12 novembre 2014

Considérations capillicultrices

Coiffure normale
Certains oseront penser que je ne suis pas le mieux placé pour des donner des conseils en matière de capilliculture. C’est une erreur. Il suffit de regarder ma tignasse légendaire pour se rendre compte que je suis un éminent spécialiste. Il faudrait, en plus, que je me peigne avec un ustensile conçu pour, contrairement à mes doigts boudinés.

Il y a avait une grande dame rousse aux cheveux longs, ce matin, dans le métro. Elle n’était plus une première main mais a probablement été très belle. Elle mesurait probablement environ 1m90. A un moment, elle s’est penchée. On voyait les racines noires de sa tignasse. C’est laid. Une teinture de cheveux s’entretient. Regardez François Hollande, par exemple. On ne voit pas les racines.

Peu après, je me retrouve à côté d’un mickey, 25/30 ans. Grand, mince… et visiblement tout droit sorti du 16ème arrondissement. Costume trois pièces gris sous un manteau gris, épingle de cravate en or, montre en or. Ne pas confondre l’épingle à cravate, ou, plus exactement la tige pour col, avec la pince à cravate qui se pratique encore souvent pour empêcher la cravate de tomber dans la soupe. La tige se plante dans le nœud, à travers le col de la chemise. Ca se fait de moins en moins. Je me suis mis à le regarder fixement parce qu’il me rappelait quelqu’un (Antony qui officiait au PS à Loudéac, je m’en suis rappelé après). Il m’a repéré et a commencé à me fixer à son tour, me prenant sans doute pour une vieille pédale voulant le draguer. J’ai maintenu mon regard fixe, comme si ce n’était pas lui que je regardais et que j’étais perdu dans mes rêves.

C’est un excellent truc que j’ai appris dans les bistros, à force d’observer les gens au comptoir. Un jour, une armoire à glace ivre a voulu me casser la gueule après avoir surpris mon regard. Quand il s’est approché de moi et m’a adressé la parole, j’ai fait semblant de sortir de mes rêves…

Le mickey a baissé le regard puis la tête et s’est légèrement tourné. J’étais encore hanté ma grande rousse et j’ai observé sa coiffure. Il était très bien peigné, la raie sur le côté, allant jusqu’à l’arrière du crâne. Impressionnant. Il semblait avoir mis du gel pour que ça tienne. C’est alors que j’ai vu les points blancs. Ce type avait des grosses pellicules dans les cheveux. J’en ai conclu que ce n’était pas du gel mais de la crasse. Le gars n’avait visiblement pas pris de shampoing depuis longtemps…

En sortant du métro, je suivais une magnifique blonde. Après le portillon, elle me tenait la porte. Je n’avais rien demandé mais c’est l’usage. Je fais pareil aussi, je me retourne et je regarde si quelqu’un me suit pour éviter de lui fermer la porte au nez. La politesse, quoi. Elle m’a jeté un regard voulant dire : bon, tu te dépêches gros con, je n’ai pas que cela à foutre. J’ai donc accéléré par réflexe alors que la bienséance aurait voulu que je l’insulte copieusement pour m’avoir fait comprendre qu’on n’était pas dans le même monde, qu’elle faisait partie des personnes de qualité, élégantes, belles, et que je n’étais que la plèbe…

Quand j’ai tendu la main pour retenir la porte, elle s’est tournée brutalement faisant virevolter sa coiffure. C’était une fausse blonde et ça se voyait. Deux bons centimètres de racines. J’ai donc dit « belles racines », ce qu’elle a pris pour « merci ».

Désespéré de mes concitoyens, dans l’escalator qui nous tirait de là, j’observais les gens, à la recherche d’un quatrième exemple pour faire un billet de blogs.


Ces cons-là étaient tous coiffés normalement.

9 commentaires:

  1. Les tignasses comme celles de la photo ont l'air d'être à la mode en ce moment !

    J'aime lire ce que tu penses des gens, ce que tu vois, etc... ça me fait sourire parce que c'est le genre de trucs que l'on pense mais que l'on ne dit jamais par politesse ou parce que l'on n'ose pas.

    Bises Nico et continue à écrire ... j'adore venir lire tes billets.

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    1. Merci. Il faut dire ce que l'on pense (mais pas en face, on risquerait de se faire casser la gueule).

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  2. Il faut toujours comparer avec les poils pubiens, ça évite de se faire avoir

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  3. Waow la photo ! T'étais beau jeune, et à jeun ! #Oups

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    1. Si ce n'est toi, c'est donc ton frère
      Phrase que La Fontaine a emprunté à Esope qui me l'avait piqué honteusement

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