07 avril 2020

Mon jour d'après

Le Télégramme - Loudéac - Fête de la musique. Dansez maintenant !
Je crois bien que j'ai loupé cette soirée au 1880, moi !

Tous ceux qui parlent du jour d’après me gavent prodigieusement. Il y a un éditorial de Françoise Fressoz, dans Le Monde, qui en parle. Mais personne ne sait ce dont sera fait ce jour d’après. Au bureau, on fait comme si tout allait redevenir normal, ce que je crois, par ailleurs. Mais je n’en sais rien.

Tout d’abord, pour moi, ça consistera surtout à aller voir la famille et les copains, tous ceux qui me manquent. D’ailleurs, la famille et les copains, c’est un peu pareil. Tenez, les patrons du 1880. Je passe normalement beaucoup de temps avec eux quand je suis à Loudéac pour différentes raisons (je viens à des heures creuses, la patronne me ramène le soir, cela fait 35 ans que je suis clients et tout ça). Ils me manquent, tout comme les copains de l’apéro du samedi soir, tout comme les autres clients que je connais depuis longtemps… Et ma mère, tiens ! On s’appelle tous les jours depuis le confinement, parfois deux fois. Je ne sais pas si elle me manque (vu, justement, qu’on papote souvent) mais je sais qu’elle attend le jour où elle pourra sortir, revenir à la maison quand les enfants sont là, travailler dans son jardin,… Et quand on se reverra, je filerai ensuite au 1880, pour voire les copains. Ma famille, celle des bistros.

C’est cela, le jour d’après. Je me fous bien de la marche du monde ensuite. Mon jour d’après, je viens d’en parler. Le pire est que la région parisienne sera déconfinée avant la Bretagne et que je ne pourrais pas y aller. Le pire du pire est que, quand la Bretagne sera déconfinée, il est probable que les maisons de retraite ne le seront pas. Le pire du pire du pire est que les rassemblements de plus 10 personnes (au hasard) resteront interdits  et que je ne pourrais pas aller au bistro, voir les copains.

Dans ce billet, je ne parle pas de mes copains de bistro, à Bicêtre. Je ne les oublie pas mais je ne suis plus très proche des patrons de bistro et les serveurs passent… Quant aux copains de la vraie vie, je ne les vois plus beaucoup pour différentes raisons (notamment leurs retraites… voire leur mort). Il en reste. Odette, Patrice, Jean-Michel… Alors on s’appelle… Je ne parle pas non plus des copains blogueurs parce qu’ils sont toujours là, dans les blogs, dans Faceboook,… Mais j’attends avec impatience le retour de nos éclats de rire, à la terrasse de la Comète, si on est déconfinés avant le début de l’hiver.

Voilà : on ne sait pas quand sera le jour d’après alors ceux qui font des théories sur ce qui se passera me gonflent. Récemment, un journal titrait sur le fait qu’on va connait la pire crise économique depuis 1945, seulement 21 ans après ma naissance, il y a bientôt – très bientôt – 54 ans. On n’en sait rien. Aussi bien, les entreprises vont reprendre l’activité pour rattraper le retard, embaucher en masse, que sais-je ? Rien ! Peut-être que l’Europe va faire tourner la planche à billets et que nous connaîtrons de nouvelles trente glorieuses ?

Alors je vois des andouilles qui disent qu’il faudra reconstruire un monde meilleur, sans pollution et sans bouffer du pangolin. Ils y croient probablement ou essaient de jouer aux intéressants. Je pourrais d’ailleurs pondre des théories, ça égaiera mon blog politique…

Mais pas ce soir. Je vais fêter mon anniversaire (le 23), tout seul. Ne m’appelez pas, ne mettez rien dans Facebook. Je ferai sans doute un billet de blog. Commentez-le rapidement. Et je pensais à la fête des mères : je ne pourrai pas envoyer des fleurs à la mienne.

Il faut penser aussi aux jours d’avant le jour d’après.

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