15 août 2008

Des nouvelles du Kremlin-Bicêtre

Avant de repartir pour quelques jours en vadrouille au travers de la France profonde, il me faut faire un point sur la situation au Kremlin-Bicêtre. Traitons l’information par individu, dans l’ordre non alphabétique, on n’a pas que ça à faire. Je vais néanmoins commencer par les A.

Abdel, le roi du Maroc : il sort de l’hosto aujourd’hui mais a encore plusieurs mois d’arrêt. Selon la version officielle diffusée par la police et la Mairie de Bicêtre, il aurait été agressé près du métro de Bicêtre il y a bientôt deux mois. D’après la version officieuse diffusée par mes soins mais bien plus réaliste, il se serait cassé la gueule en étant bourré : bilan, jambe cassée. Rappelons que la première version, fournie généreusement par Camille (voir ce chapitre), faisait état d’une attaque à l’arme blanche et d’un coup de couteau dans le ventre et dans la cuisse.

Abdel, l’ancien patron de l’Aéro : il était à Bicêtre hier. Selon ses dires, il va mieux. Faut dire qu’il a fermé son bistro en avril 2007, ce qui n’a aucun rapport avec les élections.

Camille, on en parlait : quand je suis rentré à Bicêtre, il portait des lunettes de soleil pour cacher ses yeux au beurre noir. Ca va mieux. Il raconte partout qu’il s’est fait agressé (d’où mon doute sur sa version pour Abdel). Il était juste tellement saoul qu’il s’est cassé la gueule sur une voiture garée devant la Comète… et devant plusieurs témoins à jeun. Il va être temps qu’il reprenne le boulot. Heureusement, il n’a plus de sous et ne peut donc plus picoler. Ils sont tristes, ces gens de 60 ans qui ne savent pas s’occuper, qui ne savent pas se promener, déambuler dans les rues de Paris ou s’asseoir sur un banc avec un bouquin. Moi, je suis capable de passer 4 ou 5 heures à ne strictement rien glander… d’autres pas. La seule occupation possible devient alors l’éclusage de Ricard au comptoir d’un troquet.

Tonnegrande : il a repris le boulot hier. Je ne parle pas de son blog qu’il a abandonné il y a quelques mois. Fainéasse. Il fait la gueule au Vieux Jacques pour une raison tellement ridicule qu’elle mérite d’être racontée ici. Accrochez-vous. Samedi avant que je parte en Bretagne (ça fera donc deux semaines demain), on a mangé tous les trois à la Comète. Au moment de payer l’adition, nous devions 80 euros, soit près de 30 euros chacun. Tonnegrande et moi n’avions pas de monnaie et sortons tous les deux deux billets de 20 euros. Vous me suivez ? Ca faisait donc exactement 80 euros, soit le montant de l’adition. Tonnegrande me fait un signe que j’interprète comme « c’est bon, on a qu’à inviter le vieux ». Je dis OK. Or ce n’est pas ce qu’il avait voulu me dire ! Nous avions donc invité par mégarde le vieux à bouffer. Trois ou quatre jours après, le vieux était assis en terrasse à faire son sudoku quand Tonnegrande arrive, lui sert la main, et va vers le comptoir (il est d’usage que nous trinquions au comptoir quand nous sommes plusieurs, compte tenu du prix des consommations en terrasse). L’usage aurait voulu que le Vieux se lève et aille boire un coup avec Tonnegrande, et surtout lui en payer un vin vu qu’il s’était fait inviter la fois précédente. Non. Il a fini son sudoku et s’est barré. Tonnegrande fait la gueule. Elle est dure, la vie de bistro.

Le vieux Jacques : il ne saurait pas que Tonnegrande lui fait la gueule si je ne lui avais pas dit. Il faut dire que j’ai parfois du mal à fermer ma gueule quand il y a moyen de rigoler un coup.

Le gros Loïc : j’en parle maintenant, mais je n’ai pas de nouvelles. C’est le paragraphe précédent qui me fait penser à en parler. Je ne l’ai pas appelé malgré l’envie qui me surnage de lui dire que le vieux Joël n’a plus le permis.

Le vieux Joël, à propos : personne n’a gagné le concours. Il avait 1,02 grammes ce qui est peu. Ce n’est pas la peine de faire le fier. J’ai prévenu le Leclerc d’à côté pour qu’ils diminuent leur approvisionnement en cubi de rouge.

Jim : RAS, il bosse. J’en parle juste pour dire que vendredi nous sommes invités chez le délicieux Monsieur Jean et la délicieuse Madame Martine puis, vendredi, chez Josiane qui fête ses 60 balais, c’t’vieille carne.

Jacky le Boucher : il est en vacances. Ca nous en fait aussi. On ne sait pas où il est. Il ne l’a dit à personne. Il faut dire que chaque année on se foutait de sa gueule car il part toujours dans le même hôtel, depuis plus de dix ans, à Royan si ma mémoire est bonne.

Simon le Clochard : il pue de plus en plus. Tiens ! On a un nouveau clodo à Bicêtre, dans la bande des marches entre La Comète et Leclerc. Un gros qui s’est pris d’affection pour les quelques ivrognes qui traînent là. Au début, il ne ressemblait pas à un clochard. C’était probablement un alcoolique ordinaire.

Hassan, le boulanger : aucune nouvelle depuis la fermeture de la précédente Comète, fin mai.

Patricia et Patrick, les anciens tauliers : aucune nouvelle. Ils pourraient passer un coup de fil. Moi aussi, d’ailleurs, je sais. On est comme ça…

Martine et Jean, les plus anciens tauliers : j’en ai déjà parlé. Vous n’aviez qu’à suivre.

Josiane et Michel : pareil. Putain ! Lisez…

Marcel Le Fiacre et son épouse : ils ont mangé pour la première fois hier à la Comète. Il y avait du lapin. C’est la principale occupation de Marcel le matin : faire le tour des bistros de Bicêtre pour voir le plat du jour. Il aime bien le lapin mais il trouvait la Comète très chère. On lui disait : « oui, mais c’est autre chose qu’avant ». Avant c’était bien et pas cher maintenant c’est très bien… mais plus cher. Hier soir, il nous a dit « on a bien mangé, c’est bien, vous auriez pu me le dire ». Il est de mauvaise foi mais comme je pars aujourd’hui en vadrouille, je n’avais aucune raison valable de me fâcher avec lui hier. Je n’aime pas gaspiller les fâcheries : je n’ai pas été élever pour gaspiller.

Que dire de plus sur Bicêtre ? Ah ! Oui ! Mercredi soir à la Comète, un type se rapproche de moi et me demande si je suis bien Nicolas. J’ai regardé autour de moi, il n’y avait pas d’autres frisés joufflus, j’en ai donc conclu que j’étais bien moi-même. C’est un blogueur politique du bas de la ville. Du Modem, nul ne peut être parfait. Il se rattrape en buvant de la bière à un rythme acceptable. Un de ces jours, le KB va devenir le centre de la blogosphère politique… Ca me fait penser… Le Martin P. aurait-il disparu ? Le Hervé N. ne sortirait plus de chez lui depuis mardi ?

7 commentaires:

  1. well its nice to know that you have great hits here.

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  2. ahahah ! merci de ces nouvelles fraiches.

    J'adore les motifs de fâcherie et de non fâcherie !

    Bonnes vadrouilles Nicolas !

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  3. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  4. Excellent! Je ne connais pas tout ce beau monde (et heureusement) mais c'est un vrai roman, on s'y croirait.
    J'attends la suite...

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  5. J'espère que tu as dit au délicieux monsieur Jean et sa ravissante épouse que je demandais régulièrement de leurs nouvelles ?
    A bientôt ! Vadrouille bien !

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  6. Franssoit,

    On ne contredit pas un spam.

    Audine,

    Merci !

    Gertrudre,

    Elle arrive !

    Fiso,

    J'ai oublié !

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