26 février 2009

Expédition dans le douzième

Ca se passait hier midi, dans le coin de Nation. J’avais pris le RER pour y aller et en bon plouc provincial j’ai horreur de ce machin. La porte d’entrée de l’immeuble était ouverte et je suis entré dans la cour étroite où s’affairaient quelques livreurs de rouleaux de... heu... Différentes portes d’entrée s’offraient à moi comme la grosse Lulu s’offrait à tout le régiment pendant mon service militaire, en 1956, au Plessis-Hébert.

Les boites à lettres ne fournissaient pas le nom de la société que je cherchais, celle d’un copain qui m’avait invité à la visiter. J’avais rendez-vous à 12h40 et il était 12h40. Ca tombait assez bien et j’allais dégainer mon téléphone car, vous l’ignorez peut-être, il permet aussi de téléphoner.

Un type sort de l’immeuble. Je ne le connaissais pas. Il me demande « Vous cherchez quelqu’un ? ». En fait, je crois bien qu’il m’avait reconnu. Mon copain avait du lui dire « si tu croises un gros en partant, ça sera sans doute notre visiteur du jour, l’andouille qui tient PMA ».

Je lui réponds : « Oui. » Et je lui donne le nom de la personne. Il me répond : « Ah ! Vous aimez la bouffe Thaï, j’allais en acheter. » Et il rentre dans l’immeuble. Je comprends que je dois le suivre. Il n’avait pas l’air méchant et comme je n’ai peur de rien, je le suis. Il monte une espèce de vieil escalier en bois. « Bordel ! Y’a pas d’ascenseur, j’espère que ça n’est pas au dernier ». C'était au premier.

Il pousse une porte qui ne demandait que ça. J’entre. Une très grande table à droite avec des mecs tout autour tapotant frénétiquement sur des claviers. Une longue table dans le fond avec deux gugusses du même côté tapotant aussi. Une longue table entre les deux avec un type qui tapotait. Tout le monde tapotait. Je n’ai pas compté. Avec celui qui m’avait introduit (dans les locaux), ça devait faire moins de dix. Pas une seule gonzesse.J'ai néanmoins serré toutes les paluches qui me passaient à proximité bien que je ne voyais pas de lavabo.

Impressionnante, cette pièce d’une petite centaine de mètres carrés avec ce qu’on pouvait deviner derrière des vitres comme étant une petite salle de réunion. Un bordel monstre autour. La vue d’un frigo m’a fait espérer quelques minutes la présence de boisson houblonnée. Non. Ces gens là, informaticiens de génie, boivent de la Badoit en mangeant des repas Thaï dans la salle de réunion.

Le type qui tapotait tout seul sur la longue table était mon pote, le patron de cette start up qui va lancer prochainement un produit qui relèguera Google au stade de l’épicerie rurale, vous savez, celle qui vend des pommes à 12 euros le kilo parce qu’elle n’a aucun client.

J’étais là en temps que blogueur frénétique. Ils voulaient me présenter leur truc. Leur application, je veux dire. Je ne vous dirai pas ce que c’est, il faut que j’attende le lancement officiel. J’ai été scotché par la qualité technique et l’ergonomie du bazar. C’est dingue ce qu’une petite dizaine de chevelus dans un « garage » peuvent produire (surtout que je bosse dans le domaine… et quand je vois ce que les multinationales qui sont nos fournisseurs arrivent à rater régulièrement...).

Bravo les gars ! Bonne route. Mes blogs seront ouverts à la promotion (et je lancerai les left_blogs et les intellos improductifs sur le sujet).

P.S. : les gars, n'oubliez pas de me filer un identifiant pour que je puisse faire le con avec le machin dès ce week-end.

12 commentaires:

  1. pas de bière ?! mais de bonnes idées ? je reste dubitatif

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  2. Moi j'aime bien l'atmosphère dans laquelle tu nous embarques :)
    Billet avec de vrais morceaux littéraires dedans !

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  3. C'est quoi, c'est quoi ?
    Pour la cuisine Thaï pas trop mais pour le reste, ça donne envie !
    :-)

    [Ah ces gars en France qui montent des start-up !!!].

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  4. Gaël,

    Ils doivent picoler le soir...

    MGP,

    Merci !

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  5. Oh, non, pitié, pas les intellos improductifs !

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  6. Filaplomb,

    Quand les copains ont des secrets, on ne dévoile pas ! Sinon, je dis tout sur la préparation en cours chez Filaplomb !

    Didier,

    Ils ne sont pas intellos improductifs mais informaticiens productif. C'est pire. Moi, je suis au milieu : informaticien improductif.

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  7. Ah, ma voisine me parlait justement du gros frisé qui avait fait son service militaire au Plessis-Hébert. Paraîtrait qu'il passait tout son temps au bistro !

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  8. La grosse lulu est toujours vivante !

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  9. J'ai cru que tu entrais dans un atelier clandestin dans lequel des prostituées borgnes vendaient leurs corps à des sdf cocaïnomanes. On voit tout de suite (longtemps après immédiatement, donc) que ce sont des informaticiens.

    Moi aussi j'en veux un !

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