05 septembre 2012

Psychologie de comptoir

J’ai horreur que l’on critique mes pratiques au bistro. Je suis un professionnel : un débutant, même âgé, devrait retourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de me faire la moindre remarque sinon je fais un billet de blog qu’il vous faudra lire. C’est pourtant ce qu’a fait Kalondour dans les commentaires ici et . Je vous passe le deuxième qui mériterait un procès en diffamation. Je retiens le premier (voir des extraits ci-dessous). C’était suite à mon billet où j’expliquais avoir envoyé chier une « vieille blonde » qui n’arrêtait pas de parler.

Il mériterait une réponse détaillée mais je vais m’attacher à quelques aspects…

« Un bistrot c'est quoi pour toi ? Est-ce un lieu où on vient s'alcooliser consciencieusement tout seul en ruminant sa solitude ? Ou est-ce un lieu où dans sa solitude, on arrive à parler alors qu'on n’aura jamais vu personne dans la journée ? Ou les deux à la fois ? »

La question pourrait être pertinente sauf que je ne mets jamais de « t » à bistro sinon, ça ne peut plus être le diminutif de bistroquet mais ça se discute. Elle serait néanmoins plus pertinente si ce n’était pas l’objet de la plus idiote psychologie de comptoir conduite par l’incompétent qui essaie d’expliquer le « fonctionnement humain » alors que ça ne le regarde absolument pas.

Pire, il l’essaie de l’expliquer par ses propres pratiques en essayant de généraliser sa propre situation. Voir ci-dessous. Ce qu’il y a de rigolo c’est qu’il commence (outre la faute de français, on ne dit pas « en ce qui me concerne » mais « pour ce qui me concerne », je sais, je suis chiant et je ne devrais pas lui jeter la pierre) par avouer sa propre pochetronnerie pour se mettre bien avec le taulier.

« En ce qui me concerne, je vais dans mes bistrots préférés, certes pour boire un coup car je ne crache pas dessus, mais surtout pour échanger avec les gens que je connais et surtout avec les gens que je ne connais pas...et qu'ils soient hommes ou femmes ne m'interpelle pas dans mon vécu...Même si le mec ou la nana ont un coup dans le pif ! »

Pour ma part, je ne vais pas échanger (quoi ?) avec des gens que je ne connais pas et dont je n’ai rien à cirer. Certes, il m’arrive de rencontrer des gens intéressants et de passer des moments intéressants avec des « ex-inconnus » mais ce n’est certainement pas pour ça que je vais au bistro.

En outre, j’ai horreur de discuter avec gens bourrés, ça n’a strictement aucun intérêt si on est soi-même à jeun sauf si le lascar est très drôle. En outre, et à mon tour de faire de la psychologie de comptoir, j’aime cent fois mieux discuter avec un mec bourré qu’avec une nana du même métal : il n’y a rien de plus pénible qu’une femme saoule surtout si elle est réellement alcoolique (une femme pompette qui boit occasionnellement ou rarement est souvent très drôle, par contre).

« Il est vrai aussi que rien ne m'agacerai le plus au monde que de voir un jeune con au comptoir de mon bistrot préféré, faire abstraction de la convivialité ambiante en manipulant sa quincaillerie informatique dont aucune personne présente n'en a rien à foutre ! »

Nous sommes arrivés au pire passage. Que peut-il en avoir à foutre de ce que font les autres au bistro s’ils ne font pas de bruit (et ne puent pas) ? De quoi il se mêle ? Voila le lascar qui voudrait que tout le monde soit comme lui.

Il me rappelle le vieux Jacques qui voudrait que tout le monde soit de la même humeur que lui, que les gens rigolent quand il est de bonne humeur ou qu’ils se plongent dans les mots croisés quand il est d’humeur morose.

Le terme « convivialité » devrait être rayé de la langue française. Il est employé par gens qui veulent se forcer à être de bonne humeur mais surtout forcer les autres à passer ce qu’il va définir comme étant un bon moment sans même se poser la question de savoir si le bon moment n’est pas uniquement pour lui. Un terme qui s’applique probablement aux pires égoïstes !

« Désolé, mais je pense que nous ne fréquentons pas les mêmes bistrots... »

Tant mieux. Il n’y a rien de pire que de recevoir des leçons de morale d’un type qu’on ne connaît pas et qui s’occupe visiblement de ce qui ne le regarde pas.

J’aspire à ce qu’on me foute la paix. Mais je vais rassurer le lascar : si je n’aimais pas les gens, je n’irais pas au bistro ! Si je n’aimais pas rigoler avec les copains, je resterais cloitré chez moi, je n’organiserais pas des rencontres de blogueurs, je n’enverrais pas des SMS aux potes pour organiser des rendez-vous.

Je ne vais pas au bistro parce que j’ai décidé de passer un bon moment, j’y vais parce que j’aime ça, depuis toujours. Je suis une sorte de professionnel du comptoir (mais de l’autre côté par rapport au serveur ou au patron).

Je vais ajouter un détail : si j’ai souvent la tête dans mon iPhone c’est parce que je traine dans les réseaux sociaux (essentiellement blogs et Twitter). Qu’on ne vienne pas me dire que je suis asocial !

L’asocial est celui qui vient dans les bistros parce qu’il n’arrive pas à établir des contacts avec d’autres humains, parce qu’il a besoin de parler et qu’il le fait avec des inconnus, les oubliant dès qu’il a franchi la porte de l’Etablissement. Le type qui a besoin de se faire des amis pour le temps que dure la descente d’une ou plusieurs consommations… A pleurer.

Il ferait peut-être mieux de réfléchir à sa propre vie avant de donner des leçons aux autres.

32 commentaires:

  1. Du grand Jegoun...

    (rien à rajouter)

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  2. D'après wiktionary, il semblerait que bistroquet derive de bistro et non que bistro soit un diminutif de bistroquet.

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  3. Dont acte !Face à ton ego surdimensionné, je ne suis en effet qu'un vieux et qu'un con...Je persiste et je signe, mais tu n'es pas bien sur obligé de partager mon opinion...
    A propos de donneur de leçons, c'est volontairement que j'ai orthographié le mot bistro de cette manière, car il s'écrit de 2 façons (Cf http://fr.wikipedia.org/wiki/Bistro sur l'origine de ce mot)

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    1. Mon canard,

      Petit 1 : je n'ai pas donné de leçon, j'ai dit comment j'écrivais "bistro".

      Petit 2 : en donneur de leçon tu te poses là, vu les commentaires que tu as laissés. En matière d'égo, tu te poses là, réellement : tu voudrais qu'on ait la même vision de la vie que toi. Et tu viens de me donner une nouvelle leçon avec l'orthographe du mot "bistro".

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  4. Où l'on voit bien que phonétiquement, comptoir peut être la contraction de con notoire.

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  5. J'ai un peu connu le troquet comme le monsieur le pratique, mais en partie uniquement (et heureusement).
    Ceci dit, c'est sans doute pour cette raison (propre à moi-même) que je n'y fous plus les pieds.

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    1. Ben oui, il y a un moment où il faut savoir fuir les bistros, justement quand on y vient pour discuter avec des inconnus...

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  6. C'est quoi le problème de "En ce qui me concerne" ?

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    1. Aucun, l'expression exacte devrait être "pour ce qui me concerne". Par exemple, si tu es concerné par un aspect d'un dossier, tu vas dire "pour l'aspect du dossier qui me concerne" pas "en l'aspect du dossier qui me concerne" !

      Mais l'usage fait évoluer la langue.

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    2. Mouai, les deux tournures ont l'air correcte. Pas évident que l'usage ait fait évoluer quoi que ce soit dans ce cas... Peu importe.

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  7. Ego surdimensionné ... Bon au moins ça fait lire 2 pavés de plus et les commentaires qui vont avec (c'est voulu ce côté viral ?), tout ça pour... avoir été vexé pour les commentaires du monsieur ?

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    1. Vexé pas des commentaires, moi ? Mouarf... au bout de 7 ans de blogs...

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  8. Mais Nicolas il ne parle pas du tout de toi, le gars, il parle de LUI.
    Il doit, pour cela, se positionner à partir de ce qu'il imagine être le CONTRAIRE de lui, et il nous saôule.
    Sinon, la femme du bistro, c'est pas la bistrotière ? Je m'en vais vérifier sur LEXILOGOS.

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    1. c'est fait : bistro ooo = petit café petit restaurant,
      tenu par le bistro o et .. la bistrote ! d'où la confusion.

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    2. Pour ma 1ere assertion : Oui !
      Pour la 2ème : http://www.cnrtl.fr/definition/bistro

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  9. *** Rien à ajouter, en effet, tu as tout dit Nico ! :o)
    GROS BISOUS et continue à nous raconter tes histoires de bistrots... nous on aime ! :o) ***

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  10. Mouais. Depuis que Sarko est au chômage, je trouve que le taulier accorde beaucoup trop d'importance à des choses qui n'ont aucune importance.
    Comme on dit en Internet : "Ne jamais payer sa tournée au troll. Encore moins lui dédier un billet."

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    1. Heu... Ceci n'est pas mon blog politique et j'ai toujours cherché des sujets bistro pour en parler ici... Celui m'est venu tout seul.

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    2. Désolé. Je m'emmêle les pinceaux entre tous tes blogs. Mais je trouve quand même que c'est faire beaucoup d'honneur à Kalembour.

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    3. Il n'est qu'un prétexte, c'est un sujet qui m'intéresse réellement. En fait, je cherche à le traiter sous un angle particulier. Tiens ! Je vais en faire un billet (enfin, ce soir...).

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  11. On a bien le droit d'aller au bistro sans parler au gens ! Qu'est-ce que tu y fais ? Ben rien, tu regardes dans ta tête, en buvant un coup tranquillement ! On est en République ou quoi ?

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