27 février 2009

Jojo avait rendez-vous avec Marcel

Le joyeux garagiste m’ayant appelé, j’ai pu récupérer ma bagnole vers 17h15. S’il m’avait téléphoné ce matin, j’aurais pu la récupérer à 14 heures et foncer en Bretagne mais j’aurais loupé un épisode de notre vie communale mise en scène, en l’absence de Jacques, par Marcel le Fiacre.

Arrivant à Bicêtre à 17h30, je décide qu’il est trop tôt pour aller au bistro. Je passe donc à la Comète pour prendre un demi et annoncer qu’il est trop tôt pour que je vienne au bistro. Depuis, je suis rentré à la maison, sinon vous n’auriez pas droit à ce magnifique billet : pondre des billets avec l’iPhone, ça va cinq minutes.

Je rentre à la Comète, donc, et Nicolas le Loufiat me dit « Marcel vient de partir » ! N’en ayant strictement rien à cirer, réponds « Ah ! Bon, sers moi un demi, s’te plait ». J’aime bien Marcel, mais le croiser au bistro aux heures où je ne vais jamais au bistro m’aurait fait une belle jambe.

J’envoie un SMS à Jim : « Héhé, j’ai récupéré la voiture, tu bois un coup ? ». En principe, j’aurais du envoyer un SMS à Jacques, mais il n’est pas là, ou à Tonnegrande, mais il est parti au cinéma avec son épouse, probablement pour se faire pardonner une cuite récente. J’espère que son épouse aime le cinéma.

Voilà le vieux Joël qui se pointe. Le vieux Joël ne va JAMAIS au bistro avant 19h30. Ma surprise était telle que j’aurais avalé mon demi de travers si je n’avais pas un profond respect pour la marchandise. Je lui dit « ben, t’es d’jà là ? » Il me répond : « Oui, j’ai rendez-vous avec Jim et Marcel ». « Tiens ! Il parait que Marcel vient de partir. » « Il ne va pas tarder à revenir, il m’a téléphoné il y a une demi heure et je lui ai dit que j’arrivais dans une demi heure ».

Je réponds « ah ! Bois un verre, j’ai récupéré la voiture ». Il faut toujours un prétexte pour boire un coup, mais Nicolas le Loufiat n’est pas là, je ne commande pas et je reçois un SMS de Jim : « Tout seul ? ». Je crois alors qu’il espère que je réponde : « Oui, viens boire un coup ». Alors je lui réponds « Non, je suis avec Jojo qui t’attend ».

C’est alors que le déclic se fait. Je dis à Joël : « heu… Tu es sur que ce n’est pas à l’Amandine que vous avez rendez-vous ? ». Faut dire que Marcel n’aime trop la Comète : il a l’impression de se faire avoir quand il paye 2€50 le verre de Côtes-du-rhône « supérieur » de 14 cl alors que le 7 cl de Côtes « de table » est à 1€20 ailleurs.

Joël me dit « heu… » et il fonce à l’Amandine.

Jim La Branlette m’appelle. En fait, il était avec Marcel quand ce dernier est parti de la Comète. Nicolas Le Loufiat ne m’avait pas dit que Jim venait de partir du bistro. Ce qui est normal. Il n’allait pas me dire à 17h30 « Jim vient de partir » alors qu’il part tous les jours à 17h30, quand c’est lui qui fait l’ouverture le matin. Les rares fois où il reste un peu plus longtemps, il finit par tomber sur Tonnegrande et moi et a du mal à faire l’ouverture le lendemain matin. Allez savoir pourquoi.

Jim m’explique. Marcel était fâché parce que le Vieux Joël n’était pas là à l’heure précise. Je suppose que Marcel avait appelé Jojo à 16h55, qu’ils avaient convenu d’un rendez-vous « dans une demi heure », interprété par l’un pour « 17h25 », l’autre pour « 17h30 ». Marcel est parfois un peu con. Il est parti et a décidé l’aller chercher sa femme au boulot et de reporter le rendez-vous vers 18h15 sans prévenir Joël.

Je finis mon demi et me décide à rentrer à la maison, ayant une jolie idée de billet à réaliser suite à la lecture de Vendredi dans les transports en commun pour récupérer la voiture. Ca sera pour plus tard si une soif ne me prend pas d’ici : on est vendredi, justement, c’est jour de sortie.

Entre temps, des militants Lutte Ouvrière se sont installés devant Leclerc pour distribuer des tracts aux gens qui finissent leur semaine. C’est bien Lutte Ouvrière, ça ! On les voit une fois par an, ils organisent leurs distributions de tracts un vendredi soir pendant les vacances scolaires… Il n’y a pas un chat à Bicêtre. Comme je suis un blogueur politique zinfluent, je connais à peu près tous les politicards du quartier. Je décide de rentrer à la maison par l’autre côté pour éviter d’avoir une bavette à tailler.

Erreur tragique ! En passant par l’autre côté, je passe devant l’Amandine. J’ai donc traversé pour aller expliquer ça au Vieux Joël. Il me dit « Je sais, Jim m’a raconté, tu bois un coup ? ». Que pouvais-je répondre ? Jojo était en pétard. Il faut dire que c’est lui qui rend service à Marcel. En fait, il a le lit de la sœur à Marcel dans son camion et devait le déposer chez quelqu’un avec Jim pour l’aider et Marcel pour donner les ordres.

On conviendra qu’effectivement, Marcel aurait pu attendre un peu… Obliger Jojo à aller au bistro en dehors de ses heures habituelles pourrait avoir des conséquences…

En fait, c’est plus compliqué que ça. L’affaire date de la veille. Elle avait été conclue un peu avant. Marcel devait vider un buffet Henri II entreposée chez ça sœur à Levallois et le mettre dans un dépôt vente dans le 19ème (pas siècle, arrondissement). Comme Jojo a une camionnette, il rend souvent ce genre de service. Ils devaient y aller hier.

Jojo était plié de rire à l’avance : un buffet Henri II est très moche et absolument invendable. Tonnegrande et moi étions également pliés de rire : aller à un truc organisé par Marcel est toujours risqué ! Nous avions raison.

En fait, il n’y avait pas un buffet Henri II, mais un buffet Henri II, une table, des chaises et tout un tas de bazar qu’on peut trouver dans un immeuble à déménager. Avec Jim, ils ont chargé le camion avec tout le bazar mais le lit ne rentrait pas. Ils sont allés au dépôt vente où Marcel avait rendez-vous. En fait, le type avec qui il avait rendez-vous n’était pas là mais avait fait une farce à son collègue : les buffets Henri II sont très connus dans le domaine pour être invendables. Le collègue en question a refusé de prendre le buffet Henri II car le magasin était plein. Jim et Jojo se font fâchés et sont allés boire un gorgeon dans un bistro du coin, laissant Marcel avec son vendeur.

Les cons.

Marcel avait négocié. Jim et Jojo ont du ranger le magasin pour trouver de la place pour le bordel à Marcel.

Ensuite, ils sont retournés chercher le lit à Levallois puis sont rentrés à Bicêtre. Un des comparses a dit « bordel, il est 15h30, il est temps de bouffer ». Ils l’ont fait. Ensuite, ils ont été livré le lit, mais le type n’était pas là, donc Jojo s’est retrouvé avec un lit dans son camion.

Hier soir, ça le faisait marrer
. Il m’a tout raconté dans le détail. J’ai raccourci pour le billet et supprimer deux ou trois épisodes. Ce matin, à 7h15, j’arrive à la Comète. Jim était tout content de me raconter son aventure pour qu’on puisse se foutre de la gueule de Marcel. Il était un peu déçu.

Hier, Jojo rigolait beaucoup. Ce soir, il est de très mauvaise humeur. Je me demande si je vais aller boire un coup.

6 commentaires:

  1. Quelle épopée ! C'est pas celle du buveur d'eau en tout cas :))

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  2. Quelle aventure !

    [On a le même problème à Bruxelles avec le Kangoo, dès qu'il y a un déménagement, on a de nouveaux amis. Je pense qu'on va le revendre pour acheter une smart. Ça nous fera moins d'amis mais plus de temps pour aller au bistro ! :-)) ].

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  3. Tiens mon commentaire a disparu. J'ai pas dû clicler les 12 fois requises ! Je ne sais pas si votre blog me déteste et s'il n'y a que moi mais ça ne marche jamais du premier coup.

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  4. Putain, ça finit par coller le tournis, tous ces chassés-croisés ! Mais comment faites-vous pour vous souvenir de tout ça EN BUVANT DE LA BIÈRE ? Ah, c'est beau d'être (encore) jeune...

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  5. Didier,

    Je fais semblant de boire.

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