20 mai 2010

L'avenir appartient à ceux qui twitent tôt !

« Au bistro ! » Tel est le twit que je balance, du bureau, à l’heure où j’arrête « formellement » de bosser à 18 heures tapantes. J’avais visiblement une trentaine de secondes d’avance, hier. Je fais alors une rapide revue de blog pour être sur de n’avoir rien loupé et je me casse.

Mes nouveaux followers sont souvent amusés par ce « au bistro ». Ils mettent toujours plusieurs jours à se rendre compte que c’est un rituel. Qui vient de loin…

Jusqu’il y a sept ou huit ans, je bossais dans une boite où les chefs avaient l’habitude d’alpaguer leurs honorables employés vers 18h 18h15. A cette époque, je finissais donc souvent (plusieurs fois par semaine) après 19 voire 20h et me pointait donc à Bicêtre vers 21 heures alors que je démarrais le boulot vers 8h15. Les chefs en question commençaient, quant à eux, vers 9h30 ou 10 heures comme beaucoup de cadres en Ile de France. Une espèce de mode complètement ridicule : il faut arriver tard pour montrer qu’on est décontracté et partir tard pour montrer qu’on bosse.

Un jour, un chef m’a demandé à 18h : « On peut se voir cinq minutes ? ». Je lui ai répondu « Oui, demain, à 8h15 ! ». Il était dans son tort et ne pouvait que fermer sa gueule, tout en sachant très bien que s’il avait insisté, je serais resté.

Du coup, j’ai pris l’habitude de systématiquement partir avant 18h sauf s’il y a une réelle surcharge temporaire de travail ou un vrai impératif lié au travail. Plus exactement, je ne pars pas nécessairement à 18h mais je refuse toute discussion avec un collègue, tout coup de fil, … Je ferme la messagerie, …

C’est ainsi qu’un jour, il y a trois ou quatre ans, mon chef m’a demandé, le matin, si je pouvais rester le soir pour préparer un truc pour le lendemain, pour lui. Objectivement, je n’avais pas à faire des heures supplémentaires parce que lui était en retard et il le savait très bien. D'ailleurs il était là de bonne heure, le lendemain. Je voulais lui dire : « Ah non ! Je ne peux pas, j’ai un rendez-vous important ce soir. » C’était d’ailleurs l’exacte vérité. J’avais un rendez-vous important au bistro. Alors je me suis trompé, j’ai dit au chef « Ah non ! Je ne peux pas, j’ai bistro » avant de bredouiller une explication.

L’expression « j’ai bistro » est restée. Et le twit est venu.

13 commentaires:

  1. Belle anecdote. Un mystère se lève.
    Perso, "j'ai bistro" à partir de 16h !

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  2. Bha voilà, j'ai tout compris maintenant !!!

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  3. Belle origine de l'expression ! Les chefs sont partout pareils, lamentables !

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  4. Homer,

    Fainéasse.

    Marie,

    oui. Y'a des chefs partout.

    Minijupe,

    Ben tu vois...

    El Camino,

    Belle. Et romancée...

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  5. Héhé, bien vu pour les chefs ! Je l'avais remarqué, mais je ne me l'étais jamais consciemment formulé.

    Moi c'est pratique, je dis "j'ai école", et je pars. C'est idiot ce truc de finir tard, alors que tout le monde dans les bureaux passe deux heures sur Facebook...

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  6. j'aime bien l'expression "au bistro", elle me rappelle les vendredis soirs londoniens quand tout le monde se retrouve au pub pour se torcher... entre collègues !

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  7. Bal,

    Ce truc des chefs me travaille depuis une dizaine d'années (au fait, nous avons probablement une dizaine d'années d'écart et des jobs similaires...).

    Doudette,

    Au bistro !

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  8. Oui une dizaine d'années d'écart, et pourtant je suis un des plus vieux à mon job ! Etrange !

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  9. Bal,

    En fait, l'heure tardive est due à un décalage progressif... Plus tu montes dans la hiérarchie, plus tu passes de temps en réunion, plus tu es obligé de régler des trucs (lire les mails, ...) en dehors des heures de travail. Alors tu prends le pli, tu finis 5 ou 10 minutes plus tard chaque année. Du coup, tu te couches de plus en plus tard et te réveilles de plus en plus tard.

    La mécanique se met en branle dès que tes mômes sont trop vieux pour devoir être ramenés de l'école ou de la nounou...

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  10. Nos commentaires se croisent...

    Moi, je suis dans les plus jeunes de la boite. Comme quoi...

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  11. ahah, ça doit être bien d'être le plus jeune ! Pour moi ça commence à être un peu agaçant.

    Quand la smalla s'absente, ça m'arrive de prendre ces horaires, finir tard. C'est peu fréquent, mais quand je rentre à 21h00, j'ai l'impression de n'avoir plus de vie, il est quasiment temps de se coucher, pour partir rebosser.

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  12. Quand la smala s'absente, tu devrais finir plus tôt et aller au bistro.

    Non, ça n'est pas bien d'être le plus jeune. Ca veut dire que les autres sont vieux. Ou vieille, d'alors, si tu vois ce que je veux dire.

    Le pire, c'est qu'en temps que célibataire, j'ai des côté beaucoup plus gamin qu'eux, y compris les quelques plus jeunes que moi !

    "Ce week-end, je vais chez mes beaux parents parce que c'est l'anniversaire de la tante de mon épouse". "Ah ! Moi, ce week-end, je vais faire la fiesta avec les potes."

    Le "au bistro" en est emblématique parce que eux, la plupart, ont vécu consciencieusement leur vie : à 18h30, on récupère le môme chez la nounou. Le matin, à 7h15, on lève les gamins et on les emmène à l'école. Allez ! Plus vite.

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