26 octobre 2014

Les 90 cm du désespoir

Avec le changement d’heure, on ne sait plus trop où on est. En sortant de chez moi, j’ai appelé ma mère comme à peu près tous les dimanches soir. Tout en parlant, j’ai croisé le vieux Joël sur son vélo électrique. La Comète et l’Aéro étaient fermées, je me dirigeais vers le PMU. J’ai fait signe à Joël pour qu’il vienne mais il a refusé. J’étais en pleine conversation donc je n’ai pas insisté mais depuis qu’on est fâchés avec Ramdane, ce vieux con refuse de passer au PMU alors que je m’en fous.

Je finis ma conversation téléphonique et rentre dans le bistro. Voilà Christian et Roger qui rentrent à leur tour. Ce sont des serveurs de la Comète. Je mets une tournée (Christian en met une autre, Roger aussi, le patron du PMU suit, j’en remets une autre, Roger aussi, et je pense avoir loupé une parie). Toujours est-il que Christian et Roger commençaient à papillonner. Pour ma part, il en faudrait le triple pour m’émouvoir. Qu’est-ce que je n’ai pas entendu sur la boutique. Ils aiment bien la patronne mais….

Nelly, il faut qu’on cause un de ces jours. Cela étant, je leur ai rappelé que si j’étais le meilleur client et le plus ancien, ce n’est pas à moi de résoudre leurs histoires.

Au PMU, on papote. Christian part à quatre pattes après que le patron ait fermé. On reste un peu avec Roger mais lui-même commençait à défaillir et je n’ai pas insisté alors que nous avions une occasion pour prendre une cuite mémorable.

Ils m’avaient vidé leur sac sur le nouveau serveur sans se doute que ça pourrait figurer sur internet.

Le patron du PMU commençait lui-même à être plein et j’ai décidé de plier les gaules. On rentre tous.

J’arrive près de l’entrée du parking de l’immeuble, par laquelle je rentre tous les soirs. Un type de la résidence était en train de balancer un lit d’enfant adulte (bref, un lit de 90 cm qu’on garde à la maison pour recevoir). Je connais ce type depuis la nuit des temps. Il était président du machin de la copropriété quand j’ai acheté l’appartement en 1994.

Je lui dis « bonsoir »  mais il ne me répond pas ce qui me met en rage trois secondes le temps de mettre les quelques neurones qui me restent en branle.

Sa fille, a priori plus âgée que moi, s’est suicidée récemment. La gardienne de l’immeuble, qui était déjà là en 1994 m’avait prévenu. Le gars « profitait » de son dimanche soir pour foutre « aux encombrants » la chambre de sa fille.

Il n’a pas répondu à mon « bonsoir ». Je l’excuse et lui présente l’expression de mon amitié et tout ça.


Le personnel de la Comète m’excusera de ne pas avoir recueilli leurs pleurs, au PMU. Si, au moins, ils tenaient la marée…

3 commentaires:

  1. Il est dur ton billet... (mais touchant)

    Bonne semaine

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  2. Impressionnant. ..On croit connaître ses voisins - physiques ou virtuels - Mais c'est bien vrai que " L'essentiel est invisible".
    Bz

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