Affichage des articles dont le libellé est Amandine. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Amandine. Afficher tous les articles

14 juin 2015

Ce vieux con de Roger !

J’ai passé une partie de la soirée d’hier avec le vieux Jacques. On a bu des coups et raconté des conneries. Cela fait probablement plusieurs années que ce n’était pas arrivé. Il a ses problèmes de santé et pas beaucoup de pognon. Quand il est en forme et que la retraite est tombée, il picole le midi et est hors service le soir. Tant que Marcel a été malade, il l’a beaucoup aidé, soutenu, de même que son épouse, Miranda. Du coup, il sortait encore moins pour être en forme. Enfin, il est durablement fâché avec Michel, le patron de l’Amandine. Je le voyais donc peu mais j’ai l’impression que cela va changer.

Quelques mois avant la mort de Marcel, il a pris l’habitude d’aller manger à la cantine municipale avec Miranda, là où déjeunent les employés de la commune et les petits vieux. C’était plus pour forcer Miranda à sortir de chez elle. Depuis l’enterrement, ils ont continué.

Moi, vous me connaissez, j’aime bien mes petits vieux, non pas parce qu’ils sont vieux, je m’en fous, mais parce qu’on a un tas de points communs qui nous poussent à raconter les mêmes conneries, devant les mêmes verres. Il y a de l’amitié, de l’affection, je ne sais pas comment le décrire et on s’en fout. Ce n’est pas l’objet de ce billet contrairement au vieux Roger, celui que je vois le plus souvent, en fait ! Je l’aimais bien aussi. Je parle au passé : il n’est pas mort mais je ne l’aime plus. Déjà, samedi dernier, j’ai eu la flemme de passer à l’Amandine alors que c’était un rituel, pour moi, boire un coup avec Corinne et Roger, et, souvent Victor, José et quelques autres. Je n’ai pas eu le courage d’aller affronter cet imbécile, je ne sais pas pourquoi. Hier, alors, je me suis décidé, comme si je me reprenais en main. C’est bizarre, j’ai mes quatre bistros et je tiens à les faire tous : la Comète, bien sûr, l’Aéro, l’Amandine et le PMU, au moins une fois par semaine.

Fuyant Roger, j’étais en train de fuir l’Amandine et donc son patron, Michel, mais aussi les clients qui ne vont que là-bas, comme Corinne et aussi Victor dont je ne crois pas déjà avoir parlé. Ce type m’intrigue : c’est le seul jeune de la bande. Presque le seul jeune client des bistros de Bicêtre, du moins des quatre miens. Disons même le seul jeune d’origine française. Il faut le dire : le racisme est une partie du fond de ce billet. Car Roger est raciste.

Je le connais depuis une quinzaine d’années, peut-être 18. C’est en fait le type que je connais depuis le plus longtemps dans la bande, à part Patrice et, encore, ce n’est pas sûr. Il finissait son boulot assez tard, vers 21 heures, et venait boire une bière ou deux à la Comète. Il a pris sa retraite après 65 ans, 67, je crois et je ne le voyais plus que le dimanche avant que je ne le perde de vue. Sa femme est morte il y a six ou sept ans. Il s’est retrouvé seul (il a des enfants chez qui il va souvent), désemparé. Des copains l’ont botté le cul pour qu’il retrouve une vie sociale. Alors à midi, il va à l’Amandine puis déjeune à la cantine municipale. Il m’a reconnu et on l’a intégré à notre bande du samedi midi. A l’époque, il y avait Corinne, sa mère et moi. Cette heure que nous passions ensemble était à peu près leur seule vie sociale (en dehors du boulot pour Corinne). La mère à Corinne a été hospitalisée et ils ont fini par prendre l’habitude de déjeuner, Roger et elle, souvent avec Victor. C’est assez rigolo : il y a plus de quarante d’écart entre Roger et Victor, Corinne est au milieu, avec quelques années de plus que moi. Roger a 83 ans, comme la mère de Corinne et la mienne, c’est pour cela que je m’en rappelle.

J’aime bien Victor et je crois que c’est réciproque. Il m’aime bien car je n’arrête pas de raconter des bêtises et d’insulter Roger, affectueusement… Il représente un peu la relève, celui qui s’occupe des petits vieux des bistros.

83 ans et en parfaite santé physique. Outre le fait qu’il soit raciste et con, il radote. Il n’a plus sa tête, il raconte toujours les mêmes histoires, le Roger. Et il est raciste ce qui a tendance à nous amuser vu qu’il n’arrête pas de s’embrouiller, après quelques verres, avec tous ceux qui ne donnent pas l’impression d’être totalement originaire de notre douce patrie… Du coup, on l’engueule et cela fait très rigoler les agressés. A jeun, il n’est pas raciste (ou du moins, il ne le manifeste pas…). Sinon, il aurait été jeté du bistro. Mais, un peu bourré, c’est à chaque fois le même cirque. On va même jusqu’à le chauffer un peu, d’où ma dernière remarque au sujet de Victor. Je raconte des conneries et le vieux part « en live », Victor et le patron rigolent. Corinne soupire…

Il sait qu’il est mauvais quand il est saoul donc limite sa consommation mais boit souvent un verre de trop. Comme hier.

Il m’a raconté une histoire qu’il m’avait déjà raconté dimanche dernier et un quart d’heure avant…

A la cantine, il mangeait à la même table que Jacques depuis des années. Quand Miranda est arrivée, ils mangeaient tous les trois. Puis une autre dame s’est installée là et il n’y avait plus de place pour Roger qui a été obligé de manger à une autre table. C’était l’histoire de dimanche dernier. Cette semaine, il y a eu une suite. La dame a été hospitalisée. Sa place était donc libre et le personnel de la cantine lui a proposé de l’occuper. Quand il m’a raconté cela pour la deuxième fois hier, un peu ivre, il s’est fâché : « j’ai refusé ! Tu te rends compte qu’ils voulaient encore que je change de table. »

C’est histoire n’a évidemment aucun intérêt mais vous pouvez comprendre que l’entendre deux fois au cours du même apéro, ça m’a gavé. Je me suis donc décidé à partir, presque en jurant de ne jamais revenir, d’autant qu’il y avait le beauf de José, con comme une bite, qui racontait des bêtises. J’ai l’impression de partir énervé de ce bistro à chaque fois (relisez mon billet de dimanche dernier, tiens !). J’aime bien ce bistro, son patron, les personnages, mais au bout d’une demi-heure, s’il n’y pas que le patron et moi, voire Patrice, je fuis.

Des clients sont arrivés pour déjeuner. Le patron (enfin, son fils mais on s’en fout) leur a proposé une table qui venait de se libérer. C’est le vieux René qui y avait déjeuné (je l’aime bien mais il a des copains qui lui racontent ce que je dis dans le blog !). Ce vieux con de Roger s’est mis à hurler : « AH NON, HEIN, CA NE VA PAS RECOMMENCER, ON l’AVAIT RESERVEE. »


Je me demande ce que je fais avec ce con là.

30 mars 2014

La vieille France au comptoir

Dans les bistros, il y a parfois des gens qui vous déplaisent finalement. Ils ont des tronches de types ringards. Je ne sais pas les décrire. Le visage buriné du type qui a trop travaillé en plein air ? Une tête de plouc ? Alors quand vous avez des a priori sur les autres, vous perdez les pédales.

Hier, j’avais rendez-vous avec Corinne à l’Amandine pour l’apéro. La catastrophe… L'Amandine est un très vieux bistro avec très peu d'espace au comptoir. Le comptoir est assez long mais on ne peut pas circuler. Il y a des très gros piliers qui soutiennent l'immeuble. Quand on est nombreux, on étouffe, il faut tout le temps bouger pour laisser passer la serveuse ou le patron.

Le premier que j’ai vu, je l’aime bien. Je le connais depuis une bonne quinzaine d’années. Il trainait dans les bistros du bas de Bicêtre avec des copains à lui. On se croisait, on papotait. Un gars très grand, un instit en retraite. Depuis, sa femme est morte, de même que celle d’un type de sa bande. C’était vers 2005, je suppose. Les Monts d’Aubrac ont fermé et j’ai perdu de vue tout ce monde, croisant l’instit dans les rues. Depuis un an ou deux, il mange tous les samedis midis à l’Amandine, tout seul à une table. Nous échangeons deux mots mais la solitude lui a coupé tout goût pour la conversation. Le voir ainsi me fait de la peine même s’il n’a pas l’air malheureux.

Derrière lui, au comptoir, il y avait cette vieille dame que je vois aussi tous les samedis d’abord à l’Amandine puis à la Comète. Elle boit du café. Comme l’autre, elle n’a aucun sens de la conversation. Elle croit que je suis le frère de Corinne et me demande des nouvelles de ma mère en pensant à celle de Corinne.

A côté, un gros type de mon âge faisant 10 ans de moins, peut-être parce qu’il vit seul et loge à l’hôtel, comme un type qui démarre dans la vie. Je l’aime bien mais quand il est saoul, il devient rapidement casse-couilles. Alors je l’évite.

Il y avait les deux frangins inséparables. Je crois qu’ils vivent ensemble. Ils ont probablement la soixantaine, peut-être moins. Ils boivent de la Heineken avec mes potes, quand ils sont là. Du coup, il m’arrive de les rejoindre dans des discussions. Là ils étaient avec deux types que je ne connaissais pas, avec la sale tronche que j’essayais de décrire en préambule.

Juste à côté, avec Corinne, il y avait ce petit vieux, un copain du vieux Jacques que je connais depuis près de 20 ans. Il était client de la Comète mais n’y vient plus. Je ne l’aimais pas trop quand il bossait encore (il a bossé jusqu’à très tard, un travail confidentiel sur lequel il ne donnait aucune précision, comme s’il était agent secret). Maintenant, je le tolère mais il raconte toujours la même chose, avec des jeux de mot très pénible, presque un par phrase.

J’ai bu le coup avec eux. Je n’étais pas à l’aise et j’ai vite compris que Corinne non plus. On avait l’impression d’être les seules personnes normales dans le bar.

Je suis parti. J’ai retrouvé l’Aéro.


05 août 2013

Apéro dominical au Kremlin-Bicêtre

Je me suis pointé à la Comète, hier, vers 12 heures. Marcel m’attendait, tournant dans tous les sens. Il nous a fait du Marcel. Je lui ai dit que je ne prenais qu’un café et que j’allais prendre l’apéro à l’Amandine. Il restait à la porte, jouant avec son téléphone, comme s’il attendait un coup de fil qui ne venait pas. Au bout de cinq minutes, il finit par entrer et me demande de lui offrir un verre. Je refuse pour voir sa réaction et je l’entraine vers l’Amandine.

En chemin, il croise un lascar et lui dit bonjour. Je vais à l’Amandine, commande un Ricard et l’attend. Il n’arrive pas. Au bout de dix minutes, je l’appelle et lui dis que je l’attends. Il me dit qu’il a rencontré un type. Je lui dis que je redescends à la Comète. De fait, il n’y avait pas un chat à l’Amandine. En passant devant l’Aéro, il y était avec Gilles, un copain du vieux Jacques. Ils sont tous les deux inquiets pour sa santé. Cela fait quinze jours qu’il est à l’hôpital et ne s’alimente plus.

C’était donc ça qui torturait Marcel : il avait rendez-vous avec Gilles mais ne voulait pas me le dire. Du Marcel tout craché. J’entre et force Marcel à m’offrir un verre. On papote. Ils se sont échangés les nouvelles du vieux. Il sort de l’hôpital mardi et Marcel l’a inscrit à un truc pour qu’il se fasse livrer les repas. Je les laisse et rejoints mon QG.

Place de la Comète, pour le marché, il n'y avait qu'un commerçant alors qu'ils semblaient tous présents sur l’avenue. Les clients du bistro, en terrasse, paraissaient différents par rapport aux autres dimanches, l'effet cumulé du Ramadan et des vacances. L'Amandine et l'Aéro, par contre étaient presque déserts. La nouvelle place a au moins un aspect positif : elle attire du monde l'été.

A côté de La Comète, il y a une maison de retraite, un peu classe. Les gens allant visiter leurs vieux les sortent sur la place ce qui est impossible les jours avec un gros marché. Je ne sais pas si c'est une source de clientèle pour le bistro. Je vais recommander aux patrons de faire de la purée et du hachis Parmentier.

J'étais là, oscillant entre le comptoir et la terrasse. Il faisait trop chaud pour rester au comptoir. Il était prévu que je déjeune tard vu que j'avais plus ou moins rendez vous avec Fiso. Elle a fini par se pointer alors que j'avais terminé mon entrecôte traditionnelle. Entre temps, Ramdane est arrivé. Maintenant qu'il a un compte Twitter, je pourrais peut-être l'appeler par son pseudo. Pourtant, il tient à son anonymat.

Étrange, ce garçon. Vira a diffusé sa photo dans Twitter, jeudi ou vendredi, et il était furieux. Comme si quelqu'un de sa connaissance pouvait le reconnaître. Et quand bien même ! Du moment qu'il ne vomit pas et ne montre pas ses fesses. Du coup, dimanche, Vira m'a transmis la photo par mail, je l'ai flouté puis l'ai diffusé avec mon compte. Ramdane était furieux. Il ne voulait même pas qu'on diffuse des photos de lui avec le visage flouté et sans qu'on mentionne son identité.

On n'y pense jamais mais les réseaux sociaux sont très importants pour l'apéro, pendant ces dimanches d'août. J'étais à peu près sur de ne voir personne de la bande. De fait, je n'ai même pas vu les andouilles habituelles de l'Amandine. Je ne sais pas où était le vieux Roger (un vrai con bien facho) et les deux frangins (bien sympathiques mais on n'a jamais rien à se dire...). Patrice aurait pu être là mais en l'absence du vieux Jacques, je suppose qu'il avait mieux à faire.

En descendant de l’Amandine vers l’Aéro, je me disais qu’il fallait vraiment que je prenne l’habitude de prendre tout le mois d’août, comme vacances, les années où Tonnégrande part en vacances en Guyane.

Je suis donc resté plus d’une heure à discuter dans Facebook ou dans Twitter. Si j’avais su à quelle heure venait Fiso, j’aurais probablement commencé la rédaction d’un billet de blog pour parler de ces dimanches d’août de Ramadan, avec le marché plein de monde, la place de la Comète avec des passants normaux, l’Aéro et l’Amandine presque vide, quelques clients en salle, à la Comète.

Dans Twitter, je disais que j’avais rendez-vous avec une rousse avec des gros nichons. Or Fiso n’est pas vraiment rousse. Enfin, je ne sais pas. Je diffusais des photos de moi, aussi. Je n’ai pas tourné mégalo mais l’appareil photo au dos de l’iPhone est HS. Il ne me reste plus que l’appareil frontal. Il n'y a bien qu'en photo qu'on se rend compte qu'il y a des oliviers en terrasse de la Comète.

Avec Fiso et Ramdane, nous avons papoté une ou deux heures, de travail, essentiellement. C’est très rare de pouvoir parler de travail au bistro, les gens n’arrivant généralement pas à comprendre ce en quoi consiste le travail des autres.

Le soir, je suis ressorti vers 19h30. Il faisait trop chaud pour rester chez moi. La Comète était fermée. Un petit groupe de clients était assis en terrasse de l’Aéro. Je ne suis pas allé avec eux. Trop de cons. Cette imbécile de Manu qui n’arrête pas de parler. Je me suis engueulé avec René puis il est parti.

Du comptoir, je voyais les gens qui sortaient du métro avec plein de bagages, pour rejoindre le bus. Leurs vacances sont terminées. J’attends les miennes.

19 février 2013

Nostalgie des bistros ?

Suite à mon billet d'hier, Pierre notait ma nostalgie. Il n'y en avait pas, dans ce billet. Je voulais d'écrire mes sentiments en découvrant des bistros qui allaient devenir mes fiefs, ce sur je ne pouvais pas savoir et je me suis retrouvé à parler de tout autre chose. La routine du bistro entraîne la lassitude. Il arrive un moment où l’on n’a plus rien à se dire, où l’on reste à rechercher des bonnes soirées qu’on a connues. C’est à ce moment qu’on est mélancoliques. Il faut savoir tourner la page. Ainsi, dans mon billet d’hier, je voulais décrire les changements…

Je ne peux pas être nostalgique : il y a toujours eu un moment où j’ai fini par détester chacun des clients que j’ai connus longtemps même si l’affection reprend toujours le dessus. La chanson dit : « les histoires d’amour finissent mal, en général ». C’est pareil pour les histoires de bistro. J’étais tout le temps fourré avec le vieux Jacques mais nous nous engueulions très souvent. Je ne pouvais plus le supporter. Je le retrouve maintenant environ trois ou quatre fois par mois, avec beaucoup de plaisir. C’est très bien ainsi.

La nostalgie est le regret d’un temps passé. Comment pourrais-je être nostalgique d’une routine, d’un quotidien, avec des gens dont je me suis toujours demandé ce que je foutais avec et que j’ai fini par fuir plus ou moins… ? Comment pourrais-je être nostalgique de quelque chose que je continue à pratiquer ?

Hier soir, j'arrive à la Comète. Le vieux Marcel m'attendait devant. "Ah ! Je t'attends !" me dit-il. "Ben pourquoi tu n'es pas rentré boire un verre plutôt que de rester au froid ?" lui demande-je. "Ben je ne savais pas si tu allais venir." Quand on connait Marcel, la scène prend toute sa démission. Il préférait attendre devant le bistro au froid plutôt que de rentrer, d'avoir à discuter avec le serveur parce qu'il ne savait pas si j'allais venir. Il n'y a que lui à pouvoir raisonner ainsi… Je viens tous les soirs. Si j’avais prévu de ne pas venir, le serveur aurait été courant et le lui aurait dit. Et comme il n’aurait pas voulu être venu pour rien, de toute manière, il aurait pris un verre.

Il voulait me voir parce qu’on lui avait piqué son téléphone et qu’il en avait un neuf. Il fallait que je lui rentre les numéros dedans. Depuis que je le connais, c’est au moins la quatrième fois qu’il me fait le coup… J’ai donc rentré quatre numéros, les quatre mêmes à chaque fois : celui de deux potes à lui, celui du vieux Jacques et le mien. Pour les autres, notamment celui de sa femme, il préfère taper le numéro.

Comme j’avais fait mon billet de blog dans la journée, je lui ai demandé quelques précisions. En fait, je l’ai connu bien avant le vieux Jacques. Je me demandais qui avait présenté « qui à qui ». Il a rencontré le vieux Jacques à la Comète car ils y mangeaient avec leurs grosses respectives tous les dimanches. On s’est rappelé quelques souvenirs. Il n’y avait pas de nostalgie. La vie continue pour Marcel. Depuis, il a pris sa retraite. Il traine à Bicêtre dans la journée et ne va plus au bistro le soir sauf quand il a besoin de me voir. Généralement, il m’appelle avant. Là, il n’avait plus mon numéro.

Christian et Ramdane sont arrivés. Je suis parti à l’Amandine parce que je voulais voir Michel. Il y avait plein de monde au comptoir. Je ne suis donc pas resté et j’étais de retour à la Comète vers 20h15. Mes compères étaient toujours là. Marcel s’est barré. Le vieux Joël est arrivé et on a continué à raconter des bêtises jusqu’à la fermeture, comme souvent, depuis 17 ans, dans des conditions idéales : deux ou trois potes calmes…

Si je voulais voir Michel, c’était aussi dans la suite de mon billet. Il m’avait raconté une anecdote, ce week-end. Je l’ai racontée hier : « Quand la bande fréquentait l'Aéro, pas ma bande, celle de Jacky que je rejoignais le samedi soir, ils envoyaient le vieux Joël en éclaireur, pour éviter que l'Amandine n'ait plus de client et ferme tôt. » Je voulais des précisions. C’est tous les soirs qu’ils faisaient leur manège, ce qui faisait beaucoup rire Michel. Mais il avait oublié que je ne venais que le samedi.

De la nostalgie ?

Il y a une chose dont je n’ai pas parlé hier, c’est le quotidien. J’arrivais à la Comète vers 19h30. Avec les copains, on se mettait dans un coin du comptoir, près de l’entrée de la cuisine, où l’on ne peut plus se mettre à cause de la caisse enregistreuse. Souvent les copains étaient déjà là avant, depuis 17h30 ou 18h et commençaient à chauffer un peu.

On discutait alors à trois ou quatre (par exemple Tonnégrande, le vieux Jacques, Jean et moi), parfois moins, parfois plus (Djibril, Ramdane, le vieux Joël, …). Plus tard, on était rejoints par « la bande des Monts d’Aubrac » qui se mettait un peu plus loin. D’autres bandes étaient au comptoir. Celle des Indiens de Molière, notamment.

A 20h30, le patron fermait les portes à clés pour empêcher certains abrutis de rentrer. La Comète n’était pas comme aujourd’hui. A la place des terrasses couvertes, il y avait une véranda. Le loufiat (Josiane ou David puis Jim) commençait le ménage « activement ». Le patron devait alors s’occuper aussi des autres clients mais continuait à papoter avec nous. Il y avait une sorte de jonction des bandes, dans laquelle étaient entrainés les clients de passage. Le parking devant la Comète ayant été supprimé, il n’y a plus de client de passage tardif.

Le serveur partait quand il avait fini le ménage, souvent un peu avant 21h. Il n’y avait plus de client en salle. Tout le monde était au comptoir même si, souvent, nous n’étions que trois ou quatre. Le patron fermait les portes et nous restions discuter, s’il avait le temps. S’il y avait beaucoup de clients, on restait au maximum jusqu’à 22 heures, sauf à une époque où il était plus près de 22h30.

Si je suis nostalgique de quelque chose, c’est uniquement de ces moments avec le patron et d’autres copains, changeant selon les années. 1h30 ou 2h de discussion. Je n’ai pas souvent retrouvé cette ambiance.

Les ingrédients sont difficiles à trouver et j’en ferai un billet.

18 février 2013

16 ans de comptoir à Bicêtre

Hier midi, avec Michel, le patron de l’Amandine, nous nous sommes rappelé une époque, vers 2007, où nous faisions la fiesta chez lui. Ce matin, je me suis rappelé d’une anecdote : la première fois où j’ai déjeuné à la Comète. C’était avant que je devienne client régulier de ce bistro, fin 1996. C’est en répondant aux commentaires de Solveig et de FalconHill à mon billet d’hier que ça m’est revenu. L’anecdote n’a aucun intérêt. J’étais avec Yannick, l’actuel Président de l’association où je militais, à l’époque. Je ne sais plus ce qu’il foutait là. Je me suis alors mis à penser aux « premières fois » où je suis entré dans les bistros. Et j’ai dégénéré ! En cherchant des détails dans les archives de mon blog, j’ai trouvé des précisions indispensables…

Je l’ai déjà raconté ici. Quand je suis arrivé à la Comète, j’ai rapidement été intégré à un groupe de clients. Antoine était « au centre ». Avec lui, il y avait souvent Bruno, un mécanicien du coin. Un jour sur deux, il y avait Casquette et Janine. J’ai oublié quels étaient les autres membres de la bande et quelles étaient les autres bandes. Au bout de quelques jours, ils m’ont intégré à l’équipe. Il y avait parfois Marc et Patrice. Marc était surnommée « Tantine », je pourrais lui dédier un billet, à l’occasion.

J’ai vite pris l’habitude de rejoindre Janine et Casquette, le samedi, dans un petit bistro tenu par un couple d’asiatiques. Je crois qu’elle s’appelait Y. On appelait ce bistro « chez Y » (le vrai nom était « Les tilleuls »). C’était un bistro qui paraissait assez petit (il y avait néanmoins une grande salle dans le fond), très familial. Ils habitaient juste au dessus. Du coup, les enfants étaient souvent présents. Il y avait quelques habitués, des femmes qui travaillaient dans le secteur. C’était devenu mon bistro de secours quand la Comète était fermée, cinq semaines par an. Il y avait un vieux flipper, un truc hyper basique. On y passait des heures, avec Casquette et le patron. La patronne n’avait aucune conversation mais, de toute manière, on ne comprenait rien à ce qu’elle disait à cause de son accent Chinois.

A cette époque, les Monts d’Aubrac étaient tenus par le vieux Jean. Je n’y suis allé qu’une fois où deux. J’avais eu l’impression que le patron ne pouvait pas me blairer. Ce n’est que quand il a vendu à Mouloud et Brahim que j’ai commencé à déserter « chez Y ». Finalement, j’ai complètement arrêté d’aller chez Y, je crois que Casquette s’était fâché avec les patrons. J’y suis retourné quelques années après avec le vieux Jacques et Tonnégrande, je ne sais plus pourquoi. Les patrons nous faisaient la gueule. Ils ont fermé quelques temps plus tard et un restaurant Italien hautement s’est installé à la place.

A la Comète, en 1997, j’étais devenu très pote avec Laurent, un assureur (j’ai été son témoin de mariage). Comme moi, il était célibataire (ça n’a pas duré…) et passait tous les soirs après le boulot. Le samedi midi (il bossait le matin), il mangeait parfois avec nous, chez Y. Janine, Casquette, Bruno, Laurent, Tantine et moi. Deux semaines sur trois. En entrée, on prenait toujours des nems que la patronne faisait elle-même pendant qu’on prenait l’apéro. En suite, il y avait généralement un plat traditionnel français, genre bœuf bourguignon.

Les années suivantes, quand on a migré chez Brahim et Mouloud, Laurent avait déserté le quartier et on se retrouvait avec d’autres lascars. Parfois, on était une quinzaine à table. Le vendredi était le jour du couscous donc on en mangeait le samedi s’il en restait. Des fois, des clients venaient faire à manger. Je me rappelle d’un petit père qui venait faire du couscous exprès pour nous. Il était passionné par la cuisine et ne faisait que du couscous… Je me rappelle aussi d’un autre, un petit gros qui était vendeur au magasin But, en face. Il est mort aussi, tiens… Je me rappelle d’un soir où Mouloud était tellement saoul, qu’il avait fait le ménage du bistro pendant que je servais les clients. Djibril et Patrice étaient souvent avec nous.

Le dimanche midi, on déjeunait à la Comète. Quand elle était fermée, Janine et Casquette m’invitaient chez eux vu que nos autres points de chute, chez Y puis les Monts d’Aubrac ne faisaient pas à manger le dimanche. J’ai fini par me fâcher avec Jeanine puis avec Casquette. Pendant des années, je bouffais le dimanche midi à la Comète puis je me suis lassé, vers 2006. D’ailleurs, en 2007, ils ont arrêté le service : je n’étais pas le seul à être lassé.

Par contre, dès le début des années 2000, j’étais devenu très lié avec la grosse Régine et son époux, Michel. On partait en vacances ensemble. C’est avec eux et Alvez que j’avais rendez-vous le samedi pour l’apéro. Progressivement, j’ai commencé à déserter aussi la Comète, le dimanche, parce qu’il n’y avait personne de ma bande.

Ce rythme a duré jusqu’à la fermeture des Monts d’Aubrac, en octobre 2006. Je relis aujourd’hui le billet que j’avais fait à l’époque. Il commence par « Ca faisait neuf ans en avril que j'étais client des Monts d'Aubrac. » Je suppose que j’avais demandé aux patrons quand ils avaient ouvert : avril 1997. C’est bien d’avoir un blog, ça permet de dater les événements.

Les années passent et je ne sais plus quand j’ai pris cette habitude d’aller à l’Aéro tous les soirs, en coup de vent. Probablement en 2002 ou 2003. Je le racontais hier. Antoine était souvent ivre mort et insupportable. J’attendais à l’Aéro qu’Antoine parte de la Comète. C’est ainsi que j’ai connu le vieux Jacques. Il était toujours à l’Aéro vers 19h, avec une autre andouille, Gérard, un retraité de la SNCF. Il était tout rouge, on se foutait de sa gueule. On l’appelait « Gérard SNCF », il a disparu le jour où sa femme s’est barrée, vers 2006. Je les saluais tous les soirs. Un jour, je suis allé à la Comète ; ils sont arrivés après moi et je me foutais de leurs gueules, sur le thème : « Alors, vous me suivez, les vieux ! » Je leur ai payé une tournée et nous sommes devenus inséparables, avec Jacques, jusqu’à 2007.

C’est également à l’Aéro que j’ai rencontré Tonnégrande, à la même époque. Il discutait parfois avec Ramdane, avec qui j’étais pote (on est parti en vacances ensemble, aussi). Tonnégrande venait d’arriver de Guyane et ne connaissait personne dans son quartier. Il descendait au métro de Bicêtre pour prendre un bus pour aller à Villejuif et avait pris l’habitude de boire un coup à l’Aéro… Il a fini par m’accompagner à la Comète. Il ne régnait pas toujours une très bonne ambiance, à l’Aéro. Trop de discussions politiques, trop d’abruti.

Je ne sais plus comment j’ai connu Marcel le Fiacre. Je ne sais plus si Jacques et lui se connaissaient. Toujours est-il que c’est en ma présence qu’ils ont appris qu’ils avaient la même date d’anniversaire. Du coup, ils avaient fêté leur anniversaire à la Comète, un dimanche, et ils m’avaient invité. C’était en février 2003, je les connaissais depuis quelques mois. Il me semble que Marcel était déjà client.

Je ne sais plus où j’ai rencontré Corinne et sa mère. Et son père, d’ailleurs. Il est mort il y a quelques années. A l’été 2007, il me semble mais je me trompe peut-être. C’est étrange, c’est aussi un truc que j’avais oublié. Ils fréquentaient beaucoup les Monts d’Aubrac et mangeaient tous les dimanches à la Comète. C’est à cette époque que je suis devenu assez proches d’elles, puisqu’on a pris l’apéro tous les trois pendant des années le samedi midi à l’Aéro, ce qu’on a arrêté de faire il y a un an et demi (je le racontais récemment : depuis les travaux, Corinne ne peut plus garer sa voiture à proximité et sa mère ne peut pas marcher). Mais progressivement, ils avaient intégré notre bande, se mettant à côté de nous aux Monts d’Aubrac. Néanmoins, c’est depuis que le père a disparu (il a passé quelques mois à l’hôpital avant sa mort) que l’on se paye des tournées et ça a commencé à l’Aéro.

Vers 2000, un bistro juste en face des Monts d’Aubrac a changé de patron. Yves était très sympathique et fêtard. Du coup, les gens de la bande ont commencé à y aller plus souvent qu’aux Monts d’Aubrac. Ils ont migré, en suite, vers un autre bistro, plus bas.

Ainsi, quand les Monts d’Aubrac ont fermé, j’ai totalement rompu avec toute ma « bande originale », à part Patrice. J’en avais une nouvelle, avec comme piliers Tonnégrande, le vieux Jacques et Djibril, un peu Marcel, Patrice et Jim. Et Corinne et sa mère, à l’apéro du samedi midi puis tous les soirs à l’Amandine puis plus rarement à cause de la santé de la mère.

Il y a des personnes dont je n’ai pas parlé dans ce billet. Pascal et Jeff. C’était deux copains anciens marins. Comme Tonnégrande, ils sortaient du métro à Bicêtre pour prendre un bus. C’était vers 2000. Ils avaient pris l’habitude de boire un coup à la Comète. On a fini par sympathiser et fait pas mal de fiestas, ensemble. Jeff a trouvé du travail dans sa région natale. Pascal a déménagé et a arrêté de venir à la Comète quand Jean est parti, fin 2007. En fait, on n’est pas restés très longtemps potes, deux ans peut-être. Jean nous avait à la bonne, si bien qu’il n’était pas tard que nous restions rigoler jusqu’à assez tard, tous les quatre, souvent rejoints par Bruno, quand il nous rejoignait après la fermeture des Monts d’Aubrac où il allait s’arsouiller avec ses collègues.

Vers 2004 ou 2005, je papotais avec des copains au comptoir. Une armoire à glace est entrée et s’est mise à côté de nous. J’ai dit aux vieux Jacques : « Pourquoi tu dis que c’est un gros con ? » Le gars a éclaté de rire. C’était Djibril. Il est toujours là. Un autre a disparu, par contre. Hassan. Il bossait dans les boulangeries Paul et finissait son boulot très tard. Il se pointait à la Comète tous les soirs. Fatalement, le patron discutait tous les soirs avec lui et a fini par nous intégrer au groupe. Il a été muté mais sa famille est restée là. Jusqu’au départ de Jean, il est régulièrement venu nous voir.

Le dernier type important dont je n’ai pas parlé ici est le gros Loïc. Il était boulanger et faisait tous les bistros de la commune, surtout l’Aéro et la Comète, un peu l’Amandine. Il est tombé malade et a perdu le rythme. Il n’est plus dans le quartier. Je le voyais un peu partout et j’ai passé bon nombre de début de soirées avec lui (son boulot l’obligeait à se coucher de bonne heure). Il servait un peu de liant entre toutes les bandes.

2008, la rupture

Fin 2007, Jean, à la Comète, a pris sa retraite. Je le disais hier, la plupart des clients ont arrêté de venir, comme si le bistro était hanté par Jean. Seule « ma bande » est restée.

Les premiers repreneurs ont commencé à fermer tôt pour avoir une vie de famille. Les nouveaux, Patricia et Patrick, fermaient systématiquement à 21 heures. Du coup, si j’étais seul, plutôt que de rentrer sagement à la maison, j’ai commencé à aller à l’Amandine vers 20h30 histoire d’avoir des patrons conciliants, surtout le jeudi et le vendredi (les autres jours, on se repose…).

Je connaissais le vieux Joël puisqu’il faisait partie de ma bande du samedi soir, à l’Aéro puis à l’Amandine. En semaine, il venait sur le tard à l’Amandine et faisaient les mots fléchés du France Soir. J’ai commencé à les faire avec lui. J’étais même devenu assez bon. Lui aussi, d’ailleurs.

Toujours est-il que c’est depuis cette époque que je suis très lié au vieux Joël.

En juin 2008, les patrons de la Comète ont encore changé et comme je le disais hier, ils ont « tué le comptoir ». J’ai conservé cette habitude d’aller à l’Amandine tous les soirs mais un peu plus tôt. J’ai pris l’habitude de boire un coup avec Corinne et sa mère à 20 heures tous les jours. Le gros Loïc était avec nous, avant ses ennuis de santé. Mamie a eu des problèmes de santé, également. Elles ne viennent donc plus tous les jours. La semaine dernière, je ne les ai vues que le samedi midi.

A l’été 2008, nous étions assez fiers de notre nouvelle Comète qui donnait un coup de jeune au quartier. Si bien qu’en sortant de l’Amandine, en rentrant à la maison, je n’avais absolument aucune raison de ne pas m’arrêter dans cette belle terrasse. Finalement, les règles ont changé, j’ai vite réintégré le comptoir.

Le vieux Joël a pris l’habitude de me rejoindre.

Outre ce que je disais hier, les nouveaux patrons ont fait une montée en gamme de tous les produits. Cela s’est traduit par une hausse des tarifs qui a déplu à beaucoup. Par ailleurs, ils ont arrêté de servir des petits verres. Le verre de vin est passé de 7cl à 14, saoulant trop vite mes petits vieux… Enfin, ils ont arrêté de servir du café après 19 heures, ce qui permet d’éviter que les gens restent en terrasse pendant des heures, libérant ainsi de la place pour ceux qui voulaient dîner. Je crois que la restauration n’a jamais réellement fonctionné, le soir, à part quelques soirées exceptionnelles.

Ainsi, depuis cette époque, on se retrouve souvent seuls, au bar, Tonnégrande et moi.

Et le vieux Jacques a arrêté de venir souvent à la Comète. Il a préféré l’Amandine et a commencé à faire les mots fléchés du France Soir. Du coup, on ne pouvait plus les faire, avec le vieux Joël. Du coup, ce dernier a commencé à l’acheter tous les jours et à venir à la Comète. Il a complètement déserté l’Amandine. Depuis, France Soir a cessé de paraître. Le vieux Joël continue à venir tous les soirs à l’Amandine vers 20 ou 21 heures.

Un autre changement a eu lieu à la Comète : la carte aussi est montée en gamme. Avec Jean, on avait un menu « entrée plat dessert » à 10€50. Maintenant, pour un plat et un dessert, il faut compter environ 18 euros. Le vieux Jacques s’est donc mis à chercher un autre restaurant pas cher pour le dimanche midi. Il a échoué au Petit Relais où je vais parfois, notamment le dimanche soir quand l’Aéro est fermé. J’y déjeune parfois quand la Comète est fermée. Le rapport qualité prix est imbattable mais je crois que le patron veut arrêter (faire des plats pas chers impose beaucoup de contraintes mais n’est pas rentable).

Il est presque intégré à la bande, maintenant, Raffi ! Vendredi, il est passé à la Comète et nous sommes allés, vers 22 heures, à l’Aéro qui était exceptionnellement ouvert.

Et ensuite ?

Je ne suis pas Madame Soleil. Il parait qu’un Hippopotamus et une nouvelle brasserie vont ouvrir dans le centre commercial. Michel pense qu’il y aura un impact sur la vie des bistros du quartier, notamment la Comète, qui pourrait perdre des clients. Je ne crois pas… Un autre truc aura un impact. Il semble qu’un nouveau restaurant, gigantesque, va se monter dans un des bâtiments du Crédit Lyonnais (le siège est à 300 mètres de la Comète, à Villejuif, avec 3000 salariés).

Nous allons passer notre première belle saison avec la place entièrement refaite. Si l’Aéro ne fait pas le con, ils ont matière à faire quelque chose de chouette, la terrasse étant plein sud. J’imagine qu’il va faire restauration et sera obligé de prendre du personnel, ce qui lui permettra d’améliorer les horaires d’ouverture. Actuellement, il n’est pas assez régulier pour qu’on puisse s’y donner rendez-vous.

J’ai l’impression que la Comète commence à bien fonctionner le samedi. Par contre, le dimanche, c’est de plus en plus mort, d’autant que le marché ne devrait pas revenir… J’ignore s’ils vont continuer à ouvrir.

Je pense que Michel va prendre sa retraite prochainement. L’Amandine va changer de patron. Mamie va continuer à vieillir et je suppose qu’elles vont cesser de venir. Alors je vais arrêter d’aller à l’Amandine, sauf si le vieux Jacques et Patrice ne m’y poussent. Le vieux Jacques y a rendez-vous avec le vieux Roger et un autre type tous les midis pour aller manger à la cantine des vieux. Je peux même prédire qu’ils vont commencer à aller au Jean-Bart qui vient de changer de patron. C’est probablement plus pratique pour Roger qui vient en bus…

Je suis passé en coup de vent, dimanche. Le décor n’a pas changé. Je ne connais pas les clients.

J’imagine aussi que l’Aéro devrait fermer et qu’il sera repris par une chaîne genre Starbucks, le genre de truc dont j’ai horreur, ou par un Kebab, ce qui est presque pire.

Je continuerai à sillonner le quartier, à la recherche de la bande…

Michel m'a rappelé une anecdote, hier.

Quand la bande fréquentait l'Aéro, pas ma bande, celle de Jacky que je rejoignais le samedi soir, ils envoyaient le vieux Joël en éclaireur, pour éviter que l'Amandine n'ait plus de client et ferme tôt.

Depuis quelques années, je fais la fermeture presque tous les soirs. Beaucoup plus tôt qu'à l'époque...

J'aurais pu parler d'un tas de copains. Tiens ! Lolox ! On a passé un tas de soirées ensemble mais les patrons n'ont pas aimé quand il a vomi dans le bar. Viré. Et Jackie "la grosse à Jacques", ivre morte à chacun de ses passages. Eglantine qui devait des sous à tout le monde. Abdel Le Roi du Maroc qui braillait partout mais qui est mort. Son copain Luigi qui parle avec les mains mais on ne comprend quand même jamais rien tellement il picole. Frank dit "le beauf", Nanard le copain à Bruno, Molière et sa bande, Manu du Medef, Anne Fleur, la femme d'Abdel de l'Aéro, Robert le Facteur, les artisans du coin, ...

Et tout le personnel de la Comète et de l'Amandine.

17 février 2013

Où sont passés mes bistros ?

Etrange soirée, hier. Je me réveille trop tard de la sieste, de mauvais poil. Je vais chez Leclerc, fais mes courses. J’arrive à la Comète vers 19 heures. Il y avait le boulanger, l’ancien patron du gros Loïc, avec ses deux gamins qui faisaient les cons. Je pose mes courses sur le vieux fauteuil en cuir. Un des gamins me dit qu’il voulait s’asseoir (personne ne s’assoit jamais là). Je refuse (ce fauteuil ne sert qu’à poser mes courses et celle de Tonnégrande). Le boulanger engueule son gamin et nous papotons cinq minutes jusqu’à ce qu’il parte.

Il n’y avait personne de la bande. Je « sms » Ramdane qui me dit qu’il sera là vers 20h30.

L’Aéro et l’Amandine étaient fermées. Je décide d’aller faire un tour au PMU. Je pensais toujours à Jim (voir mon billet d’hier), un peu nostalgique, de cette époque où on faisait la fête à l’Aéro, le samedi soir, quand c’était Abdel le patron.

Le gros Loïc aurait été là, on aurait commencé à déconner. J’aurais appelé Jim, il se serait pointé. Jacky le boucher serait arrivé plus tard, de même que le vieux Joël et peut-être le vieux Jacques.

Au PMU, il y avait un des anciens clients d’Abdel. On était en froid mais on s’est réconciliés vaguement. C’était trop idiot de rester chacun à un bout du comptoir… Mais je continue à le considérer comme un gros con.

J’avais une heure à tuer.

Depuis que je suis à Bicêtre, j’ai toujours eu une bande de potes qui a évolué au cours des années. Seul Patrice est là depuis le départ mais il bosse de nuit. Je me suis fâché avec Antoine, Casquette… Pascal, Bruno, Jeff, le Gros Loïc, Laurent, Jim … sont partis. Jacky, Jacques ont changé de bistro. Jacques (le même), Marcel,… vieillissent et ne sortent souvent plus le soir… Djibril a changé de job et ne peut plus sortir aux mêmes heures que moi. Tous les bistros ont changé de patron, sauf un qui a fermé.

Ce qu’il y a d’étrange, c’est que depuis une petite dizaine d’années, à l’époque à laquelle j’ai connu Odette, Corinne, sa mère, le vieux Joël, Ramdane, Djibril, Tonnégrande, le vieux Jacques, … la bande ne s’est pas renouvelée. Il n’y a plus de nouveaux clients dans les bistros sauf Fred et Alain (et l’amant d’Odette mais c’est un crétin) mais ils ne sortent pas le soir.

J’ai essayé d’analyser le phénomène en mettant tout sur le dos de la crise économique mais c’est une succession de petits événements depuis dix ans qui ont fait que les gens ont progressivement déserté mes bistros préférés, le soir.

Bistro par bistro…

Un petit rappel : je fréquentais la Comète tous les jours sauf le samedi puisqu’elle était fermée. Le samedi, j’allais à l’Aéro et aux Monts d’Aubrac puis à l’Aéro et à l’Amandine. J’ai commencé en 2008 à aller à l’Amandine tous les soirs suite à des événements que je vais décrire plus loin.

Les Monts d’Aubrac

J’y allais essentiellement le week-end, plus qu’à la Comète, y ayant de bons potes. Vers le début des années 2000, ils ont su qu’ils allaient être expropriés. Le bistro est parti un peu en couilles donc beaucoup de clients ont commencé à aller ailleurs. C’est alors que j’ai commencé à y aller de moins en moins souvent, préférant l’Aéro, notamment le samedi soir.

Le bistro a finalement fermé vers 2006. Les copains ont changé de crèmerie… Ne sachant plus où les rejoindre, j’ai déserté de quartier du jour au lendemain.

L’Aéro

Il y a une dizaine d’années, le patron s’est fâché avec son employé (son frère…) et a commencé à bosser tout seul. Faisant trop d’heures, il a commencé à fermer de plus en plus tôt le soir.

Je fréquentais un peu ce bistro mais sans y avoir vraiment de pote et j’ai commencé à y aller tous les jours en coup de vent (en attendant qu’un pote parte de la Comète : c’était un gars qui bossait à deux heures du matin, à 19 heures il était ivre mort tous les soirs).

Finalement, j’ai commencé à y aller tous les samedis. On faisait la fiesta avec Jacky le boucher, le vieux Joël, le gros Loïc et quelques autres, comme Ramdane. C’est là que j’ai commencé à voir le vieux Jacques et Tonnégrande. Ils ont finalement pris les mêmes habitudes que moi et ont commencé à venir à la Comète à mes horaires.

Abdel a fini par vendre sa boutique à Karim et à Idir mais ils n’ont jamais réussi à créer une ambiance ou, du moins, l’ambiance que j’aime sauf à midi, le samedi. Un petit bar de quartier avec quelques petits vieux sympathiques. C’est ainsi que j’ai réellement connu Corinne et sa mère, nous avions l’habitude de boire un verre ensemble tous les samedis.

Idir est parti et Karim a commencé à bosser tout seul. Les horaires sont devenus « n’importe quoi ».

La mère de Corinne a commencé à ne plus pouvoir vraiment marcher. Avec les travaux, Corinne ne pouvait plus garer sa voiture à côté. Du coup, l’apéro du samedi a migré à l’Amandine.

La Comète

Elle était fermée le samedi… C’est évidemment là que j’ai connu le plus de monde mais il y avait de moins en moins de monde le dimanche pour différentes raisons. Le soir, par contre, ça marchait bien.

J’ai commencé à y aller de moins en moins souvent le dimanche puisqu’il y avait moins de monde…

Jean est parti à la retraite fin 2007 et une partie des clients a eu une réaction particulière : ils ont arrêté de venir parce qu’ils ne supportaient pas la Comète sans Jean. Certains considéraient même les remplaçants comme des usurpateurs. Rien de rationnel. Moi, j’ai continué à y aller par amitié avec Jim mais aussi, progressivement, avec les nouveaux patrons. J’étais un peu leur confident étant passé « meilleur client » depuis le départ des autres.

Ils ont tenu cinq mois.

Bruno est alors arrivé et a tout refait. Le bistro a commencé à tourner très bien en restauration le midi, notamment grâce aux travaux du centre commercial : les ingénieurs mangeaient là et n’était pas regardants puisqu’ils avaient des notes de frais...

Mais son mode de fonctionnement a tué le comptoir pour différentes raisons.

  1. Ce n’est plus le patron qui tenait le comptoir dans la soirée, tuant la relation privilégiée avec les habitués.
  2. Il a installé la caisse enregistreuse à un bout du comptoir, où nous aimions bien nous entasser.
  3. Il a ouvert le restaurant le soir (du coup, les clients du comptoir gênent les serveurs).
  4. Il a acheté le local d’à côté et y a fait une salle de restauration (tuant l’autre bout du comptoir, trop étroit pour faire passer les serveurs s’il y a du monde).
  5. Il a supprimé les « vérandas » pour les remplacer par des terrasses, obligeant ainsi les serveurs à passer devant le comptoir.

De fait, alors que nous pouvions tenir à une bonne trentaine, maintenant, dès qu’on dépasse la dizaine, c’est le bordel. Donc les nouveaux potentiels clients n’aiment pas.

Surtout, il a fermé le comptoir aux heures de service, donc à 19 heures. C’est ainsi que j’ai pris l’habitude d’aller à l’Amandine et d’y boire un verre tous les soirs vers 20 heures avec Corinne et sa mère. J’y reviendrai.

Enfin, il a eu parmi ses serveurs deux beaux cons qui ruinaient l’ambiance et c’est parti en couilles…

J’ai continué à y aller par amitié pour Jim mais aussi parce que c’était ouvert tout le temps ! J’ai donc conservé mes habitudes… Progressivement, la fermeture du comptoir à 19 heures a arrêté parce qu’ils ont constaté que le restaurant ne fonctionnait toujours pas le soir.

En juin 2010, de nouveaux patrons et de nouveaux serveurs sont arrivés, recréant ainsi une bonne ambiance.

Je suis resté client malgré le départ de Jim, n’ayant aucune raison de changer mes habitudes…

Le dimanche matin, il y avait un marché depuis toujours. Du coup, il y avait beaucoup de monde mais la clientèle du marché à progressivement déserté le bistro. La baisse est constante depuis très longtemps, avant mon arrivée dans le quartier.

L’Amandine

Avec les copains de l’Aéro, on y allait vers 20h30 ou 21h le samedi, quand Abdel fermait. Eux, c’était tous les jours. Le bistro étant fermé le dimanche, le patron était d’humeur joyeuse.

Le vieux Joël a alors arrêté de boire et le gros Loïc a eu des soucis de santé. Du jour au lendemain, Jacky le boucher a déserté le quartier pour le Petit Relais. La Comète a commencé à ouvrir le samedi.

Progressivement, le patron de l’Amandine a commencé à fermer de plus en plus tôt. Il avait des problèmes avec son personnel et était obligé de travailler comme un fou. Du coup, il ferme à 21 heures mais, dès 20 heures, il n’y a plus un chat. Le patron a fait le ménage et a viré tous les ivrognes pour avoir la paix.

Le marché ayant été déplacé pendant les travaux de la Nationale, il a été obligé d’ouvrir le dimanche et a décidé de fermer à 15 heures le samedi.

J’ai ainsi progressivement pris l’habitude d’y aller tous les jours, vers 20 heures, parce que le comptoir de la Comète était fermé, pour boire un verre avec Corinne et sa mère, ce que je fais également le samedi midi.

Bilan

Monts d’Aubrac : fermé.
Amandine et Aéro : plus de clients à mes heures et fermetures plus tôt.
Comète : plus de clients au comptoir.

Enfin, à cause des blogs, je traine de plus en plus le dimanche et le samedi et ne sort qu’après midi. Je loupe donc les apéros qui permettraient de rencontrer du monde…

Hier, la soirée s'est terminée normalement, avec Ramdane et le vieux Joël...

01 février 2013

Scènes de quartier

Nous sommes le 1er du mois. Un tas de braves gens font la queue dans le métro pour renouveler leurs titres de transport. Une éternelle routine alors que ça fait 16 ans, je crois, que j'ai une carte Navigo à prélèvement mensuel. Il faut crois qu'un tas de gens sont vraiment dans la merde financière pour ne pas choisir une telle option ou pour renouveler leurs cartes Orange. Ils ne pouvaient pas le faire hier matin ?

Hier soir, j'arrive à la Comète. Tonnégrande m'attendait en terrasse. Trois jours que je ne l'avais vu. Il était en séminaire de direction avec sa boîte. Il a appris qu'elle connaissait des difficultés financières. Décidément. 

Il me dit : "c'est quoi ce bordel ? Le Jean Bart était fermé à 18h30". Un client : "Tiens ! Hier aussi."  Le Jean-Bart est un bistro de la place, diamétralement opposé à la Comète. J'y vais rarement mais c'est le repère de quelques potes, comme Marcel Le Fiacre. J'y passe à l'occasion, notamment quand l'escalator du métro est HS : autant sortir du côté opposé. 

Vers 20 heures, Tonnégrande prend son bus et je vais à l'Amandine. Il restait deux clients dont Aïcha, une dame de mon âge qui picole pas mal mais qui reste toujours correcte, sympathique (mais volubile). A côté d'elle, une espèce de type dérangé du quartier. 

Ça fait une quinzaine de jours que je le connais. Michel, le patron de l'Amandine, le connait depuis longtemps. Depuis quelques temps, il vient plus tard. J'ai rencontré ce type à l'Amandine, un soir. Nous avons échangé un peu puis il est parti. Quand je suis redescendu à la Comète, il y était. Un pote à moi aussi mais je ne sais plus qui. En un quart d'heure; ce gugusse avait drôlement changé. Là, il reprenait les propos que je tenais avec mon pote, les marmonnais dans son absence de barbe en rajoutant, parfois "ouais, c'est ça connard" ou ce genre d'amabilité. A un moment, je n'en pouvais plus et je l'ai rembarré assez sèchement. Il est parti sagement. 

Le lendemain, quand je suis arrivé à l'Amandine, il discutait avec Michel de la soirée de la veille. Il avait tout oublié de la soirée sauf qu'il s'était fait engueulé par un gros frisé avec une cravate (à chier ?). Quand je suis entré, il m'a reconnu et m'a présenté ses excuses. Je lui ai alors raconté la soirée de la veille. Il m'a à nouveau présenté ses excuses et m'a offert deux verres. Les excuses étaient acceptées. S'il fallait se fâcher avec tous les imbéciles bourrés...

Hier, il était au comptoir. Je l'ai salué après Aïcha et je me suis mis le plus loin possible (au moins trois mètres !). J'ai bien vu qu'il n'allait pas bien mais il ne titubait pas. Par moment il soulevait un tabouret de comptoir à côté de lui et en observait les pieds. C'était étrange. Avec Michel, nous étions pliés de rire. 

Il est parti, suivi de peu par Aïcha. Je suis resté avec Michel pour papoter le temps qu'il "fasse sa caisse". Je lui ai demandé s'il savait pourquoi le Jean-Bart était fermé de bonne heure le soir, depuis deux jours. Il m'a répondu qu'un client lui avait dit qu'en fait il était fermé pour inventaire, ce que m'a également dit la patronne de la Comète, ce matin. Ils n'en savaient pas plus. 

Je suis revenu à la Comète où j'ai rapidement été rejoint par le vieux Joël. Nous avons commencé à corriger les mots fléchés du Parisien de l'avant veille. Bourré d'erreurs, de ratures,... Je n'ai jamais compris comment un type pouvait être assez con pour piquer le journal d'un bistro pour y faire les mots fléchés puis mettre des mots plus ou moins au hasard parce qu'il ne trouve presque rien. Il m'arrivait de faire des mots fléchés très durs (comme, à une époque, ceux du JDD) et de ne quasiment rien trouver. Ce n'est pas pour ça que je mettais des lettres sans être sur de moi ! Les gens ont un rapport un peu spécial avec leurs propres capacités de maîtrise de la langue. 

Remarque ! J'écris bien des conneries dans des blogs, moi...

Peu après, nous avons été rejoints par un type qui s'est présenté comme une de mes connaissances de Twitter, @joncqui. Je suis resté le regarder comme un imbécile. "C'est bizarre, j'ai l'impression de te connaître !" "Ben oui, je suis déjà venu". J'étais confus. 

Martial est arrivé. De fait de leurs boulots réciproques, ils avaient un tas d'histoires à se raconter. Je suis resté les écouter. Je ne sais pas à quelle heure ils ont commencé. Je suppose que @joncqui est arrivé vers 21h ou 21h30… et nous sommes partis un peu après 22h30. Des histoires de Tour Eiffel où ils ont travaillé tous les trois...

A 21h20, j’ai envoyé un SMS à Ramdane pour lui demander ce qu’il foutait. Il était encore au bureau. A 22h, il m’a demandé si la Comète était fermée. Je lui ai répondu que ça allait arriver. Il a alors demandé si l’Aéro était ouvert. Le rideau était presque entièrement baissé. Alors il m’a dit qu’il passerait au PMU. Je lui ai dit que je venais de voir le patron rentrer.Il avait encore une bonne demi-heure de métro.

En rentrant à la maison, je lui ai envoyé un SMS pour lui dire que tout était fermé.

Ce matin, en prenant le métro, j’ai constaté que le Jean-Bart était ouvert. J’ai eu la flemme d’aller voir mais je suppose qu’il y avait de nouveaux patrons. Les anciens auront disparu du quartier et je ne les verrai plus jamais. Sensation étrange.

Nous sommes le 1er du mois. Un tas de braves gens font la queue dans le métro pour renouveler leur titre de transport. Une éternelle routine alors que ça fait 16 ans, je crois, que j'ai une carte Navigo à prélèvement mensuel.

18 septembre 2012

La pire soirée

Je suis arrivé à l’Amandine vers 19h20. Corinne et sa mère étaient à leurs places respectives, Mamie à la table la plus proche du comptoir près de Corinne sur son tabouret. Jenny et son mec étaient près de la caisse. Ma place habituelle, à gauche de Corinne occupée, je me suis mis de l’autre côté, dans l’angle du comptoir.

Je suis sorti pour passer un coup de fil. A mon retour, un lascar avait pris ma place. Il a fallu que je me faufile pour en trouver une autre. Le comptoir s’est vidé subitement vers 20h15. Ramdane est arrivé. Le temps de boire un verre, il a fallu que je parte, Tonnégrande devait m’attendre à la Comète.

L’Aéro était fermé. Tonnégrande était parti. Deux clientes mangeaient devant le comptoir. Deux pochetrons picolaient sur la petite terrasse à côté de la porte. Le désert.

Le serveur s’emmerdait comme un rat mort. Sa seule occupation : virer les deux ivrognes, l’un ayant cassé un verre. Les deux clientes sont parties.

J’étais seul. Etrangement. Ca arrive souvent que je sois sans ma bande mais que je sois le seul client des bistros et restos du quartier est rare. Il n’y avait personne dans les rues. Guillaume, le serveur, a commencé à ranger la terrasse, tâche particulièrement ingrate quand elle n’a pas servi. Au moins, ça me faisait un peu d’animation.

Ca fait quatre ans que la nouvelle Comète est ouverte, je n’avais jamais vu ça.

30 mai 2012

Trois comptoirs

J’ai vaguement parlé de ma soirée d’hier soir dans le blog politique. Tonnégrande ne pouvait pas venir hier soir. Le vieux Joël ne vient quasiment plus au bistro. Djibril est au Sénégal. Alain travaille le soir, cette semaine. Le vieux Jacques ne vient plus à la Comète en semaine. Marcel le fiacre est parti en voyage, dans le nord de l’Italie. Patrice bosse de nuit et part de bonne heure. Le gros Loïc a à nouveau disparu. Corinne et sa mère sont en vacances.

Etrange ambiance.

Quand je suis arrivé à la Comète, vers 19h20, il y avait un type au comptoir et quelques personnes en terrasse. Je connaissais le type. Je pense qu’il était client de l’Aéro du temps d’Abdel, il y a quatre ou cinq ans. Je ne l’avais pas vu depuis. Je me suis mis à le dévisager, essayant de me rappeler si nous étions potes ou pas. Impossible de m’en souvenir. Il est rapidement parti et j’ai demandé à Yannick s’il venait souvent. A priori oui. C’est donc au comptoir de la Comète que je le croisais. Sans le savoir. Une espèce de routine. Je m’installe dans mon coin du bar, je discute avec mes potes tout en lisant mes mails dans l’iPhone, comme si j’étais coupé du reste du monde. Visiblement, il n’y a que vers 20 heures, que je me réveille.

Pas hier.

A moins le quart, je suis allé à l’Amandine où il n’y avait personne. J’ai discuté longuement avec le patron, de choses et d’autres, de la santé des bistros, surtout. Nous papotons souvent, tous les deux. Je dois être différent des clients habituels et, surtout, je suis souvent au comptoir quand il est oisif, en fin de journée.

Tiens ! J’ai pris une étrange habitude. Quand un pote me demande par SMS dans quel bistro, il peut me rejoindre pour m’offrir un verre, je raconte un bobard. Généralement, je dis « à la Comète dans dix minutes. » Comme si je tenais à mes habitudes. J’ai encore fait le coup au vieux Jacques lundi midi (férié). Alors qu’exceptionnellement, j’étais au Petit Relai. J’avais décidé d’y aller puisque c’est le seul bistro où j’étais sûr de trouver du monde connu. Je pensais d’ailleurs y trouver le vieux mais il n’y avait « que » Ramdane. J’ai envoyé un SMS au vieux : « Tu bois où ? » ; il m’a répondu « Tu es où ? » ; j’ai dit « A l’Aéro, dans 10 minutes », ce qui m’a obligé à finir mon verre cul sec et à bouger immédiatement…

Hier, j’ai quitté Michel, le patron de l’Amandine, vers 20h10, en retard sur mes prévisions puisque je comptais aller à l’Aéro avant 20 heures pour regarder François Hollande, à la télé. En fait, il a commencé à causer vers 20h20. Tout est minuté ! D’ailleurs, Karim, le patron de l’Aéro, était à moitié surpris de me voir (je passe rarement en semaine). Il restait deux clients. René et Shérif. Tous deux ivres morts. Karim, à jeun, avait commencé le ménage, mais plus par raison que par envie de fermer sa boutique.

Je lui ai demandé de mettre la télé et nous avons un peu papoté en attendant Hollande. C’est rare, tant il est rarement capable de tenir une discussion… Quelques clients sont arrivés mais j’étais bien le seul à regarder la télé. J’avais l’impression que tout le monde s’en foutait alors qu’ils étaient passionnés pendant la campagne.

Un peu après, une femme est arrivée. Un peu plus jeune que moi, une habituée. J'ai oublié son prénom. Peut-être Yvette. Je ne peux pas la blairer. Une alcoolique sans forme qui braille au comptoir. Il y a deux mois, je l'ai quasiment virée de la Comète, tellement elle était pénible. Ce genre de personne qui croit que tout le monde est au comptoir pour parler avec elle. Je l'avais revue depuis. A mon grand soulagement, elle me faisait la gueule et avait refusé de me serrer la main. Pas hier soir, elle était de bon poil. Elle s'est installée dans la salle du fond avec René. Je me demande bien ce qu'ils avaient à se dire, ces deux pochetrons de la com

J’ai enfin pu faire un « livetweet normal ». Il s’agit de reprendre certains propos de la personne qui parle à la télé et de les commenter ou de les répétés simplement pour faire croire que c’est une belle phrase ou un propos intelligent. Pendant la campagne, soit j’étais au QG de campagne dans l’incapacité de me concentré, soit je faisais semblant de regarder la télé tout en étant à la Comète où il n’y a pas de télé.

A 20h45, j’étais de retour à la Comète. En avance par rapport à mon horaire normal. L’Aéro a fermé quelques minutes après. Je suppose que Karim a réussi à foutre tout le monde dehors. C’est étrange : il est resté ouvert uniquement pour que je puisse regarder le Président de la République à la télé…

Quand je suis arrivé à la Comète, Christian, dit « le Poissonnier », en partait. Du coup, il resté. Il a confié son sac de crevettes à Yannick pour qu’il le mette au frigo. Nous avons discuté quelques temps mais je sentais que Christian avait commencé à boire un peu trop tôt. Alors il est parti. J’avais parié avec moi-même qu’il oublierait ses crevettes. J’ai gagné. Je l’ai quand même rappelé avant qu’il ne traverse le carrefour.

Ramdane est arrivé un peu après. Mon ancien colloc a trouvé une chambre juste à côté depuis le début du mois. Je ne sais plus quel mois, d'ailleurs. A partir de demain, je crois, il habitera au Petit Relai qui loue des chambres au mois. Il arrive souvent vers 21h ou 21h30. Je suppose que l'ambiance doit se dégrader, au Petit Relai, lorsque Jacky le boucher commence à être un peu trop saoul. Dans le temps, il venait à l'Amandine, mais il devenait insupportable.

Yannick a commencé à rentrer les tables et les chaises des deux terrasses. Les derniers clients de la salle sont partis après avoir payé. Yannick allait donc pouvoir faire sa caisse ; il nous fallait régler à notre tour pour le libérer.

Alors nous sommes partis, Ramdane et moi. Il habite un peu plus loin que moi. On s'est salué au niveau de l'entrée de mon immeuble, comme tant de fois depuis qu'il habite là.

(photo)

20 novembre 2011

15 ans de Comète ! Ca s'arrose ?

Je n’ai pas trouvé de photo d’Henri, à part quelques unes que j’ai prises avec mon premier iPhone et donc de bien piètre qualité. Je voulais juste illustrer mon billet en souvenir de celui qui nous a quitté, hier. C’est ainsi que je me suis replongé, ce matin, dans mes photos de 2001 à 2008, avec toutes ces saynètes, ces réveillons, ces heures au bistro.

Ce qui m’a frappé, ce sont les changements d’environnement progressifs…

Maintenant, « ma bande » est centrée sur le vieux Joël, Djibril et Tonnégrande, avec quelques apparitions de Patrice et du Vieux Jacques, voire Marcel le Fiacre. Le dimanche midi, je prends souvent l’apéritif avec Patrice, le Vieux Jacques et Alain Le Loufiat. Ils seront probablement avec moi, ce midi.

Il y a aussi les copains blogueurs puisque ils viennent fréquemment à la Comète : Dagrouik, El Camino, Gildan, Gularu, Melclalex, Mip, Olympe, Polluxe, Romain, Seb, Vlad, Yann et tous les autres ! Tiens ! Philippe est passé hier après-midi dire bonjour.

Et il y a Corinne et sa mère que je vois tous les soirs ou presque, à l’Amandine et le week-end, à l’Aéro.

Quand j’ai appris la mort d’Henri, hier, je me suis assis en terrasse, à côté de la porte et je me suis mis à rêvasser sur le temps qui passe et je me suis rendu compte que j’avais totalement laissé passer une date à la quelle je pense pourtant depuis longtemps.

Ca fait à peu près quinze ans, jour pour jour, que je vis dans ce petit monde, celui qu’à une époque je décrivais quotidiennement dans ce blog. J’habite là depuis début 1994 mais c’est le 28 ou le 29 octobre 1996 que j’ai poussé pour la première fois, un soir, la porte de la Comète et que j’ai rencontré les copains de l’époque.

Le 14 novembre 1996 est née Margot, la fille d’Antoine. C’était un peu notre mascotte, à l’époque. Dans cette première bande, il y avait Antoine, donc, sa femme Corinne, Jeannine et Casquette, Jouanneau. J’étais très proche de Jeannine et Casquette, à époque. On mangeait très fréquemment ensemble, le week-end. On est partis plusieurs fois quelques jours en vacances ensemble, dans la patelin de Jouanneau et de Patrice, que j’ai rencontré peu de temps à près et seul « survivant » de la bande.

On se voyait à la Comète en semaine et le dimanche midi et « chez Y » (devenu un restaurant Italien depuis), le samedi et souvent le dimanche matin. Les autres, à l’époque, fréquentaient également beaucoup les Monts d’Aubrac (maintenant détruit pour la construction du Centre Commercial). Ce n’est qu’au début des années 2000, quand il a changé de patron, que je suis devenu client, mais je n’allais plus « chez Y », sans doute parce que je n’avais jamais rien eu à y faire. Les patrons étaient Chinois et ne parlaient pas bien le Français.

J’allais donc tous les dimanches matin aux Monts d’Aubrac où je retrouvais Jeannine et Casquette. C’est là que j’ai connu Régine et Michel, avec qui je suis parti plusieurs fois en vacances. Bizarrement, quand le bistro a fermé, nous avons arrêté de nous voir. Il y avait Alvez, aussi dans la bande.

Ces années là, je me suis fâché avec Jeannine et Casquette. Jeannine avait dépassé les bornes de la saoulerie. Je n’en pouvais plus. De fil en aiguille, j’ai commencé à fréquenter moins les Monts d’Aubrac, peut-être 2005. Des copains m’avaient amené à l’Aéro qui était très festif le samedi soir...

J’ai fini par y aller tous les soirs, en attendant que quelques ivrognes que je ne pouvais pas supporter partent de la Comète.

Vers 97 ou 98, j’étais très lié avec Laurent, un assureur du quartier qui vivait tout seul. Il a fini par se marier, néanmoins (j’étais son témoin) puis j’ai rencontré deux militaires, Pascal et Jeff avec qui on faisait toutes les fermetures de la Comète jusqu’à ce que les aléas de leurs vies les fassent déserter le quartier. Ca a duré quelques années.

A l’Aéro, j’ai connu Ramdane (mon « colloc » en début d’année) et le vieux Joël, Jacky le Boucher. Le Gros Loïc faisait tous les bistros, nous avons sympathisé. Jacky et le vieux Joël m’ont fait découvrir l’Amandine, qui était également très festif, le soir.

Tonnégrande traînait à l’Aéro et nous avons fini par papoter, de même qu’avec le vieux Jacques qui allait en gros dans les mêmes bistros que moi.

Je retrouve des photos de 2004, à l’Aéro, avec Marcel et le vieux Jacques. Ces photos montrent que je suis assez pote avec Patrice et le Gros Loïc depuis au moins 2002. Je suis parti en vacances en Belgique avec Ramdane en 2004, donc je suppose que je l’ai connu en 2002 ou 2003.  J’ai des photos de vacances avec Michel et Régine de 2005. Mes premières photos avec Tonnégrande datent de 2006 mais je l’ai probablement connu vers 2003 ou 2004.

J’ai eu 40ans en 2006. Nous avions fêté ça à la Comète. Il y avait :
Christian D, toujours présent mais moins souvent.
Le Gros Loïc, que je continue à voir de temps en temps mais plus trop au bistro.
Michel et Régine, toujours à Bicêtre, mais je ne les vois plus.
Jackie, la « grosse » du vieux Jacques que je vois de temps en temps, visiblement beaucoup moins ivrogne qu’à une époque.
Tonnégrande, toujours présent.
Ramdane qui bosse maintenant à La Réunion et que j’ai par SMS toutes les semaines.
Patrice, toujours présent.
Mouloud, un des patrons des Monts d’Aubrac. Il habite toujours Bicêtre, je le croise tous les deux ou trois mois. Il a maintenant une affaire à Choisy.
Le vieux Jacques, que je vois de moins en moins.
Le vieux Joël, avec qui j’étais beaucoup moins lié que maintenant.
Abdel, le patron de l’Aéro.

Et bien sûr Martine, Josianne, Jim et Jean. Jim, parti dans le nord et les trois autres à la retraite dans la Sarthe. Je les ai tous revu cet été.

Environ un an après, l’Aéro a changé de patron. Abdel est parti dans les Alpes mais a de la famille à Créteil. Pendant quelques temps, il a continué à revenir périodiquement à Bicêtre. Les Monts d’Aubrac ont fermé à cette époque. J’ai concentré mon périmètre autour de la Comète et de l’Aéro, un peu l’Amandine mais beaucoup moins.

Ensuite, la Comète a changé de patron et j’ai commencé à aller tous les soirs à l’Amandine. J’ai gardé cette habitude. Ceci fait que je suis assez lié à Corinne et sa mère, que j’évoquais plus haut, ce qui parait totalement saugrenu compte tenu des autres lascars…

Antoine habite toujours dans le quartier mais ne le fréquente plus. Nous sommes à moitié fâchés pour des conneries.

Vers midi, je vais sortir d’Internet, prendre une douche, descendre prendre un café à la Comète. Je vais aller boire un apéro à l’Aéro et, Corinne et sa mère n’étant pas là, un autre à l’Amandine, puis je vais aller voir les copains à la Comète et y déjeuner. 

06 septembre 2011

Promenade dans la vraie vie

Dans son billet de compte rendu de visite de sa visite à Bicêtre, Romain évoque mon comportement comme celui d’un « humaniste tranquille » pendant notre promenade du samedi (entre les bistros de Bicêtre). Je l’en remercie même si je ne sais pas trop ce que ça veut dire : je prends ça pour un compliment et il est toujours agréable d’en recevoir. Les commentateurs réactionnaires pourront toujours papoter de l’égo des blogueurs, la question n’est pas là…

Romain se trompe, malheureusement.

C’est dans les blogs que je suis éventuellement un personnage. Dans la vraie vie, je suis un type normal, qui discute normalement avec des gens qu’il croise depuis de nombreuses années dans les bistros de son quartier.

Ainsi, samedi midi, nous étions avec Corinne et sa mère à l’Aéro. J’y prends l’apéro avec elles la plupart des samedis et dimanches avant d’aller déjeuner à la Comète et je les vois également tous les soirs en semaine, du lundi au vendredi, sauf exceptions liées à nos propres emplois du temps, à l’Amandine. Comme je vois Tonnégrande et Djibril tous les soirs de 19 à 20h et parfois après 21 heures, quand je vois aussi le vieux Joël.

Ainsi, Mamie est relativement âgée. Quand je ne suis pas là, je les préviens pour lui éviter de faire la route, elle marche difficilement. Je suis un peu son seul prétexte pour avoir une vie sociale et j’aime bien être avec elles pour le volet « tranquillité » que soulignait Romain.

Ainsi, Romain avait l’air de penser que ma présence avec ces deux dames (et d’autres braves gens) avait l’air incongru alors qu’elle est naturelle. Ce qui n’était pas naturel, c’était sa présence à lui, même si il était évidement le bienvenu dans notre quotidien.

Ce soir, je ne pourrai pas être à l’Amandine. Mon activité de blogueur batavophile reprend le dessus. J’ai rendez-vous, comme d’autres blogueurs, avec celui qui pourrait être le prochain Président de la République si les électeurs écoutent mes vœux. Alors, hier, je leur ai dit, en arrivant, pour ne pas oublier : « Au fait ! Je ne suis pas là demain. J’ai rendez vous avec Hollande à l’Assemblée. » Mamie a répondu « Ah bon, on se voit mercredi, alors ! ». Corinne a dit « oui, Maman, ça te permettra de te reposer ».

Elles n’avaient strictement rien à cirer de ce que j’allais faire, de qui j’allais rencontrer. Seul Michel, le patron, y a marqué un vague intérêt en levant un sourcil mais il avait un fut de bière à changer. Et je dois avouer qu’à cette minute là, je n’en avais rien à cirer, non plus. La vie de blogueur allait encore empiéter dans ma vraie vie, celle qui se déroule en dehors du triangle délimité par la Comète, l’Aéro et l’Amandine.

Quand Romain, l’autre, en tant que coordinateur des blogueurs batavophiles, m’a contacté pour cette réunion, je dois avouer que j’ai commencé par refuser. J’avais « assez vu » François Hollande à l’Université d’Eté du PS, le week-end précédent. Et c’est quand j’ai su que Mrs Clooney et Gularu allaient être présents que j’ai changé d’avis parce que ça fait bien trop longtemps que je ne les ai pas croisés dans la vraie vie.

Ce qui ne m’empêche pas d’être content, voire fier, de rencontrer François Hollande qui doit bien se demander ce que sont ces blogueurs que quelques andouilles professionnels de la communication voudraient voir comme une espèce de groupe d’influenceurs. Ce qui ne m’empêche pas, non plus, d’être tout émoustillé à l’idée de devoir lui adresser la parole.

Je me console en me disant qu’il doit être vachement impressionné à l’idée de rencontrer le number ouane du Wikio. Smiley. Par contre, je ne sais pas si je vais écouter ce qu’il a à me dire : j’ai des tweets à émettre pour faire rigoler les copains.

Et promis, à 20 heures 30, j’arrive à la Comète et je reviens dans la vraie vie. Pas comme « humaniste tranquille » mais comme « normal tranquille ».

Je suppose que Mamie fait un peu la gueule, à l’heure où je vous parle. Elle n’a aucun prétexte pour aller boire un coup, comme les autres soirs, assise sur une banquette à écouter quelques guignols plaisanter au comptoir, bien loin des personnages qu’ils peuvent jouer dans des blogs.