mon Yvon, à côté de moi, était de plus en plus nerveux. Il fouillait ses poches, son porte-feuille, à la recherche du pognon pour payer mon verre. Il finit par trouver assez et semble soulagé. Il laisse même 15 centimes de pourboire.  Sa respiration se calme. Il arrête de transpirer. S'essuie. 

C'est rigolo : il est entre dans le bistro en sachant qu'il n'avait pas assez pour payer son verre. Mais comme j'ai payé son verre, il ne pouvait pas demander à la maison de faire crédit pour le mien. 

5 commentaires:

  1. Alors comme ça tu gueuses, tu quémandes, tu te fais payer des coups

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    1. Pourtant c'est ce que tu as écrit, je ne pouvais croire à une faute de frappe, le L et le S ne sont l'un à côté de l'autre

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  2. Oui, d'accord, c'est bien joli,mais tout cela n'explique pas pourquoi Hamon vote contre la loi Macron.

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  3. Quelle sauce à la place de la sauce au poivre finalement ?

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