20 novembre 2010

Au bistro, on ne vieillit pas

Je ne sais pas si une épidémie s'est répandue dans la blogomachin mais voilà que Doudette nous décrit son bistro. L'exercice est toujours amusant selon l'angle d'observation choisie par l'auteur. Doudette nous décrit une journée complète avec les évolutions de la clientèle en fonction de l'heure, chose que je serais incapable de faire pour mes bistros à moi (bossant à heure de chez moi, je ne suis jamais, en semaine, au bistro de 7h30 à 19h).

Ah ! Je vais faire un aparté : la dernière fois que j'ai fait un billet sur les bistros, une espèce de crétin est venu m'engueuler parce que j'écrivais « bistro » et pas « bistrot », comme Doudette par exemple. J'ai été poli. Je l'ai juste traité de connard alors que j'aurais pu lui rappeler que quand on n'a pas de culture on ferait mieux de fermer sa gueule plutôt que d'étaler sa connerie. On peut écrire « bistro » comme « bistrot », les étymologistes n'étant pas foutus de savoir d'où ça vient. D'ailleurs, on s'en fout, comme pour « conard » qui peut s'écrire avec un ou deux « n ».

Il est toujours intéressant d'observer les bistros tout en se remettant soi-même à sa place : on est toujours acteur de la scène qu'on observe. Alors, il faut observer pour observer. Se mettre dans un coin et regarder autour de soi tout en s'imaginant la manière de rédiger ce qu'on voit. J'étais très fort pour ça à une époque. Je me mettais au bout de comptoir de manière à la regarder dans toute sa longueur tout en conservant un oeil dans la salle. Je dois reconnaître que l'iPhone a un peu tout gâché. Quand je suis tout seul, je le sors puis je n'arrive plus à décrocher, à rester à glander, à observer.

Ah ! Je vais faire un aparté : l'iPhone crée effectivement une addiction stupide mais les « opposants » se trompent complètement quant à la nature de celle-ci. Ce sont les applications qui créent l'addiction (pour moi, avec l'iPhone, c'est surtout Twitter mais aussi la volonté de lire les mails au fur et à mesure) et quand on n'a pas l'iPhone, on s'en sort très bien. Il n'y a strictement aucun manque. Hier soir, par exemple, je suis resté tout seul de mon arrivée (20h45) jusqu'à environ 23h15. Quand les copains sont arrivés, j'ai immédiatement rangé l'iPhone, n'y jetant un oeil fréquent mais distrait uniquement pour voir si quelqu'un ne me causait pas, dans Twitter, dans la mesure où, avant, j'avais entamé plusieurs discussions avant l'arrivée des potes.

J'aimais bien ces instants de solitude (par ailleurs très fréquent quand je suis au 1880 Café, les copains étant aux Cornouailles jusqu'à la fermeture et me rejoignant après, le vendredi ; le samedi est donc plus agité !).

Hier, j'aurais pu raconter une ambiance, rebondissant sur un passage de Doudette à propos des jeunes. C'est un bistro que je fréquente depuis 26 ou 27 ans mais c'est mon « bistro principal » à Loudéac depuis sept ou huit ans, seulement. Ou déjà... (mon bistro précédent a fermé à cause du décès de la patronne qui avait 48 ans. Putain de crabe).

Ainsi, j'étais client du 1880 qui s'appelait le Vincennes quand j'avais moi-même 18 ou 19 ans, quand mon bistro principal de l'époque, l'Atelier, était fermé.

Hier, la salle était remplie de types et de nanas de 18 à 22 ou 23. Le changement, par rapport à notre époque, est qu'on était client du comptoir et eux sont en salle. Nous (mes potes) sommes restés « du comptoir » d'ailleurs.

Physiquement, ils paraissent très jeunes, évidemment, mais comme je suis avec potes d'enfance, dans mon bistro « d'enfance », j'ai l'impression d'être resté jeune alors que j'ai plus du double de leur âge.

J'imagine qu'on doit passer pour des vieux cons... Comme j'observe les quelques vieux qui viennent plus en fin d'après-midi s'enfiler un verre de rouge...


16 commentaires:

  1. C'est où qu'on retwitte ce billet très émouvant?

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  2. le bistrot fermé c'est la grenouille ?!

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  3. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  4. Eh ! Patate, Bistro ça s'écrit Bistrot !!!
    ...
    J'ai envie de me faire traiter de caunnart !
    :)

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  5. Moi, j'y vé pu, au bispo. Parce que j'ai horreur des chanteurs de merde.

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  6. oui c'est curieux ce changement d'habitudes entre les générations ! on s'est fait la même réflexion hier soir, la séparation entre jeunes et moins jeunes était flagrante; pourtant quand on était jeunes on ne se mettait jamais en salle ..., à ce soir...pour de nouvelles observations !!

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  7. Gildan,

    Abruti !

    Didier,

    Abruti !

    Karine,

    Oui, observons bien... J'avais déjà constaté le phénomène à la Choppe récemment. En fait, c'est normal : comme nous sommes (les vieux) au comptoir, les jeunes voient ça comme un truc de vieux.

    Mais rappelle toi quand c'était nous les jeunes, on voyait la salle comme que le truc des vieux qui boivent du rouge et jouent aux cartes.

    A Bicêtre, c'est un peu pareil (mais il n'y a pas beaucoup de jeunes qui préfèrent aller dans Paris). Par contre, quand je reçois des blogueurs, ils sont toujours surpris de devoir rester au bar.

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  8. en fait c'est peut etre une habitude bien à nous, nous anciens clients de l'Atelier où le comptoir était très grand et plutot convivial, alors que la salle était assez sombre et peu conviviale ??!! va savoir...

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  9. Il y a probablement un tas de raisons (à Paris, par exemple, c'est moins cher au comptoir).

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  10. Je n'ai pas cette culture du bistrot mais par contre, j'ai noté pareillement que je ne vieillis pas alors qu'on me dit que si. La différence c'est que toi, les gens qui te le disent (ou te le font sentir), ils ont bu !
    :-))

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  11. Gildan,

    Abruti !

    Poireau,

    Oui, des ivrognes...

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  12. *** Bien sûr que nous sommes "des vieux cons" mais l'essentiel est de ne pas y croire et d'avoir toujours 20 ans dans nos têtes et dans nos façons de penser ... :o) Moi en tout cas, Nicolas, à travers tes mots et ton blog, je pense que tu a 21 ans pas plus ! ... tu vois tu as raison, au bistrot on ne vieillit pas !! :o) tu peux continuer d'y aller sans crainte ! :o) GROS BISOUS et bon lundi à toi !!!!! ***

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