15 septembre 2007

Bilan d'étape d'une rage

Quand on a une grosse rage de dents, faut-il en tirer une conclusion sur un blog ?

Je ne sais pas s’il faut, mais on peut ! Je suis à moitié tiré d’affaire : ce n’est pas le tout de se faire arracher des dents quand on a mal, encore faut-il les remplacer, ce qui est probablement plus douloureux pour le portefeuille que pour la mâchoire. On verra ça à l’autopsie comme dirait le vieux Jacques.

Je vais néanmoins en tirer un bilan par pure solidarité avec les millions de types comme moi qui ont une peur bleue du dentiste parce qu’ils ont été martyrisés par des vieilles pleines de poils dans leur jeunesse. Je me rappelle de la dentiste de ma jeunesse : elle était n’était absolument pas comestible, même pour une communion. Ceci est une plaisanterie privée.

On nous traînait chez le dentiste où on attendait une heure ou deux en lisant le Paris Match d’il y a six mois.

Quand on a douze ou treize ans, ce n’est pas le pied : même à plus de 40 j’ai du mal alors que j’arrive toujours à lire le Picsou du petit-fils à ma copine Régine quand elle m’invite en vacances.

Ensuite, le dentiste nous fourrait des machins dans la bouche en faisant bzzz crrrrutch brrrrr. Une horreur. Après on se faisait engueuler parce qu’on ne se lavait pas correctement les dents. Ca, trente ans après, ça continue ! Ils sont rigolos les dentistes à penser qu’on a que ça à faire de se laver les dents à chaque fois qu’on s’est enfilé un demi. Enfin, on se faisait engueuler à nouveau car lors de la prochaine date de libre sur l’agenda de la dentiste, on avait solfège.

A ce stade de cette note, je dois signaler que les dentistes ont bien changé ! Maintenant, on attend pas plus d’un quart d’heure. Et feu « Jour de France » a été remplacé par Gala dans la salle d’attente. C’est le progrès.

Je disais donc que j’allais m’adresser aux millions de glandus comme moi qui ont horreur du dentiste.

Dès la première rage de dents, si elle dure plus de 48 heures, vous allez chez le dentiste. Pendant cette rage de dents, vous prenez un double cachet de Paracétamol 500 (ou un de 1000 !) toutes les huit heures. En gros, vous avez droit à 6 cachets par heure. En début de rage de dent, quand ça fait trop mal, je conseille de les prendre par 2 : ça vous enlève toute douleur puis vous laisse 4 ou 5 heures de répit que vous mettrez à profit pour dormir ou travailler ou boire ou bouffer ou baiser. La faculté conseille de prendre les cachets un par un : elle a sûrement raison, mais ça laisse des moins fortes périodes de répit.

Toujours est-il qu’il ne faut pas dépasser la dose de 6 par jour. On ne va pas jouer avec son palpitant pour une vulgaire rage de dents. J’en connais qui font le fier et qui s’enfilent une boite par jour pour fuir le toubib : ça n’est pas la solution !

La seule solution pour éviter le dentiste, c’est de calmer la douleur en espérant que le mal s’estompe tout seul. Ca n’est que reculer pour mieux sauter… Mais si on peut reculer de 4 ou 5 ans, ça n’est pas mal !

Par contre, ne dépassez jamais les 36 ou 48 heures ! J’ai fait ma rage de dents vendredi de la semaine dernière et de devais aller en week-end en Bretagne… Hé bien ! 72 heures après, je n’étais pas joli-joli à voir !

Comment choisir un bon dentiste ?

Je ne sais pas. Je vais donner un conseil, si vous avez un patron pas trop chiant : allez à côté du bureau, ça sera beaucoup plus facile après. N’oublions jamais : vous rentrez une fois chez un dentiste, vous êtes parti pour 10 ou 15 séances consécutives. Il vous trouvera bien une demi douzaine de caries, sans compter les dents creuses, les dents cassés, les pivots qui pivotent plus, les bridges partis faire le pont, les couronnes mortuaires, …

Ce coup-ci, j’en ai trouvé un rigolo. C’est un atout ! Un peu comme l’accent du cancérologue de Desproges.

Le mien, il bosse dans un cabinet avec deux autres dentistes dont son fils, deux assistantes médicales accortes : elles pourraient être serveuses à la Comète. Les portes restent ouvertes tant qu’ils ne manipulent pas leurs affreux trucs qui font du bruit ! Comme il y a trois dentistes et des horaires précis, il n’y a jamais plus de 2 ou 3 personnes dans la salle d’attente (il y a toujours des urgences !).

Pour l’exemple, je vous cite ce qu’a répondu l’assistante à mon dentiste qui doit bien avoir 70 balais quand il lui maté la poitrine alors qu’elle était assise à côté de lui : « je m’en fous vieux cochon, vous avez dit ce matin à mon mari que vous ne bandiez plus ». Lui : « c’était pour sauver les apparences ». C’est alors que le fils est entré et a dit à la dame : « si papa vous embête, vous me dites, j’appelle maman ».

La franche rigolade !

Juste après, il m’arrachait la dent.

Mais le pire dans la rage de dent, n’est pas la douleur en elle-même, ce n’est pas la déprime à penser que vous ne pourrez pas vous enfiler un demi pendant la durée des antibiotiques, ni elle à penser que vous êtes partis pour deux ou trois mois de traitement, ce n’est pas le sentiment idiot qui suit l’arrachage de dent (vous avez à la fois mal à cause de l’arrachage de la dent et pas mal grâce aux antidouleurs), ce n’est pas le tronche déformée par l’anesthésie, non !

Le plus dur est de supporter ses congénères, ses voisins, ses collègues de bureau, ses relations de comptoirs… Ces 30 ou 40 personnes que vous côtoyez tous les jours et que vous ne pouvez pas considérer comme proches.

Tous vont remarquer votre chique. Tous vont vous obliger à vous expliquer ce qui vous est arrivé alors que vous avez mal à la bouche dès que vous l’ouvrez. Tous vont vous demander tous les jours des nouvelles alors que tout ce que vous voudriez c’est oublier la douleur. Tous vont s’apitoyer.

Tous vont vous dire du type : « Moi, je sais ce que c’est ! C’est arrivé à la belle-fille de mon cousin » ou « je sais ce que c’est, j’ai eu ça aussi, mais comme j’ai bien pris les cachets, je n’ai pas eu besoin d’arracher la dent ».

A ce dernier vous avez le droit de répondre « Connard ! Tu crois que c’est ton cachet qui va décider par où va pousser la dent creuse ou soigner une infection ? ».

Supportez uniquement trois types de remarques. Celles des gens que vous aimez bien, celles de ceux qui se foutent de votre gueule : « Abruti ! T’avais qu’à y aller avant chez le dentiste » et celles de ceux qui vous préviennent sans s’apitoyer « Ah ! Bon Dieu, mon pauvre, qu’est-ce que tu vas en chier ! ».

15 commentaires:

  1. Ta dentiste, elle s'appelait "la nouille du curé" ?

    RépondreSupprimer
  2. Quand on a arraché mes dents de sagesse sous anesthésie, elles avaient deux bons centimètres de racines. Pendant deux nuit j'ai dormi en bavant glaires mêlées de sang. J'ai mis 6 mois à cicatriser, j'avais des bleus aux joues, qui sont devenus jaunes en plus d'être gonflées.
    C'est à cette époque que j'ai croisé mon gentil député, Didier Migaud. Il était alors conseiller municipal de Seyssins (Isère): je l'aurais bien vu se charger des miens...
    Inutile malheureusement d'essayer de le séduire avec ma gueule de pamplemousse. Depuis, il a bien avancé dans la vie. J'ai peut-être raté ma chance à cause d'un pourri de dentiste.
    Qui dit pire ?

    RépondreSupprimer
  3. Tu as eu la chance de rencontrer Didier Migaud, un des plus drôles et sympathiques de notre assemblée !

    Je ne doute pas que des situations soient pire que la mienne : en fait on n'a pas arraché de dent de sagesse mais une dent pourrie qui était dérangée par la dent de sagesse qui poussait dessous. Au bout de 8 heures, je n'avais plus mal !

    Ce que je veux dire, Ellie, c'est que 40 personnes qui te parlent de leurs problèmes de dents 5 minutes, de 8 heures du matin à 21 heures, ça fait beaucoup. Très beaucoup.

    RépondreSupprimer
  4. Nicolas,
    J'ai pas encore lu, mais j'attends avec impatience le jour où tu auras mal aux couilles et que ton gynéco devra les arracher

    RépondreSupprimer
  5. Tonnegrande,
    Je sais, tu es passé par là.

    RépondreSupprimer
  6. Non, j'ai toujours mes couilles de sagesse

    RépondreSupprimer
  7. C'est bien pour ça que j'ai étalé les miens, de problèmes ^^
    J'ai fait chorus en silence.

    RépondreSupprimer
  8. Ellie,
    Il y a une différence entre un blog un samedi midi et un jeudi soir à 20h quand vous sortez du boulot et que vous croisez des cons au bistro alors que vous n'aspirez qu'à vous détendre et tout oublier en buvant une bière (sans alcool à cause des antibiotiques).

    RépondreSupprimer
  9. Nicolas,
    Je comprend la confusion car si les couilles et les amygdales n'ont pas la même forme elles ont parfois la même consistance d'où l'expression "couilles molles".

    D'ailleurs une de mes connaissances, qui n'avait rien à voir avec le corps médical, s'étonnait que Dieu n'ait pas pensé à mettre les amygdales à côté des couilles et aux environs de la prostate.
    Il développait toute une théorie en rapport avec les facilités d'usage que ce rapprochement aurait pu produire.
    Mais j'ai jamais réussi à tout comprendre

    RépondreSupprimer
  10. Tonnegrande,

    Tu tâcheras de comprendre avant de vouloir me l'expliquer. N'oublie pas, en effet, qu'il faudra ensuite que je l'explique au Vieux Jacques.

    RépondreSupprimer
  11. Trois dentistes et deux assistantes dans le cabinet et il reste de la place pour accueillir les souffrants ?
    :-)

    RépondreSupprimer
  12. Celui qui a fait des études de médecine avant de se reconvertir dans la véranda ?

    RépondreSupprimer
  13. Fil,

    Oui, dans les assistantes.

    Tonnegrande,

    Il y ressemble.

    RépondreSupprimer

La modération des commentaires s'active automatiquement deux jours après la publication des billets (pour me permettre de tout suivre). N'hésitez pas à commenter pour autant !