17 août 2008

Des vacances à la carte


Ces moments de solitude, quelques jours pendant les vacances ou souvent, pour le boulot, permettent d’observer le monde avec le regard idiot du type qui se demande si les gens sont bien normaux. Lui l’est. Il le sait. C’est lui.

Je vais donc vous raconter mes vacances qui n’ont pas le moindre intérêt pour le commun des mortels. Ca vous apprendra : je n’ai fait aucun billet en trois jours.

A part aujourd’hui, coup de bol, j’ai le don pour me foutre dans des galères automobiles pendant les vacances. Il m’arrive de passer 10 heures dans la voiture parce que je tombe bêtement dans un bouchon, parce que je ne trouve pas de place pour me garer, parce que je me plante, …

Vendredi, je n’ai pas dérogé à la règle. Je suis parti à 11 heures du matin de Bicêtre, suis arrivé vers 14 heures à Caën… puis ai décidé de faire un tour sur la côte… et me voilà dans des bouchons à Port-en-Bessin. Vous ne savez pas où c’est ? Sur la côte, au nord de Bayeux. J’ai entendu sur France Info, hier, qu’il y avait des grosses fêtes annuelles, ce qui expliquait le bouchon de la veille. Dégagé vers 17, je fonce sur Bayeux pour chercher un hôtel. Tous complet.

Au Novotel, j’ai demandé au type de l’accueil (un Chinois : je dis pas ça par racisme mais uniquement pour qu’il soit licencié si son patron lit mon blog) si j’avais une chance de trouver un hôtel dans le coin. Il me répond « Tous les hôtels de la Chaîne [si ! il a mis une majuscule à Chaîne) sont complets de Cherbourg à Caen ». Je répète ma question : « Savez-vous, s’il vous plait, où je peux avoir une chance de trouver un hôtel ? » Je m’en fous un peu de sa chaîne. Il me répond « Pas dans la chaîne ». Dans la formation des types de l'accueil, chez Novotel, ils devraient ajouter une rubrique : rendre service aux clients. Pas uniquement "vendre des chambres coûte que coûte".

Je me casse, tombe sur l’hôtel Campanile et va voir le type de l’accueil (un normal : je ne dis pas ça par racisme, uniquement pour qu’il soit augmenté si son patron lit mon blog) : « Désolé Monsieur, mais notre hôtel est complet. Je viens d’appeler l’Ibis pour autre client : c’est pareil. Vous pouvez aller voir le syndicat d’initiative, je vais vous montrer où il se trouve, mais je vous conseille d’aller directement à Saint-Lo, je pense que tout est complet à Bayeux ».

En route pour Saint-Lo ! Mon GPS m’envoie directement sur l’hôtel le plus près du centre, le Mercure (j’ai des goûts de luxe quand j’ai passé 8 heures en bagnole et que je ne sais pas où coucher). Je tombe sur la fille de l’accueil (une normale, même pas trop grosse : je ne dis pas ça par racisme, mais uniquement pour qu’elle soit également augmentée). « Désolé Monsieur, tout est complet sur Saint-Lo, vous comprenez, c’est le week-end du 15 août, mais si vous voulez, vous pouvez appeler le Saint Pierre à Vire, voilà le numéro, ils ont encore des chambres ».

Me voilà au Saint-Pierre, à Vire, vers 19 heures. Je monte dans ma chambre pour me rafraîchir (NDLR : pisser). Le type m’avait au téléphone de rouler doucement à cause des gendarmes. A l’accueil, il me donne les clés, et, comme si j’avais l’air d’un pochetron insiste pour me montrer comment ouvrir la porte si j’arrive après 23 heures. J’insiste : « Mais non, Monsieur, vous savez, je suis tout seul, je vais rentrer de bonne heure ». Lui : « On ne sait jamais, vous pouvez tomber sur un traquenard ». Comme si j’avais une tête de…

Pour ouvrir la porte après 23 heures, c’est simple : il faut mettre la clé dans la serrure et tourner. Le Normand est surprenant.

Je fonce au bistro ! De la Loburg à la pression, le bonheur. J’en commande une. J’avais soif. Avant que le barman ne revienne avec le ticket de caisse, j’avais fini mon verre. Une deuxième. Pareil. J’en commande un troisième : le barman n’en croyait pas ses yeux. Quand je pense qu’il y a encore des types qui confondent les Normands et les Bretons. JAMAIS un barman Breton est surpris quand un type commande son troisième verre dans les cinq minutes après son arrivée !

Je lui demande où je peux dîner. « Vous êtes seul ? » « Oui ». Il me montre une espèce de sandwicherie en face. Est-ce que j’ai une tête à manger des sandwiches le soir ? Il remarque ma moue dépitée et prend un regard hautain. Dans sa tête, il devait penser qu’un type en jean, pas rasé et s’étant enfilé trois demis en quelques minutes ne devait pas avoir les moyens de s’offrir un des meilleurs restos du patelin ! Il m’indique « sinon, vous avez le Vrai Normand juste à côté ». Vu les prix qu’ils pratiquent, je me demande pourquoi il n’y envoie pas exclusivement les types seuls… Je vous le conseille ! Très bon.

J’étais assis en terrasse près de l’endroit où était affiché le menu. Ca donne de l’occupation pendant le repas. D’ailleurs, j’y suis retourné le samedi soir. Ca caillait et j’étais le seul en terrasse : mais quand on a repéré LE resto idéal, on ne le lâche pas.

Le vendredi, à côté de moi, un couple d’ivrognes s’est installé. Enfin… Je ne sais pas si elle buvait mais lui avait un nez impressionnant. En voiture, s’il tourne la tête, le mec derrière pile immédiatement. La couleur d’une fraise, la taille d’une orange. Les lunettes étaient incrustées dedans. Ca avait l’air de l’énerver que je passe le repas à le regarder. Allez savoir pourquoi.

Derrière moi, un couple d’amoureux a pris place. On comprend immédiatement le déficit intellectuel quand la dame demande à la serveuse ce qu’était une escalope à la crème. En Normandie. Elle m’avait déjà énervé quand, auparavant, elle avait demandé un Kir Cassis. Je comprends qu’on puisse demander un Kir à la mûre, à la pêche ou à autre chose… mais pas au cassis. C’est comme si vous demandiez un vin au raisin ou une anisette à l’anis. Le chanoine doit se retourner dans sa tombe.

En face de moi, se tenait un couple d’une cinquantaine d’années. Elle bien habillée. Lui en short. J’avais envie de lui dire de respecter sa femme s’il ne se respectait pas lui-même. Putain ! On ne va pas dépenser 100 euros à deux dans un resto sans un minimum de correction, d’autant que ce connard fumait à table alors que la famille, juste derrière eux (un couple, deux enfants) venait de recevoir leurs assiettes.

Bien dormi à l’hôtel, moi ! Le demi bu en apéro au resto et le 50 de rouge y sont pour beaucoup… de même que les 450 km… Debout six heures. J’ai pu me plonger dans le dernier Connelly, fini ce matin d’ailleurs. Moins bien que les autres (pas l’ambiance sordide) mais beaucoup plus facile à lire : je l’ai fini ce matin en attendant le café.

Le samedi, je ne remets pas en cause mon programme établi la veille alors que je pensais coucher à Bayeux, mais j’avais oublié que je m’étais rajouté une heure de route ou presque à cause de l’hôtel. Le matin, la côte est du Contentin (Utah Beach et tout ça).

Déjeuner à Cherbourg, près du port. Pas facile quand on est tout seul de trouver un resto un midi : il ne faut pas un truc chic, manger en moins d’une heure, mais… bien manger. Je suis tombé sur ce petit truc en baguenaudant. Il avait tout d’une cabane à frites. Je ne l’aurai même pas vu si un couple de jeunes qui, comme moi, cherchait à bouffer, n’avait pas hurlé sur les prix en consultant la carte ! Ils sont cons, les jeunes.

Je me suis penché sur cette carte… et j’ai bien fait. 15€50 pour des moules à la crème, une andouille moutarde et une mousse au chocolat… Moi qui logeais à Vire, je me suis tapé une andouille à Cherbourg.

L’entrée (les moules à la crème) m’aurait fait un repas en temps normal ! En outre, autant l’andouille était normale, mais bonne, autant les moules étaient divinement sympathiques. Ce qui manque, dans ce genre de gargote, ce sont les desserts. Tant pis. Et le bon rouge au verre.

A côté de moi, un couple avec leur fille d’une vingtaine d’années. Ils ont passé le repas à se demander où ils allaient trouver un cybercafé pour que papa puisse vérifier le forfait du portable de sa fille. Vive les vacances…

L’après midi, promenade à la Hague. Oui ! J’ai même marché ce qui ne m’arrive pas souvent. Ca fait deux fois ce jour là, avec mon escapade à Utah Beach. Je suis parti fâché. Il a fallu que j’attende DEUX fois que des gamins obèses (deux différents) cessent de se planter systématiquement en jouant devant l’objectif de mon appareil.

Arrivé à Vire, le soir, j’ai d’ailleurs constaté que la Normandie était pleine de gros. Car je suis revenu à Vire… mais j’avais décidé, comme une andouille, de longer la côte et de passer par Grandville. Deux heures dans les bouchons. Encore une journée à 6 heures de voiture… Toujours est-il que l’observation des passants virant dans Vire est réjouissant pour un gugusse comme moi portant allègrement son quintal. Vu le nombre de gros passant devant la carte, j’ai failli regretter mon choix…

Au même bistro, le soir, à la grande déception du serveur, je n’ai bu qu’un seul demi cul sec… et un autre normalement. Même restaurant. L’escalope à la crème suivi d’un moelleux au chocolat.

Ce matin, je taille la route, direction Caen. Le hasard a fait que je me suis retrouvé devant le mémorial que j’ai voulu visité. 22 euros avec le repas. Je n’invente rien ! Quand vous débarquez au mémorial vers 11 heures, on ne vous propose qu’une visite avec le repas. Je n’avais pas envie. Et en plus, je doute que ça soit le genre de truc qu’on visite tout seul. J’ai fait trois fois le tour du machin (tout ce qui est gratuit) puis en route. Direction Cabourg puis remontée de la côte. Je voulais aller à Deauville, Honfleur, le Pont de Normandie puis coucher au Havre.

Mais à Deauville, j’ai décidé d’abandonner alors que je cherchais un restaurant digne de mes goûts personnels. Deauville n’est pas Cherbourg.

13 commentaires:

  1. Je confirme pour le Connelly. Il est plat.

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  2. à Cherbourg autrement il y a un excellent routier où ils offrent le calva en fin de repas

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  3. je sais plus où il est... c'est pas si commercial que ça en fait le calva en fin de repas :)

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  4. P'tain, j'ai appris un truc là avec le kir cassis ! Donc, en fait, je bois tout le temps (sauf à la Comète) des blanc-cass' :)
    Au fait, Mèrte Mi est en vacances en Bretagne, figure-toi, elle voulait savoir si tu passais du côté de Guinguamp pour boire un coup ;)

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  5. Alors, bon, déjà : trois jours sans rien, puis deux billets en rafales, c'est pas humain !

    Deuxièmement, pour le Connelly : ça vous apprendra à lire des conneries.

    Troisièrement, vous avez appris un truc à Dame Fiso, ce qui n'est pas donné à tout le monde.

    Quatrièmement : à part ça, ça va ?

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  6. C'est un reportage bien amusant que tu nous fais là !
    En plus c'est utile, je ne pensais pas qu'il puisse y avoir autant de monde en Normandie, même un 15 août.
    Non pas que je projette d'y aller, remarque, mais on ne sait jamais.

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  7. Et quatrièmement, la visite du Mémorial vaut vraiment le coup.

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  8. La lecture de ce billet m'a totalement déprimé, je ne sais pas pourquoi. La Normandie peut-être ?

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  9. Franssoit,

    Oui. Mais c'est pas grave. On l'aime quand même.

    Gaël,

    Ce n'est pas commercial, c'est pour se faire oublier.

    Fiso,

    Tu voudrais pas que ta mère boive avec moi ?

    Didier,

    Vous feriez mieux de lire Connelly.

    A part ça, oui, ça va.

    Audine,

    Il faut y aller.

    Catherine,

    Je suis d'accord, mais tout seul, heu...

    Mathieu,

    Désolé...

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  10. Le récit de tes vacances est totalement inepte mais tellement savoureux; on en redemande!

    Je passe à l'article du dessus.

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  11. Visiter la Normandie en étant breton, c'est carrèment des vacances à l'étranger dis donc !
    :=))

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