15 avril 2020

Des vacances au bistro !


Partageons mon avis: Vive Proust, coiffeur pour hommeExcusez mon introduction qui n’a rien à voir avec la suite du billet sauf pour expliquer les circonstances… Je crois que je vais virer loche. Ma boîte nous force à prendre 5 jours de congés avant le 11 mai pour solidarité et tout ça. J’ai donc pose 8 demi-journées pour les 12 jours ouvrés qui restent avant fin avril. Ca veut dire que je vais « faire » des réunions (l’organisation, la participation, suite à donner) quatre heures par jour pendant un peu plus de deux semaines sauf quatre jours en m’assurant de ne pas dépasser huit heures pendant huit journées avant la fin du mois. Ça fait bizarre. Je m’explique : si  j’ai une réunion à 10h (notre point d’équipe) et une autre à seize, je vais bosser de 10 à 12h et 16 à 18 tout en posant une des deux demi-journées… Je crois que je vais commencer à faire des courses tous les jours…

Car s’il m’est déjà arrivé de passer des vacances au Kremlin-Bicêtre sans Clair de lune à Maubeuge, c’était pour les passer au bistro. C’est bon, vous avez compris l’objet de la longue introduction ? Et si vous ne voyez pas le rapport avec Maubeuge, Google vous comblera une lacune dans votre culture.

Pour beaucoup de Parisiens (et banlieusard), « vacances » est synonyme de départ. Ils te demandent, au retour : « et tu es parti où ? » ou, pire, « et tu es allé en Bretagne ? », comme s’il n’y avait pas d’autres destinations. Pour moi, vacances est synonyme de ne pas travailler (et de ne pas confiner pour autant). Je les comprends néanmoins, surtout ceux qui vivent en appartement… Mais ils se créent des complications, du stress… Pour ma part, j’ai 10 jours de RTT par an que je consacre globalement à prendre le TGV pour la Bretagne pour éviter d’arriver avant l’heure de fermeture des bistros (et à ne pas arriver tard, tout simplement, pour avoir une vraie nuit de sommeil) et 25 jours de vacances donc cinq pour la semaine de Noël que j’aime bien passer en famille.

Il y a donc vingt jours où je fais ce que je veux (heureusement…) et ce que je veux n’est pas nécessairement de partir. Ca peut l’être ! Par exemple, je peux avoir envie de rentrer en Bretagne mais je ne le fait uniquement si mon bistro préféré là-bas est ouvert.

En tant que célibataire, il y a parfois des gens qui m’invitent à vernir passez quelques jours avec eux. C’est souvent plus égoïste qu’altruiste. Il y a une quinzaine d’année, un couple d’amis partait en vacances dans un mobil home à Cavalaire avec leur petit fils de six ans pour quatre semaines et m’avait invité à en passer une avec eux. Je m’étais dit : « ces cons là ont peur de se faire chier et ne pas savoir quoi faire du petit. » L’avenir a montré que je n’avais pas tort vu qu’il fallait que je passe deux heures par jours à la piscine du camping avec le môme ce qui ne me dérangeait nullement, il faisait une chaleur à crever. Dans le couple, c’est madame qui portait la culotte. La deuxième mission qui me fut assignée était d’accompagner le copain dans sa courte tournée des bistros de Cavalaire entre 11h et 13h. Après on bouffait comme des cochons et on faisait la sieste. Rien que pour ça, j’aurais signé pour l’année suivante. Surtout, le camping avait un bar fabuleux qui se transformait progressivement en boîte de nuit vers 21h. J’y allais donc vers 17h. Les trois autres me rejoignaient vers 18h30 pour l’apéro (j’entends : une tournée chacun) et je revenais après le repas. Je n’ai rarement apprécié des vacances de beauf, encadrées par les heures de piscine et de bistro. Une seule fois on est sortis, à ma suggestion, pour passer une matinée à Saint-Trop ! En une semaine à Cavalaire, je n’ai quasiment pas vu la mer (et je suppose qu’eux non plus en quatre semaines).

J’y suis donc retournée l’année suivante mais ça s’était assez mal passé (pour des raisons idiotes : le hasard a fait que c’était tombé sur ma première semaine de vacances et que j’étais épuisé, supporter un gamin de sept ans et un camping de beauf était trop pour moi).

En août 2008, je n’avais rien de prévu. Je crois me rappeler que j’avais été voir des copains blogueurs et pas envie d’aller en Bretagne. J’avais donc choisi de rester deux semaines à Bicêtre. La femme de Tonnégrande passait deux mois chez ses parents en Guyane et lui ne voulait pas passer tant de temps avec eux. Nous nous étions retrouvés comme deux andouilles à Bicêtre. La Comète venait d’être refaite. Pendant une quinzaine de jours, nous y étions de 11h à 15h, et de 19 à 23, à refaire le monde, manger… Ca nous avait coûté beaucoup plus cher que si nous étions partis…

Des vacances au bistro, il n’y a rien de tel !

Mes souvenirs de bistros de vacances remontent à la nuit des temps. En 1985, j’encadrais un centre de vacances au Portugal. Le terrain où nous étions appartenait à l’oncle d’un copain, propriétaire d’un bistro (si je puis dire, la notion de bistro s’applique plutôt en France). Nous y passions nos temps libres, nos heures de réunion entre animateurs,…

En 1990 (je crois), un autre centre de vacances, dans le Cantal, cette fois. Les chiottes ne me plaisaient pas. J’allais donc dans un bistro du bourg voisin où j’ai passé des heures. A partir de 1997, j’ai arrêté les centres de vacances et je partais avec des potes. En 1998, on est allés à Florac, en Lozère, à l’invitation d’autres copains qui trouvaient, à juste raison, le patelin génial. Il y avait un bistro (il s’appelait « chez Proust, coiffeur pour hommes », voir la photo, le gamin est le fils des copains). On passait une partie des journées, en terrasse et des soirées, au comptoir. On y est retournés pendant des années, cinq ou six ans, peut-être, uniquement pour ce bistro tout à fait anodin mais un personnel génial et un cadre sublime. Un jour on a arrêté pour une raison idiote que j’ai oubliées, sans doute n’avions plus l’âge de faire du camping entre célibataires. Pendant quelques années, j’y suis allé tout seul car j’allais visiter des copains dans le Gard, dont FalconHill mais pour une journée, seulement, une triste bière isolée vu que j’avais la route à prendre. La dernière année, ils ne m’ont pas reconnu. Je n’étais plus un des membres du groupe de Bretons…

Des bistros, en vacance, c’est pas mal non plus !

Pour mes dix demi-journées de vacances confinées, c’est raté.

14 avril 2020

Traitons des toilettes des bistros


Dans les toilettes publiques, quels sont les cabinets les plus ...Un soir, il y a quatre ou cinq ans, vers 23 heures, peut-être, j’étais au comptoir à discuter avec le patron quand  un jeune (18 ans) arrive et dit « Christophe, Christophe, il y a une fuite d’eau dans les toilettes, il y a plein d’eau partout, comme si quelqu’un avait pissé à côté. » Moi : « ben heu… ».

Il est ainsi tant qu’un blog comme le mien (de haut niveau, quoi) aborde le sujet des toilettes des bistros. Il ne s’agit pas de raconter des anecdotes débiles mais de profiter de la période de confinement et de probable fermeture des bistros jusqu’à fin juillet, si j’ai bien compris le lascar qui jactait dans le poste hier, pour réfléchir au sujet.

Tout d’abord, je connais un bistro, le Nouveau Monde, qui a refait ses toilettes il y a dix mois pour les mettre aux normes qui n’ont pas installé de pissotières alors qu’il y avait de la place. Je connais plusieurs toilettes, pas de pissotière et aucun espace réservé aux femmes. Et ne venez pas me dire que les hommes pourraient pisser assis : on parle de clients de bistro qui ont bu une douzaine de bières. Je reste des bistros où les lavabos nécessitent de toucher des boutons pour faire couler l’eau.

Une anecdote. Un jour j’étais près de la porte d’un bistro et un couple de bobos est passé. Le mec a dit à sa grosse qu’il avait vu un type pisser sans fermer la porte. J’ai répondu : « oui, c’était moi, mais au moins je me suis lavé les mains après, moi. » Faut bien rigoler.

Côté toilettes, la Comète était parfaite jusqu’à juin 2008. Sauf que les toilettes n’étaient pas aux normes ce qui n’était pas grave puisqu’il fallait descendre par un escalier pour y arriver… La loi de 2005 était mal branlée et les aménagements d’Ayrault du même métal. La Comète ayant été refaite en 2008 puis agrandie un an ou deux après, la mise aux normes aurait dû être obligatoire.

Nous allons résumer. Les toilettes des bistros doivent être aux normes « PMR » et avec des urinoirs. Celles des femmes doivent être séparées de celles des hommes (et les hommes qui vont chez les femmes tout simplement parce qu’ils boivent plus de bière que les femmes doivent faire très attention voire pisser assis : on est seul, ça ne casse pas la virilité). Entre le moment où on a fini de pisser et qu’on retourne au comptoir, il ne doit y avoir aucun obstacle (à part la chasse d’eau) qui nous obligerait à toucher un bouton (de porte, de robinet) avant d’avoir fini de se laver les mains. Pour le séchage des mains, évitez les souffleries chiantes et inefficaces car elles soufflent surtout des particules de merde et évitez les torchons des bistros (même s’ils sont déroulants, ce n’est pas écologique de laver quarante centimètre de tissus après un essuyage). Venez au bistro en jean, c’est parfait pour essuyez les mains. D’autant qu’on y voit moins les dommages de la dernière goute que sur un pantalon en toile. Et si on a loupé la dernière goute et qu’on s’essuie sur le jean, il y aura des marques d’humidité un peu partout ce qui laissera penser les autres clients que vous vous êtes éclaboussés en vous lavant les mains.  Evitez de vous essuyer les mains sur les pantalons des autres personnes (préférez une amicale tape dans le dos).

Je connais un bistro qui a négocié avec un établissement voisin (pas un bistro) pour que ses clients en chaises roulantes puissent aller pisser chez lui. Je suppose qu’il doit payer un repas par semaine au responsable de la sécurité, ce qui n’est pas légal mais de bonne guerre.

Enfin, tous les bistros sont emmerdés par des passants qui vont pisser chez eux et certains mettent en place des systèmes de protection, des jetons, la nécessité de demander les clés au comptoir ou que sais-je. Il faut éviter. Ca emmerde les clients qui paient une demi-douzaine de tournées, surtout s’ils ne viennent pas souvent.

Pour terminer, patrons de bistro, obligez vos loufiats à vérifier plusieurs fois par jour l’état des toilettes et à faire le ménage. Ca vous ruine une réputation.

13 avril 2020

La charge mentale à l'épreuve du confinement de l'homme célibataire


Pourquoi choisir un barbecue au charbon de bois ? | Truffaut ...Le confinement a du bon. Par exemple, j’ai le même pantalon depuis quatre semaines. Cela étant, je ne l’ai porté qu’une demi-douzaine d’heures en tout. Les vies sont bouleversées : en tant que célibataire, je peux vivre en caleçon et tee-shirt. Je les garde d’ailleurs plusieurs jours vu que je n’ai pas de machine à laver et que l’exercice physique ne me fait transpirer tellement. Comme j’attaque le matin sur l’ordinateur, il m’arrive de m’apercevoir, le soir, que je n’ai pas pris de douche. Tant pis…

Ainsi, dans le blog politique, au début de la période de confinement, je décrivais les changements dans mes habitudes, dans cette nouvelle vie car j’étais un peu inquiet suite à la perte de l’appétit le premier jour. Depuis, c’est très aléatoire. Il y a eu une journée, la semaine dernière, où je n’ai pas déjeuné. Par contre, hier et aujourd’hui, il ne faudrait pas qu’un nutritionniste me voit…

Dans Facebook, je lisais la publication d’une copine à elle qui parlait de ses habitudes de confinées, les règles qu’elle se fixait,… Une copine à elle que je ne connais pas lui répondait que ce n’était pas la peine et qu’on pouvait en profiter. Je ne sais pas. Je me suis fixé trois éléments fixes dans mes journées, deux pour celle où je travaille (le point d’équipe à dix heures et l’apéro à 20h, déclenché par les types qui hurlent sur le balcon, et, disons-le, surtout pas avant) et, tous les jours, j’appelle ma mère vers 18 heures. Je pense qu’une personne qui ne vit pas seule ne peut pas se rendre compte à quel point on peut avoir besoin de ces règles qui régissent la vie quotidienne. Je dirais même que c’est surtout le cas des femmes, si tant est cette histoire de charge mentale existe (à près tout, elle a été créée par des féministes qui veulent l’égalité et qui auraient mis à jour une inégalité : les hommes ne pensent pas à ce qu’il faut faire).

Je vais l’illustrer avec mon dernier repas. Je prépare mes menus à l’avance pour optimiser mes courses. Par exemple, pour deux jours, je vais faire un plat en sauce qui pourra être mangé pendant deux repas et deux trucs plus simples. Là, nous avons un week-end de trois jours. Déjà, j’ai oublié le dîner du dernier jour (mais j’ai un peu de réserves). Surtout, à midi, j’ai eu faim vers 12h30. Je me suis alors que j’avais prévu un truc qui nécessite plus d’une heure de préparation et de cuisson. J’ai complètement oublié de préparer…

En semaine, ma journée est assez millimétrée malgré ma totale liberté professionnelle (à part les réunions). Je me suis donc fixé la limite de l’apéro après 20 heures pour le repas du soir et, en journée, il faut que je calcule tout pour les réunions et les courses (pour tenter de les faire où les non confinés et les télétravailleurs sont au boulot, genre 11h ou 15h). Le soir, je m’organise pour que le repas soit prêt pour la fin de l’apéro (disons du deuxième ou troisième vu que je ne bois plus de bière).

Or période de confinement, j’ai aussi une vie rythmée par un tas de sujets (l’apéro avec les copains, quand je suis en Bretagne, les heures de visite à ma mère,…). Mais, un week-end confiné, qu’est-ce que j’en ai foutre, si je puis me permettre ?

Ce soir, j’ai fait un repas exclusivement avec des pommes de terre sautées. Je vous explique la recette : vous coupez les patates en petits morceaux et vous les mettez dans une poêle avec beaucoup de beurre salé à feu assez doux, vous remuez de temps et quand c’est cuit, vous mangez. C’est tout. Pas un ingrédient de plus. Et ce n’est pas un repas de fainéant, il a fallu éplucher. Une féministe brandissant la charge mentale ne pourrait pas imaginer cela. Pourtant. Et alors ?

Vous me répondrez que quand on est plusieurs dans le foyer, il faut des horaires et des menus qui conviennent à tout le monde et qui soient équilibrés.

Certes, mais si seule la femme y pense, qu’y puis-je ? L’égalité ne peut pas être imposée…

Les seules fois où je vis avec quelqu’un, c’est quand je suis chez ma mère. Cela arrive de moins en moins, pas seulement à cause du confinement mais parce qu’elle n’est plus chez elle depuis deux ans… Je jouais le jeu, j’arrivais aux heures des repas (et depuis qu’elle n’est pas là, j’ai les mêmes horaires). Mais tous les jours, pendant des années, elle m’a rappelé qu’il fallait que je fasse mon lit. Or, faire un lit ne serre strictement à rien. Il faut le défaire en se couchant (je dors avec un drap et je mets quelque chose dessus à trois ou quatre heures du matin si j’ai froid).

Je ne conchie néanmoins pas toutes les illustrations de la charge mentale. Si un homme arrive à penser à quelle heure il faut allumer le barbecue, il pourrait aussi penser à mettre la table, préparer les légumes, sortir la viande,… En revanche, quand on fait une lessive, on n’est pas obligés de surveiller la machine pour étendre le linge dès qu’elle est finie. On peut aussi repasser deux heures plus tard.

Néanmoins après trois jours sans travail mais confiné, je me demande si tout cela n’est pas une grosse connerie.

12 avril 2020

35 ans d'histoire du comptoir le la Comète le dimanche midi

Marché local Le Kremlin-Bicêtre (94270) - Tous Voisins
Marché, le dimanche matin, place de la Comète. Ou pas.

C’est le quatrième dimanche de suite que je ne vais pas à l’apéro du midi au bistro alors que j’y vais systématique en principe (sauf parfois quand je vais en Bretagne mais ça n’est pas pareil vu que je fréquente un PMU, là-bas). Il faut savoir qu’à Bicêtre, c’est un jour de marché qui se passe, en particulier, sur le place de la Comète.

C’est la cohue le matin m’a-t-on dit ! Les passants ou les commerçants viennent prendre un café. Certains laissent leurs achats dans le bistro. Je ne suis jamais là le matin mais on m’a raconté des scènes épiques. J’arrive parfois à midi (pour déposer mon linge) et je constate le bordel. Voilà pourquoi je n’arrive jamais avant une heure, ce que je disais l’autre jour, le bazar dure encore une demi-heure ou une heure et, après, les commerçants viennent prendre un café ou une bière pendant qu’il y a moins de monde et reviennent après quand ils ont fini de « plier ».

A une époque (que j’ai connue), il fallait trois personnes derrière le comptoir pour tenir le bar et deux serveurs en salle. Aujourd’hui, ils sont deux de moins derrière le comptoir alors que le bistro a été agrandi. La chute est régulière depuis très longtemps (j’ai des témoins qui m’ont raconté la vie après la reconstruction du bar, en 1974). On est passé de 4 rangées de client au comptoir à 2… La revente de la Comète, en juin 2008 (l’arrivée des quatrièmes gérants depuis 1974), a beaucoup nui à l’apéro du comptoir vu qu’il a perdu quatre mètres utiles (le coin de la caisse, le coin de la desserte, le fond du comptoir pour aller dans la nouvelle salle mais c’est difficile de juger : 2008 est aussi l’année de l’interdiction de fumer dans les bistros. De fait, les deux grandes terrasses fumeurs sont toujours pleine…

D’ailleurs, les deux serveurs de salle sont beaucoup plus occupés par le service des boissons que des repas. C'est au début des années 2000 que les gens ont perdu l’habitude d’aller au restaurant, surtout pour une formule peu chère (genre 10 euros le menu entrée, plat, dessert…). La clientèle a bien changé et il ne reste quelques vieux à avoir gardé cette habitue. Maintenant, les clients en bouffe, le midi, sont plus des bobos qui cherchent le cadre, l’ambiance et la bonne bouffe (ce qui est à relativiser, il n’y a pas de plat du jour le week-end, ce qui explique par ailleurs mes andouillettes…).

D’ailleurs, vers 2006, ils ont arrêté de faire restaurant le dimanche (ils continuaient à faire à manger aux habitués s’ils avaient le temps). En juin 2008, la restauration a reprise mais, s’il n’y avait pas de plat du jour, la carte était plus « bobo », vue la clientèle de l’époque. Mais manger du hachis Parmentier de canard ou des burgers au bleu d’auvergne a des limites. Aujourd’hui, je ne sais pas évaluer si l’activité « restauration » est rentable. Enfin, avant 2008, il y avait des pâtisseries tous les jours y compris le dimanche, de la vraie, faite par le pâtissier du coin (les invendus de la veille qui avait déjà été décongelés une fois. Oui, messieurs dames, les pâtissiers congèlent et ça ne se voit pas). Les desserts de la Comète sont très bons mais assez peu variés.

Mais revenons sur la clientèle du midi. Ce ne sont pas les  mêmes personnes qu’il y a 12 ans. Le bistro avait fait plus de trente ans dans « sa configuration » (grandes vérandas en alu, formica,… et un patron – deux successifs – dans la lignée des brasseries auvergnates, sa femme à la caisse, donnant un coup de main pour les sandwichs,…). Une grosse partie des clients sont allés vers les autres bistros, avec cette  même décoration (mais moins grands que la Comète). Ils ne supportaient pas le changement. Certains me l’ont dit : « non, on ne peut plus  y aller » dès 2008. Certains ont commencé à revenir vers 2015 mais ont fini par être virés par le patron. Ce qu’il y a de rigolo, c’est que les autres bistros sont tenus par des kabyles mais les kabyles viennent à la Comète pour les grandes terrasses.

Il arrive une heure, vers 14h, où il n’y a plus personne au comptoir mais toujours du monde en salle ou en terrasse, notamment les commerçants du marché. Disons qu’on est trois ou quatre, des inconnus ou des copains. A 14h20, je commande mon plat qui arrive à 14h30 (la cuisine ferme…) et on me l’apporte au comptoir. Et là, je suis vraiment seul. Jusqu’en 2006 ou 2007, ça n’aurait pas été possible.

Un vrai bonheur.

11 avril 2020

Des sandwichs au comptoir !


Le sandwich jambon-beurre plus cher à Toulouse que la moyenne ...J’ai mangé un sandwich au pâté. Après tout, je mange mieux en confinement qu’en temps normal alors, pourquoi pas un simple sandwich au pâté. Et ça m’a appelé les bistros où j’ai mangé le plus de sandwich, généralement au pâté mais j’adore aussi celui au jambon, le mixte, le poulet mayonnaise salade, le rosbif mayonnaise salade et j’en passe.

Le plus emblématique est le bar tabac brasserie le Washington dans la rue du même nom. J’y ai traîné pendant sept ans en moyenne au moins trois fois par semaine. Je l’avais choisi un peu au hasard, c’était le deuxième bistro le plus proche du bureau et l’autre ne me plaisait pas. Celui-là, par contre, était parfait. Les trois espaces (tabac, comptoir et restaurant) étaient bien séparés contrairement à certains bouges où tu es coincé entre les gens qui défilent pour acheter des clopes et ceux à table qui essaient d’avoir des conversations sérieuses. Les patrons étaient des vieux auvergnats rigolos et sympathiques, tout comme les serveurs. On avait sympathisé, naturellement, et je me sentais tout comme chez moi. Les pires journées étaient quand un certain collègue décidait de manger avec moi. Je repassais souvent le soir boire un coup.

Au bout de quatre ou cinq ans, les patrons sont partis à la retraite et ont été remplacés par des jeunes. L’ambiance était différente mais on y était aussi bien, en famille. Parfois, j’aidais les gamins à faire leurs devoirs, pour vous dire !

Le suivant, dans l’ordre de mes préférences est le Tourbillon, à la Défense. Ce n’était pas le plus proche du bureau. Celui-là était tellement près que beaucoup de collègues y déjeunaient quand ils étaient invités, notamment ; je n’aimais pas le suivant. J’y avais traîné pendant une autre période de ma vie et j’avais des mauvais souvenirs d’impression bizarre, une patronne jeune et conne, des choses comme ça. Alors j’ai échoué au Tourbillon qui représentait pourtant tout ce que je n’aime pas. Au moins 150 places assises, deux grandes salles, un comptoir gigantesque. Mais dès le premier jour, les serveurs savaient vous mettre à l’aise, vous trouvaient une place. De fait, on était assez nombreux à ce comptoir et on finissait par tous se connaître et par échanger quelques mots. On y mangeait très bien, le gros loufiat avait même réussi à me remplacer mon sandwich par un plat du jour, régulièrement. « Goutez donc ça, il est merveilleux… ». Il a été vendu il y a trois ans et demi, pour démolition. J’y allais depuis fin 2012.

Il avait la particularité de ne pas être cher (genre le plat du jour à 12 euros et la pinte de bière à 3€10 au comptoir) tout en ayant une très belle carte des vins quand on voulait faire des extras. J’y allais de bonne heure le midi car il était fréquenté par les patrons de ma boîte quand ils invitaient des clients.

J’y allais évidemment tous les soirs. Une ambiance bien différente mais de la bonne musique, des jeunes,… Pour le soir, j’ai trouvé un autre bistro, assez grand aussi. Je n’aime pas trop les clients de la salle le soir (ils sont très nombreux) mais le comptoir est un paradis ! Le midi, je vais à la cantine.

Il y a en a un troisième, parmi mes bistros adorés du midi, mais c’est si vieux que les souvenirs sont imprécis.

Je ne compte pas le nombre de fois où j’ai mangé au comptoir la Comète…

J’ai donc mangé mon premier sandwich au pâté depuis longtemps, ce midi, juste après avoir organisé une réunion virtuelle de blogueurs pour ce soir…


10 avril 2020

L'impact du smartphone sur les bistros pour les personnes seules


Un jour, le patron du 1880, pour l’anniversaire de la boutique, m’avait demandé de raconter sur un bout de papier ma meilleure soirée dans son bistro et j’en étais bien incapable. Il y a bien des moments marquants comme les jours de fête de la musique mais je n’ai pas de meilleure soirée. J’aime aussi quand il n’y a pas de client, pas d’ambiance et qu’on peut discuter tranquillement avec les personnes de l’autre côté du comptoir. J’aime quand il y a une fête à laquelle je ne suis pas associé et que je suis seul, avec mon iPhone.

Les smartphones ont révolutionné les soirées de célibataire au bistro (et pas les soirées de rigolade). On lisait le journal, on échangeait trois mots avec le serveur, on faisait les mots croisés, on discutait un peu avec les vagues connaissances qui passaient par là et qui avaient envie de jacter. Je parle bien de l’heure après laquelle les gens habitants en famille sont rentrés pour le dîner avant que maman ronchonne, voire ressortent après le repas pour en boire une dernière, au calme.

Quand les copains sont là, Djibril, Patrice, Tonnégrande,… on discute parce qu’on aime ça, qu’on s’aime bien, qu’on est, en gros, sur la même longueur d’onde. Maintenant, quand je suis seul, je surveille mes messageries, les réseaux sociaux, les blogs, les actualités,… De fait, je ne me fais plus de nouveaux copains comme je le racontais l’autre jour. Je parlais des 24 dernières années. De fin 1996 à 2020 mais j’aurais du m’arrêter à 2010 ou 2012.

Le smartphone n’a pas fait la révolution, la transition a été lente. Je pense que j’ai eu le mien vers 2008 ou 2009. A l’époque, on n’avait pas la 4G, les sites n’étaient pas conçus pour les petits écrans,… Cela s’est amélioré et l’usage des réseaux sociaux a changé (avant on racontait des histoires de bistro avec ces machins). L’usage sur mobile s’est développé. Et il y a eu Angry Birds puis Candy Crush qui ont permis l’éclosion d’un tas idiots de jeux sur mobile avec chacun ses centres d’intérêt. Je connais des gens qui sont en permanence en train de regarder les actualités (dans des domaines précis). Tous les lascars qui avaient des anciens portables les ont remplacé, par la force des choses, par des smartphone sauf quelques rares individus, plus ou moins âgés ou en marge de la société. Et tous ont pris le coup de les sortir en permanence quand ils sont seuls. Je répète : seuls. Je n’aime pas plus que vous les rustres qui les regardent tout le temps. Si la conversation avec les voisins m’intéressent, je range mon iPhone mais il y a bien une époque où j’étais à moitié fou (à la grande époque des blogs). Et je fais partie de ces gens qui peuvent jouer à jeux divers en écoutant une conversation (je passe d’ailleurs une partie de mes réunions professionnelles avec ce machin sans que ça me distraie vraiment).

Et il se trouve que je préfère ça à la discussion avec des types que je n’apprécie pas. Alors, comment faisait-on, au siècle passé ? Ou, plutôt, que faisait-on ? Je donne des éléments de réponse plus haut mais l’activité principale consistait à ne rien faire, à écouter, à regarder,…

Regarder quoi ? Les clients, la décoration, les serveurs qui s’agitent. Tout. Rien. Et j’adorais ça. Quand je faisais beaucoup  de déplacements professionnels, avant de rentrer à l’hôtel, je choisissais un bistro au hasard ou presque (il faut que le comptoir soit calme et qu’il y ait un peu de clients en salle). Et je m’accoudais, à un coin du comptoir, pas trop loin de la caisse, de la machine à café ou de la tireuse à bière.

Et je ne faisais rien.

09 avril 2020

Que sont -ils devenus ?

La fête pour mes 40 ans.

Dans le temps, je parlais beaucoup de mes copains dans ce blog (j'en parle dans le blog politique) mais la source est un peu tarie.  A la lecture, vous comprendrez pourquoi.


Abdel : quand il a vendu son bistro, il est parti à Grenoble où sa femme a trouvé un poste. On l’a revu pendant quelques années quand il venait voir sa famille en région parisienne, il faisait toujours un détour par la Comète.

Alvez : je le croise de temps et en temps dans les rues mais, depuis une dizaine d’années, je l’ai vu une seule fois dans un bistro. Je suppose qu'il est à la retraite et qu'il n'a plus beaucoup de potes depuis le départ de Michel. Il a peut-être une nouveau rade.

Ambre et François : pour l’instant, ils confinent.

Antoine : toujours dans le quartier, je le croise de temps en temps mais nous n’avons plus rien à nous dire depuis très longtemps. Michou fait l'entremetteur pour qu'on boive un verre ensemble tous les trois mois.

Brahim et Mouloud : quand ils ont vendu, ils ont repris une affaire à Choisy Le Roi. Je suppose qu’ils y sont toujours. Mouloud doit être à la retraite mais continue surement à filer un coup de main. Le comptoir est sa vie. Je crois qu’il habite toujours Bicêtre, je le croise tous les un ou deux ans.

Bruno : aucune nouvelle depuis six ou sept ans.

Carlos : il a pris sa retraite, je l’ai vu pendant quelques années puis il semble ne plus traîner à Bicêtre.

Casquette : iI a été licencié et à quitté Bicêtre. Il me semble qu’il est mort d’un cancer depuis.

Corine et sa mère : à part les patronnes de bistro, ce sont les presque les seules femmes de la bande. Corine ne vient plus à l'Amandine depuis le changement de patron. Sa mère est en maison de retraite. On s'envoie des SMS à l'occasion.

Christian le poissonnier : toujours dans le coin (du moins avant le confinement), on ne discute plus comme dans le temps mais il vient toujours à la Comète.

Djibril : toujours présent ! A la retraite, donc de moins en moins au bistro aux mêmes heures que moi.

Eglantine : il devait des sous à tout le monde et on ne le voit plus dans le quartier.

Fernand : on ne le voyait plus. Des copains sont allés chez lui voir ce qu’il devenait. Ils l’ont trouvé mort.

Franck le beauf : il a quitté le quartier depuis très longtemps. Je crois qu’il est mort il y a environ un an ;

Gérard : il n’avait plus de pognon pour boire, sa femme la quitté. Je crois qu’il est parti en province.

Hassan : je crois qu’il a été muté dans le nord puis est revenu à Paris mais je ne l’ai pas revu depuis 2007.

Idir : il n’a pas tenu plus d’un an ou deux avec Karim qui a racheté sa part. Il a ouvert un tabac, je crois, à Etampes.

Jackie la grosse à Jacques : je m'en suis rappelé en cherchant la photo. Je ne sais pas ce qu'elle est devenu.

Jacky le boucher : il était flambard et confondait la recette et le bénéfice de sa boucherie. Faillite, divorce, retour chez les parents. Aucune nouvelle.

Jaune : l’atelier où il bossait a été démoli pour construire l’Auchan. Il est retourné chez ses parents été a retrouvé du boulot. Aucune nouvelle directe.

Jean  et Martine : ils sont partis dans la Sarthe. Au début, on communiquait pas mal mais nos relations s’arrêtent maintenant à Facebook.

Jean-Michel : toujours présent !

Jeannine : arrivée à la retraite, elle a suivi Casquette. Plus de nouvelle depuis.

Jeff : il était militaire et a été muté dans sa région natale. On est resté en contact quelques temps puis son téléphone ne répondait plus…

Jérôme : strictement aucune nouvelle depuis son départ du bistro.

Jim : il est reparti dans le nord. Je suis allé le voir une fois ou deux. On s’appelle de temps en temps.

Karim : toujours à son comptoir.

Laurent : il s’est marié et est parti près de chez ses parents. La dernière fois que je l’ai vu, j’étais son témoin. On s’est juré de s’écrire (à l’époque, on n’avait pas de 06) mais…

Le gros Loïc : il a été malade et est reparti vivre avec sa femme à Châtellerault, je crois. On s’est téléphoné pendant quelques années une ou deux fois par an puis, plus rien !

Le vieux de chez but : il est mort d’une crise cardiaque.

Le vieux Jacques : il est mort d’un cancer.

Le vieux Joël : il est mort d’un cancer.

Lounès : toujours là mais il vient d’arriver.

Manu : il a été muté à Toulouse. Nous avons un contact tous les deux ou trois ans (dans LinkedIn !).

Marcel le fiacre : il est mort d’un cancer.

Mathieu : il est associé avec un ancien barman (son nom n’échappe) et a pris une affaire Nanterre (mon bureau déménage juste à côté).

Michel de l’Amandine : il est à la retraite. Il passe à Bicêtre de temps en temps mais je ne l’ai jamais revu.

Michou : toujours présent.

Molière : je le vois passer de temps en temps. Je pense qu’il ne va plus au bistro (peut-être au PMU).

Nellie : elle a pris une autre gérance. J’ai quelques nouvelles par des copains.

Pascal : on est en contact par Facebook.

Patricia et Patrick : on s’échangeait les vœux tous les ans par SMS. La dernière fois, il m’a répondu « c’est qui » J’ai répondu : « Nicolas, la Comète ». J’attends sa réponse…

Ramdane : toujours là mais on ne se parle plus.

Ravi : il était militaire et a sans doute été muté ;

Régine et Michel : je la croisais parfois chez Raffi ou dans la rue. Lui, jamais. Un jour j’ai appris qu’ils avaient déménagé dans le sud.

Roger : l’ancien propriétaire de la Comète est toujours dans le quartier.

Tonnégrande : comme Djibril…

Y : le bistro a périclité, ils ont vendu. Je crois qu’elle est morte quelques années après.

07 avril 2020

Mon jour d'après

Le Télégramme - Loudéac - Fête de la musique. Dansez maintenant !
Je crois bien que j'ai loupé cette soirée au 1880, moi !

Tous ceux qui parlent du jour d’après me gavent prodigieusement. Il y a un éditorial de Françoise Fressoz, dans Le Monde, qui en parle. Mais personne ne sait ce dont sera fait ce jour d’après. Au bureau, on fait comme si tout allait redevenir normal, ce que je crois, par ailleurs. Mais je n’en sais rien.

Tout d’abord, pour moi, ça consistera surtout à aller voir la famille et les copains, tous ceux qui me manquent. D’ailleurs, la famille et les copains, c’est un peu pareil. Tenez, les patrons du 1880. Je passe normalement beaucoup de temps avec eux quand je suis à Loudéac pour différentes raisons (je viens à des heures creuses, la patronne me ramène le soir, cela fait 35 ans que je suis clients et tout ça). Ils me manquent, tout comme les copains de l’apéro du samedi soir, tout comme les autres clients que je connais depuis longtemps… Et ma mère, tiens ! On s’appelle tous les jours depuis le confinement, parfois deux fois. Je ne sais pas si elle me manque (vu, justement, qu’on papote souvent) mais je sais qu’elle attend le jour où elle pourra sortir, revenir à la maison quand les enfants sont là, travailler dans son jardin,… Et quand on se reverra, je filerai ensuite au 1880, pour voire les copains. Ma famille, celle des bistros.

C’est cela, le jour d’après. Je me fous bien de la marche du monde ensuite. Mon jour d’après, je viens d’en parler. Le pire est que la région parisienne sera déconfinée avant la Bretagne et que je ne pourrais pas y aller. Le pire du pire est que, quand la Bretagne sera déconfinée, il est probable que les maisons de retraite ne le seront pas. Le pire du pire du pire est que les rassemblements de plus 10 personnes (au hasard) resteront interdits  et que je ne pourrais pas aller au bistro, voir les copains.

Dans ce billet, je ne parle pas de mes copains de bistro, à Bicêtre. Je ne les oublie pas mais je ne suis plus très proche des patrons de bistro et les serveurs passent… Quant aux copains de la vraie vie, je ne les vois plus beaucoup pour différentes raisons (notamment leurs retraites… voire leur mort). Il en reste. Odette, Patrice, Jean-Michel… Alors on s’appelle… Je ne parle pas non plus des copains blogueurs parce qu’ils sont toujours là, dans les blogs, dans Faceboook,… Mais j’attends avec impatience le retour de nos éclats de rire, à la terrasse de la Comète, si on est déconfinés avant le début de l’hiver.

Voilà : on ne sait pas quand sera le jour d’après alors ceux qui font des théories sur ce qui se passera me gonflent. Récemment, un journal titrait sur le fait qu’on va connait la pire crise économique depuis 1945, seulement 21 ans après ma naissance, il y a bientôt – très bientôt – 54 ans. On n’en sait rien. Aussi bien, les entreprises vont reprendre l’activité pour rattraper le retard, embaucher en masse, que sais-je ? Rien ! Peut-être que l’Europe va faire tourner la planche à billets et que nous connaîtrons de nouvelles trente glorieuses ?

Alors je vois des andouilles qui disent qu’il faudra reconstruire un monde meilleur, sans pollution et sans bouffer du pangolin. Ils y croient probablement ou essaient de jouer aux intéressants. Je pourrais d’ailleurs pondre des théories, ça égaiera mon blog politique…

Mais pas ce soir. Je vais fêter mon anniversaire (le 23), tout seul. Ne m’appelez pas, ne mettez rien dans Facebook. Je ferai sans doute un billet de blog. Commentez-le rapidement. Et je pensais à la fête des mères : je ne pourrai pas envoyer des fleurs à la mienne.

Il faut penser aussi aux jours d’avant le jour d’après.

03 avril 2020

La supercherie des VPN ?

Au boulot, en télétravail, on passe par un VPN pour accéder au réseau de la boîte. Ça me paraissait une mesure sage jusqu’à ce matin. Du coup, il est impossible d’utiliser nos ordinateurs portables pour internet sans passer par le VPN. 

Didier, vous n’allez rien comprendre à ce billet. 

Par exemple, si demain je veux aller sur Google pour trouver des bistros ouverts illégalement, il faudra que je lance le VPN pour me connecter via internet au réseau de ma boîte, réseau qui enverra ma demande sur internet. C’est complètement con. Puisque je suis obligé de passer par internet et le réseau de la boîte pour aller sur internet, autant me permettre d’y aller directement. 

Nos PC sont sécurisés. Les disques durs sont chiffrés. Il y a de gros antivirus. On n’a pas les droits administrateur. Il n’y aurait aucun problème de sécurité à aller directement sur internet. 

Mais les gens de la sécurité ont des lubies. Je travaille dans un domaine sensible : je suis amené à manipuler des données personnelles de clients, notamment les numéros de cartes bancaires des clients. La boîte ferme donc les ports USB en écriture pour qu’on ne puisse pas extraire des listes de numéros de cartes. Le truc de sécurité contrôle nos mails professionnels pour vérifier qu’il n’y a pas de numéros de carte. Tout cela est du pur bon sens mais on peut chiffrer les numéros avec Winzip et les envoyer. On peut aussi les envoyer avec nos messageries personnelles. Et comme on travail dans un domaine sensible, on a un tas d’outils pour envoyer de manière sécurisée des informations confidentielles à l’extérieur. Genre : je peux envoyer des données sensibles à moi sur un PC personnel. Il est évident que toutes ces lubies ont un coût non négligeable pour les entreprises (je parle de mon cas mais la plupart des grosses boites ont les mêmes pratiques). 

Mais revenons à nos VPN. Déjà, vous ne savez peut-être pas ce que c’est. Virtual Private Network. En gros vous établissez une liaison sécurisée entre un PC ou un réseau et un autre PC ou un autre réseau. Les données sont chiffrées et les points d’accès sont authentifiés. 

Par exemple, le VPN de ma boîte me permet d’accéder à ses serveurs. Quiconque n’a pas de VPN ne peut pas y accéder. C’est la moindre des choses. Et si on tombait sur un bon pirate, l’accès aux serveurs est lui même ultra protégé. 

Ce VPN m’emmerde. Il bouffe de la bande passante (je n’ai pas internet chez moi, je passe par mon iPhone). Donc je suis obligé de limiter le temps de connexion de mon PC. J’y vais le matin pour récupérer les mails et en journée quand j’ai vraiment besoin d’accéder à une application de la boîte. 

Notons d’ailleurs qu’il y a de moins en moins « d’application de la boîte » vu que nous passons par beaucoup de truc en mode SaaS comme les outils de gestion des incidents... mais aussi les les applications Microsoft comme SharePoint ou Teams. Et Outlook. Nous avons bien des applications sur nos PC pour ces deux derniers mais on peut y accéder sans le VPN depuis nos ordinateurs personnels. 

Par contre, avec le PC du boulot, il faut passer par le VPN. Cette période de confinement est très pénible. Je pourrais travailler sur un PC perso mais je n’en ai pas. Je passe ma vie au bistro pas sur un ordinateur. C’est d’ailleurs pour ça que je n’ai pas de wifi chez moi et que j’utilise mon forfait personnel pour me connecter à Internet avec le PC du bureau. 

Ce matin, un détail m’a mis la puce à l’oreille. Mon PC déconnait et j’ai du le rebooter. J’en ai profiter pour vaquer. Quand je suis revenu, j’avais des messages dans Outlook et dans Teams alors que je n’avais encore établi le VPN. Les gars de la boîte avaient dont fait une modification essentielle de la politique de sécurité. Permettre à certaines applications d’accéder à internet sans passer par le VPN. 

Une évidence. 

De là, pourquoi ne permettent-ils pas à toutes les applications de se connecter à Internet vu que les PC sont sécurisés. 

Le plus délirant est qu’ils ont bloqué l’usage des sites gourmands en données comme ceux qui diffusaient de la vidéo comme Facebook, Twitter ou YouTube pendant la période de confinement pour libérer le VPN... Alors qu’ils ne pourraient les bloquer que quand le VPN est monté ! Et encore, cela ne servirait à rien. On n’aurait pas besoin de se connecter via VPN, ce dernier serait moins chargé et on ne l’utiliserait plus que pour l’accès au réseau de la boîte. 

Et l’accès aux serveurs de production étant ultra sécurisé, on pourrait presque être open bar. 

Voilà les gens de la sécurité démasqués. Ils sont très exigeants mais en période de crise, comme maintenant, on se rend compte que tout cela ne sert à rien. 

C’est ballot. 

01 avril 2020

Je déteste les balcons !

Les crétins qui applaudissent tous les soirs à 20 heures sur leurs balcons m’exaspèrent de plus en plus. Ce n’est pas la fête, bordel ! Je sais bien tout ce qu’on doit aux soignants. N’oublions pas, d’ailleurs, qu’on leur doit surtout du pognon. 

Et quand le gouvernement décidera d’augmenter les impôts pour leur verser des primes exceptionnelles et leur donner un équipement de qualité, vous n’applaudirez plus. Moi si. 

Les cons sont confinés chez eux (à juste raison, ce n’est pas la question) et sortent sur leur balcon pourri (je sais, j’ai le même) pour faire une espèce de fiesta à 20h. C’est n’importe quoi. 

J’habite dans un appartement dans un immeuble où les voitures accèdent par le sous sol et l’espace entre les immeubles est occupé par les jardins des rez-de-chaussée et des espaces pour déconfiner les chiens et les enfants. En cette période, on n’y voit personne. Je passe mes journées à travailler près de la fenêtre. Pardon, de la porte-fenêtre qui me permet d’accéder à mon balcon. Je n’ai vu personne en 15 jours de confinement sauf une fois alors qu’en temps normal il y a un peu de monde. A croire que même les chiens ne chient plus. 

Mon balcon ? Il ne m’a jamais servi à rien. La première année, j’y prenais parfois le café. Après, j’ai commencé à entasser du bordel. Je ne vois jamais personne sur les balcons des voisins à part pour arroser les plantes. On est pourtant assez éloignés les uns des autres pour ne pas y aller par pudeur. Les gens se foutent de leurs balcons. Ils prennent un appartement parce qu’il y a un grand balcon mais n’y vont jamais. Je ne critique pas. J’en fais partie. Et pourtant mon balcon est idéal. Dernier étage. Plein sud. Contrairement aux autres locdus dont les types en face (à 200 mètres) qui n’ont jamais le soleil. 

L’expression « il y a du monde au balcon » devra être traduite pour les cons.