22 août 2008

VRP de l'éducation populaire


L’anecdote [NDLR : la cuite] que j’ai racontée cette nuit pour rigoler avec Didier Goux m’a remis en mémoire le contexte général de cette soirée qui, avant que nous ne commencions à picoler, avait commencé par une grande partie de rire.

Cela fait environ 15 ans. Plus près de 20, peut-être. J’étais alors trésorier du groupe local d’une grande association d’éducation populaire que je ne peux pas citer ici. Pensez donc ! Un parent benoît faisant une recherche google pour savoir si cette association serait digne d’accueillir son enfant blond aux yeux bleus pour parfaire une éducation jusque là irréprochable tomberait immanquablement sur ceci : « on s’est bourré la gueule, ce soir là ».

Le responsable de la section locale étant malade, je l’avais représenté à ce congrès régional (et non assemblée générale comme je l’annonce dans le billet) avec Marc, jeune animateur dont je parle dans le billet (en fait, dans le billet, je parle de Gildas mais, vu la date, il devait s’agir de Marc, son grand frère).

Après la première séance de travail, nous étions passés à table pour un dîner bien mérité. Probablement de la macédoine suivie d’un gratin de nouilles et d’un petit suisse. Nous étions entre 100 et 150 personnes, représentant environ 15 groupes locaux. Un des joyeux animateurs a lancé une idée : « Hé ! Et si on faisait un tour des groupes locaux, les animateurs de chacun chantant une chanson différente ». « Oh ! Ouiiii ! ». Hop ! Action. On a probablement eu le droit à « La maison bleue », « Santiano »,… Tout était bien organisé. Afin de n’oublier personne, le tour des groupes se faisait par ordre alphabétique. Arrivés à Loudéac, Marc et moi nous levons. Personne ne connaissait Marc, jeune animateur présent principalement pour que je ne sois pas tout seul… Tous les autres me connaissaient et savaient que si j’étais dans l’association, ce n’était pas pour mes talents d’animateurs (on peut être supporter de foot sans jamais avoir tapé dans un ballon) ou de chanteur.

Je dis : « Bon, heu… si on nous oubliait… ». Les autres, magnanimes, d’une seule voix : « Bon, heu… d’accord ».

Le tour de table se termine. J’ai l’air vache dans ma description un peu caricaturale mais je n’en pense rien : ça n’est ringard que vu de l’extérieur. Quand on est pris dans l’ambiance, on passe un super bon moment. Et quand tout le monde se lève pour applaudir, c’est très facile de se pencher discrètement vers les tables voisines pour récupérer des bouteilles de rouge.

Le dernier groupe ayant fini sa chanson, tout le monde se lève pour applaudir. Profitant probablement que j’ai le dos tourné pour repérer où piquer une nouvelle bouteille de rouge, un type a scandé « Loudéac ! Loudéac ! ». Ca a été repris par toute la salle. Je ne pouvais plus refuser.

A cette époque, je ne connaissais que trois chansons. J’ai éliminé d’emblée la première : « La grosse bite à Dudule » et la deuxième « Mon père était vétérinaire ». Reste la dernière que j’adopte immédiatement ! D’une part, elle est très courte (ça m’arrangeait bien), d’autre part elle est rigolote, ça aurait mis une touche de sympathie avant de commencer à éplucher le budget de l’année suivante. Enfin, comme c’était une chanson récente, « Je voudrais être un nain », des VRP, je pensais que la jeune assistance la connaissait aussi et aurait pu la reprendre en cœur. J’avais oublié que dans la salle, il n’y avait pas que des jeunes, mais aussi quelques sexagénaires qui avaient toujours cru dans l’association et continuait à y adhérer pour donner des coups de main sur l’organisation et sur la gestion.

Cette chanson des VRP est précédée par une très jolie introduction :

« Le cœur, comme une fleur fanée,
Qui meurt dans notre jardin secret,
C'est la tristesse,
De n'avoir jamais pu être... aimé. »

Voilà maintenant les paroles de la chanson :

« Je voudrais être un nain,
Pour avoir une grosse bite.
Je voudrais être un nain,
Pour avoir une belle trique.
Je voudrais être un nain,
Pour avoir une belle bite,
Mais je ne suis qu'un géant,
Et la mienne est petite ! »

Avouez que ça ne manque pas de poésie !

J’entonne comme prévu, la moitié de la salle me suit, … 95% de l’assistance était pliée de rire !

C’est alors que j’ai repéré les 5% manquant à l’appel. Ils faisaient partie des sexagénaires dont je citais (d’autres « vieux » rigolaient de bon cœur). Ils auraient visiblement préféré que je chante « J’ai un gros nez rouge, deux traits sous les yeux, un chapeau qui bouge, un air malicieux ». Pour ce qui concerne le nez, la description n’aurait été totalement erronée mais cette chanson est plus adaptée pour faire rigoler des mômes de six ans qu’une assemblée d’animateurs d’une vingtaine d’années ! Les voilà qui deviennent tout rouge et qui quittent la salle précipitamment ! C’était incroyable et d’autant plus fâcheux que nous avions tous un respect incroyable pour ces gens, qui ont consacré quarante ans de leurs vacances à faire de la cuisine de collectivité ou à laver du linge de centaines de mômes, pour leur permettre de partir en congés pas cher tout en ayant un cadre éducatif autre que les traditionnelles colonies de vacances…

C’est alors que j’ai compris que ces gens d’une gentillesse incroyable vivaient dans un autre monde et pensaient qu’entre adultes on devait se comporter comme avec les enfants dont nous avions la charge. Ils pensaient qu’à l’âge de la retraite, on devait encore faire notre BA quotidienne et tout ça ! Nous aurions du être parfaits… Ils étaient comme des dirigeants de l’Union Cycliste Internationale qui pensent réellement que le dopage est marginal dans ce sport…

Quand ils ont quitté la salle, nos rires ont redoublé d’intensité… avant qu’on se taise tous en même temps, en comprenant la situation.

Vous me connaissez ? J’ai été me confondre en excuses, mis ça sur le compte du trac à cause de mon incompétence totale à chanter, le fait d’être le seul à devoir le faire tout seul, un moment de panique qui m’a fait choisir la première chanson qui me passait par la tête, celle que j’écoutais en voiture en venant, …

Les pauvres… S’ils savaient que tout ça avait été prémédité par l’inconscient collectif !



Découvrez Les VRP!

22 commentaires:

  1. Gaël,

    Tu peux me trouver comment mettre le truc deezer pour n'avoir que la chanson en question !

    (et en plus, toute cette histoire est, à la base, de la faute de ton frère).

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  2. C'est bien ce que je disais t'es un littéraire qui s'ignore, tu es dans le clan des littéraires déconneurs, je maintiens !

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  3. Elle est pourtant très jolie cette chanson ! Je ne comprends vraiment pas leur réaction !
    :-)))

    [Quand même, grand moment de solitude, j'imagine...].

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  4. M.,

    Oui, mais tout ce que je sais faire, c'est broder autour d'un fait réel (il y a un nombre incroyable de mensonge, dans cette histoire, par exemple, ils n'ont pas quitté la salle - mais étaient réellement en colère).

    Cela dit, si je le fais bien... pourquoi pas...

    Poireau,

    Pas de solitude ! Nous étions une grosse centaine à nous demander si nous n'avions pas fait une connerie.

    Cynique,

    Un peu moins...

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  5. Tu parles de la chanson ?

    (et merci !)

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  6. toi tu veux que Grandpere de Reze revienne troller par là !

    pour la musique j'vais essayer de te faire ça !

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  7. Gaël,

    Je pense que ça lui aurait plutôt faire plaisir de nous voir rigoler ! En outre, je pense qu'à l'époque, il n'était déjà plus dans le coin.

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  8. On comprend mieux le cognac-orangina, après une épreuve pareille...

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  9. Rho dis ! Les VRP ! Passé des moments incroyables en écoutant ce groupe, et les "Nones Troppo", qui ont suivi...

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  10. Didier,

    Heureusement que je ne l'avais pas bu avant.

    Balmeyer,

    Ahhh ! Toute une époque !

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  11. Je passerais bien à la Comete juste pour t'écouter la chanter...
    Appareil photo à l'appui, je vendrais les clichés chers et vilains et on ferait fifty fifty... C'est pas une bonne idée ça???

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  12. Tant que tu n'enregistres pas.

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  13. Nicolas: De vie commune??? Ah non merci!

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  14. Très très drôle tout cela. Dommage que peu de "gens d'un certain âge" ou "d'un âge certain" (comme tu veux)ne savent pas rire...et s'amuser.... pourtant un bon "fou-rire" s'avère souvent communicatif.. Dis-moi Nicolas, était-ce des "bretons" ces gens-là ???
    Mademoiselle Ciguë... s'il vous plaît, s'il vous plaît : une photo...
    Et j'écoute où la chanson sur Deezer ????
    Jeffanne

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  15. Nicolas
    Euréka pour la chanson... je n'étais pas allée assez loin...
    Jeffanne

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  16. Zut alors, des Bretons.... sans humour.... cela ne me fait pas honneur...
    Bof, soyons optimistes, il faut de tout pour faire un monde.

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  17. cool!
    j'aime beaucoup cette chanson
    (et les autres aussi!!)

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