07 septembre 2012

Des comptoirs et des anecdotes

Dans la série des conseils pour être bien au bistro, je préparais un billet pour donner quelques trucs pour être bien avec les gens qui travaillent dans ces établissements. On peut parfois avoir une réelle proximité avec eux jusqu’à qu’une réelle amitié se crée. J’ai doublé le mot « réelle » dans la dernière phrase parce que les relations dépassent le simple copinage un peu viril de gens qui passent beaucoup de temps ensemble dans le but essentiel de rigoler (et, pour le patron, de gagner de l’argent, ne l’oublions pas).

Par exemple, Josiane, l’ancienne serveuse de la Comète est partie en retraite en décembre 2007. En août, elle a fait une grosse fête chez sa sœur, dans la Sarthe, avec toute sa famille et quelques amis pour célébrer sa nouvelle vie : départ de la région Parisienne pour habiter au Mans et concubinage actif avec un nouveau compagnon. De toutes ses anciennes relations, elle avait invité Martine et Jean, ses anciens patrons, Emilie et Jim, son ancien collègue, et moi. Nous étions cinq « de Bicêtre » après 40 ans de travail à Paris qu’elle avait tenu à inviter. J’étais le seul « non collègue ». Le seul ancien client…

Vous voulez une autre anecdote ? En 2001, Mouloud, le patron des Monts d’Aubrac, recevait sa mère de 75 ans qui venait de Kabylie pour la première fois en France. Elle prenait pour la première fois l’avion, … Au lendemain de son arrivée, il fallait qu’elle aille à Belfort, dans la famille pour une dizaine. Mouloud était effrayé. Il devait prendre le métro puis le train avec elle. Il voulait la ménager, quoi ! Alors, spontanément, j’ai proposé de l’amener en voiture. 1000 kilomètres tout rond aller-retour…

En préparant mon billet, des tonnes d’anecdotes me sont revenues en mémoire. Certaines sont personnelles et ne peuvent pas être racontées. D’autres méritent bien un billet à elles-seules.

Pas toujours lisibles par les enfants, hein ! Par exemple, je ne vais pas raconter la fois où j’ai tenu le bar pendant qu’Abdel essayait de retirer un caleçon de ces chiottes à la Turc que le client avait utilisé pour s’essuyer parce qu’il n’y avait plus de papier. Ce qui nous avait alerté, c’est que le client restait longtemps et avait tiré plusieurs la chasse. Vous imaginez le tableau.

Josiane

Un soir, je rentrais de réunion en banlieue. Mon directeur m’avait ramené en voiture et je lui propose de boire une bière. Nous allons au comptoir de la Comète et commandons de demis au patron.

Josiane arrive derrière mon dos, elle me donne une grande claque dans les fesses : « Alors, le gros, tu bosses de moins en moins, te v’la déjà au bistro, j’vais l’dire à ton chef ! »

Pan pour ma réputation…

Josiane, encore

Ben oui, il fallait que je me venge…

Nous avions un jeu idiot. Je ne sais pas comment ça a commencé. Quand elle commençait le ménage, à la fermeture, vers 20 ou 21 heures selon le nombre de clients, je lui demandais pour l'encourager « Alors, mémère, ton ménage, ça avance ? ». Elle me répondait en prenant une voix vieille parisienne : « ta gueule, connard ! » C’était devenu un rituel qui faisait rigoler tous les habitués.

Un jour, fait exceptionnel, j’étais là pendant le service du midi. Elle passait un coup de balais au pied du bar (à l’époque c’était fumeur, le coup de balai était nécessaire toutes les heures). Je lui envoie la phrase rituelle : « Alors, mémère, ton ménage, ça avance ? ». Elle, par réflexe : « ta gueule, connard ! »

La tronche de ses clients habituels !

Martine

C’était la patronne de la Comète, jusqu’à fin 2007. La femme du patron, quoi ! Ne chipotez pas. J’avais refait entièrement mon appartement. Comme j’étais content, elle m’avait demandé à visiter. Nous prenons rendez-vous à la Comète à 10 heures et allons chez moi, avec Josiane.

Au retour à la Comète, nous discutons un peu mais ça s’éternisait. Pour être franc, je commençais à avoir une sérieuse envie de chier, celle du type qui a bu trop de bière la veille au soir, le machin qui allait sortir en éventail. Je voulais rentrer chez moi pour faire ça à tête – ou à cul ! – reposée sans importuner les clients par d’éventuelles nauséabonderies sonores. Bref…

Au cours de la discussion, Marine me propose d’aller visiter son appartement à elle, au troisième étage de l’immeuble où était la Comète. J’étais moyennement réjoui mais comment refuser, tellement elle avait l’air fier de l’aménagement ! Nous montons. Il y avait un autre copain, avec nous. Je crois bien que c’était Patrice, dont je parlais d’hier.

Nous visitons chacune des pièces, je me tordais le ventre, l’horreur absolue, un mal de chien, je ne pensais plus qu’à ça, ce qui fait que je n’ai rien vu de l’appartement.

On redescend, tous les trois et elle essaie de me faire dire à Jean que l’appartement était très bien… je n’ai pas eu le temps de répondre, je suis descendu aux toilettes… Si vous ajoutez à cela le bruit et l'odeur…

Quand je suis remonté, elle faisait la tête.

Josiane, la grande gaffeuse

Jean avait l’habitude de dire aux clients qu’ils connaissaient bien, « bonjour à ta grosse », quand ils partaient. Cela n’est que de l’argot et veut dire « tu feras la bise à ton épouse de ma part ». Et puis, merde, on est au bistro, on peut redevenir un gros con machiste.

Un client, Jean-Michel, était toujours amusé par cette expression. Du coup, j’avais pris l’habitude (que j’ai toujours, d’ailleurs), de lui dire « bonjour à ta grosse ! »

Un jour, il sort, Josiane passait par là et croyait que j’avais oublié de le dire. Du coup, elle se met à crier : « Hé ! Bonjour à ta grosse ! »

Une très grosse femme était assise à la porte. D’où mon silence…

Karim, le patron de l’Aéro

Il avait installé un miroir sur le mur des toilettes pour cacher des trous après voir changé la chasse d’eau. Du coup, on se voyait la bite en pissant. Je vous le déconseille, ce n’est pas spécialement beau. C’était devenu un sujet de rigolade. On ne disait plus qu’on allait pisser mais qu’on allait se regarder la bite.

Un jour, Karim est pris d’une urgence et comme il avait des clients inconnus, pour leur montrer que le bar était bien gardé dit assez fort : « Hé, Nicolas, tu peux surveiller, je m’absente deux minutes ! »

Moi, sur le même ton : « Ah ! Tu vas te regarder la bite ! »

La tronche des clients…

Clémence

Avec les nouveaux patrons, La Comète arrête de faire des cafés après 19 heures. C’est pour éviter que des gens s’attardent et monopolisent la terrasse en faisant fuir les gens qui voudraient consommer autre chose (ben oui, un type qui arrive après 19 heures ne consommera que pour 2€20 de café jusqu’à son départ).

Un jour, un client insistait vraiment. Clémence me montre du doigt : « Hé ben, vous n’avez qu’à voir ça avec mon patron. »

A moi de me démerder…

(c’était avant que je me fâche vaguement avec elle, on avait bien rigolé).

Jim

« Hé ! Gros, tu peux débarrasser la table ! »

Ca va, ouais !

Josiane

Moi : « Tiens ! Tu peux me remettre un demi, s’il te plait ! »
Elle : « Ah ! Tu fais chier, t’as qu’à te servir toi-même. »

OK…

Mouloud

« Burp, Hips, Nicolas, tu peux nous resservir une tournée, j’suis trop saoul »

D’accord.

(Mouloud a eu une salle période, dépression et s’était mis à picoler vraiment très dur. Son frangin et associé avait du prendre une semaine de vacances et je passais tous les soirs à la fermeture voir si tout était OK ; ce soir là, il avait fallu que je fasse le service jusqu’au départ des clients et, avec un autre habitué, nous avons fait le ménage ensuite…).

Mouloud

Le « vieux René » était mort après une opération du cœur. J’avais organisé une collecte et on avait mis une petite affiche pour inviter les gens à cotiser. Après l’enterrement où nous étions avec le gros Loïc, on est passé aux Monts d’Aubrac. Des andouilles avaient donné des sous pendant la cérémonie et Mouloud me les donne quand je rentre dans le bistro.

Moi : « Ah merde ! Mais ils sont cons… Qu’est-ce que je vais faire du pognon ? »
Mouloud : « T’as qu’à payer une tournée. »

D’accord.

Martine

Il y avait une grande rousse mince d’une quarantaine d’années qui trainait là tous les soirs. Elle s’asseyait en salle et buvait tranquillement sa bière. Evidemment nous la reluquions et elle nous faisait un peu de gringue. On rigolait, quoi… Personne ne voulait y toucher parce qu’on se demandait si ce n’était pas un travelo.

On a fini par sympathiser et par se parler de plus en plus. Elle en salle, les hommes au comptoir, Jean à sa caisse. On "jouait" à se faire du gringue...

Un soir (je crois), Jean n’était pas là et c’est Martine qui le remplaçait. Notre rousse arrive et j’étais le seul de la bande (donc ce n’était pas un soir). On discute. Quand elle part, Martine me demande « qui c’est celle là ? » avec la jalousie féminine qui transpirait…

Moi : « Ah ben une cliente qui vient tous les soirs. On rigole bien »
Elle : « Ah ben ! Je comprends pourquoi Jean rentre de plus en plus tard. »

Me voila en train de bredouiller des explications.

Martine a fait la gueule à Jean quelques semaines.

Jean

« Bon, les gars, vous me faites chier, je ferme ! »

OK patron ! A demain !

06 septembre 2012

Grand jeu concours du soir !

Un blogueur influent Lyonnais est saoul comme un cochon et s'est teint en blondasse.

Devinez de qui il s'agit.

Vive les photos diffusées dans Facebook.

10 conseils pour être bien au bistro

Quand je fais des longs billets, comme hier, à propos des bistros, j'ai toujours envie de donner des conseils de "fréquentation".

Petit 1 : repérer une position stratégique au comptoir. Elle est soit à côté de la machine à café soit près de la caisse. Ou entre les deux.

Petit 2 : s'y installer en prenant garde à ne pas gêner le service et ne pas perturber les habitués.

Le petit 1 et le petit 2 sont liés. À la Comète par exemple, si vous vous mettez tout à droite du comptoir, vous n'aurez jamais l'occasion de discuter avec quelqu'un. Si vous vous mettez sur la partie droite, vous risqueriez de gêner le service et des vieux habitués du matin qui aiment bien être assez proches de la caisse. C'est psychologique, les gens se sentent plus près du patron quand ils sont près de la caisse. Ce n'est pas nécessairement judicieux.

À la Comète, par exemple, le patron (ou le serveur) doit assurer le service sur toute la longueur du comptoir. Il vaut donc mieux être au centre. À l'Amandine, ça dépend de l'heure. Le soir, le patron discutera plus facilement s'il est loin de la caisse.
Donc : sujet très important.

Petit 3 : n'adressez pas la parole aux autres clients du comptoir sauf si vous avez une vraie information à leur donner.

C'est aux gens de vous intégrer dans le groupe. Si vous leur adressez la parole alors qu'ils ne sont pas demandeurs, vous passeriez définitivement pour un casse-couilles.

Laissez faire le temps et le hasard. Généralement à la troisième visite à un comptoir (hors heures de pointe), vous êtes copain avec le lascar derrière le comptoir... C'est son métier. Si ça ne marche pas, changez du bistro (avec prudence : le type derrière le comptoir peut être un remplaçant).

Petit 4 : ne parlez jamais de son boulot au patron ou au serveur (sais si c'est lui qui lance la conversation, évidemment).

Ça énerve et lasse les gens de voir des dizaines de personnes leur expliquer chaque jour comment ils devraient bosser. C'est leur métier, pas le vôtre.

Même si la plupart des gens sont persuadés de le connaître.

Petit 5 : à l'occasion, passez dans le bistro à différentes heures de la journée sinon vous vous faites une fausse idée du lieu.

Les copains blogueurs qui viennent parfois le soir dans ce bistro si paisible qu'est la Comète, seraient surpris par l'usine que ça devient en semaine à l'heure du déjeuner.

En outre, ça aide à comprendre pourquoi le patron n'a rien à foutre des 15 euros que vous pourriez laisser ! Trop de clients chiants se croient trop importants.

Petit 6 : n’offrez jamais une tournée à des gens s’ils ne vous ont pas offert un verre avant (sauf événement à fêter : anniversaire, décès du chier de la belle-mère qui n’arrêtait pas de vous mordiller, …). En offrant une tournée vous vous imposeriez dans un groupe et vous passeriez pour le casse-couilles qui cherche à se faire bien voir (les gens seront évidemment content d’avoir un verre à boire mais il faut faire de la psychologie sur le long terme).

Petit 7 : si on vous offre un verre, proposez systématiquement, ensuite, de payer vous-même une tournée (si vous n’en avez pas la possibilité (pas de pognon, pas le temps), promettez de le faire rapidement et tenez votre promesse.

Le truc des tournées est très important : ça marque l’appartenance à un groupe. Cela reste vrai même quand vous êtes un vieux client du bistro auquel cas il vous reviendra d’intégrer les nouveaux clients dans le groupe en leur offrant un verre. Une manière de marquer son territoire… Par contre, quand un habitué rejoint un autre habitué ou un groupe d’habitués, ça sera aux gens déjà au comptoir d’offrir un verre au lascar qui arrive : celui qui arrive ne doit pas s’imposer dans une série de tournées sinon il foutrait le désordre.

Prenons trois individus au hasard (dont un seul lit le blog) : Patrice, le vieux Jacques et le vieux Roger. Ils sont au comptoir de l’Amandine. Nicolas arrive. C’est à un des trois de commander un verre pour Nicolas au patron (sinon, je suis de mauvaise humeur), celui qui a payé la dernière (en l’occurrence le vieux Jacques). Nicolas, ne sachant pas qui a payé les précédentes (peut-être Roger et Patrice ont-ils déjà « mis la leur » et ont épuisé leur budget), se précipitera de commander une tournée dès que les verres sont vides, si personne (Roger ou Patrice) ne le fait. Si Roger et Patrice veulent vous offrir un verre à leur tour ensuite, c’est très bien. S’ils doivent se barrer ou non plus de sous, tant pis.

C’est la dure loi des bistros.

Par contre, si Nicolas entre dans le bistro et dit (hors anniversaire) « Bon, les gars, videz vos verres, c’est la mienne », il forcera les autres à finir leur verre presque immédiatement. Jacques et Roger étant vieux, ils seront indisposés. Pas Patrice, il en a vu d’autres.

A ce stade de la leçon, je vous propose un exercice pratique. Imaginez que Nicolas entre dans le bistro et que les verres de Patrice, Roger et Marcel Le Fiacre (le vieux Jacques est parti et a été remplacé par Marcel pour complexifier l’exercice). Doit-il attendre la prochaine tournée ou doit-il sortir une formule joviale « Ah ! Vos verres sont vides, je vois que je tombe bien, je vous en offre un ? ».

Ces règles ne sont évidemment pas écrites, tout comme les règles de bonne conduite. Ce sont des règles d’usage.

Je vais donner la réponse à l’exercice. Dans l’absolu, la réponse est « non ». Ils sont ensemble, Roger, Patrice et Marcel. Nicolas arrive dans le groupe mais il ne sait pas s’ils veulent de lui dans le groupe, ils étaient peut-être en train de parler de sujets délicats comme la chaude-pisse de Marcel et ils savent que Nicolas pourrait la raconter dans son blog.

Mais il faut rester terre à terre. Le patron ou le serveur finira par demander à Nicolas ce que qu’il boit et Nicolas sera obligé de commander. Si les verres de ses copains sont vides, il sera emmerdé et aura peur de passer pour grossier. L’embarras…

Donc la réponse est « oui ».

Le septième point est important. Et il n’est pas fini. Même la réponse à l’exercice n’est pas finie mais je souffle un peu. C’est vachement dur de parler de soi à la troisième personne.

Tiens ! Je vais passer au point 8 pour me reposer et je reviendrais au point 7 après.

Point 8 : payez toujours en espèces, si possible avec des gros billets, en fin de journée (pas le café du matin, quoi…).

Les gens aiment bien faire l’appoint et sont persuadés de rendre service mais ils font perdre du temps au serveur ou au patron en comptant leurs pièces. C’est pareil dans les boulangeries, regardez bien !

Par contre, le patron aiment bien les gros billets, ça leur fait moins de boulot quand ils « font leur caisse » et passent à la banque. Et c’est plus pratique s’ils ne passent pas à la banque (et qu’ils oublient par mégarde de déclarer une partie de la recette).

Ne payez pas par carte. D’une part le commerçant paye une commission et d’autre part, il est obligé de déclarer les revenus correspondants. Comme la majorité du chiffre d’affaire est faite le midi avec exclusivement des tickets restos et des cartes bancaires, il n’y a plus qu’au comptoir qu’il peut avoir une recette en liquide…

Vous voyez que vous apprenez des choses, avec moi ?

Point 7 qui était en retard.

Nous en étions à Nicolas qui rentre dans le bar où sont Marcel, Roger et Patrice qui ont des verres vides. Si aucun des trois ne commande une tournée, Nicolas est plus ou moins obligé de le faire. De toute manière, il est surtout rentré dans le bar pour saluer le patron, boire un coup puis discuter avec les copains s’ils sont là. La probabilité qu’aucun des trois de commande une tournée est assez faible. Ce sont des vieux briscards de comptoir.

Point 9 : si vous avez fait le con un soir, passez le lendemain pour vérifier que vous avez bien payé et vous excuser.

Point 7, ben oui, on n’a toujours pas la réponse exacte.

La formule appropriée, pour Nicolas, sera de dire : « Bon, ben je pue de la gueule, ou quoi ? Personne ne m’offre un verre ? Vous avez de la chance de m’avoir, je peux vous payer un verre ? Vous avez bien le temps d’en boire un ? »

Je proposais la formule suivante, en début de billet : « Ah ! Vos verres sont vides, je vois que je tombe bien, je vous en offre un ? ».

Deuxième exercice : étudiez les différences. Je donne la réponse de suite : d’une part, la nouvelle contient une engueulade, rappelant qu’ils n’ont pas respecté une tradition sans fournir d’explication. D’autre part, elle contient une formule d’excuses : vous demandez l’autorisation de leur offrir un verre en leur donnant un prétexte pour refuser.

Point 8. Ah ! Non.

Point 9 : surveillez le rythme des tournées.

D’une part, il y a toujours des gugusses qui abusent de vous, qui viennent boire avec vous uniquement parce vous payez des tournées (observez aussi le phénomène inverse : les mecs qui payent des tournées pour avoir des gugusses avec qui discuter : pitoyables).

Je me rappelle d’il y a une dizaine d’années, Bruno et Franck venaient toujours boire un verre avec moi à la fermeture de la Comète. A un moment, j’ai constaté qu’ils allaient plus souvent avec un autre lascar, en l’occurrence Molière (véridique). J’ai étudié leurs relations : c’est toujours lui qui payait les tournées, plusieurs tous les soirs. Les trois étaient pitoyables. Molière et moi ne nous entendions pas spécialement bien (sans animosité particulière mais sans avoir envie de passer la soirée ensemble). Il payait des verres aux deux autres pour discuter avec lui et les deux acceptaient de délaisser celui qui était censé être leur pote. Ils ont vite compris l’erreur qu’ils avaient faite le jour où Molière a arrêté de venir. J’avais fermé le robinet et renforcé mes règles de copinage de bistro.

D’autre part, et je ne citerai pas de nom, il y en a qui ne compte jamais. Ils arrivent. Ils boivent une première tournée. Ils payent la leur puis les verres qui leur sont offerts et ne pensent jamais à remettre à une tournée. C’est très fréquent chez les gros noirs qui viennent de pays ou les bistros ne fonctionnent pas comme en France mais où vous achetez une bouteille d’alcool fort en arrivant et qu’elle vous attend le lendemain si vous ne l’avez pas finie… Je ne citerai pas de nom, j’ai dit. Il n’empêche que 5 euros d’écart, 100 jours par an, le montant commence à ne plus être négligeable.

Tout ceci doit être pris dans l’environnement : il est évident qu’un type qui gagne 2000 euros par mois aura moins de difficulté à payer une tournée que le smicard… Mais le Molière, en question, s’il est resté cinquante jour avec Franck et Bruno en leur offrant 20 euros de consommation par soirée à chacun, il en a été pour 2000 euros de sa poche en moins de deux mois.

Point 10 : n’hésitez pas à réclamer des tournées.

C’est le complément du point 9.

Vous remarquerez que mon incrémentation des points correspond au degré d’intégration dans le bistro. Au point 1, nous en étions timidement au type qui découvre le comptoir et doit trouver en un clin d’œil la position au point 10. Au point 10, vous en arrivez au vieux briscard tellement habitué dans le bistro qui se permet d’engueuler les gens qui n’ont pas offert un verre.

Tout moi… "Hé dis donc, Marcel ! Tous les soirs tu nous fais le coup de boire les verres offerts et de te tirer avant de mettre ta tournée sous prétexte que ta femme t'attend. Tu ne croit quand même pas qu'on n'a pas repéré ton manège ?" Ou "Dites donc, Mamie, ça va être l'heure de mettre votre tournée, j'ai soif, moi !" Ou "Patron ! Il parait que tu fermes ce soir pour une semaine, si tu vois ce que je veux dire..." Ou "Luigi, tu me casses les oreilles, tu ferais mieux de me payer un verre." Ou "Alors, Roger, on est le 10, tu as touché la complémentaire ? Hum hum..."

Mais cette fois, c’était ma tournée ! J’espère vous avoir rendu service.

Dans l'attente, un petit exercice. A droite, une photo de comptoirs. Quelle est la position stratégique, le soir, pour le pochetron de service ? La photo est de travers pour vous compliquer la tâche et vous obliger à faire le con devant votre écran alors que vous lisez les blogs pendant vos heures de bureau.

Réponse : suivez ce bistro. Il incite les gens à manger au comptoir (ce n'est pas un reproche, il y a une clientèle pour, chaque patron fait ce qu'il veut). Vous ne trouverez surement pas des gens pour tenir des discussion de comptoir.

Et vous ne trouverez sûrement pas de patron qui vous saluera poliment :

"Hé ho, les gars, vous faites chier, cassez-vous, je ferme !"

Bon anniversaire @melclalex

Ton cadeau (notre illustration) t'attendra au comptoir de la Comète lors du prochain Kremlin des Blogs !

05 septembre 2012

Seul au comptoir. Et alors ?

Mon billet de ce matin portait un peu sur la psychologie de comptoir et sur les relations de chacun avec les bistros. Il cache deux questions qui me turlupinent...

La première : pourquoi (ou comment) un individu au comptoir peut-il penser que j'ai envie de parler avec lui pour la seule raison que je suis seul au comptoir ?

La deuxième : qu'est-ce qui permet à certains de penser que les types seuls au comptoir sont des tordus ?

Je n’ai pas les réponses. Ca touche probablement à la psychologie ou à la psychiatrie. Il y a probablement une partie de la population qui s’imagine le bistro et plus particulièrement le comptoir comme « le mal ». Peut-être cherchent-ils un prétexte pour y aller, pour se donner une contenance ?

Tout d'abord un commentaire personnel : cette habitude d’aller au bistro quotidiennement m’est venue au cours d’une courte période, il y a environ 16 ans pour deux raisons (je n'avais qu'une brasserie pour manger le midi et j'ai vraiment très rapidement sympathisé avec les clients et les salariés de la Comète).

Le commentateur que je citais mourrait de trouver une explication à ma venue au bistro : c’est tout simplement l’habitude. Je pourrais picoler chez moi et il m’arrive très souvent d’aller au bistro sans boire d’alcool. Ainsi, pendant mes vacances, j’ai fait à peu près tous les bistros de la route pour boire du café, du Vittel menthe et du Perrier : j’étais en voiture. Si ça intéresse quelques lecteurs : quand je roule sur autoroute, je m’arrête à peu près à une station sur deux pour boire un café ou acheter une bouteille d'eau. J’aime bien.

Voila la première réponse que j’apporte à une question non posée : je vais au bistro par habitude. La deuxième réponse à la même question pas posée est que j’y vais parce que j’aime ça, tout comme les stations service d’autoroute. Me coller au milieu d’inconnus et ne rien faire.

Cette deuxième réponse servira également à une question pas posée mais répondant aux deux questions du début de billet : ça ne me dérange absolument pas d’être tout seul dans un bistro. Pendant les vingt premières années de ma carrière professionnelle, j’ai fait des centaines de déplacements (plus d’une nuit par semaine à une époque). C’est une habitude à prendre. Je suppose que des millions de travailleurs connaissent ça… Et que certains n’aiment pas. Moi si.

Arrêtez donc de regarder les solitaires comme des tordus : ils ont une raison particulière de l'être. Tiens ! Pendant un temps, pour citer encore mon cas personnel, j'allais tous les soirs à 19h à l'Aéro (bistro que je fréquentais le week-end) uniquement pour éviter de rencontrer certains gugusses à la Comète, d'où ils partaient vers 19h20. J'étais donc tout seul au comptoir, papotant avec le patron d'alors s'il avait le temps.

Je vais formuler une autre réponse mais je ne sais pas à quelle question elle pourrait répondre. Cette réponse en question sera en deux volets.

D’une part, les comptoirs de bistro sont essentiellement fréquentés par des cons. L’explication est assez dure à formuler mais on est toujours le con d’un autre. Allez les écouter le matin, à l’heure du café, c’est-à-dire avant que l’ivresse ne les prenne, ce sont toujours des cons.

Pour être plus précis et sans vouloir me lancer dans une explication… qui relèverait de la psychanalyse de… comptoir, il y a une part importante de tordus, de lascars pas intégrés à la société, ayant des centres d’intérêts qui vous dépassent ! Il y en a d’autres qui ont des « sujets de discussion uniques » (voyez le nombre d’imbéciles qui ne parlent que de PMU…) qui ne vous intéressent pas.

D’autre part, les comptoirs de bistro sont aussi fréquentés par des ivrognes, occasionnels ou vraiment alcooliques qui deviennent rapidement exubérants, chiants, …

Je n’aime pas parler avec des cons ou des ivrognes. J’espère avoir répondu à une question et je vais préciser la réponse à la première question de ce début de billet : quand vous rencontrez un type dans un bistro, il y a neuf chances sur dix, au minimum, pour qu’il appartienne à une de ces deux catégories (et plus fréquemment des deux). Il aura envie de parler avec moi par nature mais pas moi, merci. Ainsi, quand un type m’adresse la parole, je fais tout pour botter en touche. Ca n’est qu’au bout de quelques temps, quand j’ai pu constater qu’il pourrait avoir de l’intérêt que je commence à l’écouter quand il me parle.

En complément, dans les bistros, il y a une partie des gens, surtout des personnes relativement âgées, qui viennent pour rechercher de la compagnie. C’est triste, bien sûr, et il est probable qu’à la retraite je devienne ainsi. Il n’empêche que vous n’avez pas forcément envie de parler avec elles, d’animer une conversation qui vous emmerde et tout ça. Vous êtes en train de vous dire que je suis un fumier mais je vous renvoie volontiers le compliment : c’est uniquement par pitié que vous daignez vous intéresser aux gens. Bravo…

Vous voulez encore une réponse sans question ? C’est simple : les amis de mes amis ne sont pas nécessairement mes amis. Le vieux Jacques, par exemple, ramène souvent des cons qu’il a rencontrés dans d’autres bistros. Le vieux aime bien tous les types un peu joviaux qui rigolent de ses jeux de mots. Du coup, quand je rencontre Jacques avec un de ses cons, je parle avec lui, je ne suis pas un ours, mais je préfère souvent changer de bistro ou me fourrer dans mon iPhone. De fait, comme on rigole bien, le gars me prend pour un type sympathique, à tort ou à raison, et s’attache à moi. Si je le rencontre dans un bistro sans le vieux Jacques, il viendra me causer. Ca me gave. Ils sont d’ailleurs à ranger dans la catégorie des cons détaillée précédemment.

Vous vous posez toujours des questions et j’ai plein de réponses.

Mais ça sera pour un autre jour.

Tout ça m’a donné soif. Je retourne au comptoir.

Psychologie de comptoir

J’ai horreur que l’on critique mes pratiques au bistro. Je suis un professionnel : un débutant, même âgé, devrait retourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de me faire la moindre remarque sinon je fais un billet de blog qu’il vous faudra lire. C’est pourtant ce qu’a fait Kalondour dans les commentaires ici et . Je vous passe le deuxième qui mériterait un procès en diffamation. Je retiens le premier (voir des extraits ci-dessous). C’était suite à mon billet où j’expliquais avoir envoyé chier une « vieille blonde » qui n’arrêtait pas de parler.

Il mériterait une réponse détaillée mais je vais m’attacher à quelques aspects…

« Un bistrot c'est quoi pour toi ? Est-ce un lieu où on vient s'alcooliser consciencieusement tout seul en ruminant sa solitude ? Ou est-ce un lieu où dans sa solitude, on arrive à parler alors qu'on n’aura jamais vu personne dans la journée ? Ou les deux à la fois ? »

La question pourrait être pertinente sauf que je ne mets jamais de « t » à bistro sinon, ça ne peut plus être le diminutif de bistroquet mais ça se discute. Elle serait néanmoins plus pertinente si ce n’était pas l’objet de la plus idiote psychologie de comptoir conduite par l’incompétent qui essaie d’expliquer le « fonctionnement humain » alors que ça ne le regarde absolument pas.

Pire, il l’essaie de l’expliquer par ses propres pratiques en essayant de généraliser sa propre situation. Voir ci-dessous. Ce qu’il y a de rigolo c’est qu’il commence (outre la faute de français, on ne dit pas « en ce qui me concerne » mais « pour ce qui me concerne », je sais, je suis chiant et je ne devrais pas lui jeter la pierre) par avouer sa propre pochetronnerie pour se mettre bien avec le taulier.

« En ce qui me concerne, je vais dans mes bistrots préférés, certes pour boire un coup car je ne crache pas dessus, mais surtout pour échanger avec les gens que je connais et surtout avec les gens que je ne connais pas...et qu'ils soient hommes ou femmes ne m'interpelle pas dans mon vécu...Même si le mec ou la nana ont un coup dans le pif ! »

Pour ma part, je ne vais pas échanger (quoi ?) avec des gens que je ne connais pas et dont je n’ai rien à cirer. Certes, il m’arrive de rencontrer des gens intéressants et de passer des moments intéressants avec des « ex-inconnus » mais ce n’est certainement pas pour ça que je vais au bistro.

En outre, j’ai horreur de discuter avec gens bourrés, ça n’a strictement aucun intérêt si on est soi-même à jeun sauf si le lascar est très drôle. En outre, et à mon tour de faire de la psychologie de comptoir, j’aime cent fois mieux discuter avec un mec bourré qu’avec une nana du même métal : il n’y a rien de plus pénible qu’une femme saoule surtout si elle est réellement alcoolique (une femme pompette qui boit occasionnellement ou rarement est souvent très drôle, par contre).

« Il est vrai aussi que rien ne m'agacerai le plus au monde que de voir un jeune con au comptoir de mon bistrot préféré, faire abstraction de la convivialité ambiante en manipulant sa quincaillerie informatique dont aucune personne présente n'en a rien à foutre ! »

Nous sommes arrivés au pire passage. Que peut-il en avoir à foutre de ce que font les autres au bistro s’ils ne font pas de bruit (et ne puent pas) ? De quoi il se mêle ? Voila le lascar qui voudrait que tout le monde soit comme lui.

Il me rappelle le vieux Jacques qui voudrait que tout le monde soit de la même humeur que lui, que les gens rigolent quand il est de bonne humeur ou qu’ils se plongent dans les mots croisés quand il est d’humeur morose.

Le terme « convivialité » devrait être rayé de la langue française. Il est employé par gens qui veulent se forcer à être de bonne humeur mais surtout forcer les autres à passer ce qu’il va définir comme étant un bon moment sans même se poser la question de savoir si le bon moment n’est pas uniquement pour lui. Un terme qui s’applique probablement aux pires égoïstes !

« Désolé, mais je pense que nous ne fréquentons pas les mêmes bistrots... »

Tant mieux. Il n’y a rien de pire que de recevoir des leçons de morale d’un type qu’on ne connaît pas et qui s’occupe visiblement de ce qui ne le regarde pas.

J’aspire à ce qu’on me foute la paix. Mais je vais rassurer le lascar : si je n’aimais pas les gens, je n’irais pas au bistro ! Si je n’aimais pas rigoler avec les copains, je resterais cloitré chez moi, je n’organiserais pas des rencontres de blogueurs, je n’enverrais pas des SMS aux potes pour organiser des rendez-vous.

Je ne vais pas au bistro parce que j’ai décidé de passer un bon moment, j’y vais parce que j’aime ça, depuis toujours. Je suis une sorte de professionnel du comptoir (mais de l’autre côté par rapport au serveur ou au patron).

Je vais ajouter un détail : si j’ai souvent la tête dans mon iPhone c’est parce que je traine dans les réseaux sociaux (essentiellement blogs et Twitter). Qu’on ne vienne pas me dire que je suis asocial !

L’asocial est celui qui vient dans les bistros parce qu’il n’arrive pas à établir des contacts avec d’autres humains, parce qu’il a besoin de parler et qu’il le fait avec des inconnus, les oubliant dès qu’il a franchi la porte de l’Etablissement. Le type qui a besoin de se faire des amis pour le temps que dure la descente d’une ou plusieurs consommations… A pleurer.

Il ferait peut-être mieux de réfléchir à sa propre vie avant de donner des leçons aux autres.

04 septembre 2012

Voltaire de rien

Un grand type étranger (Allemand peut-être) débarque à la Comète et prend une bière. Je n'ai pas suivi, j'étais plongé dans l'iPhone. Twitter et tout ça.

Je me réveille. Les clients et le serveur se démenaient pour lui trouver un taxi pour l'hôtel Ibis Boulevard Voltaire.

Je leur trouve le numéro d'une célèbre compagnie Parisienne qui n'est pas les Taxis Bleus étant donné que ma boîte est en contrat avec l'autre.

Cela étant, je lui conseille de prendre le métro. Le type ne parlait qu'anglais et réussi à me faire comprendre que le type du métro avait l'envoyé chier : pour l'Ibis du boulevard Voltaire il était à la bonne station.

On mène une vie trépidante. Les autres clients tentaient toujours de joindre un taxi. Un abruti gueulait qu'il connaissait le numéro d'un particulier qui faisait taxi et que c'etait complètement con d'appeler une grosse compagnie.

La routine...

C'est alors que j'ai réagi ! Le type ne cherchait pas le Boulevard Voltaire a Paris mais la rue Voltaire à Bicêtre...

Il m'a remercié mais a oublié de m'offrir un verre. Les étrangers sont cons, c'est bien la preuve.

Définition de la morale laïque

Les sondages du Figaro sont toujours savoureux. Guy en signalait un, ce matin. Celui du jour est moins drôle et nous apprend que 70% des sondés sont pour l’instauration d’un cours de morale laïque, à l’école. Le Figaro devrait faire un nouveau sondage : « savez-vous ce qu’est la morale laïque ? » Selon Google (voir la deuxième illustration), les Français sont nombreux à en chercher une définition.

Je vais les aider. Rapidement. La morale est ce qui dit ce qui est bien ou mal ou juste ou injuste. Par exemple, dire des grossièretés dans un blog est mal. M’offrir des bières est très juste. Laïque définit ce qui n’est pas en rapport avec la religion ou indépendant de cette dernière.  C’est un peu compliqué mais pour résumer : me payer des bières en insultant un curé en tant que tel n’est pas le mal puisque insulter un curé en tant que tel est religieux.

Je ne sais pas si vous m’avez suivi.

Toujours est-il que Bertrand Delanoë s’est exprimé avant que je rédige mon billet, ce qui est son droit le plus strict d’autant qu’il a doublement raison.

Petit 1 : l’expression « morale laïque » n’est pas heureuse.
Petit 2 : il faut se méfier de tout ce qui est officiel. Par exemple, je viens de déclarer qu’insulter un curé en tant que tel n’est pas le mal sans même avoir définir ce que voulait dire insulter un curé en tant que tel.

Vous me direz que ce sujet ultra sérieux aurait du être traité dans mon blog politique mais dès les premières lignes, j'ai senti qu'il partirait en couilles.

03 septembre 2012

La vieille blondasse

Parmi les clients de l'Amandine, il y en a eu que j'appelle ainsi sans la moindre affection malgré mon adulation pour les clients de bistro.

Petit 1 : elle a un chien, ce qui n'est pas interdit mais il est tout petit et elle a l'habitude de le poser sur une des banquettes du bistro même si je juge que mon illustre postérieur y aurait toute sa place. Elle parle à son chien comme à un bébé.

Petit 2 : elle boit du Muscadet ce qui est tout à son honneur mis au bout de deux, elle devient très bavarde.

Mercredi, je rentrais de vacances à Paris et j'ai eu beaucoup de bouchons après le péage. Près de deux heures, je crois. J'ai donc renoncé à rentre dans Paris pour rendre la voiture de location et me suis arrêté à Bicêtre. Après une brève visite à la Comète, je suis passé dire bonjour à Karim, le patron de l'Aéro, puis à Michel, celui de l'Amandine.

La vieille était au comptoir, très bavard, comme toujours. Michel étant là, il lui répondait (ben oui, il gagne de l'argent avec les Muscadet). Au bout d'une vingtaine de minutes, il est parti "longuement" pour s'occuper des clients en terrasse. Elle a donc commencé à me parler alors que j'étais perdu dans mes rêveries. Elle m'a posé une série de questions à propos de mes vacances. Elle voulait tout savoir, ce que j'avais fait, où j'étais allé,...

Je vous passe le fait que je me demande bien ce qu'elle en avait à foutre. Tiens ! J'ai repris le boulot aujourd'hui. Plusieurs collègues m'ont demandé ce que j'avais fait. Je ne leur ai pas retourné la question et j'ai fini par répondre à la plupart que j'avais passé mes vacances en Bretagne chez ma mère. J'ai d'ailleurs arrêté rapidement : l'un d'entre eux m'a demandé où était Loudéac. Le "Centre Bretagne" est une notion assez abstraite pour beaucoup de gens. Du coup, j'ai commencé à dire que j'avais passé les vacances chez un copain à Roquemaure dans le Gard.

Bref ! Ma vieille blonde m'a énervé. Et j'ai craqué. Ce qui ne me ressemble pas. Mais poliment. Ce qui ne me ressemble pas non plus... En principe quand je craque, je craque !

Je lui ai dit précisément : "ah mais vous êtes un vrai moulin à paroles, vous n'arrêtez pas parler". Ce qui fait un peu pléonasme mais ne nous arrêtons pas aux détails.

J'ai immédiatement plongé ma tête dans mon iPhone tout en déposant les 4€40 que je devais sur le comptoir.

L'incident aurait pu être terminé...

Quand je suis parti, elle a demandé à Michel si j'étais fou. Ce que Michel m'a avoué avoir confirmé (ben oui, 5 ou 6 Muscadet tous les soirs, ça fait une rente pour un bistro !).

Samedi, Corinne et sa mère sont passées déjeuner à l'Amandine. La vieille a refusé de leur serrer la main...

On rigole bien, dans les bistrots...