29 juin 2013

Journal de lecture.

Didier Goux tient un jour qu’il publie à la fin du mois suivant. « L’édition » de mai vient de sortir. Je le lis pour différentes raisons, la première étant qu’il est particulièrement plaisant, ce sentiment étant renforcé par le fait que je connais les personnages et le lieu, la maison. Quand Didier écrit qu’il s’assoit dans un fauteuil pour lire, je vois le fauteuil ! Je dois même dire que quand il écrit qu’il va ouvrir la porte pour que les chiens puissent sortir, je vois non seulement les chiens, la porte,… mais aussi Didier.

Parmi les personnages, il y en a un que je connais mieux que lui, même ! C’est moi… Didier évoque souvent les blogs de gauche, dont le mien, et celui des copains qu’il écume à partir de ma blogroll. Son journal est long (je viens de le copier sous Word pour compter : 25 pages).

Je pourrais me lancer à écrire le mien pour aujourd’hui, aujourd’hui seulement.

Samedi 29 juin

Pas très matinal, moi, ce matin. 7h30. (aparté hors journal : je me réveille généralement très tôt mais me rendors en lisant les blogs, dans mon lit, avec l’iPad. Ne le dites pas aux blogueurs).

Généralement, je commence par une revue de blogs et ensuite je fais un tour d’actualité, ça dépend des jours. Depuis une semaine, je commence par l’actualité pour éviter les blogs au cas où Mandela serait mort dans la nuit. Depuis quelques jours, j’ai une autre marotte : je vais lire deux blogs de droite : celui de Pierre P, et celui de Corto. Je vais m’abonner à d’autres (Koltchak et Skandal).

Pierre nous fait encore un billet exemplaire qui mériterait d’être épinglé. Le titre : « La progression du chômage ralentit grâce à l’explosion du nombre des radiations ». Il ne parle pas de radiations dans son billet mais conclut en expliquant à ses lecteurs que le mois de mai ayant beaucoup de jours fériés, les agents de Pôle Emploi n’ont pas pu enregistrer tous les nouveaux demandeurs d’emploi. Même quand j’étais blogueurs d’opposition, j’essayais d’être plus objectif. Et il a cette phrase, pour finir son paragraphe : « Les chiffres du mois de juin, publiés fin juillet, vont faire très mal… » On a l’impression qu’il se réjouit d’avance des prochains mauvais chiffre ! C’est presque ignoble mais je vais preuve d’une extrême mansuétude : du temps de Sarkozy, j’avais aussi ce genre de phrase et on m’avait fait remarquer ma connerie. Depuis, je suis prudent…

Corto revient une fois de plus sur le mariage pour tous, sous un angle qu’aiment bien les réacs. Je résume : en faisant ce texte, le gouvernement a fait qu’on parle beaucoup des homosexuels ce qui a fait monter l’homophobie. La flambée de l’homophobie est donc de la seule faute du gouvernement. C’est évidemment complètement crétin : si on a parlé beaucoup du mariage pour tous, c’est parce qu’il y a eu beaucoup d’opposition, avec ces grandes manifestations. On m’objectera que les protestations sont légitimes ce à quoi je répondrai que le mariage pour tous aussi, il était dans les engagements… 

Didier a laissé un commentaire pour dire qu’il était tout à fait d’accord avec le billet. Je le précise ici parce que je pense que je vais en prendre plein la tronche dans le journal du mois prochain (enfin, le journal de juin qui sortira en juillet). Il a laissé un commentaire à un de mes billets : « Vous faites chier, je ne lis même pas jusqu'au bout, tiens.

Réveillez-vous, bon sang, vous êtes en train de devenir péniblement sectaire (et ne venez pas me dire que les blogs de droite le sont aussi et davantage : je m'en fous et ce n'est pas une raison), à faire des billets par paquets pour justifier des aberrations (l'affaire du p'tit Nicolas) ou tenter de politiser une rixe entre abrutis violents (affaire Méric).

Je comprends bien que, ayant décidé de soutenir Hollande et sa bande de Mickeys quoi qu'il arrive, votre champ de manœuvre se réduit de jour en jour, mais enfin, tout de même, depuis quelque temps vous mettez l'amitié à rude épreuve. »

Le plus rigolo étant que, comme il n’a pas lu le billet, il n’a pas compris le sens. Je vais donc traduire : 75% des billets des blogs de droite portent sur des sujets « sociétaux » politiques (il y a eu de quoi faire, en juin !) contre moins de 30% dans les blogs de gauche. On se demande qui fait une obsession. Ce qui me frappe, dans ce débat, c’est que les blogueurs de droite sont tellement persuadés d’avoir raison qu’ils pensent qu’on est réellement con, alors qu’on ne fait que penser différemment qu’eux. Cette différence de proportion est à analyser. Un réac qui lit, comme moi, des blogs des deux sens, sera évidemment énervé par voir 30% des billets de l’autre bord consacré à un sujet sur lequel il est en totale opposition. Je l’invite à se mettre à notre place : la proportion est de 75%. Ca lasse beaucoup plus. Tiens ! Je ne suis pas dans mon blog politique et je m’égare. Tant pis. Encore un paragraphe pour dire un truc.

J’ai relevé un commentaire d’une petite dame, dans un blog, qui expliquait que le Salon Belge, une espèce de gros blog réactionnaire, n’était pas politisé. J’en ai fait un billet. Et un commentateur, El Fredo, me fait remarquer : « Avec l'expérience j'ai fini par comprendre que dans le domaine du débat politique au sens large, "apolitireque" est synonyme de "de droite". Les opinions de gauche s'assument au grand jour. Ceci fait partie de l'arsenal rhétorique classique de la droite (et pas que française) qui consiste à se réclamer du "bon sens populaire", de la "majorité silencieuse" (d'autant plus pratique à récupérer qu'elle ferme sa gueule comme la marionnette d'un ventriloque), du "monde réel/pays réel", du "pragmatisme", par opposition au "dogmatisme", aux "minorités partisanes" (toujours de gauche, jamais de droite, tiens tiens !) aveuglées par leur "idéologie" et "déconnectées des réalités". Autrement dit, les opinions de gauche sont partisanes donc critiquables, les opinions de droite sont apolitiques donc crédibles. Ergo, Le Salon Beige est apolitique, donc de droite. Les gars ont confondu avec "neutre". » Il a parfaitement raison. Ceci renforce le sentiment d’obsession que j’évoquais ci-dessus : quand il lit un texte sur le mariage pour tous, le blogueur de droite n’aura pas l’impression qu’il est politique si le texte est d’accord avec lui, alors qu’il verra de la propagande politique quand il lira un blog de gauche. Ceci explique probablement pourquoi Jacques Etienne s’est fâché. En d’autres termes, à gauche, on se situe dans un débat entre la droite et la gauche alors que, à droite, il se situe dans un débat entre les gens normaux et ceux de gauche.

Une dernière chose à propos de ce mariage : le débat n’est pas que droite gauche. Il y a des catholiques de gauche, par exemple, qui peuvent être totalement opposés au mariage pour tous. Je précise ça pour Dorham, au cas où il passe par là. Je n’oublie pas. Par contre, j’ai vu des commentateurs, ce matin, qui l’oubliaient.

J’en étais là à me dire que j’allais faire un billet pour répondre à Corto mais je découvre que Juan a fait un billet pour dire que la Gay Pride était aujourd’hui. Je laisse tomber mon billet. Les organisateurs de la Gay Pride ne se rendent pas compte que le public n’a pas du tout l’image d’une sortie festive qu’ils voudraient donner mais imagine des chars avec des gens avec une plume dans le cul. Ils nuisent franchement à la cause homosexuelle.

Je reste au lit avec mon iPad. Et paf ! Le journal de Didier est sorti. Je vais le lire. J’en arrive à la moitié (les blogueurs en ont pris moins que parfois…) et me décide à me faire un café. Pendant le préparatif, je songeais journal. Vers le 15 mai, Didier parle beaucoup de son boulot, de ce qu’il doit faire, des rendez-vous téléphonique qu’il peut avoir. Il fait très jeune cadre dynamique surbooké… Tout le contraire de son journal habituel où il constate généralement qu’il remet souvent à plus tard ce qu’il doit faire…

Pendant que le café coule, je décide de poursuivre la lecture et je me mets devant mon PC (où je n’ai pas bougé depuis, le café attend. Ne bougez pas). Je retrouve la page mais je me lasse très vite, le même sentiment que souvent quand je lis ce journal, une espèce de lassitude tout en ayant envie de lire la suite. Les lignes se mélangent à l’écran… Et j’ai « la révélation ». Je vais écrire en caractères gras parce que c’est à peu près le seul truc important de ce billet.

Un ordinateur de bureau n’est pas adapté à la lecture d’un long texte alors qu’une tablette l’est. Et c’est la première fois que Didier publie son journal (ou du moins que je découvre son journal) alors que je suis au lit avec l’iPad. Effectivement, il ne viendrait à personne de lire un roman assis à un bureau. C’est même pire sur un écran où l’on perd les repères de lecture parce qu’on est obligés de faire glisser le texte avec une souris. Et en lisant le journal de Didier, ce matin, j’avais l’impression de lire un roman. J’étais concentré sur ma lecture, sans être tenté d’aller voir mes mails ou de faire autre chose. J’ai presque envie de reprendre la lecture de son journal depuis le jour où il l’a commencé (en 2009 si ma mémoire est bonne).

Ceci est important, même si c’est, avec du recul, totalement évident. Sur mon blog geek et mon blog politique, je fais souvent des billets à propos de la presse en ligne et de l’évolution de la lecture. Je pense que l’avenir est aux applications sur tablette (et sur smartphone) : les gens ne vont plus lire l’information (ou les blogs…) sur des ordinateurs mais sur des tablettes. J’en suis un exemple vivant ! Ma vie a changé : ne me levant plus pour lire les blogs et l’actualité, le matin, je reste au lit et je me rendors, n’ai plus envie de me lever. Le résultat des courses est que j’arrive au boulot une heure et demie plus tard qu’avant, le matin (il n’y a pas de conséquence puisque je fais maintenant mes billets de blog dans le métro et plus au bureau).

Ainsi, on parle beaucoup de la fin de Google Reader (lundi…). Google a une très bonne raison de fermer Google Reader : cette application était de moins en moins utilisée par les internautes puisqu’ils utilisaient des applications dans leurs smartphones  et leurs tablettes. Or, ces applications sont basées sur les « API » mises à disposition par Google. Google n’avait plus de raison de mettre à disposition de ses nouveaux concurrents toutes les données qu’il a collectées.

Ah ! Il est 11h30. Il faut que je me dépêche, j’ai rendez-vous avec Corinne et sa mère à midi à l’Amandine.

Le PC est coupé jusqu’à demain matin. J’ai l’iPhone et l’iPad pour prendre le relai.


Je ne pourrais jamais tenir un journal, je suis incapable de faire moins de trois pages pour quatre heures de ma vie… Ce qui est drôle, quand on y pense, est que seul Didier aura le courage de tout lire. Et encore... Pas grave. J'ai la matière pour faire un billet geek et un billet politique, demain matin.

11 commentaires:

  1. Votre journal est moins bien que celui de Didier Goux parce que vous n'avez pas de chien.

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    1. C'est aussi pour cela que le journal de Renaud Camus est moins bon que le mien : il n'a que deux chiens et moi trois.

      (Il faudra que je pense à demander à la dame qui s'occupe du chenil de Pacy si elle tient un journal : il doit être génial…)

      Sinon, Nicolas, vous avez ENCORE oublié l's de "relais", ce n'est pas bien, j'en suis tout chagriné.

      Et puis, tiens, je vais vous avouer un petit truc (authentique, je le jure sur la tête de Goebbels) : je comptais ne publier le journal que lundi, et puis je vous ai “vu” dazns votre lit avec votre tablette, ayant du temps devant vous à me consacrer… et je l'ai publié sans attendre. Rien que pour vous, chabada bada.

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    2. Le s à relai est facultatif. J'en ai fait un billet récemment.

      Si vous m'imaginez au lit, je vais finir par vous demander en mariage.

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  2. "Ce qui est drôle, quand on y pense, est que seul Didier aura le courage de tout lire."
    Ben détrompes toi, j'ai tout lu. Et pourtant je sortais d'un marathon de mots chez M. Goux. Tu vois un peu la débauche d'efforts pour un samedi matin !

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    1. Vous ne devriez pas vous imposer des choses pareilles : je me sens coupable, moi, maintenant !

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    2. Faut pas : il est sociologue spécialisé dans les nazis nostalgiques.

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    3. @ Didier Goux, ne vous sentez pas coupable,après tout ce n'est pas tant que l'on m'ait forcé à lire votre journal que j'y ai, au fil du temps, pris un certain goût.
      @ Jégoun, tu n'es pas un peu dur avec le monsieur ? Quant à être sociologue, je me suis arrêté à la sociologie appliquée à mes collègues de bistrot.

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  3. Entrez une forme relai

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