30 septembre 2008

Les clés du vieux Jacques

Ah ! Je n’avais pas vu le Vieux Jacques depuis bientôt trois semaines. Il était en vadrouille dans sa famille, sur la Côte d’azur : il ne se refuse rien.

Une vingtaine de jours sans me foutre de sa gueule dans le blog : j’espère que ça ne vous a pas manqué. Si c’est le cas : je plaide non coupable. C’est lui qui est parti ! Et quand il n’est pas là, Marcel le Fiacre sort beaucoup moins. En effet, ça lui fait un prétexte de moins à sortir à sa femme : « Tiens, le vieux Jacques m’a appelé, il veut me voir ». Et hop ! Un canon à la Comète. Maintenant, s’il dit : « Tiens, Nicolas m’a appelé, il veut me voir », sa femme lui répond : « Ah oui, tu vas encore au bistro, mon cochon ».

Le vieux Jacques est rentré jeudi. J’étais à Strasbourg. A 17 heures 30, je reçois un appel mais, étant en réunion, je ne peux décrocher. Le message sur le répondeur était clair : « Ouais, c’est l’Vieux, j’ai oublié mes clefs chez ma sœur, peux-tu m’héberger pour une nuit ou deux ». Je l’aurais fait, bien sur, mais je n’en avais pas envie. Comme je rentrais de Strasbourg vers 22 heures et que je tenais à passer à la Comète pour le petit concert, il était hors de question que je rentre avant 23 heures : le vieux aurait été saoul comme une vache.

Je l’ai donc rappelé : « Excuse moi, je suis à Strasbourg et ne rentre pas à Paris avant très tard, essaie de trouver une autre solution ». Il me demande le numéro de Ramdane. Je raccroche pour fouiller dans mon répertoire et je note le numéro sur un papier puis l’envoie par SMS au Vieux. Deux minutes après, je reçois un SMS de Ramdane : « Pourquoi m’envoies-tu mon numéro de téléphone ? » Je m’étais gouré. Je lui réponds : « Pour que tu le saches ». J’étais toujours en réunion, une espèce de machin vachement important qui allait faire gagner un maximum de pognon à nos patrons et allait nous valoir sa reconnaissance. Je renvoie le numéro au Vieux… sans me tromper de numéro.

Finalement, il a couché deux nuits chez Antoine, un autre ivrogne du quartier. Marcel n’était pas là. Le lendemain, sa sœur lui envoie ses clefs par Chronopost. Le samedi matin, le vieux s’est planté devant sa boîte à lettres : personne n’est passé. La sœur appelle Chronopost qui lui explique que le livreur n’a pas trouvé l’adresse et que le colis attend le vieux dans un sombre entrepôt d’Orly. Le Vieux appelle Marcel qui rentre précipitamment d’un séjour dans l’Oise pour amener le vieux à Orly.

Voilà le vieux sauvé. Avec Antoine qui hébergeait aussi Martial, ils en ont profité pour vider deux cubis de rosé.

Hier soir, nous devions passer notre première soirée ensemble depuis longtemps, avec le Vieux, mais Jackie, « sa grosse » comme dirait le Gros Loïc, l’a invité à dîner. « Tu comprends » me dit-il « sa fille a passé une semaine chez elle et est partie hier, elle doit avoir envie de picoler, elle m’a d’ailleurs demandé d’apporter deux bouteilles ». Mes neurones entrent en ébullition : « Jacques, mon canard, nous sommes lundi, l’Arabe du coin qui la livre généralement est fermé : c’est pour ça qu’elle t’a invité, pour que tu lui ramènes le pinard, c'est la seule solution qu'elle a pour se murger ».

Vers 20h30, je lui envoie un SMS : « Vous êtes encore à l’apéro ou vous baisez ? » Ca le met généralement en colère. Il m’a répondu « A est la brise ».

Il n’a jamais très bien maîtrisé le mode T9. Il faudra qu’il me traduise.

16 commentaires:

  1. J'adore ce récit ! La chute est superbe !

    RépondreSupprimer
  2. Ca veut peut être dire "tu me les brises" ?

    RépondreSupprimer
  3. Non, je ne crois pas. Le "A est" est probablement "C est", donc "C'est".

    C'est pour la suite que j'ai du mal. "C'est la crise", peut-être ? En T9, ça peut donner "A est la brise". Mais je ne vois pas ce qu'il veut dire.

    RépondreSupprimer
  4. C'est pas tes oignons ? Vous nous raconterez quand vous saurez. J'ai bien rit avec toutes ses aventures...

    RépondreSupprimer
  5. C'est le but, Catherine, c'est le but ! Merci !

    RépondreSupprimer
  6. Ca fait du bien le retour de la rubrique : les tribulations d'un vieux pochtron poète.
    De deux choses l'une, soit il parle d'une crise conjugale, genre panne d'érection consécutive à une libation excessive,
    soit il est pété de thunes et la crise financière le déprime...

    RépondreSupprimer
  7. alors y a du mou dans la corde à noeuds!

    RépondreSupprimer
  8. Tu veux son numéro pour lui demander ?

    RépondreSupprimer
  9. non, fais lui une ordonnance avec ça :
    Avoine - Cannelle - Céleri - Éleuthérocoque - Gingembre - Ginkgo - Ginseng - Kola - Maté -
    Muira puama - Sarriette - Vanille - Yohimbe - capucine, roquette, safran,

    RépondreSupprimer
  10. "c'est la baise" ne collerait-il pas ??

    RépondreSupprimer
  11. Olivier,

    Ca fait grossir ?

    Elmone,

    Presque...

    RépondreSupprimer
  12. Zut Audine m'a piqué mon commentaire :))

    Excellent billet !

    (Je vote pour "c'est la crise" : ils venaient de finir les deux bouteilles !)

    RépondreSupprimer
  13. Tu pourras m'envoyer mon numéro, s'il te plait ?
    :-))

    [J'aime bien les aventures du vieux Jacques !!! :-)) ].

    RépondreSupprimer
  14. Zoridae,

    Merci ! Vive le vieux !

    Poireau,

    Non, je n'ai pas ton numéro, il a changé...

    RépondreSupprimer

La modération des commentaires s'active automatiquement deux jours après la publication des billets (pour me permettre de tout suivre). N'hésitez pas à commenter pour autant !