08 novembre 2013

Vie de bistro ou chienne de vie ?

J'ai fini tard le boulot ce soir et j'ai continué à bosser dans le métro avec l'iPhone. Quand je suis arrivé à la Comète vers 19h45, j'étais encore dans le taf et je ne me suis pas mêlé aux types que je connaissais qui étaient visiblement "bien partis". Je finissais la rédaction de mails professionnels pour boucler le travail de la semaine (ça aurait pu attendre mardi mais tant que j'avais le nez dedans...).

Par réflexe ou presque, je suis parti boire un coup à l'Amandine où j'ai continué à bosser puis je suis redescendu à la Comète vers 20h30.

Les trois connaissances (dont un pote, Fred, dont je parle parfois ici) commençaient à être pleins. La femme d'un d'entre eux avait appelé le bistro... Il y avait un quatrième lascar. Un chauve quadragénaire qui ressemble un peu à Nestor dans Tintin. Ils leurs payaient verre sur verre. 

Au bout de quelques minutes, il a commencé à me regarder bizarrement. Comme si je gênais son manège. Depuis une heure vingt, maintenant, c'est pareil. Il paye des verres aux autres et pas à moi. Aux autres ? Il n'en reste plus qu'un et sa femme est venue le chercher. 

Il n'empêche que ça faisait longtemps qu'on n'avait pas vu une telle ambiance à la Comète, avec des clients comme j'aime, qui rigolent au comptoir. Mais, je n'étais pas avec eux. Je n'étais pas dans leur délire et je le regrette.

Tout le monde est parti. Il reste le chauve et moi (et les deux serveurs). Il articule difficilement.

Cet imbécile a payé des verres à des gens qu'il ne connaît pas. Et il continue à me tourner le dos. Il a repéré, je ne sais comment, le type qui avait vu son manège (payer des verres à des inconnus pour avoir des potes) et le seul à pouvoir l'interrompre.

Le chauve est parti. Il est 21h45

Dans les bistros, il y a des locomotives. Des types qui entraînent les autres. J'en suis une. Je mets une tournée et tous les autres en mettent une. Les patrons de bistro me chérissent. Je ne me vante pas, observez donc la vie autour de vous au comptoir.

Cet imbécile avait payé des verres à tout le monde sauf à moi pour avoir des amis et il a repéré au premier coup d'œil que je pouvais casser ses plans alors que je m'en fous. 

Je me pose des questions. Combien de bistros a-t-il fait ? Comment a-t-il pu repérer celui (moi) qui est la locomotive ici alors que j'étais en dehors ce soir ? 

Quel pognon a-t-il dépensé dans des bistros pour tenter d'être chef de bande et avoir des copains ?

Pauvre garçon. 


Et les autres imbéciles, clients de bistro, se sont fait avoir tout en ayant bu à l'œil. 

4 commentaires:

  1. Fou ce qu'on peut avoir de réflexion sur la psychologie humaine, parfois construite sur le désœuvrement, rien qu'une soirée dans un bistrot.

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    1. Yes ! C'est délirant. On pourrait en faire des tonnes. Mais ce lascar est exemplaire. Il a deviné au moment où je suis rentré à la Comète que c'était moi le chef (ce que je suis pas et ne revendique pas). Comme si les autres lui avaient transmis inconsciemment un signal.

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  2. J'aime toujours autant te lire Nico.
    MERCI pour ce partage intéressant.
    BISES :o)

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