14 mai 2014

Les pommes de terre au microonde

Nous devisions avec des camarades de comptoir et nous ne voyions pas l'heure tourner. 23 heures arrivèrent quand je me suis rendu compte que 23 heures arrivèrent. Il me fallait rentrer à la maison pour faire la cuisine et manger à une heure raisonnable, genre 20 heures. Jean-Michel me demande alors que j'avais à préparer et j'avoue : des pommes de terre. C'était pour manger avec une charcuterie sympathique que vous pourriez connaitre si vous n'étiez pas en couple avec une pouffe qui vous incite à manger un filet de poisson le soir. 

Jean-Michel me dit alors que je n'avais qu'à cuire mes pommes de terre au micro onde, ce qui pour un Breton comme moi est absolument tabou. Il me donne néanmoins la recette : tu mets les patates dans un assiette creuse avec une cuillère d'eau, tu recouvres et tu enfournes 8 minutes. J'étais dubitatif mais j'ai quand même essayé !

Ca marche.

Par contre, je ne l'ai pas assez écouté : il faut vraiment ne mettre qu'une cuillère d'eau.

12 mai 2014

Le twittos dans le train

L'anecdote n'a aucun intérêt mais j'ai besoin de faire un billet pour vérifier le fonctionnement du flux RSS du Kremlin des Blogs. Toujours est-il que dimanche soir, j'arrive à la gare de Saint Brieuc, je monte dans le train qui était presque vide (pas plus d'une vingtaine de personnes dans la voiture). Ma place était occupée. Je me mets ailleurs (de l'autre côté du couloir) en ronchonnant. Pourquoi ce type s'était-il mis là, avec quelqu'un à côté de lui, alors que la place ne lui était pas affectée, et que juste à côté (où je m'étais mis), il y avait deux places côte à côte disponibles ?

Je veux bien comprendre qu'il ne dispose pas de place et qu'il était en surréservation, ce dont je ne suis même pas sûr (la rame n'a pas été pleine jusqu'à Paris).

Je prends Twitter et je tombe sur deux lascars (dont un qui vient parfois au Kremlin des Blogs) qui discutaient du sujet. L'un se plaignait parce qu'il avait pris une place au hasard dans un train vide et que quelqu'un avait voulu avoir sa place puisqu'elle lui était affectée... L'autre lui donnait raison et se foutait de la gueule de la brave personne qui réclamait sa place.

Mon train arrive à Rennes, du monde monte, et des gens réclament ma place. Je ramasse mon iPhone, mon iPad, ma bouteille d'eau (oui...), le chargeur de l'iPhone, ma sacoche,... Je prends tout dans mes petits bras, me mets dans le couloir, signale au glandu que je voulais récupérer mon siège, il se lève, ramasse ses affaires,... Pendant ce temps, une queue s'installe puisque nous bouchons le passage... Le type se barre, j'avais toujours mon bordel dans les mains, je n'arrive à ouvrir ma tablette pour le poser.

Bref, le cirque...

Je vais donc répondre à mes deux twittos, fort sympathiques mais franchement cons sur les bras. Quand je pense qu'il y en a un qui est supporter de François Hollande... 

Si la SNCF se fait chier à attribuer des places, c'est pour permettre aux braves gens de voyager peinardement. Dorénavant, j'exigerai de pouvoir avoir la place dont le numéro figure sur mon billet pour ne pas être emmerdé pendant le trajet.

C'est quoi ces anarchistes de pacotilles ? Mériteraient des baffes...

Dimanche soir

Le dimanche soir a toujours été une soirée particulière. Je me rappelle quand j’étais petit, on regardait un film sur la première chaine vers 17h30 ou 18h avec mon père et, peut-être, mon grand frère. Près de 40 ans après les souvenirs sont vagues… La famille attendait la fin pour que l’on puisse passer à table…

Les années ont passé. J’ai atterri au Kremlin-Bicêtre. La Comète fermait à 19 heures, on rentrait à la maison. Les patrons ont changé, en 2008, et le dimanche soir est devenu un soir comme les autres, mais avec beaucoup moins de monde, des soirées intimes entre proches. La meilleure soirée de la semaine.

Puis la Comète a commencé à fermer le dimanche vers 18 heures. Alors, on allait dans d’autres bistros ou à rentrer de bonne heure. Il y a quelques mois, j’ai pris l’habitude d’aller dîner au Constantinople quand les autres en question étaient fermés.

Il reste que les clients du dimanche soir ont peu d’intérêt. Des raclures diverses. Les copains ne sont pas là à part Ramdane et le vieux Joël.

Les week-ends que je passe en Bretagne sont un peu particuliers. Normalement, je pars de Loudéac vers 14 heures et j’arrive à 19 heures. L’Aéro ou le PMU sont ouverts et je vais y boire un verre avant de rentrer mais il y a peu d’intérêt. Les clients sont des vieux pochetrons qui ont passé leur journée là ou des ex racailles de banlieue qui se lâchent ! N’allez pas penser ce que je n’ai pas dit. Je les aime bien mais je ne suis pas dans l’ambiance, à part avec Ramdane et le vieux. Je rentre de Bretagne, je veux être peinard… En fait, ça fait des années que ça dure. Pendant un temps, assez long, je rentrais en voiture. Depuis un an ou deux, c’est en train, mais ça ne change rien. Je n’aime plus cette ambiance quand je n’ai pas passé le dimanche à Bicêtre, déjeuné à la Comète, fait la sieste, vaqué à des trucs divers et retrouvé le bistro, vers 19h ou 20h et rentré une heure après. Ou deux heures. Ou trois heures.

Je crois que je suis susceptible. Quand j’arrive au bistro, le dimanche soir, les gens se foutent bien de savoir si j’ai passé le week-end en Bretagne ou à Paris, sauf Karim, à l’Aéro, qui sait que s’il ne m’a pas vu le samedi soir, c’est que je n’étais pas dans le coin. Son ex-femme étant Bretonne, il est « envieux » de me voir y aller souvent. Pour ces braves gens, c’est : « tiens ! voila Nicolas ». Pour moi, cela n’a rien à voir si je sors de la sieste ou du train… Si je sors du train, c’est que je change de monde.

Toujours est-il que cela fait deux fois de suite que je ne réussis pas à avoir une place dans le trains qui me fait partir de Loudéac vers 14 heures pour arriver à 19 heures et que je me rabats sur le suivant qui me fait arriver vers 22 heures. La dernière fois, j’en avais fait un billet, j’étais arrivé à Bicêtre, tout était fermé, et je m’étais décidé à aller faire un tour dans une nouvelle brasserie à Villejuif. Toute neuve ! Une ambiance différente…

Ce soir, j’y suis allé directement. J’ai pensé quelques secondes à m’arrêter à Bicêtre. Je n’avais pas eu de chance avec mes deux métros. Deux fois 8 minutes d’attente. A ce sujet, il faudrait que j’engueule la RATP… et la SNCF. J’étais en voiture 17. Arrivé à Montparnasse, il faut plus de 10 minutes pour rejoindre le métro à pied, puis attendre le métro, puis marcher 5 minutes Place d’Italie puis attendre à nouveau…

Mon métro arrive à Bicêtre. Je n’avais pas envie de tomber sur des bistros fermés ou remplis des vieux ivrognes habituels. J’ai foncé à Villejuif.

Contrairement à la fois précédente, je n’étais pas le seul au comptoir. Il y avait deux groupes de trois ou quatre personnes qui étaient peinards et une vingtaine de clients en salle qui dînaient. A 22 heures… A moins de 500 mètres de la Comète, un autre monde. C’est étrange.

Je m’installe. J’étais bien. Ambiance décontractée, fond musical léger, un peu comme si Conchita était en charge de la programmation musicale. La croisière s’amuse, quoi !

Une heure après, les derniers clients partaient, je voulais les suivre. Un serveur me fait signe : il y a le temps…

J’ai pris le temps.



10 mai 2014

Twin Twin moustache

Il ne faudrait pas que vous loupiez ça. Voila le groupe qui représente la France à l'Eurovision. On ne va pas se plaindre, non plus, vu que c'est le pays vainqueur qui organise le machin pour l'année suivante. A la limite, ce n'est pas mal. Le genre de connerie qui pourrait faire un tube de l'été chez les jeunes. D'ailleurs, ça pourrait le devenir. Ou alors le machin que l'on apprécierait de la part d'un petit groupe dans un concert, à la campagne.

Toujours est-il que j'ai appris au bistro que c'est ce groupe qui allait défendre les couleurs de la patrie... A quinze jours des élections européennes. Je n'ai pas pu m'empêcher de l'écouter. Je vous conseille d'en faire autant.

Pour savoir.


Ne gueulez pas, ça dure deux ou trois minutes seulement.

05 mai 2014

Le selfie ultime !


En plein Kremlin des blogs, avec @undessinparjour, Juju, Dagrouik, Antoine, El Camino, Gildan, Seb et Menulmuche. 

04 mai 2014

La réunion !

La vidéo vient de Koreus et m'a été signalée par Amy. C'est à peu près mon job... Elle semble délirante mais ne l'est pas nécessairement...



L'expert en réunion - Vidéos

A noter que dans la vraie vie, c'est plutôt l'expert qui dit que tout est possible et le chef de projet qui est réticent. L'expert s'en fout : un client veut un truc, il le fait... C'est le chef de projet qui devra gérer.

30 avril 2014

Ce soir, c'est baston !

Je suis arrivé en retard au bistro, ce soir. J’ai honte mais j’avais du boulot. Je suis arrivé vers 20h45. Les clients, serveurs, copains, étaient en émoi. Pas parce que je suis arrivé tard, d’autant que je suis parti vers 9h10, ce matin, ce qui avec deux heures de transport me fait une journée raisonnable, mais parce qu’il y a eu un événement à la Comète. Ils étaient excités comme des puces et j’essaie de reconstituer la réalité d’après leurs propos.

Il y avait deux clients que l’on pourrait qualifier de noirs en stage à la RATP si ce n’était pas discriminant (mais pourtant rigoureusement exact, une couleur et un uniforme se cachent assez difficilement). Au moment de payer ce qu’ils devaient leur addition, ils se sont rendus compte qu’ils n’avaient pas d’oseille et ont donc porté connaissance de ce fait à l’aimable mais un peu gros personnel de la maison qui n’a pas apprécié d’être mis devant le fait accompli. L’une des andouilles ayant posé sa sacoche sur le comptoir, le loufiat l’a prise et l’a mise derrière en leur disant d’aller chercher du pognon.

Les connards étaient bien emmerdés et sont partis à la quète d’argent. Ils sont revenus dix minutes après avec des billets neufs et ont payé. JC leur a rendu la monnaie.

Au fait, Nelly et Mathieu, faites comme si vous n’étiez pas au courant, hein ! Laissez pépère vous raconter s'il a envie. 

JC leur a rendu la sacoche. Un des deux l’a ouverte et a commencé à crier comme quoi on avait piqué son téléphone portable caché dedans. Il a fait une scène qui était visiblement répétée à l’avance et ont foutu la merde dans la boutique. Il parait que ça a duré dix minutes. Des clients ont fini par se lever pour leur demander d’arrêter de leur casser les couilles mais ça n’a pas suffit. JC a fait ce qu’il avait à faire parce qu’il n’avait pas le choix : il a appelé nos valeureuses forces de l’ordre qui ont mis plus d’une heure à arriver ce que je conçois assez bien, ils ont mieux à foutre que de gérer les conflits dans les bistros.

Quand elles sont arrivées, ce petit monde a recommencé à s’engueuler, les deux imbéciles gueulant parce qu’on leur avait piqué leur portable dans la sacoche. L’un d’entre eux a fini par sortir un couteau et a menacé JC devant les gentils policiers qui étaient probablement pétés de rire.

Ils ont donc conciliabulé et proposé aux deux cons de porter plainte pour vol de portable et à JC de porter plainte pour menace avec une arme de blanche devant les forces de l’ordre ce qui a été fait civilement en bon uniforme.

Je regrette d’avoir loupé ça, pour une fois qu’on rigole au bistro. Et j’imagine la tronche des stagiaires de la RATP quand ils verront demain qu’ils ont mis à pied car celui qui avait la sacoche a appelé, avec le portable de l’autre, sa chef pour tenter de prouver sa moralité et lui a passé JC qui a tout raconté à sa chef.


Le travail précaire n’est pas toujours facile.

28 avril 2014

La mort de Micheline Dax

C'est encore quelqu'un qui mérite un large hommage qui nous a quitté. Un large hommage parce que c'est une femme qui nous a fait beaucoup rire, un monument ! Un personnage ! Une voix !

Quand j'ai appris la nouvelle, je voulais faire un vrai billet mais je me rends compte que ces billets de blog sont souvent ridicules. Je ne regarde plus la télé. Micheline Dax avait quitté ma mémoire. À la fin de l'année, les journaux nous feront des articles : ceux qui nous ont quitté cette année. On dira alors : ah oui, il y avait Micheline Dax. Ou : ah, c'était cette année, je croyais que c'était plus ancien. Ou : ah merde, j'avais oublié. 

Sans compter toutes les andouilles qui ne lui arrivaient pas à la cheville qui vont de précipiter pour dire ce qu'ils ont à dire, que c'était une femme fantastique, qu'elle va manquer à la scène,... Je vous déjà les articles avec les interviews de Pierre Mondy et Jean Carmet qui vont dire à quel point sa mort fait un vide, comme ils l'avaient fait pour la mort de Michel Galabru.  

Alors, j'ai préféré attendre d'être au bistro pour faire mon billet. Micheline Dax était un personnage de mes blogs...

Entre 1996 et 2003, je fréquentais le Washington, rue Washington, dans le 8éme. Un soir, le serveur me dit : tiens ! Tu as vu qui est à la table derrière toi ?

Elle était une cliente régulière du bistro. Elle venait parfois avec une autre vieille gloire de la scène (Odette Joyeux, de mémoire, mais je ne l'ai jamais vue, c'est le Loufiat qui m'avait dit). 

Adieu, Micheline. 

N.B. : avant de faire ce billet, j'ai fait une recherche Google News pour savoir ce qu'on en disait. La plupart des articles parlent du décès de Mme Dax. Ils pourraient parler de sa mort. Ça serait plus français. Je deviens chiant avec l'âge mais j'ai de mauvaises fréquentations. 

27 avril 2014

Un nouveau restaurant dans le quartier

Ayant pris un TGV plus tard que d'habitude, je suis arrivé vers 21h30 à Bicètre. Tous mes fiefs étaient fermés et j'avais envie de boire un coup et la flemme de redescendre jusqu'au bas de la commune sans être sûr de trouver un établissement ouvert. 

J'ai donc décidé de faire un tour à pied vers Villejuif. J'avais eu vent d'une nouvelle brasserie ouverte depuis peu dans le nouveau siège de LCL. Je me disais qu'elle serait peut-être ouverte et qu'il était possible d'y trouver un comptoir. Sans trop d'espoir pour un dimanche soir. 

Miracle. C'est ouvert. Il y a un petit comptoir avec des tabourets et quelques clients qui dînent (une quinzaine). Ça me rappelle quand la nouvelle Comète a ouvert, en 1998, il y avait aussi des clients le soir... 

Ambiance reposante, musique genre chanteur gnangnan américain, écrants géants que personne ne regarde diffusant le match de foot du PSG. Il est 22 heures. Ils prennent encore des clients. Une très grande salle, une plus petite à côté (fermée actuellement), semblant plus destinée à des "repas d'affaire).  

C'est un restaurant italien, en fait. Ils font même des pizzas à emporter. Les plats du jour, par contre, inscrits sur l'ardoise à l'extérieur, sont bien français. Genre entrecôte à 18 euros. Pas vraiment un concurrent pour la Comète, à 300 m, mais une gamme de prix comparable. 

Un selfie...



La casse-couilles au comptoir

J’étais tranquillement assis au comptoir du 1880 depuis 20h45. Le bistro était à peu près vide. Un table occupée dans le salon, une dans la salle. Trois ou quatre locdus au comptoir. La soirée omettait d’être longue. Mon pote Gilles étant sorti la veille ne bougerait plus de chez lui. Serge n’étant pas là, j’étais sûr qu’il était tombé dans un traquenards dans un autre bistro. Il allait arrivé défoncé vers 22h30 et j’allais être obligé de l’envoyer chier pour avoir la paix. Quand il est à jeun, il sait que je ne le supporte pas quand il a bu (et pas moi...).  

Vers 21h, un couple d’une quarantaine d’années se pointe avec un môme d’une dizaine. Ils font le tour du bistro en parlant fort comme s’ils l’inspectaient, se demandant où s’installer. Ils finissent par se poser au comptoir à côté de moi. J’ai vite compris que c’était un con. Il sortait un tas de banalités, tutoyait la serveuse qu’il ne connaissait pas, ... Ils avaient visiblement déjà bu auparavant mais ils en étaient au stade de la cuite où l’on ne le reconnaît pas. On parle un peu plus fort et distinctement pour éviter que les autres voient le début d’ébriété ou, plus probablement, pour se persuader soi-même qu’on tient toujours le coup. Du genre : non, il n’est pas possible que je commence à être saoul après deux apéros et une demi bouteille de vin en mangeant. Non, mon canard, tu n’es pas saoul, tu as une légère ébriété. C’est pour ça que la gendarmerie nous déconseille de prendre plus de deux verres.  

Ce phénomène de déni de cuite est un truc que l’on observe surtout chez les buveurs occasionnels qui ont été très fêtards dans leur jeunesse.  

Toujours est-il qu’au fil de la soirée, j’ai fini par comprendre qu’elle était de Loudéac mais n’y habitaient plus. Ils étaient probablement en vacances chez ses parent et s’offraient une sortie pour le samedi. Le môme n’était probablement pas son fils à lui.  

Ils étaient au comptoir à côté de moi. Il prend une bière. Elle prend un verre de blanc. C’est à ce verre de blanc que j’ai compris beaucoup de choses. L’expérience du comptoir. Le raisonnement : ils arrivent au bistro à 21 heures avec un gamin donc ils ont déjà dîné et elle boit du blanc après diné, ils sont donc là pour s’alcooliser, surtout elle. Je n'ai rien contre le blanc mais une femme qui boit du blanc à 21 heures dans un bistro de Bretagne alors qu'elle n'est pas en fête avec des copines, a forcément quelque chose de louche. Elle retrouve un ancien alcoolisme qu'elle avait avant de se ranger. Tiens ! Rien que le fait de ne pas boire de bière (alors qu'elle avait dit qu'elle aimait ça) est un signe qui ne trompe pas. Elle boit du blanc par défaut, parce qu'elle ne sait pas quoi boire mais elle ne sent pas la force de ne pas boire une bière. Ce qui est complètement con : il y a moins d'alcool dans un verre de 25cl de bière à 5° que dans un verre de 14cl à 12°. 

Le gamin part faire un tour. Je crois me rappeler qu’il regardait deux joueurs de fléchettes. Les vieux discutent entre eux mais sur un ton à peu près normal, cette fois, mais des propos idiots, des futilités, ce genre de truc qu'on peut raconter quand on est en début de cuite dans un bistro qu'on a connu il y a vingt ans. 

A les écouter, je comprends que ce n'est pas lui qui est con. Il subit. Il essaie de déconner mais elle est dans son truc, tentant peut-être de retrouver les cuites de sa jeunesse. 

J'étais plongé dans mon iPhone à faire je ne sais plus quoi et j'entends la fille dire : "le monsieur au fond, c'est le fils de mon premier prof de math." Je ne réagis pas, je n'étais pas au fond mais à côté d'eux. J'ai cru avoir compris de travers et qu'elle avait dit quelque chose comme : "la serveuse, c'est la petite fille de mon premier prof de math". Je finis par me dire que j'étais probablement le seul à savoir qui est le grand-père de Cécile et qu'il était collègue à mes parents. Et la dame décrivait des habitudes propres à mon père. Je regarde la dame et lui demande gentiment : "Heu, je viens de réaliser que vous parliez de moi ?". Oui, me dit-elle, vous êtes bien... Oui oui. 

En aparté, vous remarquerez que c'est le second samedi de suite où j'entends parler de mon père, la fois précédente c'était dans Facebook. 

Le type finit par se barrer pour aller jouer au babyfoot avec le môme. Elle s'empresse de commander un autre verre de blanc. Elle s'adresse à moi qui tripotait mon iPhone : "Heu, c'est quoi, c'est Candy Crush ?" J'étais bien tombé sur une casse-couilles, la vraie. Elle voulait la cuite de ses vingt ans, quand on s'adressait à un mec au hasard au comptoir pour discuter et raconter des conneries. 

Je réponds poliment et elle tente d'entamer une vraie conversation : tu sais, moi, je ne joue pas mais... Je ne l'écoutais pas et elle a vite compris que mon jeu sur iPhone était plus important que ses propos. 

Elle laisse tomber, la soirée se poursuit. 

Mon pote Serge arrive. J'avais deviné. Saoul et casse-burnes aussi. Cela tombait bien, il connaissait la fille. Il avait fait du sport avec si j'ai bien compris. Ils discutent ensemble. J'étais sauvé ! Cela dure quelques temps, mais Serge a la mauvaise idée de payer une tournée à eux deux et à moi. Je n'avais pas envie de boire un coup avec ces gens et surtout pas de l'offrir un verre, en retour. Je finis par discuter avec Serge pour casser le groupe en deux mais il était trop chiant, je lui ai payé une bière et je suis passé à autre chose. 

Et paf ! A un moment, elle se retrouve toute seule, les autres étaient partis jouer aux fléchettes avec le petit, je crois bien. Elle se retourne vers moi : tu fais quoi comme boulot tu bosses à Loudéac. Interrogatoire en règle. Je réponds par politesse mais pas plus de deux ou trois mots chaque. Au bout d'une trentaine de secondes, elle me dit : "ah mais si je t'embête tu me dis, hein !". Moi : "voila, je n'ai pas envie de discuter." 

Serge revient. Elle lui dit quelque chose à l'oreille. Serge ne pense pas que je puisse écouter et répond : "ah ben c'est Nicolas, il est comme ça".  

Moi : ben oui, c'est comme ça, je n'aime pas discuter avec les espèces de pochardes. 

Elle faisait la gueule. C'est étrange.