23 septembre 2008

L'âme des bistros

Dans le blog, j’ai coutume de me foutre de la gueule des copains des bistros du Kremlin-Bicêtre. Néanmoins, il y a un type qui échappe à la règle : moi. C’est normal, j’ai horreur de me foutre de ma propre gueule. Il faut que ça change et c’est l’ignoble Didier Goux qui m’en donne l’occasion en commentant un billet où je parle de bistro. Dans ce billet, j’évoquais la perte de l’âme des bistros suite aux conneries de leurs tauliers. Il me rétorquait, à juste titre, que pendant des années l’âme des bistros a été de vendre des produits de merde :

« N'oublions pas, tout de même, que, pendant longtemps, la fameuse « âme » des bistrots a consisté (pas chez tous, bien sûr) à fourguer des jambon-beurre où, entre deux tranches de pain immonde, ne figuraient qu'une idée de beurre et un projet de jambon... »

Justement, je ne l’ai pas oublié : un bistro est avant tout une affaire commerciale faite pour gagner de l’argent. Mon propos était de me foutre de la gueule des patrons bistros qui perdaient de l’argent en faisant des conneries… Je ne sais pas pourquoi j’ai parlé d’âme.

Je dois confondre…

Il y a quelques mois, la Comète a changé d’âme. Ca m’a à moitié bouleversé. A moitié seulement… Il y a d’autres bistros et, finalement, je me suis bien habitué à la Comète. J’étais très mécontent des modifications apportées, non seulement dans « l’architecture » mais surtout dans le mode de fonctionnement, car ça ne correspondait plus à mes habitudes, à ma manière d’apprécier un bistro.

J’ai mis plusieurs semaines, trois ou quatre peut-être, avant de me dire que la Comète n’était pas à moi et que le nouveau patron y faisait ce qu’il voulait ! C’est une affaire commerciale. Je dois aussi avouer que c’est agréable d’avoir une belle terrasse de bistro pour bien dîner à 200 mètres de la maison…

La Comète fonctionne bien maintenant (c’est un peu limite le soir mais le Ramadan et la fraicheur des soirées ne les aident pas beaucoup à amortir la crise économique générale) mais, au début, j’étais malade à l’idée que le bistro ne fonctionnait pas selon l’image que je me faisais d’un bistro…

Avec ma grande gueule, j’avais oublié qu’il existait des professionnels qui savaient où ils allaient ! J’errais sur le trottoir d’en face, entre l’Aéro et l’Amandine tout en m’arrêtant brièvement à la Comète saluer tout le monde… Je cherchais un nouveau point de chute. J’envisageais même de migrer vers le Théâtre qui a un comptoir plus long et de la place derrière…

J’ai finalement trouvé ce point de chute. La Comète. Elle n’a pas perdu son âme, elle en a changé. L'âme des bistro, c'est bien de rendre agréable un endroit pour fidéliser les clients... La Comète est bien agréable.

N.B. : Cette période délicate était accentuée par deux événements. D’une part, ma mère était coincée à l’hosto pour une guibole dans le plâtre et, d’autre part, ma nouvelle entreprise tardait dans la définition de mon poste et la fourniture d’un contrat de travail. Je n’étais pas fou… Juste à côté de la plaque.

14 commentaires:

  1. C'est joliment écrit. Cela m'émeut même.

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  2. C'est dur, à votre âge de changer ses habitudes. Mais vous voyez, vous y êtes arrivé !

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  3. Elmone,

    Merci.

    Catherine,

    Vous ne croyez pas si bien dire !

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  4. Et côté boulot, ça s'est réglé ?

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  5. Didier,

    Oui. Ca n'était pas bien grave mais le cumul des "petits ennuis" est toujours usant... en plus de la fatigue normale (6 mois sans congés).

    Et côté jambe cassé, ça s'améliore ici.

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  6. En plus, dans mon billet, je grossis le problème du boulot ! Ce n'est pas un pb de définition de poste (mais plus de lancement d'une nouvelle structure).

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  7. De toute façon, personne ne t'a cru fou.
    Considérablement attaché, investi, y croyant, argumentant et surtout, toujours aussi tendre.
    Je suis bien contente que tu aies retrouvé quelques repères, même si ça n'est plus les mêmes.

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  8. Bon, finalement la nouvelle Comète n'est pas si mal et la mutation a l'air de prendre !
    C'est clair que tout changer, au début, ça dérange mais si cela fonctionne, il convient de reconnaitre que c'était un mal pour un bien !
    :-))

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  9. Oui, ce billet est émouvant... et j'ai hâte de découvrir la nouvelle Comète !

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  10. Faut venir !

    N.B. : j'en prépare d'autres mais c'est vachement délicat car très intime (mais, j'espère, rigolo et enrichissant).

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