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10 mai 2015

1880 et des facettes de vie

Vous connaissez sans doute le 1880 dans les réseaux sociaux par les cuites que prennent les membres d'une équipe de jeunes, dite « la bande à Jo », essentiellement le vendredi soir pendant qu'un gros frisé joue au comptoir avec son iPhone, les regardant d'un œil bonhomme presque affectif, en se rappelant ses propres jeunes années quand il n'était pas encore le dernier survivant de sa propre bande.

Souvent, il y a un tas d'autres types, encore plus jeunes mais, le 8 mai, ils étaient probablement en train de célébrer la fin de la guerre. Seul le gros frisé et la bande à Jo était là à laquelle il manquait un individu coincé en région parisienne et un autre en Touraine, le fou, aux mains des sauvages locaux (il a même été une fois de ma part à l'Epée Royale, même le serveur se rappelait de moi alors que je n'y avais passé que deux soirées, deux avant avant).

Seul le gros frisé n'était pas ostensiblement bourré, les autres chantaient, dansaient et tapaient sur le gros frisé avec sa dégaine de punching ball. A un moment, l'un deux dix : « hé ! Jégoun ! Tu vas faire un selfie – hips – et nous mettre sur Twitter ». J'ai fait le selfie et l'ai mis sur Facebook (Twitter est vide la nuit).

A la fermeture, le patron a essayé de virer tout le monde. Il faut s'y prendre un quart d'heure à l'avance. Un lascar a déclaré : « hips, je passe payé demain dès l'ouverture, ah non, dix minutes après, ça m'évitera d'aider ta mère à sortir la terrasse ». Ils sont tous partis, progressivement, renversant leurs boissons en cours dans des gobelets en plastiques.

Tout était plus ou moins calme. Il restait deux ou trois ivrognes. Clem dit au gros frisé : « Heu, hips, faut que j'aille prendre une cuite dans ton bistro, la Comète, à Paris, on rigole bien avec les conneries que tu mets dans Facebook. » « Ben heu, c'est un bistro comme un autre mais il ferme tôt, mais si tu veux lire mes conneries va voir mon blog. » « J'ai pas l'adresse ».T'inquiète pas. « Et puis, ça fait loin pour prendre une cuite. » « Mais non, Quentin, le frère à Florent habite là-bas, tu connais Florent ? » « Oui, je connais Florent, je connais Quentin, je vous connaît tous. »

D'ailleurs, Florent est arrivé après : « heu, hips aussi, Nicolas, ça fait longtemps qu'on se connaît mais on n'a jamais trop discuté. » « bah non ».

Alors le gros frisé a payé est parti. Le reste de la bande était égaillé. Certains vidaient leurs gobelets. Les gendarmes sont passés devant en camionnettes. Le visage du conducteur était visible. Il a jeté un œil, souri, l'air de penser « tout va bien, le calme règne, le bistro ferme à l'heure ». Ils ont poursuivi leur chemin et le gros frisé est rentré. Il restait 2% de batterie à son iPhone.

Le samedi soir, le gros frisé est moins souvent seul au comptoir. Il est avec un autre gros plus saoul que lui car il a commencé plus tôt, très bavard, et un autre, moins gros, et sourd, ce qui expliquent probablement qu'ils se supportent. Parfois, les survivants de la bande à Jo sont là. Et il y a Moy au comptoir qui commence la soirée en essayant d'emballer des blondes et finit par parler politique avec des inconnus. Il y a Jean-Marie aussi, presque systématiquement, et souvent quelques gugusses, certains encore plus vieux que le gros frisés.

Samedi 9 mai, c'était assez calme. Moy avait trouvé des anglais et le gros frisé avait un peu plus soif qu'en moyenne. La chaleur probablement.

Le dimanche matin, c'est différent. Le gros frisé est arrivé, ce matin. Il a pris une photo du parking. Il y a toujours la voiture de Moy, à se demander s'il la bouge, parfois. Ce matin, il y avait une mobylette à côté, occupant une place de voiture. Probablement un type qui avait perdu son permis après avoir « soufflé dedans » mais qui estime qu'il a toujours droit à une place de parking.

Le bistro aura récupéré sa vocation première : le PMU. Des gens font la queue pour dépenser leur argent. Ils se regroupent autour des journaux, échanger des pronostics, comme si c'était le truc le plus important du monde. Le gros frisé se met au comptoir et prend un café. Il plonge dans son iPhone mais n'a pas la tête à ça. Il regarde autour de lui et a une réflexion étrange : il fuit les PMU, le dimanche matin, en région Parisienne, pour les mêmes raisons qu'il y va le dimanche matin, à Loudéac. Va comprendre.

Le dimanche soir, c'est autre chose.

Les survivants du week-end passent, les jeunes, les joueurs,... Certains ont assisté aux courses organisées dans la commune plusieurs fois par an, d'autres à d'autres événements, notamment des matchs de foot de l'équipe locale.

Ils ont passé plus de temps à la buvette qu'à regarder ce qu'il y avait à regarder, généralement.

Alors le gros frisé s'amuse. Il se dit qu'il les connaissait déjà quand les loustics de la bande à Jo n'étaient pas encore nés.


27 décembre 2014

Soirée normale au 1880 ?

Ah un moment, Cécile me dit « Viens, Nicolas, il y a une place à l'autre bout du bar, tu seras mieux. » Tu parles ! Je me suis trouvé coincé entre le bout du bar, deux pouffes inutiles et une bande d'imbéciles entassés autour d'une table.

Notons bien que si je les appelle des pouffes et des imbéciles, c'est affectueusement et relatif à mon grand âge qui pourrait me faire passer pour le pépé ronchonnant.

Cécile, la serveuse, et Christophe, le patron, me connaissent : ils savent que je ne vais pas nécessairement au bistro pour faire la java mais aussi pour m'installer au comptoir afin d'observer minutieusement le temps qui passe. Il m'arrive d'ailleurs d'envoyer franchement chier les types qui m'adressent la parole parce qu'ils ont pitié de moi qui ne suis accompagné que de ma solitude. Du genre : « viens t'asseoir avec nous plutôt que de rester avec ton iPhone. » Avant-hier, j'ai répondu : « non, je préfère la compagnie de gens intelligents. » Quand je parlais de pépé ronchonnant.

Je précise tout de suite que ce soir, je serai effectivement au bistro pour faire la java avec Philippe, Gilles et probablement d'autres types d'un âge normal pour un bistro : la cinquantaine approchante.

Hier, c'était vendredi. Il y avait donc les jeunes clients habituels du vendredi, entre 18 et 25 ans.

Tiens ! A l'apéro (donc vers 18 heures), deux jeunes arrivent avec leurs parents. J'ai dit à Gilles : « Ah les cons, obligés d'amener leurs parents au bistro... » Ce à quoi, il m'a répondu : « tu ferais mieux de la fermer, regarde les parents, ils ont probablement plus de dix ans de moins que nous ». Ah merde... Je ne fais pas un complexe. Nous sommes tous égaux. A la fermeture, on est virés par Cécile et Christophe. La seule différence, c'est qu'ils m'apportent mon déambulateur.

Je suis arrivé relativement tard, hier soir, vers 22 heures alors que « mon heure » est plutôt 20h30. Le retard n'était pas préjudiciable à ma cuite vu qu'il y avait un repas de famille, avant. Il y avait donc déjà la foule. C'était vendredi crois-je avoir déjà dit mais, en plus, il y avait probablement des bistros fermés poussant les clients vers le 1880 et des jeunes ayant quitté la commune mais passant les vacances chez leurs parents. J'ai cru reconnaître quelques types que je n'avais pas vus depuis plusieurs années.

Il y avait aussi une équipe de clients du Vincennes, le nom du bistro du temps où c'était le père qui tenait la boutique. Des joueurs et joueuses de l'équipe de hand, de quelques années de moins que nous, disons 40-45 ans. Peut-être moins. On dirait que les joueuses ont épousé les joueurs et vice versa. A l'apéro, ils étaient avec leurs gamins. Après l'apéro, ils étaient avec leur cuite, faisant la fête comme au bon vieux temps.

Du coup, je crois bien que je n'avais jamais vu autant de monde dans ce bistro.

J'étais coincé dans mon coin.

A un moment, j'ai failli pisser sur le comptoir.




27 avril 2014

La casse-couilles au comptoir

J’étais tranquillement assis au comptoir du 1880 depuis 20h45. Le bistro était à peu près vide. Un table occupée dans le salon, une dans la salle. Trois ou quatre locdus au comptoir. La soirée omettait d’être longue. Mon pote Gilles étant sorti la veille ne bougerait plus de chez lui. Serge n’étant pas là, j’étais sûr qu’il était tombé dans un traquenards dans un autre bistro. Il allait arrivé défoncé vers 22h30 et j’allais être obligé de l’envoyer chier pour avoir la paix. Quand il est à jeun, il sait que je ne le supporte pas quand il a bu (et pas moi...).  

Vers 21h, un couple d’une quarantaine d’années se pointe avec un môme d’une dizaine. Ils font le tour du bistro en parlant fort comme s’ils l’inspectaient, se demandant où s’installer. Ils finissent par se poser au comptoir à côté de moi. J’ai vite compris que c’était un con. Il sortait un tas de banalités, tutoyait la serveuse qu’il ne connaissait pas, ... Ils avaient visiblement déjà bu auparavant mais ils en étaient au stade de la cuite où l’on ne le reconnaît pas. On parle un peu plus fort et distinctement pour éviter que les autres voient le début d’ébriété ou, plus probablement, pour se persuader soi-même qu’on tient toujours le coup. Du genre : non, il n’est pas possible que je commence à être saoul après deux apéros et une demi bouteille de vin en mangeant. Non, mon canard, tu n’es pas saoul, tu as une légère ébriété. C’est pour ça que la gendarmerie nous déconseille de prendre plus de deux verres.  

Ce phénomène de déni de cuite est un truc que l’on observe surtout chez les buveurs occasionnels qui ont été très fêtards dans leur jeunesse.  

Toujours est-il qu’au fil de la soirée, j’ai fini par comprendre qu’elle était de Loudéac mais n’y habitaient plus. Ils étaient probablement en vacances chez ses parent et s’offraient une sortie pour le samedi. Le môme n’était probablement pas son fils à lui.  

Ils étaient au comptoir à côté de moi. Il prend une bière. Elle prend un verre de blanc. C’est à ce verre de blanc que j’ai compris beaucoup de choses. L’expérience du comptoir. Le raisonnement : ils arrivent au bistro à 21 heures avec un gamin donc ils ont déjà dîné et elle boit du blanc après diné, ils sont donc là pour s’alcooliser, surtout elle. Je n'ai rien contre le blanc mais une femme qui boit du blanc à 21 heures dans un bistro de Bretagne alors qu'elle n'est pas en fête avec des copines, a forcément quelque chose de louche. Elle retrouve un ancien alcoolisme qu'elle avait avant de se ranger. Tiens ! Rien que le fait de ne pas boire de bière (alors qu'elle avait dit qu'elle aimait ça) est un signe qui ne trompe pas. Elle boit du blanc par défaut, parce qu'elle ne sait pas quoi boire mais elle ne sent pas la force de ne pas boire une bière. Ce qui est complètement con : il y a moins d'alcool dans un verre de 25cl de bière à 5° que dans un verre de 14cl à 12°. 

Le gamin part faire un tour. Je crois me rappeler qu’il regardait deux joueurs de fléchettes. Les vieux discutent entre eux mais sur un ton à peu près normal, cette fois, mais des propos idiots, des futilités, ce genre de truc qu'on peut raconter quand on est en début de cuite dans un bistro qu'on a connu il y a vingt ans. 

A les écouter, je comprends que ce n'est pas lui qui est con. Il subit. Il essaie de déconner mais elle est dans son truc, tentant peut-être de retrouver les cuites de sa jeunesse. 

J'étais plongé dans mon iPhone à faire je ne sais plus quoi et j'entends la fille dire : "le monsieur au fond, c'est le fils de mon premier prof de math." Je ne réagis pas, je n'étais pas au fond mais à côté d'eux. J'ai cru avoir compris de travers et qu'elle avait dit quelque chose comme : "la serveuse, c'est la petite fille de mon premier prof de math". Je finis par me dire que j'étais probablement le seul à savoir qui est le grand-père de Cécile et qu'il était collègue à mes parents. Et la dame décrivait des habitudes propres à mon père. Je regarde la dame et lui demande gentiment : "Heu, je viens de réaliser que vous parliez de moi ?". Oui, me dit-elle, vous êtes bien... Oui oui. 

En aparté, vous remarquerez que c'est le second samedi de suite où j'entends parler de mon père, la fois précédente c'était dans Facebook. 

Le type finit par se barrer pour aller jouer au babyfoot avec le môme. Elle s'empresse de commander un autre verre de blanc. Elle s'adresse à moi qui tripotait mon iPhone : "Heu, c'est quoi, c'est Candy Crush ?" J'étais bien tombé sur une casse-couilles, la vraie. Elle voulait la cuite de ses vingt ans, quand on s'adressait à un mec au hasard au comptoir pour discuter et raconter des conneries. 

Je réponds poliment et elle tente d'entamer une vraie conversation : tu sais, moi, je ne joue pas mais... Je ne l'écoutais pas et elle a vite compris que mon jeu sur iPhone était plus important que ses propos. 

Elle laisse tomber, la soirée se poursuit. 

Mon pote Serge arrive. J'avais deviné. Saoul et casse-burnes aussi. Cela tombait bien, il connaissait la fille. Il avait fait du sport avec si j'ai bien compris. Ils discutent ensemble. J'étais sauvé ! Cela dure quelques temps, mais Serge a la mauvaise idée de payer une tournée à eux deux et à moi. Je n'avais pas envie de boire un coup avec ces gens et surtout pas de l'offrir un verre, en retour. Je finis par discuter avec Serge pour casser le groupe en deux mais il était trop chiant, je lui ai payé une bière et je suis passé à autre chose. 

Et paf ! A un moment, elle se retrouve toute seule, les autres étaient partis jouer aux fléchettes avec le petit, je crois bien. Elle se retourne vers moi : tu fais quoi comme boulot tu bosses à Loudéac. Interrogatoire en règle. Je réponds par politesse mais pas plus de deux ou trois mots chaque. Au bout d'une trentaine de secondes, elle me dit : "ah mais si je t'embête tu me dis, hein !". Moi : "voila, je n'ai pas envie de discuter." 

Serge revient. Elle lui dit quelque chose à l'oreille. Serge ne pense pas que je puisse écouter et répond : "ah ben c'est Nicolas, il est comme ça".  

Moi : ben oui, c'est comme ça, je n'aime pas discuter avec les espèces de pochardes. 

Elle faisait la gueule. C'est étrange.

07 avril 2014

La casquette, la lunette des chiottes et les miennes

Les bistros sont toujours une source de réjouissances pour moi mais vendredi soir, le 1880 dépassa largement la mission qui lui était confiée.

Tout a commencé par l’arrivée d’une gonzesse avec une casquette, vers 22 heures. Le patron lui demande de l’enlever. Elle refuse. « C’est ainsi que je m’affirme. » qu’elle répond. Il lui rétorque, en gros : « C’est justement pour ça que je veux que tu l’enlèves. » « Vous n’avez pas le droit de m’interdire de mettre une casquette ». « Je fais ce que je veux, je suis dans mon bistro, si je ne veux pas de gens avec des casquettes, soit les gens avec des casquettes ne viennent pas soit les gens qui viennent avec des casquettes enlèvent leur casquette quand ils rentrent dans mon bistro. » « Je vous dit que j’ai le droit de garder ma casquette puisque ce n’est pas indiqué à l’entrée que les casquettes sont interdites. »

Christophe pensant bien que la tempête allait se calmer vaque à ses occupations. La gonzesse d’un âge relativement indéterminé (on va dire la trentaine) commence à s’énerver toute seule et à gueuler : « vous allez me servir. » Les clients à côté d’elle commençaient à en avoir… ras la casquette. Comme ils n’avaient pas bu avec modération qui n’avait pas pu venir ce soir là, ils ont commencé à l’engueuler, c’était très drôle. Christophe est donc intervenu à nouveau. « Je ne vous servirais pas tant que vous n’aurez pas enlevé votre casquette. » « Elle fait partie de moi, c’est mon style, c’est ainsi que je l’affirme. » « Vous l’avez déjà dit. » « Si c’est comme ça, j’appelle la gendarmerie. »

J’étais plié de rire vu que, un peu avant, j’avais raconté à Christophe l’anecdote objet de mon précédent billet (une gonzesse, à la Comète, qui exigeait d’être servie à 23h30 parce que j’avais encore une bière devant moi au comptoir). Elle avait dit, aussi, qu’elle allait appeler la police. A Paris, c’est la police qu’on appelle quand un patron de bistro refuse de servir. A Loudéac, c’est la gendarmerie. J’espère que vous avez saisi la subtile différence.

Toujours est-il que Christophe a réussi à la foutre dehors.

C’est alors que Jonathan Sifléletrain, un jeune client sans trop de poil dans les oreilles vient vers moi « Alors, hips, Jégoun, t’es content, t’as encore une connerie à raconter dans ton blog. » « Oui, on verra, il n’y a pas grand-chose à dire. » Du coup, comme il m’a cherché, je parle de lui. Le lendemain soir, il est arrivé au bistro vers 17h30. Il avait une de ses tronches, je me demande s’il n’avait pas pris une cuite la veille.

Un peu avant, avant la fermeture, vers 0h30, il y avait deux couples, à côté de moi. Des quadragénaires mais moins que moi, si je puis me permettre, dans la mesure où je suis bientôt quinquagénaire. Le genre d’abrutis qui sortent une fois par an pour prendre une cuite. Les mecs étaient probablement des anciens fêtards vu qu’il supportait très bien l’alcool et semblaient désespérées par leurs pouffes…

A un moment, une s’adresse à moi : « Hé ! Tu peux me prêter tes lunettes. » J’ai refusé. « Mais si, prête moi tes lunettes. » « Non » « Mais pourquoi tu ne veux pas me prêter tes lunettes ? »

Cette histoire de lunettes me fait penser à une autre anecdote que je vais raconter de ce pas. Vous aurez la suite de la dernière dans un prochain paragraphe. Figurez-vous que le patron a changé la lunette et les couvercles des chiottes. J’arrive pour éliminer quelques bières et je constate sans la moindre joie : tiens ! Le couvercle a été changé ! C’est bien, il profite de ses vacances pour entretenir le bistro.

J’ouvre donc ma braguette, relève le couvercle et la lunette et commence à uriner. Vous me diriez que j’aurais pu pisser assis mais dans un bistro, ce n’est pas très prudent. Toujours est-il que le couvercle et la lunette retombent. Je décris la scène au ralenti mais le tout se passe en quelques secondes. Je constate ainsi que je pissais sur le couvercle. Ma main droite tenant l’iPhone (ben oui, je profite de mes pauses pour consulter mes mails) et la gauche ma bite, je choisis de libérer la gauche, ma bite ne risquant pas de tomber par terre et je me penche pour relever le couvercle. Tout en faisant cela, j’ai levé la main droite derrière moi pour éviter que l’iPhone ne subisse des dommages collatéraux. Imaginez la scène. Evitez, par contre, de mêler ma bite à votre imagination. Mon corps a donc fait naturellement une rotation : ma main gauche, en bas, vers la cuvette devant moi, et ma main droite, en haut, derrière moi, avec mon iPhone. Ma bite (arrêtez d’y penser) a donc accompagné le mouvement de rotation et c’est ainsi que j’ai continué à pisser, mais sur le mur de cet honorable établissement.

Le tout en quelques secondes. J’ai relevé le bazar et j’ai continué à faire. Je suis sorti. L’iPhone n’avait pas une goutte. J’ai donc pu le ranger dans ma poche pour me laver les mains. J’ai regagné les toilettes pour mesurer les dégâts : oui, il fallait que je prévienne le patron, il convient de passer un coup de serpillière.

J’ai ensuite regardé mon pantalon et mes chaussures ! Pas une goutte ! Seule ma main gauche avait été éclaboussée, ce qui, vous en conviendrez, relève du miracle.

J’ai prévenu le patron. Il n’est pas parti avec une serpillière mais avec du ruban adhésif. Dorénavant, le couvercle est solidement accroché. Vous aurez noté le changement dans ce bistro en quelques heures : le couvercle des chiottes est scotché et il y a une affiche pour dire que les casquettes sont interdites.

Au fait ! J’ai discuté avec le patron de cette histoire de casquette. En gros, c’est un marqueur. Le type qui entre avec une casquette en pleine nuit est logiquement un type louche, du genre de ceux qui mettent des casquettes la nuit. Quand on lui demande d’enlever sa casquette, un type normal le fait. S’il refuse, c’est que c’est une crevure qu’il ne faut pas servir.

J’en étais à la gonzesse qui voulait que je lui prête ses lunettes. « Ah mais je veux essayer tes lunettes. » « Non. » Je ne suis pas un grand défenseur de la propriété privée mais mes paires de secours étant à 430 kilomètres, je ne tenais pas à prendre le risque de devoir ne rien voir pendant deux jours. Vous ne vous rendez pas compte, mais ça fait 37 ans que je porte des lunettes. Elles font partie de moi, un peu comme si j’avais une casquette, et servent de protection. C’est le truc du myope : tellement habitué à avoir quelque chose entre ses yeux et le monde qu’il a l’impression de courir des risques quand ils ne les a plus.

« Mais tu vas me prêter tes lunettes ! » « Mais tu vas arrêter de me faire chier, connasse ! » ai-je crié au point qu’une partie du bistro s’est retournée vers moi. Les hommes et l’autre fille ayant passablement honte ont payé leurs verres et se sont barrés.

Au moins, ils ne m’ont pas cassé la gueule.

Le samedi soir, un jeune, pas Jonathan, un autre, on est copains sur Facebook, aussi, mais j'ai oublié son prénom, m’a demandé : alors, tu as fait ton billet de blog ?

Désolé, je suis en retard. Mais je vais le publier dans la page Facebook du 1880. Pour illustrer ce billet, j'ai cherché la photo de Jonathan dans Google Image, avec son vrai nom. Lui, c'est la gonzesse avec le gros nez rouge et les yeux jaunes. Quand on cherche son nom, on tombe sur un tas de bombasses.

13 février 2014

Rom au bistro

Vendredi soir, le patron a sonné la cloche vers minuit vingt. C’était donc samedi matin. C’est un signal : si vous voulez boire un autre verre, il faut le commander maintenant. Normalement, il sonne vers trente-cinq. Il a essentiellement des habitués et ça fonctionne bien. Tout le monde est discipliné…

Il avait donc un quart d’heure d’avance sans raison valable sauf l’ébriété d’une partie des clients, un peu plus mesurée que d’habitude…

Il sonne, je commande et je file aux toilettes. En sortant, un type m’agresse : tu as passé une heure aux toilettes. Je nie. Il insiste et menace de me dénoncer au patron. Il parlait assez mal le français et était particulièrement agressif. Il cherchait la castagne. Je vous jure que je ne passe jamais une heure aux toilettes : il n’y a pas de bière pression.

A moitié retourné par cette altercation, je vais prendre l’air et je commence à discuter avec deux gugusses qui trainaient là. Mon gugusse sort en gueulant vers l’intérieur du bar. Les types avec qui je discutais me disent : c’est un Rom, il est con. Je dis qu’il ne ressemble pas à un Rom mais ils insistent (à vue de nez, c’était un Italien ce qui est encore plus rare que les Roms à Loudéac). Peu importe. Le racisme antirom est arrivé jusqu’à Loudéac. Ca leur apprendra à voler des poules.

Je rentre dans le bistro quand le patron disait globalement qu’on pouvait rester jusqu’à la fermeture. Je lui dis : laisse tomber, tu veux fermer, on va se casser et je vais vers mon verre, au comptoir, pour le finir (oui, je veux bien partir avant la fermeture, mais à condition que mon verre soit vide). Le patron se met à crier : « quand je dis que vous pouvez rester, ce n’était pas toi, Nicolas Jégou, qui va me dire non » (il faut dire que je pars rarement avant l’heure…). Il était très en colère, je l’ai compris au fait qu’il m’appelle par mon nom complet. Je ne comprenais rien. Voyant mon désarrois, il vient vers moi et me dit : « surtout toi, tu restes là. »

Une lueur d’espoir m’a traversé l’esprit : aurait-il décidé de m’offrir un verre après le départ des autres clients, ce qui n’arrive jamais (il n’a pas le droit et quand on bosse depuis 9 heures le matin, on n’a pas envie de boire un coup avec un crétin après la fermeture alors qu’il reste une bonne heure de ménage) ?

Finalement, il m’explique : le type (le Rom, suivait un peu) avait dit au patron qu’il m’attendrait pour me casser la gueule parce que j’avais passé une heure aux chiottes.

Entre temps, un des clients (un jeune gars que j’aime bien) se met à tempêter : son portefeuille qu’il avait posé sur le comptoir avait disparu. Il ne lui restait plus que sa carte bancaire. Il voulait évidemment courir après nos Roms mais on l’a retenu. Finalement, quelqu’un lui a dit que le Rom allait prendre les billets dans le machin et le jeter sur le parking. Le petit gars est sorti et est revenu moins de trente seconde après en souriant : il avait récupéré ses papier.

Du coup, à la fermeture, pour me protéger, la serveuse m’a ramené en voiture à la maison ce qui m’arrangeait bien, avec la tempête.

03 novembre 2013

Des pictes, des baffes et des dents

J'avais promis à mes millions de lecteurs de faire une critique du nouvel Astérix que j'ai lu ce week-end. Je vais le faire : comme tous les nouvelles bandes dessinées, on a tellement peur d'être déçus ou, plutôt, on est tellement persuadés qu'on va être déçus qu'on finit par se dire « ça aurait pu être pire ». Il y a quelques jeux de mots que j'ai adorés.

Cela étant, je vais aider les auteurs à faire une scène du prochain.

Ca se passe dans le bistro. Il ferme à une heure du matin (j'ignore comment on disait à l'époque). Le tavernier a  l'habitude de faire sonner la cloche à 0h30 pour indiquer qu'il ne servira plus de verres un quart d'heure plus tard à cause des légionnaires de Jules César, dirigés par ManuelVallus, qui sont très à cheval sur l'heure de fermeture.

A 0h55, Jégounix qui est très habitué des lieux et a donc la totale confiance du chef était à un bout du comptoir et entend une esclandre ! Un gauloise exigeait un dernier verre, offert par le tavernier car c'est une tradition. Celui refusa : même un galopin, on ne va pas se laisser envahir par les traditions gallo-romaines.

Jégounix a attendu la fin de l'histoire vu qu'il était tombé dans la potion magique quand il était petit et se résignait à mettre de l'ordre. Néanmoins, à 0h59, il ne pouvait plus rester là et est parti. L'heure est fournie par iPhonix qui ne se trompe jamais.

Le lendemain matin, Jégounix a vu Facebookus qui lui expliqua que le tavernier avait fini la soirée en se faisant mordre. Il décida donc d'aller à la taverne. Le taulier avait la main bandée alors que Jégounix s'imaginait une vague morsure par le chat. Après consultation, c'est la gauloise qui avait mordu le tavernier pendant quinze bonnes secondes pour obliger le tavernier à lui resservir un verre.

Vous verriez ça dans Astérix, vous vous direz : ah non, ils abusent, cette fois.

Ben non, au 1880, tout est possible.

Et si un commentaire m'appelle Obélix, il aura une baffe.

26 décembre 2012

Pédophiles ou gardiens de crèche ?

Il n'était pas très en forme, ce matin, le patron du 1880. Il faut dire qu'il devait ouvrir à 9 heures et qu'il a mis deux heures à faire le ménage après nous avoir foutu dehors à 1h alors qu'on chantait et dansait dans le bar...

Mais je ne devrais pas commencer ce récit par la fin. Avec mon pote Gilles, nous avions prévu de sortir en ce soir de Noël (le lendemain du réveillon) et le patron du 1880 nous avait dit qu'il resterait ouvert aussi tard que possible s'il avait assez de clients.

Le patron, Christophe pour les intimes, est très avisé. Il écrit donc sur la page Facebook de son bistro : « Salut tout le monde, pour info le bar est ouvert ce soir des 17h30. Ne me demandez pas à quelle heure je ferme, je n'en sais rien! » Me voilà donc à commenter ce truc en compagnie de deux lascars que je ne connaissais ni des lèvres ni des dents mais uniquement de vue en grossissant leurs avatars. Un certain Jonathan Sifléletrain et un Quentin Naquelamour. Ils sont sur la photo. Je précise que ce n'est pas la photo qui est ratée mais l'éclairage du bistro et les personnages considérés.

J'arrive à 17h30. Discute avec Gilles. Rentre dîner. Et reviens au bistro vers 20h15. Gilles était là depuis près de trois heures. Ca commençait à s'entendre. A la tienne, à la mienne, à la tienne, à la mienne... Vous connaissez la chose. Nous voilà à discuter avec des gugusses du comptoir dont Jonathan dit Jo et Quentin dit Quentin. Nous voilà à nous suivre sous Twitter, sous Facebook, … Bref ! On se retrouve copains d'enfance. Surtout la leur, d'ailleurs, vu qu'ils ne doivent pas dépasser la vingtaine d'années alors que nous approchons la cinquantaine damnée.

D'ailleurs, lors du billet que j'ai fait pour faire la promotion du compte Twitter de Jonathan, Didier Goux, cette andouille, commentait ceci : « Votre vraie vocation-en-vrai, c'est quoi au juste : gardien de crèche ou pédophile ? Dans le premier cas c'est très beau. Dans le second c'est très mal mais sûrement moins emmerdant et plus jouissif. » J'ai connu des commentateurs réactionnaires plus avisés : garder une crèche n'a jamais empêché la pédophilie. Au contraire. De toute manière, on s'en fout : hier, c'était alcool, pas sexe et ça manquait singulièrement de gonzesses. Pourtant j'aime bien depuis que Christophe a repris la suite de son père : il y a plein de jeunes pouffes d'une vingtaine d'années qui nous apportent de la fraicheur. Et des regrets.

Restons sérieux.

De toute manière, avec le père, il ne restait plus que deux clients, des vieux cons acariâtres : Gilles et moi. Et Serge mais il ne vient plus au bistro depuis qu'il a perdu son permis pour conduite en état d'ivresse. S'il sortait, il serait obligé de rentrer à pieds ce qui ne serait pas prudent.

Toujours est-il que le chauffage avait très probablement été poussé par le patron qui n'est qu'un vil commerçant ne reculant devant rien pour nous donner soif. Nous avions soif.

Au point qu'on a fini plus ou moins à danser Gangnam style et à chanter des conneries dont un truc qui s'appelle la boîte de sardine si ma mémoire est bonne. Je mets ci-dessous la vidéo de Gangnam machin parce que j'ai des lecteurs du troisième âge qui ne peuvent pas connaître. Je vais me contenter d'expliquer que c'est la vidéo qui a été la plus vue de l'histoire du partage de vidéos. Plus d'un milliard de connards se sont esbaudis devant ce truc. Justin Bieber en est resté vert.

Ce matin, j'avais un mal de crâne dont j'ai du mal à expliquer la provenance. Le froid, peut-être ?

Il n'empêche qu'ils sont jeunes mais seuls Gilles et moi avions un poids normal, hier soir, soit environ 105 kilos. Ce qui aide à encaisser certains produits assez peu recommandés par la faculté de médecine.

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Le type au bout de la flèche rouge vient d'ouvrir un compte Twitter. Abonnez-vous. Surtout que je vais faire des billets de blogs avec ses cuites au 1880.

15 décembre 2012

Objet trouvé

D'après Facebook, le patron du 1880 à Loudéac est à la recherche de la propriétaire (ou du propriétaire, on n'est pas sectaires) d'une culotte oubliée hier soir sur un pouf (ou près d'un pouf) dans la petite salle.

05 novembre 2012

Les cuites de Serge

Ce billet sera sans photographie : je ne tiens pas à assommer le lascar. Mercredi soir, j’arrive au 1880, avec un vague pressentiment. Quand Renan est arrivé, je lui ai demandé : « Tu as des nouvelles de Serge ? ». Il m’a confirmé l’information. Serge s’était fait arrêter par la police et avait soufflé dans le ballon qui avait viré avec 1,5 gramme.

Voyant Serge, le vendredi, il m’a confirmé la chose. Ca datait du vendredi ou du samedi précédent. Il sortait du bistro, est monté dans sa voiture, a desserré le frein à main, la voiture s’est retrouvée au milieu de la route avant qu’il ne réussisse à démarrer. Les gendarmes passaient par là par hasard. « Un problème monsieur ? Heu… vous avez bu ? ». Direct au commissariat pour vérifier : 1,08, multiplié par deux : 2,16. Il avait commencé par annoncer 1,5 aux copains mais la vérité est largement « meilleure ».

Il prend ça avec philosophie. Il aura droit à environ un an de retrait. Ce n’est pas le premier. Il bosse à Loudéac et fera du vélo.

Vendredi soir, à la fermeture du bistro, comme nous sommes presque voisins, nous sommes partis ensemble. J’ai traversé le boulevard. Il n’était plus avec moi. J’ai continué ma route.

Samedi soir, à la fermeture du bistro, comme nous sommes presque voisins, nous sommes partis ensemble. J’ai traversé le boulevard en vérifiant qu’il était bien avec moi. Au bout d’une cinquantaine de mètres, il s’est arrêter pour pisser et j’ai continué ma route en marchant doucement. Au bout d’une cinquantaine de mètres, je me suis retourné, soit il continuait à pisser soit il avait disparu. Au bout de deux ou trois minutes, il n’était pas là. Je suppose qu’il s’est endormi dans le recoin où il s’était caché pour pisser ou qu’il était reparti vers le bistro histoire de trouver du monde pour l’accompagner dans un bar de nuit.

On parlait de son retrait de permis, avec des copains, quand je me suis rappelé que la dernière fois que je l’avais vu, lors de mon précédent passage à Loudéac, il avait vomi au pied du comptoir. Je suppose que j’en avais fait un billet, ne serait-ce que pour me foutre de la gueule de Gaël, spécialiste du fait.

Je me rappelle d’une autre anecdote. Il y a environ un an, j’avais réussi à le décider à rentrer à pied et de laisser sa voiture au bistro. Nous étions donc partis ensemble. Au bout d’environ 800 mètres, je tourne à droite pour faire les 50 derniers mètres qui me restaient et lui continue tout droit, il habite à environ 200 mètres. Enfin, j’ai cru qu’il avait continué.

En fait, il a fait demi-tour et est retourné au bistro pour chercher sa voiture.

Quand je l’ai revu, il m’a expliqué qu’il a piqué un coup de colère…

19 mai 2012

Serrure, géraniums et handball

« Le changement de serrure, c'est maintenant ». Voilà ce que j'aurais pu dire, ce matin, vers 11h. Hier soir, j'étais au bistro quand est arrivé mon pote Dominique. Nous discutons quelques minutes puis je lui demande s'il peut passer à la maison : j'avais une serrure à changer et je n'arrivais pas à enlever l'ancienne. Il me dit : « Dis-moi quelle est l'heure la plus judicieuse et je passe demain matin. » Je comprends le message : « Passe vers 11h30, on prendra l'apéro ensuite. »

Il est arrivé vers 11 heures (il fallait en effet que nous ayons le temps d'en acheter une neuve sur le modèle de l'ancienne, ça coûte 6€70 pour un mécanisme complet, c'est dérisoire). Ceci explique pourquoi je n'ai fait aucun billet de blog ce matin. Je tenais pourtant un sujet intéressant : l'impact de la sortie de Nadine Morano sur les échanges commerciaux entre l'Inde et les USA.

J'ai trouvé un autre prétexte pour ne pas faire de billet de blog demain.

En effet, ce soir, un mach de Handball très important a lieu à Loudéac, opposant notre équipe locale à l'équipe de « Territoire Est Charente Handball ». N'allez pas croire que je m'intéresse à un machin qu'on appelle aussi du sport mais le bistro où se retrouvent les joueurs après les entrainements et les matchs est le 1880 !

Pour que vous compreniez bien l'importance de ce match, je suis obligé de parler technique sachant que je n'y comprends strictement rien.

Voilà le haut du classement de la poule 2 de Nationale 3 :

1 NIORT HB SOUCHEEN 67
2 TERRITOIRE EST CHARENTE 61
3 AL CHATEAULIN HB 61
4 AL LOUDEAC HB 60

Loudéac est quatrième. S'ils gagnent le match, ils passent devant « Charente ». Si Chateaulin perd, Loudéac sera deuxième. Il passeront en division supérieure, c'est-à-dire, la Nationale 2, celle où évolue le Kremlin-Bicêtre, ce qui serait rigolo.

La probabilité que Loudéac gagne est forte : le match se joue à domicile et l'équipe est en forme et n'a pas perdu un match depuis pas mal de rencontres. Battre le numéro 2 pour le dernier match de la saison serait une bonne raison en soit de faire la fête.

La probabilité pour que Chateaulin perde, par contre, est assez faible, je crois (je n'en sais pas grand chose, je ne connais absolument rien en handball, tout ce que je sais c'est que les gonzesses se trémoussent devant les joueurs au bistro pendant que je reste avec mes vieux potes au comptoir). Mais Chateaulin a une très forte probabilité de perdre trois points suite à une erreur administrative de leur part.

Je vous explique cette boulette. La 19ème journée des championnats régionaux était planifiée pour le 28 et 29 avril mais avait été avancée au 17 et 18 mars. C'est en quelque sorte, « l'équipe B » qui y participait. La 19ème journée de Nationale 3, elle a bien eu lieu le 28 et le 29 avril, avec « l'équipe A ». Or un des joueurs de « l'Equipe A » avait joué avec « l'Equipe B » le 17 ou 18 mars et avec « l'équipe A » le 28 ou 29 avril. Mais ces deux journées comptent toutes les deux pour la deuxième journée des championnats respectifs or un joueur n'a pas le droit de jouer la même journée dans deux équipes différentes (on comprend aisément pourquoi : il serait trop facile d'envoyer des joueurs « d'équipe A » aider « l'équipe B » si leurs matchs sont par exemple un le samedi et l'autre le dimanche).

L'équipe (a priori la A) de Chateaulin a commis une bourde que nous allons immédiatement qualifier objectivement d'odieuse tricherie puisqu'elle pénalise Loudéac.

Si vous avez tout compris c'est que je suis un formidable pédagogue. Si vous n'avez pas compris, c'est que vous êtes con.

Toujours est-il que Chateaulin devrait perdre 3 points et Loudéac devant, logiquement gagner le match (mais soyons fair play, les adversaires sont très forts). Ainsi, Loudéac se retrouverait deuxième de la poule 2 de Nationale 3 et se retrouverait logiquement en Nationale 2.

Ce qui s'arrose, vous en conviendrez ?

Parallèlement, se tient à la salle municipale la fête du Comité de Jumelage de la ville de Loudéac avec la ville de Budingen. Or, le Comité de Jumelage est un ramassis de socialos, tout comme la section Handball de l'amicale Laïque. Notons que ce ne sont pas les mêmes socialos : vous connaissez le PS, les chapelles ont tendance à se foutre un peu sur la gueule, parfois...

Le bistro de prédilection du Handball étant le 1880 et se trouvant à une grosse centaine de mètres de la salle municipale en question, je suppose que tout ce beau monde devrait se retrouver au 1880 vers minuit.

Le patron du 1880 a obtenu une dérogation pour fermer sa crèmerie plus tard que d'habitude, c'est-à-dire à 2 heures du matin.

Vous comprendrez assez facilement que la probabilité pour que je fasse un billet de blog demain matin est assez réduite.

Le changement de division, c'est maintenant !

Sans compter que j'ai une autre occasion de fêter quelque chose : nous sommes mi mai, et même si le temps est franchement pourri, je vais sortir les géraniums.

D'ailleurs, je vous laisse.

Le changement de place des géraniums, c'est maintenant.

07 avril 2012

KdB avorté à Loudéac

J'étais tranquillement au comptoir du 1880 à Loudéac. Tout seul. Aucun pote de la bande. Deux sont arrivés vers 22h30 mais dans un état tellement lamentable que je les ai envoyé bouler... A 21h30 (environ), je vois un twit de @LoicCauret montrant une photo de lui avec Stéphane Le Foll en réunion publique à Plémet, un patelin à une douzaine de bornes de Loudéac.

Je me disais bien aussi que j'avais oublié quelque chose...

Supposant que le tweet avait été émis par @Oqupied, je lui réponds : "Ah ! Merde, j'avais oublié." Il me répond "OK, on passe tout à l'heure s'il ne finit pas trop tard".

Du coup, je me dis que si Olivier (@oqupied) dit "on", c'est qu'ils allaient passer à plusieurs... et que ça serait probablement avec Loïc et Stéphane. Personnellement, si je faisais des réunions publiques dans des patelins, il serait absolument hors de question que je n'aille pas m'enfiler deux ou trois bières après. Il n'y avait aucune raison pour qu'il ne vienne pas les prendre au 1880...

Je préviens le patron. Ca nous faisait rigoler parce qu'à partir de 23 heures, le 1880 allait se remplir de jeunes fêtards (les vacances scolaires commencent, ici) pour faire un bordel monstre jusqu'à la fermeture, à une heure.

Et je réduis ma consommation de bière pour m'assurer être en capacité de soutenir une discussion jusqu'à très tard.

Tout ça pour rien, ils ne sont pas passés. 

29 février 2012

J'ai testé pour vous : la soirée techno chez les ploucs

My god ! J’ai oublié de vous narrer ma participation à la soirée, samedi soir. Il y avait plein de jeunes gonzesses comme MHF, Rachel, Juju, Sasa, Mrs Clooney, Céline, Apo, Céline (une autre), Marie et Trub mais accompagnées d’un troupeau de types mal rasés et visiblement éméchés, tels que Cyril, Lolo, Eric, Nicolas, Dada, Le Pudding, Stef, Tambour Major et Dominique.

La musique (on va appeler ça comme ça pour ne froisser personne) a commencé vers 22 heures. Contrairement à ce que je pensais, ce n’était pas assourdissant. Ou alors je suis devenu sourd en début de soirée. J’ai pu discuter avec l’ancien patron. Je ne sais pas pourquoi, il titubait un peu à la fin.

Progressivement, la salle a commencé à se combler. Les jeunes (ben oui, j’avais plus du double de la plupart des clients) sont arrivés par vagues. Ils tournaient entre les quatre bistros du patelin qui avaient des soirées techno. La plupart buvait des Mojitos ce qui fait que les trois serveurs étaient accaparés à faire des cocktails et que j’avais un mal de chien à commander mes bières. Je n’aime pas les jeunes mais si, en plus, ils m’empêchent de boire, je me fâche.

Ce que j’ai d’ailleurs fait lorsque deux petits cons m’ont piqué ma place au comptoir alors que, pour une raison inconnue, il a fallu que je passe changer l’eau des patates aux toilettes. Ils devaient faire 50 kilos chacun voire à eux deux. Je les ai pris par les épaules et je les ai écartés pour me glisser délicatement entre eux. Ils m’ont pris pour Bud Spencer (notre illustration) et n’ont pas bronché.

Il y avait également quelques types de mon âge, des habitués des lieux que je connais depuis une trentaine d'années. En début de soirée, j’ai dit à un que ça me faisait chier, cette soirée. Il m’a dit, mais non, tu vas voir, c’est bien. J’ai dit ah mais non, c’est du bruit, c’est un truc de jeunes. Il m’a dit oui mais on n’est toujours jeune. Je lui ai rappelé qu’on avait le double de l’âge des autres clients. Il m’a dit que ça ne le dérangeait pas et qu’il est toujours jeune dans sa tête. Quand un type de 45 ans vous dit ça, il y a des chances qu’il soit déjà devenu un vieux con. Je suis vieux. La preuve : je passe mes soirées au bistro comme si j’avais 18 ans.

Le gars m’a dit que ces musiciens n’étaient que les dignes successeurs de Kraftwerk qu’on écoutait il y a 25 ans. Il m’a dit que j’en étais surement fan. J’ai dit oui, mais j’avais ce groupe de pseudo machin en horreur.

Musicien ! C’est le mot employé par le gars. Je suis désolé. Il parlait des deux gugusses qui réglaient des machines électroniques pour passer des morceaux de musique qui sortaient d’un ordinateur portable. Je croyais qu’il fallait des platines pour tripatouiller des pauvres vinyles qui n’avaient rien demandé, voire des CD. Même pas. La musique est purement électronique. Tout est prévu à l’avance. Je suppose que les « DJ » sont là uniquement pour le décor.

La veille au soir, Ludovic Bource avait obtenu le César pour la bande originale de The Artist (le lendemain, il allait avoir l’Oscar). Organiser une soirée techno à Loudéac, patelin natal de Ludovic Bource, semble être l’insulter.

La presse locale était contente. On a eu droit à la bio du lascar et une interview d’un ancien prof de musique à lui, que j’avais eu également en 5ème. M. Raffray. Je me rappelle qu’il n’était pas souvent présent. C’est lui qui nous avait appris Yellow Submarine des Beatles pour qu’on défile lors de la fête des écoles.

Je crois que je commençais à être réactionnaire, déjà, à cet âge.

Bref ! C’était un prof de musique. A l’époque, je jouais du violon, figurez-vous. J’ai arrêté quand j’ai eu le bac. Je n’étais pas doué et ce n’était pas la peine d’insister. Surtout que je logeais en cité universitaire, les voisins n’auraient pas été contents. Ce qui ne m’empêchait pas d’écouter du rock’n roll et absolument jamais de musique classique. J’en jouais. Je n’en écoutais pas. Tout juste si je n’allais pas dans les concerts où je jouais avec des boules Quiès pour ne pas écouter les autres quand ce n’était pas mon tour. Je suis comme ça. Je n’étais donc pas totalement réactionnaire.

Je crois donc pouvoir dire que je sais à peu près ce qu’est la musique. A part Yellow Submarine que j’ai fredonné tout le week-end à cause de l’interview de mon ancien prof de musique au collège. Pire ! Ca m’a remis en mémoire la version des Compagnons de la chanson. Tu parle d’un week-end musical.

Je peux donc en tirer une première conclusion : la techno n’est pas de la musique.

En fin de soirée, à partir de 1h30, les jeunes ont commencé à partir. Les autres vieux s’étaient barrés depuis longtemps.

Une bonne moitié était saoule ce qui est la moindre des choses. Surtout qu’il faut bien picoler pour supporter le bruit qu’on a pu entendre toute la soirée. 3h30 de techno…

Ce qui m’amène à la conclusion suivante, presque scientifique. Je devrais d’ailleurs la publier dans une revue scientifique.

Prenez des notes.

Le type de 18 ans de 50 kilos qui boit du Morito tient moins bien la marée que le type de 45 ans et de 100 kilos qui boit de la bière.

Surtout en écoutant de la techno.