02 mai 2009

Manifester pour faire pisser le chien

Il était midi quand je suis parti de chez moi, hier. Je n’ai même pas fermé à clés, j’étais persuadé être de retour avant vingt minutes. Je devais juste acheter des patates au marché et une entrecôte à la boucherie du coin. J’étais persuadé qu’on était jeudi et que le marché serait ouvert un premier mai. Je suis rentré à 21h30, la journée ne s’est pas passée comme prévu.
Nous étions vendredi et il n’y avait pas de marché. Mon boucher était à la Comète, de même que Jim qui rentrait après ses vacances. Je suis rentré. Michou m’attendait. J’avais oublié que j’avais rendez-vous avec lui. J’ai passé la journée avec lui, jusqu’à 20 heures, quand je l’ai interdit de me suivre à l’Amandine, il m’avait énervé. Il a trouvé un nouveau jeu : faire peur au chien de Jim. Domino qu’il s’appelle le clébard. C’est probablement un des futurs héros de ce blog. C’est un tout jeune chien, qui pisse quand il a peur. Michou aime bien lui faire peur. Ca m’amuse beaucoup aussi de voir le chien pisser partout et de voir Michou se pencher pour faire au chien mais ça ne m’amuse qu’on puisse faire peur à cette pauvre bête.
Quand je suis arrivé, vers midi, le vieux Jacques était également là mais il n’est pas resté. Il avait acheté une pitoyable potée de fleurs avec un ridicule brin de muguet au milieu pour l’offrir à Miranda, la femme du fiacre. Il a donc appelé Marcel le fiacre qui a trouvé un joli prétexte pour aller au bistro. Finalement, Miranda a appelé Marcel qui a ramené Jacques chez eux. Pas folle, Miranda ! Quitte à ce que les vieux prennent une cuite le premier mai, autant que ça se passe à la maison. J’aime bien quand les vieux prennent une cuite le premier mai. Il y a deux ans, ils étaient allés à la fête du Front National. Jacques m’avait expliqué qu’il aimait bien l’ambiance de kermesse. Je l’avais engueulé car il ne comprenait pas qu’il était comptabilisé dans les chiffres du FN. Du coup, en septembre suivant, je l’avais amené à la fête de l’humanité. On a les vengeances qu’on peut. Admirez mon dévouement à la cause : me taper le vieux une journée complète, uniquement pour les statistiques du PC !
Hier, c’était Michou. Coïncidence véridique. Au moment où je finissais d’écrire « c’était Michou », il m’appelle pour me demander s’il n’avait pas fait le con hier. Il s’étonne que la manche de sa veste soit décousue. Ca me fait d’ailleurs perdre le fil de la présente narration. Je lui ai dit de regarder le blog vers midi.
Ainsi, je me suis retrouvé tout seul au comptoir, avec Michou, mon boucher ayant disparu. Il n’avait pas le temps de rester : il devait rentrer chez lui pour manger et aller manifester ensuite. On a quand même bu un apéro et, de fil en aiguille, on s’est retrouvé à manger, le confit de canard au miel ayant l’air très sympathique. Il l’était. A 13h40, il s’en va non sans avoir payé la note. « Attends ! Je vais avec toi ! » ai-je crié sans même prendre le temps de réfléchir au principal inconvénient : l’impossibilité de faire une sieste. C’est bien beau d’aller manifester mais ça nuit au sommeil.
Personne sur la ligne 7. La ligne 6, pour aller à Denfert-Rochereau était bondée. Rarement vu ça. A Denfert-Rochereau, c’était plein de monde. Essentiellement des prolétaires. J’ai sorti l’iPhone et j’ai twitté : « Bordel ! Je suis le seul en costar. »  Un peu après, j’ai twitté : « Ne leur dites pas que je suis cadre sup dans la fonction publique ». On a réussi à s’extraire de la foule immobile pour rejoindre la foule qui avançait un peu. Il faisait chaud mais on a fait que deux bistros sur la route. Arrivés à Bastille, on a dit « on se casse ». Michou me dit « c’est par là ». Je lui dit : « Non, fais chier, le métro est là ». Il me répond : « Non, on va aller à Sully-Morland ». D’accord. Il me dit « c’est pas là ». Je dis « non, par là » mais sans trop insister. C’est lui qui connaît Paris. Moi, je suis le régional de l’étape. J’avais raison mais il ne savait pas que le siège de mon ancienne boite était rue de Lyon. Quand j’ai vu le métro Saint Paul, j’ai compris qu’on s’était trompé. Il n’a pas vu le métro. Il me dit, juste après : « Tiens ! Il est loin le métro ». Nous voilà à l’hôtel de ville. Il veut rentrer dans le métro. Je lui dis que tant qu’à faire on pourrait pousser une pointe jusqu’à Châtelet pour prendre directement la ligne 7. Il me dit « ça communique ». « Ah ! ». Ca ne communiquait pas.
On est arrivés à la Comète. Jim partait chercher le clébard. Je suis le premier blogueur à illustrer un billet avec la photo du pipi du chien de Jim sur le sol de la Comète parce qu'un manifestant du premier mai trouvait drôle de lui faire peur.

7 commentaires:

  1. Le chien ressemble à Vanille en plus poilu... (il est bô)

    Bon weekend

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  2. J'adore votre humour, bonne continuation ! Au moins votre blog est original ca change de tout ce que l'on peu lire...

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  3. Une manif à deux de Bastille à Châtelet, c'est original !
    :-)

    [Pov'bête ! Il va falloir lui enseigner la gestion du stress…].

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