07 mars 2011

La mort du pâté de campagne au comptoir

Pendant 7 ans, j’ai eu l’obligation de manger, tous les midis, à la cantine (je pourrais mette obligation entre guillemets, personne ne me forçant, mais, au fur et à mesure de mon boulot, des intérêts « géographiques » ou financiers faisaient que je n’avais pas vraiment le choix ; tant mieux pour le célibataire que je suis qui a pu réapprendre à faire un repas normal par jour, jusqu’à tout oublier, ce week-end, voir mon dernier billet).

Avant, j’adorais varier, une fois un sandwich au comptoir, une fois un plat du jour en brasserie, une fois une espèce de saloperie de machin moderne, une fois un restaurant plus traditionnel, … J’aimais surtout cette première option, m’enfiler un sandwich, vite fait, avec un demi au coin d’un comptoir, regardant l’agitation du bistro, observant sans les voir les gens qui faisaient comme moi, …

Depuis quinze jour, pour des raisons de santé, je n’ai pas pu aller à la cantine (j’y ai remis les pieds pour la première fois ce midi) et j’ai recommencé à manger des sandwichs, mais pas au comptoir, je les achetais dans une boulangerie.

De fait, depuis sept ans, les points de vente de sandwichs se sont multipliés, les boulangeries étant redoutables puisqu’elles ont, en plus du bon pain. Les sandwichs sont préparés dans la matinée, avec une variété impressionnante : poulet, crudité, poulet, saumon, rosbif, différents fromages, …

Autant dire que je ne trouvais mon bonheur que dans le « jambon beurre » ou le « jambon fromage ». Les boulangeries ne font plus de « pâté de campagne », de « saucisson à l’ail » (qu’est-ce que c’est bon, avec du beurre !), de « saucisson sec », de « rillettes », de « camembert beurre » (moi qui n’aime pas trop le fromage, il m’arrivait d’en prendre uniquement pour cette délicieuse sensation de puer de la gueule, si le camembert est un peu fort…)…

Alors, en quinze jours, j’ai observé les bistros autour de mois, ceux que je fréquente, ceux que je longe dans mes chemins quotidiens,…

Le sandwich du comptoir disparaît progressivement. Les brasseries n’ont même plus de baguette (le pain de campagne est à la mode)… et plus personne derrière le comptoir, prêt à préparer des croque-monsieur, des hotdogs, …

Le sandwich se meurt.

Le sandwich pâté et le sandwich rillettes nous ont quittés.

Paix à leurs âmes.

(photo)

18 commentaires:

  1. Quelle tristesse - c'est vrai que dans les boulangeries les sandwiches "crudités" blindés de mayon industrielle ont pris le pouvoir :(

    RépondreSupprimer
  2. Oui, c'est une tristesse. Et on trouvera des gens versant une larme, ça redeviendra à la mode dans des machins qui le vendront 8 euros... Un truc de bobos...

    RépondreSupprimer
  3. Ahh j'avais pas remarqué, à côté de chez moi y'a bien sûr des sandwiches bobo-écolo (fenouil, tomates confites, brocolis et autres conneries) dans les boulangeries. Mais si celles-ci ne proposent plus trop les bons vieux jambon de pays, pâté, saucisson, jambon-beurre, camembert, les bistros eux n'ont jamais failli !

    RépondreSupprimer
  4. Vlad,

    Faut rester vigilant. Tu regardes, dans Paris, les comptoirs disparaissent... Ca finira par arriver en banlieue...

    RépondreSupprimer
  5. Un bon sandwich avec du saucisson dans un bon pain croustillant et accompagné d'un petit verre de vin frais ça se trouve plus bcp dans les cafés.

    RépondreSupprimer
  6. Dominique,

    Ouais, ça disparait...

    RépondreSupprimer
  7. Tiens, un billet réactionnaire !

    RépondreSupprimer
  8. Pas du tout ! Je ne vois pas en quoi c'est progressiste d'avoir des carottes râpées et du céleri rémoulade dans un sandwich au poulet...

    RépondreSupprimer
  9. Si vous ne voyez pas en quoi c'est progressiste, c'est que vous êtes réactionnaire, justement.

    (La preuve : moi non plus je ne vois pas.)

    RépondreSupprimer
  10. FalconHill,

    Oui.

    Didier,

    Et puis merde (si je puis me permettre) : je revendique mon statut de réactionnaire. Par exemple, le gouvernement veut nous faire travailler plus au nom du progrès mais je ne vois pas en quoi c'est le progrès de devoir travailler jusqu'à 67 ans.

    Ou de casser la sécurité sociale. Ou de ruiner les comptes de l'état.

    J'en passe.

    RépondreSupprimer
  11. La Belgique est le pays du sandwichs ! Tu trouves partout en ville des boucheries qui te préparent ton sandwich tout frais sous tes yeux. Ça coute en plus moins cher qu'en France, entre 2,50 et 3,50 selon le choix !
    :-))

    [Non, on ne mange pas que des frites ! :-p ].

    RépondreSupprimer
  12. Poireau,

    Chaque pays a ses mœurs...

    RépondreSupprimer
  13. C'est vrai que c'est chouette un bon sandwich, j'adore çà!

    Pour le Poireau, en Belgique je me fais des sandwichs de ce qu'ils appellent filet américain, à m'en péter le bide!

    RépondreSupprimer
  14. El Camino : je traduis en français, le filet américain, c'est du bœuf haché et épicé. En sandwich avec de la cressonette, c'est délicieux ! :-))

    RépondreSupprimer

La modération des commentaires s'active automatiquement deux jours après la publication des billets (pour me permettre de tout suivre). N'hésitez pas à commenter pour autant !