28 novembre 2013

Pue d'la gueule

Ce matin, dans ma rame métro, au bout de quelques stations, je constate une forte odeur très désagréable, de celles qui vous prennent à la gorge. Elle semblait « chimique », c'est-à-dire pas corporelle. Ce n’était pas de la sueur, de l’urine, ce à quoi on finit par s’habituer. J’en tire la conclusion que c’était un parfum, plus précisément celui d’une femme que je ne tarde pas à identifier : une chinoise, juste à côté de moi. Je précise l’origine parce qu’il est possible que le ressenti des odeurs dépende de la culture…

Tous ceux qui prennent régulièrement le métro ont été confrontés à des puanteurs diverses. Je ne vais donc pas faire un billet nauséabond pour en parler mais cet événement m’a remis en mémoire mon trajet d’hier matin. Je suppose d'ailleurs que j'ai déjà traité ce sujet, notamment avec certains clochards qui s'endorment après s'être pissés dessus...

Pareil. Au bout de quelques minutes, forte odeur, mais d’origine humaine. Pendant un temps, je crois identifier de la sueur et je mets ça sur le dos de deux ouvriers qui semblaient rentrer du travail. C’était affreux. J’aurais pu sortir et prendre la rame suivante mais je n’étais pas en avance.

Tous ceux qui prennent régulièrement le métro… Vous avez identifié une mauvaise odeur d’origine humaine. Vous savez qu’elle ne vient pas de vous. Vous sortez de la douche, vous avez des fringues propres mais vous avez ce sentiment étrange que les autres pourraient penser que vous en êtes à l’origine. Vous avez l’impression que les regards se croisent, que chacun cherche un coupable. La honte vous monte aux visages. Vous en êtes sûr. Les autres pensent que c’est vous.

Un peu plus tard, je capte une conversation d’un homme et d’une femme, à côté de moi, intrigué par ses paroles à lui que je reconstitue de mémoire.

Lui : « ce matin, j’ai remarqué que j’avais oublié ma brosse à dent. » Je suppose immédiatement que c’était un provincial qui a passé la nuit à Paris. Elle : « tu sais que la plupart des hôtels en vendent. » « Ah ! Non » « Tu aurais pu, aussi, te passer du dentifrice sur les dents avec les doigts, ça sent vraiment très fort. » « Je n’y ai pas pensé ». « Tu peux aussi acheter des bonbons. »

Conversation vaguement surréaliste. Ce type savait visiblement qu’il puait de la gueule et dérangeait les autres mais n’avait pas honte. Il s’apprêtait à passer à la journée ainsi. Probablement en réunion avec d’autres personnes.

A un moment, il se tourne vers moi. Il puait effectivement très fort de la gueule. L’odeur que j’avais identifiée dans le métro n’était pas celle de la sueur d’ouvriers rentrant d’une nuit de travail mais d’un type qui avait visiblement pris une cuite la veille et avait oublié de se laver les dents…


14 commentaires:

  1. Ah ! là je te compatis !!! pppfff ! quelle horreur !!!!
    Tu as dû être content de sortir de l'endroit pour prendre l'air ! LOL ;o)

    Biz et bonne journée Nico !!!! ;o)

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    1. Ils sont sortis avant moi (ce qui ne change rien).

      Bonne journee

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  2. Mme NKM n'a pas dû voyager dans la même rame que vous!!!!

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  3. Puer de la bouche de métro ... manque de savoir-vivre !

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  4. Incroyable ...
    Dans les écoles, il faut mettre la gomme sur l'éducation au respect de l'autre, à sa prise en considération ...
    Ce métro qui nous sauve, qu'on paye à prix d'or et dans lequel certains des grosses mamas se permettent de débarquer avec une énorme poussette pliable mais non pliée, plus chargée de leur barda ...le bébé quant à lui, effaré et claustrophobé dans les jambes des gens, engoncé dans sa combinaison, le bonnet sur l'oeil, le cul sans doute collé à sa couche souillée, ne demanderait qu'à être découvert et mis à portée de visages dans les bras de sa mère.
    Ce métro où certains se permettent de bouffer comme des vaches, époussetant leurs miettes sur les gens et sur le sol, puis jetant à terre leurs papiers gras ...
    Non, mais on se croit où ?
    Même à Dysney Land où le niveau ne vole pas plus haut que les oreilles de Mickey, il est interdit de bouffer ... alors que fait la RATP ?
    Ce métro où t'es pas plus tôt monté, que tu te fais accaparer ton espace sonore par un épouvantable écraseur de soufflets d'accordéon, qui ne sachant pas jouer de toute façon, te fait grincer son horrible sono qu'il trimballe, accrochée par des sandoz, sur un caddie ...
    Le métro serait sympa si les couloirs étaient nettoyés au karcher au moins une fois par trimestre ... cette glue noire sur les côtés, elle a combien d'année ?
    Il serait sympa aussi si chacun avait un peu de savoir vivre ... ne se permettait pas de tousser à gorge déployée ses virus au nez des bien-portants innocents, de péter subrepticement en regardant son voisin d'un air courroucé, de mettre la main aux fesses des dames en faisant semblant de fouiller dans ses poches ...
    Il serait bien sympa si ceux qui veulent monter ne tançaient pas leurs enfants : "allez, regarde pas ! Monte, monte !" et le gosse se lance dans les jambes de deux, pourtant prioritaires, de ceux qui descendent ...
    Ne parlons pas de ceux qui, arrosés de parfum, n'ont pas eu l'audace, faute de trouver 8€ pour mettre leur pardessus au pressing, de le mettre sur le programme laine de leur lave-linge, avec soit du woolite, soit du shampoing BB si petit budget ... L'odeur écoeurante d'un vêtement dans lequel quelqu'un a transpiré des mois durant est-ce pire ou moins pire qu'une mauvaise haleine ? ... Pour moi ça se vaut ... J'essaie de changer de place ou de rame.

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    1. Ce n'est pas à l'école d'assurer cette éducation. Tu as raison on pourrait multiplier les exemples. J'avais fait une série de billets à propos des cons dans le métro. Je m'étais fait tomber dessus par plusieurs personnes (des provinciaux) qui ne comprennent pas, par exemple, la gêne que représente les poussettes aux heures de pointe.

      Pour ce qui concerne l'entretien des fringues, je pourrais en faire des tonnes en tant que célibataire endurci mais le pire est chez les types qui bossent un costume. Un veste ne se l'avant pas en machine, ils ne lavent pas non plus le pantalon. J'ai observé des trucs délirants notamment quand j'ai commencé à bosser. Quand tu bosses longtemps avec des gens, tu observes leur trucs vestimentaires. Ils changent souvent de costume... Mais ne repassent pas les pantalons au prétexte que ça cuit la crasse. Du coup, comme ils ne vont jamais au pressing ou presque, ça se voit qu'ils font l'année avec 4 costumes... Ce qui fait trois mois par pantalon.

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    2. Je me rappelle d'un de mes premiers chef qui a fait quatre mois avec le même pantalon (que je reconnaissais à une tâche mal placée).

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    3. Tant que j'y suis : il y a un tas de gens qui ne sentent pas leur propre odeur imprégnée dans les fringues alors que les miennes m'incommodent.

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    4. J'ai eu quatre bébés qui ont chacun moins de 2 ans d'écart : je n'ai jamais fait suer les gens et j'ai trimballé mes enfants partout : cirque, marionnettes, vitrines de noël, piscine, docteur ... J'ai utilisé une poussette canne de jumeaux que je pliais. Je portais le BB les autres marchaient en se donnant la main et sans faire les zouaves : je les occupais avec une histoire quelconque inventée et un truc à gagner à l'arrivée, naturellement ! :DDD
      Ces matrones avec leur enfant en mercédès dans le métro à faire ch... tout le monde, franchement, c'est une drôle mentalité.

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    5. Bah ! Le bus est pas mal, non plus. Une fois, je rentrais d'Orly. Des cons avaient acheté des meubles dans des grands magasins de banlieue (Belle Épine) et rentraient en bus.

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  5. Ah le fameux gars au dentifrice lol

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