10 octobre 2013

Où est le savoir-vivre ?

Un collègue est entré dans le bureau et m’a demandé un exemple de tableau de reporting « parce que Roger lui avait demandé ». J’ai mis un bout de temps à comprendre qu’il s’agit de notre Directeur général, Monsieur Quelquechosedepointuquimerentredanslecul. Je modifie les noms, évidemment, mais l’anecdote est véridique : un collègue m’a parlé du big boss en l’appelant par son prénom. C’est quoi cette familiarité ? Depuis quand appelle-t-on son grand patron par son prénom ?

L’autre jour, au mariage, avec Bembelly, je suis monté dans la voiture d’une dame pour aller de la mairie au vin d’honneur. Elle s’est mise à nous tutoyer, dès le départ, dès la première phrase. Depuis quand on tutoie les gens qu’on ne connaît pas ?

Ceci n’est pas un billet réactionnaire pour dénoncer la disparition des règles de savoir-vivre mais pour faire part de mon étonnement. Il ne me serait jamais venu à l’idée de tutoyer une dame que je ne connais pas ou d’appeler mon pédégé par son prénom devant un collègue.

Ceci n’est pas un billet féministe, non plus. Il est même un peu machiste. Depuis quelques temps, dans les journaux, les blogs,… « ils » appellent les femmes par leur nom de famille. Pour les hommes, « ils » le font aussi mais ça me choque moins. Une question d’usage.

Dans les blogs…

Le tutoiement est d’usage. Néanmoins, il ne me viendrait pas à l’esprit de tutoyer quelqu’un qui s’adresse à moi en me vouvoyant sauf s’il est manifestement bien plus jeune (et sauf pour le traiter de connard).

Dans les blogs, je n’appelle les gens par leurs noms de famille que dans trois cas : s’ils sont célèbres, si, comme Bembelly, ils utilisent leur nom comme pseudo et si le prénom ne suffit pas à les identifier (par exemple, Pigenel et Blachier ont le même prénom, quand je parle d’eux avec les leftblogs, je les appelle par leurs noms de famille).

J’ai aussi remarqué que les blogueurs avaient tendance à facilement utiliser des prénoms ou des pseudos, des qualificatifs méprisants,... C’est étrange, d’ailleurs, on parlera de Taubira pour une ministre et de Najat pour une autre.

Je tolère seulement une exception, les diminutifs ou les surnoms d’usage. On dira Mosco, Sarko ou Pépère. Je connais un blogueur de droite abruti qui appelle les gens de gauche les gauchiards. C’est une erreur de sa part, ça rend les textes illisibles en faisant ressortir une agressivité, une bêtise, un mépris. Il n’est donc pas pris au sérieux. Mais c’est son problème. Par contre, utiliser un terme méprisant pour désigner des groupes de gens n’est pas dans les manuels de savoir-vivre.

Je n'aime pas qu'on appelle une femme par son nom de famille mais je n'aime pas, non plus, qu'on le fasse pour un homme. J'ai toujours appris que ça ne se faisait que pour les hommes morts, et j'essaie de respecter cette règle, au moins à l'écrit, dans le corps des billets (je ne néglige pas une certaine grossièreté dans les commentaires...). 

La bise ?

L’autre jour, nous avions un pot. Le patron d’une boite, un de nos fournisseurs, est arrivé légèrement en retard et a fait la bise à notre ancien président (pas Sarko, l’ancien chef à mon directeur général…). J’ai tiqué et je me suis rendu compte qu’il faisait la bise à tout le staf. L’accolade serait probablement un terme plus approprié mais, dans les faits, ça ne change pas grand-chose.

C’est aussi un truc qui se fait de plus en plus souvent, comme d’appeler les femmes par leur nom de famille, de tutoyer des inconnus, d’appeler son patron par son prénom. Maintenant, les hommes se font la bise entre eux. Mon côté gauchiste devrait être ravi : on va vers l’égalité dans tous les sens… Il n’empêche que…

J’ai horreur de serrer la main à des femmes donc j’ai le réflexe de faire systématiquement la bise (sauf s’il y a une différence hiérarchique ou une grosse différence d’âge, dans les deux sens) ce qui montre mon côté machiste mais je ne supporte pas de faire la bise à des hommes, à part Doudou, Gaël et Ptitmorveux.


Une quête ?

Non non, je n’engage pas une nouvelle bataille. Je m’interroge…

14 commentaires:

  1. Quand tu vois une meuf super sexy dans la rue tu peux la siffler , genre sifflet d'admiration ..... ça fait peuple , et même canaille , mais ça peut se faire si tu es habillé en "Poulbot" ou en "Gavroche" ......
    Par contre imiter le caquètement d'une poule ça ne se fait pas , même si tu es député ...... C'est vraiment trop nul ......
    La main aux fesses ça ne se fait pas non plus mais c'est presque moins nul que le caquètement de poule ......
    Mais bon , la bise c'est bien ..... Mais ! sans la langue ...... Au début en tous cas .

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    1. Ou alors une pipe mais pas plus.

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    2. Une pipe de chanvre indien alors .....
      Parce que le tabac ! ..... C'est trop dégueu .....
      Mais , ce qui est moderne c'est de vapotter ......
      Le vapottage transposer au sexe je ne sais pas ce que c'est au juste ....
      La pipe avec préservatif peut être ......
      Dialogue : " Messire ! Venez donc là ! je vous prie , afin que je vous vappotte un peu le tireli pinpon ".........
      " Gente Dame ! c'est trop d'honneur que vous me faite " .....
      " Que nenni Mon Damoiseau .... Car j'aime la turlutte tout comme le pipeau et le votre est magique presqu'autant qu'une flute " ......

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    3. Bon , en même temps , comme disait ma grand mère : "Il ne faut pas confondre le pipeau magique avec la flute enchantée "......

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  2. j'avais remarqué aussi l'autre jour à une de ces réunion commerciales ou je traine.
    Des quidams bien mis. la quarantaine gominés style luis Mariano se tapaient la bise.
    je me suis dit je me suis gouré , c'est un séminaire de Cosa Nostra, mais finalement, non c'est une mode ,l'entreprise se prend pour une grande famille .

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    1. Oui mais ce n'est pas que dans ces réunions de branchouillés idiots. On constate se phénomène partout. L'autre jour au mariage, c'était courant (mais ne connaissant pas le gens, je ne peux pas savoir s'ils sont de la même famille), lors des Kremlin des Blogs, dans mon bistro en Bretagne,...

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  3. « Ceci n’est pas un billet réactionnaire »

    Mais si, mais si ! La preuve, c'est que je le trouve presque parfait ! Cela étant, il n'y a rien de choquant à appeler les hommes par leur nom de famille "sec" ; ce fut même très longtemps la bonne règle. Le problème est qu'il devient difficile de le faire, puisque plus personne n'utilise ce mode d'apostrophe, et même ne le comprend plus.

    Le plus simple est encore de ne plus adresser la parole à qui que ce soit.

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    1. Pour la solution, on est d'accord.

      Appeler les gens par leurs noms de famille ne me dérange pas à l'oral. C'est à l'écrit que ça me choque. Je dois être le dernier blogueur à parler de Monsieur Copé ou de Madame Taubira... (j'utilise plus souvent le prénom).

      Pour le côté réac, ce n'est pas très grave, je me comprends. Je ne vois pas ce qu'il y a de moderne à appeler son patron par son prénom. Pour ma part, je dis "le grand chef" ou je dis son nom de famille, sans le prénom. Je ne vois pas où est le progrès à se faire la bise entre hommes.

      Ce qui serait moderne serait de faire une poignée de main virile aux femmes...

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    2. J’ai horreur de faire la bise à des gens que je ne connais pas.

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    3. Pareil. Mais j'ai encore plus horreur de serrer la main à une femme.

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  4. Cette mode de se bisouiller à tout propos m'exaspère !

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  5. Je n'aime pas les familiarités au boulot, peut-être parce que je fais bien la différence entre collègues et amis. Après j'ai quand même des collègues qui sont devenu des "potes" mais en réunion par exemple, j'évite les familiarités quand il y a de la hiérarchie.

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    1. Pareil. Ça fait 10 ans que je bosse avec les mêmes. J'ai horreur de ceux qui oublient la hiérarchie de temps en temps même si nous sommes très potes.

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