28 août 2008

La tarte aux poireaux de Zoridae

Il devait être 19h37 quand Catherine et Didier sonnèrent chez Bal et Zori. Ils étaient arrivés dans le quartier vers 19h15 mais il est de bon ton d’arriver avec quelques minutes en retard de manière à laisser à la douce ménagère le temps de finaliser les préparatif et enlever la dernière tâche de vomi sur les feuilles de papyrus ornant l’entrée.

Catherine et Didier avaient profité de ces vingt-deux minutes pour s’enfiler quelques mousses au cas où Bal et Zori n’auraient par prévu d’entamer la soirée avec ce doux breuvage mais de passer directement au Champagne de circonstance. Didier était vêtu d’un jean et d’un tee-shirt du PSG sous un blazer avachi. Il pensait qu’une telle tenue lui aurait fait perdre 10 ans. Catherine, quant à elle, était habillée normalement mais avait eu la délicatesse de se coiffer d’une casquette d’En Avant Guingamp au cas j’eus pu (on laisse tomber les remarques sur la conjugaison hasardeuse) me libérer pour cette soirée de rêve. Elle ne pouvait pas savoir que je ne suis pas sur supporteur de foot mais c’est l’intention qui compte. D’ailleurs, je n’étais pas présent à cette soirée ce qui m’oblige à raconter absolument n’importe quoi dans ce compte rendu que me suggère de broder Franssoit.

Il est amusant de penser que pendant que Catherine et Didier se libéraient d’une soif bien naturelle habillés en pingouins Camerounais, Zori était en train d’ajuster ses balconnets sous la délicate robe de soie qu’elle portait pendant que Bal repassait le costume de son mariage qu’il avait enfin retrouvé dans les cartons entassés dans la cave de puis le dernier déménagement. Il avait en effet renoncé à se vêtir d’un de ses ignobles sweet-shirts à rayures dont il nous avait donné l’habitude.

Quand ils sonnèrent, c’est Kéké qui vint leur ouvrir la porte. Didier lui caressa délicatement la tête avec toute la tendresse dont il est capable, avant de se rendre compte qu’il ne s’agissait pas d’un chien mais d’un délicieux enfant coiffé d’un melon grotesque.

Pendant que Zori finalisait la tarte aux poireaux, une recette qu’elle tenait de sa grand-mère maternelle, Bal introduisit Catherine et Didier dans le mignon petit salon qui leur sert également de bureau, de chambre, de dressing room et de salle de jeu dès que les invités sont partis.

Bal avait cassé la braguette de son costume en le mettant et elle tenait avec une épingle judicieusement et précautionneusement insérée là où il est d’usage de le faire dans ce genre de circonstance. Aucun des invités sympathiques ne firent la moindre réflexion à ce sujet mais Didier ne pu retenir un sourire attendri dont il a le secret.

Zori fit alors son entrée. Elle était resplendissante dans sa robe rose bonbon assortie à sa coiffure qu’elle avait teinte pour l’occasion. Elle salua les convives et pria Bal de faire visiter le balcon à Catherine et Didier pour qu’elle puisse avoir le temps de transformer le salon en salle à manger grâce à d’habiles tréteaux qui permirent de rehausser la table basse.

Réunis à table, ils en profitèrent pour consommer une deuxième bouteille de Champagne pour accompagner les bretzels qui restaient d’une précédente réception. Il aurait pu s’agir de cacahuètes mais je ne sais plus comment ça s’écrit.

Balmeyer, en sommelier consciencieux, avait prévu de la bière pendant le repas. En effet, alors que son épouse l’interrogeait sur sa coiffure, il croyait qu’elle l’informait de la composition du menu et avait retenu un seul mot : « Choucroute ». D’ailleurs, comme tous les jeunes, il ne pouvait pas savoir qu’un vin d’Alsace aurait été plus adapté. Amusant ! Ca aurait été aussi plus adéquat avec la tarte aux Poireaux contrairement à la bière plus adaptée à la tarte aux poils à condition qu’elle soit mousseuse et le monsieur moustachu.

Ainsi, comprenant son horrible méprise, Balmeyer rangea les canettes de bières qui s’alignaient sur la cheminée et sortie deux nouvelles bouteilles de Champagne dont la simple vue fit roter Didier, provoquant un rougissement de sa pudique épouse.

Ca fut le seul événement entachant légèrement cette soirée. Ne leur en tenons pas rigueur.

Zori et Bal avaient en effet étaient parfaits dans les préparatifs de cette soirée. Par exemple, en l’honneur de leurs invités Normands, ils avaient prévu de faire suivre la tarte aux poireaux d’un trou du même nom (Normand, pas Poireau, imbécile). Ils avaient juste oublié que le freezer ne contenait plus que de cette sublime glace au chocolat dont raffole Kéké qui avait d’ailleurs réussi à ne pas mettre ses doigts dans son nez une seule fois dans la soirée, son père l’ayant prévenu, en montrant Didier : « Si tu continue, tu finiras avec un tarin comme celui-là ! ». Côté alcool, il ne restait plus qu’un fond de Ricard. Le trou Normand représenta donc une curiosité que ne manqua pas d’admirer notre scientifique cuisinière.

Je vous avais dit qu’ils étaient parfaits ! Toujours pour ravir leurs deux amis, Zori avait prévu, comme plat du jour après le trou Normand, une spécialité Algéro-Normande : le Camembert rôti aux olives. Elle ne tenait pas cette recette de sa grand-mère mais de moi-même qui l’avait apprise lors d’un séjour en Algérie à la fin des années cinquante. Il faut prévoir un camembert par personne. Un peu vieux, le Camembert, mais pas trop. Préchauffer le four. Un peu, mais pas trop. Ensuite, disposer les camemberts sur un plat adapté à la recette. Planter une olive dans le centre du camembert. Il est important de bien viser pour être exactement au centre. Dans le cas contraire un déséquilibre se produirait aboutissant inexorablement à un éclatement du noyau. Recouvrir le tout d’une couche d’huile d’olive, d’une noix de beurre salé. Poivrer abondamment. Enfourner. Laisser cuire le temps nécessaire. Un peu, mais pas trop. C’est meilleur saignant.

Ce plat fut encore plus savoureux qu’à l’accoutumée car Zori avait eu la lumineuse idée de faire mariner des feuilles de menthe dans l’huile d’olive pendant vingt-quatre heures. Malheureusement, elle avait oublié que le beure était salé et avait ajouté abondamment du seul sur le camembert car elle pensait que ça allait le rendre encore plus croustillant. Trois nouvelles de Champagne furent nécessaires pour étancher la soif.

Vint ensuite la salade qui fut un peu grasse, Kéké ayant joué avec le bouchon de la bouteille d’huile utilisée pour la vinaigrette mais on ne va pas s’accrocher à ce type de détails.

La salade fut suivie des fromages. Du fromage, en fait, puisqu’il ne restait plus qu’un camembert. Bal avait oublié que Zori lui avait dit « tu penseras aux fromages » alors qu’il était occupé à faire le con avec ses copains des left_blogs. Heureusement que pour le plat du jour, elle avait vu large et qu’elle n’avait pas réussi à faire rentrer un des camemberts dans le plat.

Bal voulu prendre une nouvelle bouteille de Champagne mais Zori lui fit remarquer qu’il était temps de passer au rouge. Bal alla donc chercher les trois bouteilles qu’il avait prévu pour l’ensemble du repas. Elles furent finies pendant le fromage, Catherine et Didier ayant la polisse habituelle de finir tous les plats pour ne pas risquer de peiner la ménagère. Ainsi, pour le dessert, il fallu repasser au Champagne.

Ce dessert ! Zori avait prévu des pommes cuites avec des raisins secs mais Kéké avait mangé les raisins secs et Zori avait coupé le four après avoir cuit les camemberts.

Une simple pomme a aussi du charme, comme Gaëtan. Surtout arrosée de trois nouvelles putains de roteuses.

La prochaine fois, j’en connais qui feraient mieux de faire leurs comptes rendus eux-mêmes.

37 commentaires:

  1. Quid des deux magnifiques et obèses félins entretenus par Zoridae et Bal et qui ont, à l'instar de kéké (qui ressemble énormément au manneken pis), marqué leur territoire en arrosant abondamment l'ourlet du pantalon de Didier Goux.

    Un peu d'exactidude dans vos rapports que diable !

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  2. moi qui voulais m'inviter un de cs 4, je vais y réfléchir en fait...

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  3. Ouais, bon, je sais que je lambine ! Mais je suis MALADE !!!

    N'empêche que vous avez tout faux... et heureusement, en un sens.

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  4. Nefisa : on n'a plus accès au blog privé, chez vous...

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  5. Nef,

    On ne peux pas penser à tout.

    Gaël,

    Mais non !

    Didier,

    Heureusement oui.

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  6. Nef, le chat roux a maigri, il ne reste qu'un obèse !

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  7. Nef, moi non plus je n'ai pas accès à votre blog : (

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  8. Aucune faute de goût, ce diner me semble avoir été parfait. Il n'y aurait que quelques esprits chagrins pour souligner que se limiter à 3 bouteilles de rouge, c'est un peu mesquin ! :-))

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  9. Ah oui, j'oubliais : j'ai bien recopier la recette du camembert aux olives. Comme petit plat léger en été, ça m'a l'air parfait !
    :-)

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  10. Que Jegoun m'excuse mais comme j'ai des réclamations et qu'on a les mêmes lecteurs, je passe mon annonce ici :

    Mon blog est fermé pour travaux, pas de panique, il réouvre d'ici une paire de jours, avec liens rss et sans code d'accès.

    Catherine : je ne vous crois pas, il y a à peine un mois et demi ils étaient tous les deux énormes !

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  11. Poireau,

    C'est juste pour ne pas laisser penser, dans le récit, qu'ils pourraient être ivrognes.

    Les autres,

    Faites comme chez vous.

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  12. Excusez-moi, Nicolas, d'abuser de votre hospitalité mais je dois parler à Nef.
    Je n'ai pas votre mail, Néfisa. Et en plus, je n'arrive pas à scanner de manière lisible les recettes ! Je ne sais vraiment pas quoi faire ! C'est bon, Nicolas, vous pouvez revenir. Et merci !

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  13. Catherine,

    Vous n'abusez pas ! Mon "faites comme chez vous" était du premier degré.

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  14. Il n'y a que pour la description du salon que tu ne t'es guère trompé... et pour ma robe de soie...

    Tu aurais dû venir, ce fut une excellente soirée !

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  15. Je n'en doute pas !

    Et je regrette presque. Mais il y a des choix à faire...

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  16. catherine : je vous en ai envoyé un , j'avais gardé votre adresse, je suis une petite maligne (quoi qu'en dise votre luminaire céleste ! )
    Merci Nicolas pour l'hébergement de nos frasques culinaire. Ma grand mère fait un délicieux camembert au beurre de thym, tiens....

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  17. Je tiens à exprimer ici ma reconnaissance éternelle à Catherine Goux !
    J'espère que personne ne m'en voudra !

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  18. Merci Nef, mais ma modestie en prend un coup.

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  19. Nicolas, intervenez, merde : elles deviennent envahissantes, les deux greluches, là !

    Il y a un féminin à "troll" ?

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  20. Nicolas, j'ai pensé, un peu tard, à mettre ce billet en lien chez moi. C'est aussi pour vous remercier d'accepter de vous transformer en hébergeur-de-filles-qui-ont-perdu-leur -mail.

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  21. des drolesses ? des (pé)trollettes ?

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  22. Des trolles ? Des goules ? Des croquesmitaines ?

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  23. Catherine,

    Il n'est jamais trop tard !

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  24. Calomnies et pures inventions !

    Mon "non" compte rendu est assez éloquent : j'ai la tête dans le sceau et les cernes bleues... on dirait que j'ai des lunettes de soleil, mais en fait non.

    (Allez hop, je le dis, même si cela doit briser une carrière de troll velu : Didier est "gentil comme tout". Il a même offert des PLAYMOBILS à mon fils ! )

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  25. Mais non c'est Catherine qui les a offert !

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  26. Il n'est donc pas si gentil que ça !

    (Smiley Didier quoi !)

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  27. Je me drape dans ma dignité outragée !

    (Et je vais mettre la viande dans le torchon...)

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  28. Balmeyer,

    Oui, mais mon compte rendu était le premier en ligne. Il fait donc foi. Ou foie.

    Zoridae,

    Le coup de la virginité outragée de Didier, je te conseille de n'y croire qu'à moitié.

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  29. Vous n'êtes pas sérieux Nicolas : j'étais appâtée par l'annonce de la tarte aux poireaux de Zoridae, et tin-tin, pas plus de tarte que de beurre en broche, mais ça ne fait rien je reste sur ma faim...(si rien que d'avoir écrit le mot : faim, avait le don de me faire un peu maigrir ! on peut toujours rêver).
    Anna R

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  30. Emma, les bettes de mon jardin sont bientôt prêtes. Je mettrai la recette de la tarte aux bettes, vous essaierez, c'est bien meilleur que la tarte aux poireaux. Mais pour le lien vers Monsieur Poireau, ça va pas le faire !

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  31. Anna, Catherine,

    Je dois avouer bêtement que si Monsieur Poireau avait été Monsieur Concombre, ça aurait été une tarte aux concombres qui aurait été préparée par Zori dans mon histoire.

    Mais "Monsieur Bette" aurait fait désordre pour sa carrière de blogueur politique zinfluent.

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  32. Cher Nicolas,
    c'est un dédale votre blog : j'ai voulu regarder si j'avais eu peut-être une réponse à mon commentaire sur la tarte aux poireaux, et pas moyen (oui les moyens me manquent bien souvent...) je ne comprenais pas où était passée cette histoire, j'étais franchement déboussolée (pas étonnant vu mon manque de sens de l'orientation) ; j'ai réalisé que c'était un blog à plusieurs étages, enfin je me comprends, mais comme chez deux d'entre eux, la présentation est la même, cela a été la source de mon errement. J'ai fini par retrouver les miens, si je puis dire.
    Et du coup j'ai la promesse d'une délicieuse recette de Catherine : la tarte aux bettes. Merci, merci Catherine.

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  33. Anna,

    En fait, ce sont quatre blogs, dont trois avec la même présentation, qui forme un espèce de tout mais aborde des sujets disctincts.

    Ils sont séparés pour ne pas "ennuyer le lecteur" (par exemple, un type qui vient lire mes histoires de bistro n'est pas nécessairement intéressé par mes théories politiques).

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  34. Euh, quatre blogs avez-vous dit ? Mais il me semble qu'il y en a trois seulement...(ça vous arrive encore de trouver le temps de dormir et de boire des bières ??), si je ne me trompe : il s'agit donc chez vous de partager, "mon avis", "mes anerîes" et ... encore une troisième entité, mais elle s'est évaporée, c'est "le reste" peut-être, sans certitude. Donc : trois, non ?
    Vous n'êtes pas obligé de me répondre, je n'ai qu'à mieux compter ! Le quatrième se cache quelque part, et j'ai dû tomber dessus par hasard, mais j'ai pensé que j'avais fait une fausse manoeuvre, et j'ai rebroussé chemin sans demander mon reste.
    Anna R

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  35. Anna,

    Il y a aussi mon annexe sur laquelle il m'arrive de faire des billets valables.

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