24 juin 2015

Mort vs. décès

Dans un récent billet d'un autre blog, je ronchonnais parce qu'au boulot, quelqu'un avait organisé : un collecte pour le décès de la maman de untelle. 

J'ai eu l'occasion d'en discuter avec un collègue aujourd'hui. Et je lui ai donné quelques liens. 

Le mot "maman" est celui utilisé par un fils ou une fille pour appeler sa mère et pour parler de sa mère à un gamin. Exemple : ta mère a-t-elle des gros nichons ?

Le mot décès s'applique essentiellement à l'acte, le fait de mourrir, et à l'état civil. On dira par exemple : j'ai pu constater le décès de machin devant moi. Par contre, si je dis que mon père est décédé le 26 juillet 92, je fais presque une erreur. Je me fous de la date du décès de mon père. La date de sa mort restera éternellement marquée dans ma mémoire. Le jour où cela a été inscrit à l'état civil (en gros) importe peu. 

Ce qui me gêne, c'est que les gens qui emploient le terme "décès" à ma place de "mort" semblent penser que c'est moins grave de décéder que de mourir. 

22 juin 2015

Rire de tout

Excellent article de  Slate qui montre que l'on peut rire des pires blagues antisémites ou racistes, à condition d'avoir un minimum de second degré. 

Cet article pointe aussi sur "la terreur de Twitter". On ne peut plus raconter n'importe quoi dans les réseaux sociaux. Il est interdit de rire des minorités plus ou moins visibles. 

Qui, pourtant, relaient, tout en exerçant cette terreur. 



Rigolons de tout. Y compris des non comprenant, qui ne sont pas une minorité. 


La fortunée du GAB de La Défense

Le prix du demi ayant augmenté dans mon bistro d'après le boulot, je me suis retrouvé ruiné (non ! Mais je avais plus assez pour payer mon café à la Comète demain). Je vais au distributeur du billet du coin dans un trou de La Défense. Il y avait une dame qui parlait au téléphone dans une langue que je n'identifie pas (je reconnais le français, l'anglais, l'allemand, l'arabe, le kabyle, le chinois,...). Elle obtient ses sous puis sors une autre carte. 

Je me recule pour l'observer (je vous rappelle que ces magnifiques machines sont mon job), de manière à bien voir l'écran mais pas le clavier. Elle demande 1000 euros. Elle les obtient. Elle sort une troisième carte. 1000 euros. Ok. Une troisième. 300 euros (j'ai évité de lui demander si sa forme baissait...). Ok. 

(Je suis hors sujet mais elle est restée devant la machine pour ranger le tout ce qui m'a énervé, j'attendais alors j'ai dit très fort : "heu..."). 

Il empêche qu'elle restera une énigme dans ma vie professionnelle. Elle a probablement tiré plus de 3000 euros avec quatre cartes. Pourquoi n'a-t-elle pas une carte qui lui permette de retirer ce montant ?

Et je rappelle que c'est mon job, adapter nos machines au comportement des clients. Qu'un pauvre magouille entre plusieurs comptes, je comprends, mais qu'une touriste étrangère visiblement fortunée le fasse dans les bas-fonds de La Degense, ça me dépasse. 

Qu'elle n'ait pas peur aussi. Avec deux baffes, j'aurais pu lui piquer le pognon. De la folie. 


18 juin 2015

Les réunions

Je suis arrivé au bureau à 10 heures. Première réunion jusqu'à 11h30. Commençait alors la deuxième. Jusqu'à 13h15. Déjeuner. Réunion à 14h. Jusqu'à 15. Pour commencer une nouvelle, jusqu'à 16h. 

J'en avais une autre mais je croyais que c'était à 17h. Une collègue est passée me voir : elle avait besoin de moi pour une réunion improvisée (contrairement aux autres). Je les ai quittés à 17 pour me rendre à l'autre qui était déjà finie. 

Je suis allé voir une collègue qui était en réunion téléphonique où il a fallu que je m'incruste. Comme çà a chauffé et que je ne suis pas au bureau demain, je suis allé voir une autre collègue pour lui expliquer la situation. C'est ainsi que j'ai retrouvé mon bureau à 18h20, 8h20 (dont 45 minutes de déjeuner) après être arrivé dans nos locaux. 

17 juin 2015

Corrigés du bac philo 2015

Belle coutume dans la blogosphère que de donner les corriger du bac philo. Je me lance.

- « Une œuvre d'art a-t-elle toujours un sens ? »

Oui, à part de rares exceptions, l’artiste l’a conçue dans un sens. Imaginez-vous Léonard de Vinci peindre la Joconde la tête en bas. Ou un musicien jouer une Ave Maria en partant de a fin de la partition ?

Un peu de sérieux, bordel !

- « La politique échappe-t-elle à une exigence de vérité ? »

Oui. En tant que blogueur politique, je ne vais pas m’étaler : toujours est-il que faire de la politique nécessite d’être élu et de présenter les choses telles que peuvent le voir les électeurs. En outre, très peu de formation politique arrivent à recueillir une majorité dès le premier tour, voire plus de 30%. Aucune d’entre elle ne détient donc la vérité.

- « La conscience de l'individu n'est-elle que le reflet de la société à laquelle il appartient ? »


Voilà bien une question à la con : allez-définir ce qu’est la conscience, vous ! Si c’est le fait d’avoir conscience de sa propre existence : non. Si c’est celle de comprendre ou d’interpréter les trucs autour de vous : oui.

- « L'artiste donne-t-il quelque chose à comprendre ? »

Il y a beaucoup d’artistes qui travaillent pour l’argent : ils ne donnent rien. Mais, répondons sérieusement à la question. A part peut-être en littérature, il n’y a que les trous du cul qui pensent qu’il y a quelque chose à comprendre dans une œuvre d’art. L’art un peu binaire : c’est beau ou pas. Ce n’est pas à comprendre. Prenez une musique, elle va vous emporter quelque part si elle est réussi (composition, interprétation,…). Seuls les musiciens peuvent la comprendre mais cela n’a aucun intérêt.

- « Respecter tout être vivant, est-ce un devoir moral ? »


Absolument pas. Je ne vais pas me mettre à respecter les araignées et les guêpes, et toutes ces bestioles qui nous polluent, à part l’orge dont on fait la bière. Notons bien que le bœuf et l’orge méritent un profond respect mais il sont surtout respectables quand ils sont morts.

- « Suis-je ce que mon passé a fait de moi ? »


Oui, hein !

16 juin 2015

Obséquieux

Des clients du bistro à côté du bureau ronchonnaient. Après leur départ, les serveurs se demandaient pourquoi. Alors j'ai profité de l'absence des patrons. Ils sont obséquieux. J'ai essayé de leur expliquer. C'est facile : les clients ne sont pas là pour la politesse des serveurs et les formules à la con. 

Mais quand on ne connaît pas un mot. Obséquieux. 

14 juin 2015

Les oies sauvages sont faisandées

J'ai passé tant de soirées à chanter "les oies sauvages". Delpech est en train de mourir d'un cancer. Drucker donne une très belle interview.

Ce vieux con de Roger !

J’ai passé une partie de la soirée d’hier avec le vieux Jacques. On a bu des coups et raconté des conneries. Cela fait probablement plusieurs années que ce n’était pas arrivé. Il a ses problèmes de santé et pas beaucoup de pognon. Quand il est en forme et que la retraite est tombée, il picole le midi et est hors service le soir. Tant que Marcel a été malade, il l’a beaucoup aidé, soutenu, de même que son épouse, Miranda. Du coup, il sortait encore moins pour être en forme. Enfin, il est durablement fâché avec Michel, le patron de l’Amandine. Je le voyais donc peu mais j’ai l’impression que cela va changer.

Quelques mois avant la mort de Marcel, il a pris l’habitude d’aller manger à la cantine municipale avec Miranda, là où déjeunent les employés de la commune et les petits vieux. C’était plus pour forcer Miranda à sortir de chez elle. Depuis l’enterrement, ils ont continué.

Moi, vous me connaissez, j’aime bien mes petits vieux, non pas parce qu’ils sont vieux, je m’en fous, mais parce qu’on a un tas de points communs qui nous poussent à raconter les mêmes conneries, devant les mêmes verres. Il y a de l’amitié, de l’affection, je ne sais pas comment le décrire et on s’en fout. Ce n’est pas l’objet de ce billet contrairement au vieux Roger, celui que je vois le plus souvent, en fait ! Je l’aimais bien aussi. Je parle au passé : il n’est pas mort mais je ne l’aime plus. Déjà, samedi dernier, j’ai eu la flemme de passer à l’Amandine alors que c’était un rituel, pour moi, boire un coup avec Corinne et Roger, et, souvent Victor, José et quelques autres. Je n’ai pas eu le courage d’aller affronter cet imbécile, je ne sais pas pourquoi. Hier, alors, je me suis décidé, comme si je me reprenais en main. C’est bizarre, j’ai mes quatre bistros et je tiens à les faire tous : la Comète, bien sûr, l’Aéro, l’Amandine et le PMU, au moins une fois par semaine.

Fuyant Roger, j’étais en train de fuir l’Amandine et donc son patron, Michel, mais aussi les clients qui ne vont que là-bas, comme Corinne et aussi Victor dont je ne crois pas déjà avoir parlé. Ce type m’intrigue : c’est le seul jeune de la bande. Presque le seul jeune client des bistros de Bicêtre, du moins des quatre miens. Disons même le seul jeune d’origine française. Il faut le dire : le racisme est une partie du fond de ce billet. Car Roger est raciste.

Je le connais depuis une quinzaine d’années, peut-être 18. C’est en fait le type que je connais depuis le plus longtemps dans la bande, à part Patrice et, encore, ce n’est pas sûr. Il finissait son boulot assez tard, vers 21 heures, et venait boire une bière ou deux à la Comète. Il a pris sa retraite après 65 ans, 67, je crois et je ne le voyais plus que le dimanche avant que je ne le perde de vue. Sa femme est morte il y a six ou sept ans. Il s’est retrouvé seul (il a des enfants chez qui il va souvent), désemparé. Des copains l’ont botté le cul pour qu’il retrouve une vie sociale. Alors à midi, il va à l’Amandine puis déjeune à la cantine municipale. Il m’a reconnu et on l’a intégré à notre bande du samedi midi. A l’époque, il y avait Corinne, sa mère et moi. Cette heure que nous passions ensemble était à peu près leur seule vie sociale (en dehors du boulot pour Corinne). La mère à Corinne a été hospitalisée et ils ont fini par prendre l’habitude de déjeuner, Roger et elle, souvent avec Victor. C’est assez rigolo : il y a plus de quarante d’écart entre Roger et Victor, Corinne est au milieu, avec quelques années de plus que moi. Roger a 83 ans, comme la mère de Corinne et la mienne, c’est pour cela que je m’en rappelle.

J’aime bien Victor et je crois que c’est réciproque. Il m’aime bien car je n’arrête pas de raconter des bêtises et d’insulter Roger, affectueusement… Il représente un peu la relève, celui qui s’occupe des petits vieux des bistros.

83 ans et en parfaite santé physique. Outre le fait qu’il soit raciste et con, il radote. Il n’a plus sa tête, il raconte toujours les mêmes histoires, le Roger. Et il est raciste ce qui a tendance à nous amuser vu qu’il n’arrête pas de s’embrouiller, après quelques verres, avec tous ceux qui ne donnent pas l’impression d’être totalement originaire de notre douce patrie… Du coup, on l’engueule et cela fait très rigoler les agressés. A jeun, il n’est pas raciste (ou du moins, il ne le manifeste pas…). Sinon, il aurait été jeté du bistro. Mais, un peu bourré, c’est à chaque fois le même cirque. On va même jusqu’à le chauffer un peu, d’où ma dernière remarque au sujet de Victor. Je raconte des conneries et le vieux part « en live », Victor et le patron rigolent. Corinne soupire…

Il sait qu’il est mauvais quand il est saoul donc limite sa consommation mais boit souvent un verre de trop. Comme hier.

Il m’a raconté une histoire qu’il m’avait déjà raconté dimanche dernier et un quart d’heure avant…

A la cantine, il mangeait à la même table que Jacques depuis des années. Quand Miranda est arrivée, ils mangeaient tous les trois. Puis une autre dame s’est installée là et il n’y avait plus de place pour Roger qui a été obligé de manger à une autre table. C’était l’histoire de dimanche dernier. Cette semaine, il y a eu une suite. La dame a été hospitalisée. Sa place était donc libre et le personnel de la cantine lui a proposé de l’occuper. Quand il m’a raconté cela pour la deuxième fois hier, un peu ivre, il s’est fâché : « j’ai refusé ! Tu te rends compte qu’ils voulaient encore que je change de table. »

C’est histoire n’a évidemment aucun intérêt mais vous pouvez comprendre que l’entendre deux fois au cours du même apéro, ça m’a gavé. Je me suis donc décidé à partir, presque en jurant de ne jamais revenir, d’autant qu’il y avait le beauf de José, con comme une bite, qui racontait des bêtises. J’ai l’impression de partir énervé de ce bistro à chaque fois (relisez mon billet de dimanche dernier, tiens !). J’aime bien ce bistro, son patron, les personnages, mais au bout d’une demi-heure, s’il n’y pas que le patron et moi, voire Patrice, je fuis.

Des clients sont arrivés pour déjeuner. Le patron (enfin, son fils mais on s’en fout) leur a proposé une table qui venait de se libérer. C’est le vieux René qui y avait déjeuné (je l’aime bien mais il a des copains qui lui racontent ce que je dis dans le blog !). Ce vieux con de Roger s’est mis à hurler : « AH NON, HEIN, CA NE VA PAS RECOMMENCER, ON l’AVAIT RESERVEE. »


Je me demande ce que je fais avec ce con là.